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SYSTÉMATISÉE

Qu'est-ce en effet qu'un système, sinon un certain ordre, un certain enchaînement dans les idées? Un système n'est pas bon par cela seul qu'il est étendu, mais plus sa base est large,

Ï)lus il est utile. L'n petit système décèle un esprit étroit et aux. Un système est mauvais parce qu'il repose sur des suppositions, sur des faits trop peu nombreux, ou sur un mélange de faits et d'hypothèses.

Les systèmes les plus défectueux qui ont tour h tour dominé en médecine, se réduisent a l'application indiscrète de la physique, de ia mécanique, de la chimie, du mysticisme, de l'animisme, du dynamisme, a la science de l'homme dans l'état de santé et da;is celui de maladie. De temps à autre , on renouvelle quelque tentative en ce genre pour replonger l'art de guérir dans le chaos où l'impatience des demi-savans l'ont plongé pendant de nombreux siècles.

Après ces systèmes, qui ont exercé la plus fâcheuse influence sur la thérapeutique, vient l'humorisme, qui découle d'une observation incomplète, et d'une interprétation populaire des phénomènes, combinée avec la plupart des précedens.

La physio iatrie a conduit a étudier les inouvt racns qui résultent de la contraction des muscles , Je jeu des articulations, les lois de la circulation du sang; elle a surtout contribué a la découverte de cette importante fonction ; peut-être nous éclairera- t-elle enfin sur les rapports de l'électricité avec l'organisme.

Après avoir conduit à l'admission d'une foule de fermens, et d'acres imaginaires, la chémiatrie a fini par dévoiler ellemême les déceptions qu'elle avait imposées à la médecine.

L'animisme introduit dans la physiologie et la pathologie a été utile, en ce qu'il en est résulté des recherches importantes sur l'influence du physique sur le moral , et du moral sur le physique.

Le sentiment religieux est, dans bien des cas, un auxiliaire bienfaisant delà médecine pratique, tandis que le mysticisme, n'étant qu'une erreur sans base, est toujours nuisible.

L'humorisme a rais sur la voie de la découverte des organes malades, en ce que la pensée dut naturellement remonter des évacuations aux j#rties d'où elles provenaient.

Le dynamisme, en introduisant un langage tout relatif aux propriétés vitales, au principe de la vie, à la vie, a sans doute nui beaucoup, mais il a été utile, en apprenant k remonter aux organes lésés, par l'étude des fonctions. 11 a suffi du mot organe, substitué à celui de vie, pour porter la lumière dans cet édifice, non moins sombre que régulier.

Celui de tous les systèmes qui a le mieux servi la science, est, sans contredit, le solidisme; on lui reproche d'être ex-.

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clusif : c'est le moins exclusif de tous, et du moins il repose sur ce qu'il y a de plus positif dans le corps vivant.

Mais il est des médecins qui semblent se plaire à le rétrécir; l'un ne veut d'autre base de la science: des maladies que les symptômes; l'autre veut que la pathologie repose tout entière sur l'aspect des organes après la mort ; celui-ci prétend que la connaissance des maladies de l'estomac constitue le véritable médecin; celui-là veut qu'on s'occupe avant tout du cerveau, et que tout soit subordonné à ce viscère; un troisième reveudique la primauté pour le cœur.

Tous ces systèmes sont aussi utiles à la science que les autres l'ont été peu; il résulte de celle direction des idées de chaque médecin vers un organe, vers un point de pathologie, en particulier, que le domaine entier de la médecine se trouve cultivée par portions avec plus d'activité et d'ardeur que n'en mettrait un seul homme à le féconder dans son entier.

Il appartient aux écrivains à la fois observateurs et crudits de coordonner les divers systèmes, de saisir et de rapprocher ce qu'ils offrent de positif, et de préparer, autant qu'il est en eux, l'élévation du véritable système médical dont on u'aperçoil encore que les linéamens. ÎVlais du moins le terrain est déblaye; le plan est tracé; tous les bons esprits se rallient à l'organisme; chacun s'étudie à ne point substituer aux hyothèses renversées des hypothèses aussi peu fondées. Les lois c la forme et de l'action organiques dans l'état de santé et de maladie : tel est le but des travaux, des observations, des expériences et des méditations des praticiens, des observateurs, des physiologistes et des théoriciens de uos jours. Le passe' a paye son tribut à la science; mais il sacrifia trop à l'imagination; le présent adopte, ce qu'il nous a légué d'utile et de vrai, et rejette ses erreurs; l'avenir aura moins de reproches h nous faire que nous n'en faisons aux anciens , parce que le véritable chemin est trouvé.

Fruit des travaux de Bordeu, de Bailliez, de Chaussier, de Corvisart, de Bicbat et de Broussais , Je sysiématisme français actuel repose sur ce grand axiome que toute maladie est un dérangement organique. La plupart des médecins français sont aujourd'hui convaincus que tout groupe de symptômes annonce la lésion d'un ou de plusieurs organes ; que de la lésion primitive d'un seul organe résulte ce qu'on appelle maladie générale, lorsqu'elle s'étend plus ou moins à tout l'organisme; que le traitement antiphlogistique est indiqué dans le plus grand nombre des maladies , et notamment dans les fièvres, c'est-à-dire dans les maladies aiguës; que, pour diriger avec efficacité ce traitement, et pour placer sans danger les stimulans nécessaires dans un plirs petit nombre d'af-

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fections , il importe de s'assurer de l'état des voies gastriques; que, dans toute maladie, chercher la nature et le siège du mal, afin de mettre en usage les moyens curatifs avec le plus d'avantages et le moins d'inconvéniens possibles, doit être le but de tout médecin qui ne repousse pas les vérités nouvelles pour le seul plaisir de rester fidèle à d'anciennes erreurs. Ce principe consacre l'union, désormais indissoluble, de la science de l'homme dans l'état de maladie , avec celle de l'homme dans l'état de santé, ou plutôt il réunit pour toujours deux branches d'une science qui n'aurait jamais dû être divisée. On doit désirer que tous les médecins éclairés observent désormais, d'après ce principe, qui les conduira certainement à un système véritablement basé sur les faits, système dont le besoin se fait sentir depuis si long-temps.

On se plaît à répéter que les nouvelles idées passeront de mode; en attendant, elles se répandent; elles inondent la Fiance et l'Europe; au lieu de contenir ce torrent dans de jusies limites, on l'a abandonné à son impétuosité, ou l'on a cru le faire reculer par des clameurs; ceux qui se sont approchés pour l'observer ont fini par être entraînés. Le système fiançais, puisqu'on veut que ce soit un système, et c'en est un, comme celui d'Hippocrate, comme ceux de tous les pères de la science, n'aura point le sort du brownisrae, quoi qu'en disent ses débiles adversaires. Ses progrès ne peuvent plus être arrêtés; car il ne repose pas sur des subtilités, sur une application plus ou moins judicieuse de la méthode d'étudier en histoire naturelle, à la science des symptômes. Il répond au vœu des anciens, qui déploraient leur ignorance en anaiomic, et qui, de temps en temps, arrachaient à l'organisme

Quelques-uns de ses secrets. Ce n'est l'ouvrage ni d'un jour ni 'un homme, mais bien le résultat de trente siècles d'observations cliniques et de trois siècles de recherches anatomiques. En Angleterre, Lawrence apprécie tout ce que la doctrine française renferme de vaste et de profond, et cet excellent esprit s'élève au dessus des préjugés de sa nation avec une hardiesse qui étonne, même dans un pays où, dit-on 9 la liberté de penser est illimitée. En Italie, Tommasini, sous une autre forme, et dans un langage malheureusement obscur, se rapproche de plus en plus de l'organisme, après avoir contribué à jeter les bases de la véritable doctrine de l'inflammation. En Allemagne , les disciples et les émules de Marcus ne peuvent manquer de se relier à des principes qui accordent un si grand rôle a l'inflammation ; les élèves nés Tiedemann, des Merkcl , ne peuvent qu'adhérer à un système où les organes sont tout, et dont l'anatomie et la physiologie sont la base. L'Espagne subit avec empressement et calme la révolution qu'occasione

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