NÉCROLOGE
Dans plusieurs lieux on a un nécrologe ou catalogue des morts, dont on fait lecture au prône de la messe paroissiale, en y ajoutant le De profundis. Plusieurs bréviaires le
lacent à l'office de prime, où il est pareillement suivi du psaume De profundis, méme ledimanche ; mais si on ne lit pas le nécrologe le dimanche, on laisse aussi ce psaume avec le reste de l'absoute. Le rite romain ne prescrit pas cela; mais le premier jour du mois et de la semaine sont consacrés au soulagement des moris par l'ofüce et la messe. Voy. OrFice Des monts. On excepte le Caréme et le temps pascal; mais dans le Caréme, il y a à la messe une oraison pour les vivants et les morts, et dans le lemps pascal on prie pour les défunts aux lilanies des saints. NEUMES.
(Explication du P. Lebrun.) 2s Neuma, ou pneuma,est un mot grec qui si-
gnifie lesouffle,la respiration, une suiteouun port de voix; el quand on soutient la voix pour exprimer quelques sentiments de joie, cela s'appelle parmi les Latins jubilatio; car « la jubilation, dit saint Augustin, n'est autre Chose qu'un son de voix sans paroles (1).
Ceux qui se réjouissent aux champs, en recueillant une abondante vendange ou en faisant une copieuse moisson, cbantenl, et quittent souvent les paroles pour ne faire retenlir que des sons (2). » L'assemblée des Juifs et des chrétiens s'est aussi répandue souvent, à l'égard de u, en cetle espèce de jubilation, qui fait entendre qu'on voudrait produire au dehors ce qu'on ne peut exprimer par des paroles. C'est un langage ineffable (3); « et à qui peut-on plus proprement adresser un tel langage qu'à Dieu, qui est ineffable? 11 faut le louer : les paroles nous manquent; que nous reste-l-il donc que de nous laisser aller à la jubilation, alin que le cœur se réjouisse sans paroles, et que l'étendue de la charité ne soit pas restreinte par des syllabes? »
L'Ordre romain (b) et Amalaire nous
apprennent que cette jubilation ou ces notes redoublées sur le dernier a de l’Alleluia s'appellent sequentia , c'est-à-dire suite de Y Alleluia. C'est le nom que les coutumes de Cluny (5) leur donnaient encore au xr'siécle. Amalaire (6), Etienne d'Autun (7) et l'abbé Rupert (8) remarquent que cette jubilation sans parole nous rappelle l'état
ienheureux du ciel, où nous n'aurons plus besoin de parole, mais où la seule pensée nous fera connaître ce qu'on a dans l'esprit. Ce cri de joie ne saurait être mieux placé qu'au moment où on se dispose à écouter la bonne nouvelle qui va être annoncée, c'esl-àdire l'Evangile.