ACTE IV
C'est la vertu des rois que l'abnégation ,
Et n'appréhendez pas qu'elle vous rapetisse,
Sire : un homme est bien grand par un grand sacrifice.
LE ROI
 VOUS toute la gloire, à moi 1 obscurité !
Votre orgueil a besoin de mon humilité.
II s'assied à droite.
RICHELIEU
S'il faut que cet orgueil devant vous s'humilie, Voyez ! mon front blanchi s'incline, et je supplie. Sire, daignez sauver la France par mes mains, Et , dépouillant tous deux les intérêts humains, Sachons sacrifier à l'auguste patrie, Le monarque sa haine et le sujet sa vie !
LE ROI
Je ne peux plus !
Eh bien! je vous en avertis, Vous répondrez à Dieu des malheurs au pays; Car, je l'affirme ici sur mon âme immortelle , La France périra si je m'éloigne d'elle.
LE ROI, après un silence.
A défaut de génie , ô divin Créateur !
Donnez la patience à votre serviteur!
IlMlftTe.
— Bégnez , si le salul de mon État l'ordonne ; Je vous laisse le sceptre et garde la couronne. Mais soyez assez grand , juste et victorieux Pour que mon sacri6ce ait raison à mes yeux , Et qu'à mes successeurs l'éclat de votre gloire , Expliquant ma conduite, absolve ma mémoire.
86 DIANE
aiCUELIEU.
* Oh! Sire...
LE ROI
Pas un mot , pas un remerciement.
* Les dépêches sont là : lisez tranquillement.
* Pour moi , que les destins de la France rejettent,
* Je retourne à mes chiens , — seuls amis qui me féteiit
Il sort lentement , la tête baissée , par la droite