ACTE V
DIANE
Moi , je ne vous haia pas , madame , et je m*étonne Qu'à cet emportement votre âme s'abandonne.
Quand même j'aimerais monsieur de F^ienne , en quoi Puis-je attirer par là votre haine sur moi ?
LA DUCHESSE
Quand même , dites-vous ?... mais ayez donc l'audace D'attaquer une fois votre ennemie en face !
Vous n'obtiendrez de moi ni pitié ni pardon ; Tombez donc fièrement, au moins 1... bravez-moi donc!
DIANE
Cen'est pas la fierté qui me manque. Si j'aime ^ Je ne me l'ose pas avouer à moi-même :
Votre triomphe a-t-il besoin de cet aveu? Si j'avais nom Rohan , je m'offenserais peu , Moi , qu'une pauvre fille osât dans sa pensée Retenir le secret d'une amour insensée.
Je le respecterais , son timide bonheur , Ce rêve qui suffît à lui remplir le cœur , Qui touche de si près , hélas ! à la souffrance , Et ne demande rien , pas même une espérance.
Au lieu de l'accabler de mon inimitié , Je croirais lui devoir peut-être ma pitié.
LA DUCHESSE
Angélique douceur!— Ce n'est pas la coutume Des amours sans espoir d'être sans amertume!
Vous savez qu'on vous aime.
DIANE
Ah! je jure...
lU BIANB.
LA DUCHESSE
Eh bien! donc, C'est moi qui vous rapprends. Lisez ceci.
Elle lai donne le tesUmeni.
DIANE) aprèe aroir hi.
Dieu bon!
— Pauvre femme !
LA DUCHESSE
A présent, comprenez-vous ma haine?
Comprenez-vous pourquoi votre perte est certaine? Pour rentrer dans le cœur que vous avez surpris, Je dois vous en chasser d'abord par le mépris. Grâce au ciel , d'un soûl mot je puis rompre le charme; Vous-même avez pris soin de me fournir une atme. Il vous coûtera cher le denier de Judas!
DIANE
Je n'ai vendu personne, et vous n'en douiez pas.
LA DUCHESSE
Elle a reçu le prix du marché qu'elle aie!
DIANE
Vous ne pouvez pas croire à tant d'ignomiafel
LA DUCHESSE
N'y pas croire? Ne pas croire à mon seul espoir! J'y crois, soyez-en sûre^ et de tout mon pouvoir.
DIANE
Hélas 1 je suis perdue !
LA DUCHESSE. '
Oui, oui, courbez la tête!
ACTB V. 115
DIANE
Ordonnez de mon sort, madame, je suis prête.
Laissez-moi son estime, 6t je vous fais serment De partir sans le voir, sans adieu seulement.