‹ Diane de ChivriChapitre 56 sur 57 · SCENE m Les Mêmes, DIANE · texte numérisé non relu

SCENE m Les Mêmes, DIANE

LE PRÉSIDENT

Approchez, mademoiselle, et rassurez-vous^. Vous êtes devant un tribunal qui vous doit" sa protection et qui vous entoure de son respect... (St7enceproZongfe.) Votre nom?

DIANE

Louise Diane de Chivri.

LE PRÉSIDENT

Vous jurez de dire la vérité ?

Je le jure!... {Elle met la mainsurson cœur.) Oh! mon Dieu!...

LE PRÉSIDENT

Donnez un siège au témoin!... {Diane s'assied; Léonard prend un papier et écrit.) Soyez calme, mademoiselle; votre père est près de vous; et, dans cette enceinte, tous les cœurs vous honorent et vous plaignent... Remettez-vous, et veuillez me répondre...

DIANE

Ah!... je ne puis...

Léonard écrit pendant ce qui suit, M. DE CHIVRI.

Diane, ma fille... du courage..

DIANE

Mon père... il me semble que tous ces regards me brûlent.

LE PRÉSIDENT

Messieurs les jurés, nous accorderons au témoin un moment pour se remettre. {Léonard passe un papier écrit à son avocat, qui l'envoie au président, qui, après l'avoir lu, dit à la cour): Messieurs, l'accusé me fait passer une note dont je dois vous donner connaissance... la voici : « Dé- » sirant épargnera mademoiselle de Chivri le ré-

DIAN-E DE CHIVRT

» cît douloureux qui va lui être demandé, j'ac-

» cepte comme vrais tous les faits tels qu'ils ont

» été établis dans l'acte d'accusation qui vous a

» été lu... Je prie seulement monsieur le prési-

» dent de vouloir bien adresser à mademoiselle de

» Chivri les questions suivantes... » {Il lit.) « De-

» mandez-lui si, durant son séjour chez madame

» de Kermic, Léonard Asthon a jamais passé des

» journées entières hors du pavillon?... ou s'il

« s'est jamais plaint à cette époque d'une blessure

» récente?»

DIANE

Jamais !...

tE PROCtJRECR DD ROI,

Avant d'aller plus loin... j'inviterai l'accusé à adresser lui-même ces questions au témoin... {Lt!onard se tait.) Vous vous taisez, monsieur...

Murmures.

LE PRÉSIDENT

N'importe, messieurs , que l'accusé veuille ou ne veuille pas répondre, nous jugerons cette cause. Ce serait un moyen trop facile d'échapper à la loi... Mais je dois vous donner connaissance de la dernière question qu'il prétend faire adresser au té- "nitrtfl... [Murmures, puis silence.) C'est, de sa part, une dérision insultante... mais je vous dois tout ce qui peut vous éclairer... Voici cette question : « Demandez au témoin si elle reconnaît » l'accusé?»

DIANE, se cachant la tête.

Ah! mon Dieul... mon Dieu!...

Ah ! je vous jure, moi, que s'il parlait elle le reconnaîtrait entre tous.

LE PRÉSIDENT

Mademoiselle, si l'accusé parlait... le reconnaîtriez-vous?

DIANE

Oui, je le reconnaîtrais s'il parlait... LB PRÉSIDENT, apvès uti silence et sévèrement. Léonard, sans doute que maintenant, comme tout-à-l'heure... vous n'avez rien à dire... vous refusez de répondre...

LÉONARD, se levant.

Vous vous trompez, monsieur le président... il est temps que je parle... et que je me justi- 'ie...

DIANE, avec un cri.

Qui a pané, mon Dieu?... qui a parlé?

LE PRÉSIDENT

L'accusé !

DIANE

Quel accusé?...

LE PRÉSIDENT

Léonard Asthon!...

DIANE

Léonard Asthon... mais ce n'est pas lui !... Mouvement général d^iis l'auditoire.

Ma fille!...

DIANE

Non, ce n'est pas lui !... C'est la voix de cet inconnu qui m'a promis que Léonard me rendrait l'honneur.

LE PRÉSIDENT

Mais alors cet inconnu est encore Léonard Asthon!...

DIANE

Non, ce n'est pas lui... ce n'est pas lui...

LEONARD

Non, ce n'est pas moi qui vous aurais déshonorée et abandonnée... cependant... je suis Léonard Asthon.

DIANE

Mais... écoutez donc!... Vous entendez bien que ce n'est pas lui...

M. DE CHIVRI.

Diane!... Diane!... reviens à la raison,., rappelle-toi cette voix... reconnais le coupable... Ah!... parlez!... parlez donc, qu'elle vous reconnaisse...

DIANE

Mais ce n'est pas lui... ce n'est pas lui, mon Dieu!...

Martial paraît.

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