‹ Dictionnaire abrégé de la fableChapitre 37 sur 74 · JUP · texte numérisé non relu

JUP

NOfcs, divinités particulières des femmes. Chaque femme invoquait sa Junon , comme chaque homme invoquait son Génie.

Junus , surnom de Pan.

Jupik. V. Jupiter.

Jupiter ou Jupin , fils de Saturne et de Rhée, Aussitôt que Rhée accouchait , Saturne dévorait tous les enfants mâles qu'elle mettait au monde. Titan lui avait cédé son droit d'ainesse sous cette condition espérant par-là que lui ou ses enfants y rentreraient dans la suite. Jupiter étant né avec Junon , Ruée Toulut le soustraire à la cruauté de Saturne ce qu'elle fit en lui présentant Junon , et au-lieu de Jupiter une pierre emmaillotée , qu'il dévora sur-le-champ.

Elle donna Jupiter à élever aux Curètes ou Coryfoantes , nommés aussi Idéens et Dactyles , qui , par une espèce de dause à certaines mesures , empêchaient que les cris de l'enfant ne parvinssent jusqu'aux oreilles cîe son père. Ils l'emportèrent dans la Crète, où il fut allaité par la chèvre Àmalthée. Dés qu'il fut grand 5 on lui apprit sa naissance , et il fit savoir à Saturne qu'il eut à le recevoir comme son héritier. Titan ignorant la tromperie , regarda Saturne comme un fourhe , le chassa du ciel , ' et le fit prisonnier. Jupiter commença dès-lors à donner des marques de sa puissance • il attaqua Titan , délivra son père, et le remit sur le trône. Mais Saturne ayant appris du Destin que Jupiter était né pour commander à tout i"TJnivers , il chercha tous les moyens pour perdre son fils , qui prit les armes contre lui, le chassa du ciel, et le contraignit d'aller se cacher dans le Latium.

Jupiter s'empara du trône de ion père , et en peu de temps se vit maître du ciel et de la terre. Ce fut alors qu'il épousa Junon sa sœur , et qu'il partagea la succession de son père avec ses frères. Il se réserva ]c ciel , et donna l'empire des eaux à Neptune , et celui des enfers à Pluton, lesquels avec Junon, Palias et les autres dieux , voulurent bieutôt après se, sous-

traire à sa domination \ mais il les défît et les contraignit de se sauver en Egypte , où ils prirent diverses formes. Il les poursuivit sous la figure d'un bélier , et fit enfin la paix avec eux. Lorsqu'il se croyait tranquille, les géants, enfants de Titan , voulant rentrer dans leurs droits , entassèrent plusieurs montagnes les unes sur les autres pour escalader le ciel , et pour l'en chasser. Jupiter qui s'était rendu maître du tonnerre , les foudroya , et les écrasa sous ces mêmes montagnes. Après cette victoire, il ne songea plus qu'à s'abandonner à ses plaisirs , et eut une infinité de coucubines. Il se métamorphosait de toutes manières pour les tromper , tantôt en Satyre pour surprendre Antiope , tantôt en pluie d'or pour surprendre Danaé enfermée dans une tour d'airain. Ne pouvant sous la figure humaine , séduire Europe , fille d'Agénor, il se métamorphosa en taureau : et cette princesse s1étant mise sur son dos , il prit la fuite , Teuleva ainsi et passa la mer à la nage. Il piit la figure d'un cygne pour tromper Léda , femme de Tyndare , qui accoucha de deux œufs , dWi sortirent Castor et Pollux , Hélène» et Clytemnestre. Il prit aussi la figure de Diane powc tromper Calisto ^ enfin il se métamorphosa en kùglet pour enlever Ganymède , fils de Tros, et le- poil a au ciel , où il se fit verser le nectar par lut à la place d'Hébé.

Voilà les idées que les Païens avaient de la divinité principale qu'ils adoraient. Ils regardaient Jupiter comme le maître absolu de tout, et le représentaient toujours la fo-adt e à la main , porté sur un aigle , oiseau qu'il prenait sous sa protection. Le clicnc lui était consacré , pareequ'à l'exemple de Saturne , il apprit aux hommes à se nourrir de gland. On lui éleva des temples superbes par tout l'Univers ^ et on lui donna des surnoms , suivant les lieux où il avait des autels. Les Egyptiens le nommaient Jupiter-Ammon , et l'adoraient sous la figure d'un bélier : mais son principal suruoi» était Olympien , pareequ'oa straaginaTt

JUV 24t

qu^l demeurait avec toute sa cour sur le sommet du mont Olympe. On prétend que Varron avait compté jusqu'à trois cents Jupiter, dont les auteurs de l'antiquité, et sur-tout les poètes ont réuni tous les traits pour n'en faire qu'un seul. Hom. Cit. de Nat. Deorum. Hygin. Ovid. Eusèbe , Apollod. etc.

Jupiter infcrnus. C'est Pluton.

Justice , autrement Thémis , divinité allégorique , fille de Jupiter et d'Astrée. Elle se retira avec sa mère dans le ciel , lorsque l'âge de fer eut succédé aux autres âges. On la représente sous la figure d'une jeune fille , tenant d'une main une balance égale des deux cotés , et de Pautre une épée nue. On feint aussi qu'elle était assise sur une pierre carrée , prête à près- , crire des peines pour le vice , et des récompenses pour la vertu.

Juturne , fille de Daunus , que Jupiter métamorphosa en fontaine.

J u venta , Juvejîtas ou Juventus , déesse de la Jeunesse ; elle présidait au temps de la vie , depuis l'enfance jusqu'à l'âge viril. V. Hébé , Jeunesse*

IVrodo , le même que Crodus. Divinité des anciens Saxons. On croit ,que c'est Saturne.

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