PRÉLATS, ET YICE-LÉGATS APOSTOLIQUES
(Cérémonial, I. ur.)
Cnapitre I. — Ce que doit faire un président, gouverneur ou vice-légat envers les évéques de sa ville ou de sa province, quand il y arrive, et pendant qu'il y demeure.
1. Aussitôt qu'un prélat, président ou gouverneur sera arrivé dans la province ou la ville confiée à sa juridiction temporelle, il enverra le plus digne de sa maison vers l'archevéque ou l'évêque qui y réside, pour Vinformer de son arrivée, ct l'avertir qu'il tâchera de lui faire au plus tót une visile publique, avec toute la soleunilé possible.
2. Le prélat du lieu, ainsiaverti, n’attendra pas celle visite publique du président ou gouverneur, mais il lui fera une visite privée et amicale , à l'entrée dela nuit, en habits courts et noirs. En y allant, il ne se fera pas annoncer, il demandera seulement s'il est
chez lui; celui-ci recevra la visite en. habits,
ordinaires. L'autre à son départ ne souffrira pas qu'on l'accompagne avec appareil, pour ne pas sorlir des bornes d’une visito privée.
8. Le président oo gouverneur fera bientót une visite semblable à l'archevéque ou évéque, sans préjudice de la visite publique ct so-
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lennelle qu'il doit lui faire peu de Jours prés.
,5. Aux approches du jour fixé pour cette visite offlciclle, le président ou gouverneur la fera aunoncer à l'archevêque ou évêque:
le messager se présentera le matin si elle doit avoir lieu le soir ; et le soir, si ce duil être le lendemain matin. En arrivant au palais épiscopal, il doit trouver à la porte les gens de la maison ; le prélat se tiendra au haut des escaliers, et descendra méme de quelques degrés à sa rencoutre; il le traitera avec politesse, et marchera à sa gauche en l'introduisant dans la salle d'audience. Ils seront assis en face sur des siéges égaux ; aprés un entretien familier, le président ou gouverneur à son départ sera accompagnó Jusqu'au bas des degrés par l'archevéque ou évêque ; ceux de la maison l'accompagneront jusqu'à sa voilure, et ne sc relirerent qu'après son départ.
5. L'archevéque ou évêque de son côté ne différera pas d'annoncer et exécuter une pareille visite au président ou gouverneur, où l'on observera exactement les mêmes choses à son égard, relativement à la manière da lui aller au-devant, de le faire asscoir et de l'accompagner.
6. Si le président réside déjà dans sa province, ou le gouverneur dans sa ville, lorsqu'un nouveau prélat y fait son entrée, c'est à celui-ci à l'annoncer au président ou gouverneur qui fera au plus (ôt sa visite, non. en particulier, mais soiennellement, après s'être fait annoncer ; il recevra de même ensuite la visite de l'archevêque ou évéque.
7. A l'approche des fêtes de Noël, le président ou gouverneur ira le premier vers l'archevéque ou évêque lui présenter ses souhaits, sans rien omeltre de ce qui a été marqué pour la première visite olficielle.
L'archeváque ou évéquo à son tour fera une pareille visite.
8. Quoiqu'il soit réglé plus haut que l'archevéque ou évêque doit placer àsa droite le président ou gouverneur qui entre chez lui, il n'en est pas de méme hors de la maison ; car, hors de la maison de l'un ou de l'autre, l'évêque du lieu et tous ceux de la province auront toujours le pas sur le président ou gouverneur, el se tiendront à sa droile.
9. Ce qu'on vient de prescrire pour les présidents et gouverneurs, sera aussi cxactement observé par les vice-légats, à l'égard des archevéques et évêques non cardinaux, dans les lieux soumis à leur juridiction.
Cuar. 1I.— Dans quel costume les archeréques ou évêques, les présidents ou. gouverneurs doivent recevdir et se rendre mutuellement les visites officielles.
1. Toutes les fois que l'archevéque ou évêque visilera solennellement le président ou gouverneur, et la première fois qu'il sa
résentera en vertu de lettres apostoliques, il consentira à ce qu'on érige un oratoire privé dans le palais ; il aura sur la soutana la mosette et le rochet à découvert. H aura
le méme costame chez lui pour recevoir les visites annoncées et publiques du président, gouverneur ou vice-légat. .
2. L'archevéque qui a l'usage de la croix ne permettra pas qu'on la porte devant lui en pareille circonstance.
3. Ce sera aussi avec l'habit long ou soutane, le rochet et le petit manteau (1). que le ré: ident, gouverneur ou vice-légat fera sa le publique à l'archevéque ou évéque, ct qu'il recevra la sienne; il en sera ainsi, toutes Ies fois qu'il se présentera avec appareil.
Crap. Ill. — Arrivée du président ou gouverneur avec l'archecéque ou évéque, en habit long,àl'églisemétropolitaine ou cuthédri.le, aux jours de solennité.
1. Chaque année, aux fêtes énumérées dans le présent Cérémonial, liv. II, chap.
1. savoir : la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'Epiphanie (2), l'Ascension, la Pentecóte, la fête des saints apôtres Pierre et Paul, l'Assomption de la bienheureuse Vierge Marie, la Toussaint, la Dédicace de l'église métropolitaiue ou cathédrale, la féte du saint titulaire de ces églises et du patron de la ville, el autres fêtes extraordinaires qu'on célèbre sulennellement dans certains lieux cl en certaines circonstances, à l'heure fixéo par l'archevéqueou évêque, ct annoncée par uu mess'ger, le président ou gouverneur, accompagné des magistrats, serendra dans la cour de l'évêque. Le pontife descendant sans délai, il se joindra à lui ; après les saluts réciproques, étant précédé par le magistrat, lo
résident ou gouverneur l'accompagnera ]usqu'à la porte de l'église métropolitaine ou cathédrale, marchant toujours à sa gauche.
2. Dès qu'ils seront tous les deux sur le seuil de la porte, l'archevéque ou évéque recevra l'aspersoir, el après s'étre muni do Yeau lustrale, il en présentera, par le contact de l'aspersoir, au président ou gouverncur; C'est ainsi qu'il en agira toujours à son égard à l'entrée d'une église quelconque ou d'un oratoire privé ; ensuite il aspergera le chapitre, lcs magistrats ct le peuple qui sera autour.
Cnar. lV. — On adore le très-saint sacrement, puis on ea au grund autel; place et siége du gouverneur, président ou. vice-légat ; sortie de l'église métropolitaine ou cathédrale aprés l'office divin.
1. Aprés l'aspersion, l'archevéque ou évéque s'avance dans le méme ordre, avec le président ou gouverneur, vers l'autel du saint sacrement pour l'y adorer. Ils se mettront tous deux à genoux dans l'enceinte de la chapelle où est la réserve, le pontifo sur un escabeau de bois (appelé génuflexvire ou prie-dieu) préparé devant l'autel, couvert d'une étolfe verte ou violette, selou le temps,
(1) Le petit manteon (manéellelum) est un habit. court, no i né. qui a desouvertures pour les bras. Foy l'art. Givkuox at, le Cérén. des dr. | n c. 1, n. l.
avec un coussin pour les coudes el un autre pour les genoux ; le président ou gouverneur sera à un autre prie-dieu placé au côté de l'Evangile, couvert d'une étoffe toujours violette, el muni de co! il ne sera p:
sur la méme ligne, en travers, ayant en face celui de l'archevéque ou évéque ; à droite du président ou gouverneur seront les magistrats, à genoux seulement sur des coussins.
2. Après l'adoration du saint sacrement, on va dans le méme ordre au grand autel ; prés d'y arriver, aprésles salutsréciproques, on se sépare ; le pontife va faire sa prière à grnoux à son fauteuil ou prie-dicu, et le Président ou gouverneur va au siége qui lul est préparé de celte manière.
3. Près du trône pontifical, entre ce trône et le siége immobile destiné au magistrat, on placera un marchepied en bois d'un seul degré, et par-dessus un siége propre ordinaire, dont le dossier n'aura pas plus de sept ou.
buit palmes d'élévation el six de largeur ; on le couvrira d'une étoffe violette, non tissue ni ornée d'or ou d'argent. Devant ce siége, on placera un prie-dieu avec tapis et coussins violets où l'on puisse sc meitre à genoux. Ce siége n'y sera pas permanent ; mais on le mettra quand le président ou gouverneur doit assisler aux saints offices, et on l'órera à chaque fois, quand ils seront achevés.
5. Lorsque, pour entendre plus commodément les prédications, le pontifo laisse le siége pontifical fixe pour se rendre en face de la chaire à un lieu qu'on y a préparé, si c'est un trône surmonté d'un baldaquin, il y aura aussi, pour le président ou gourerncur, le siége sus-mentionné, avec dossier sur un marchepied. Si l'on n'y a pas placó un baldaquin, le siége n'aura pas de do:sicr élevé, ct sera semblable à celui du pontife.
5. Les coutumes variant avec les lieux, il peut arriver quele président ou gouverneur entre à l'église séparément, ou lorsque l'archevéque ou évéque y est déjà, et qu'il assiste à l'office divin avec les magistrats dans une église qui n'est pas cathédrale ou métropolitaine ; dans ce cas là encore, il faut lui préparer sa place de la méme maniére, pourvu qu'il y ait là un tróne pour l'archevéque ou évéque, sans quoi il ne faut jamais élever un autre siége.
6. Le président ou gouverncur pourra cependant s'en servir lorsqu'il y aura quel que thèse publique, ou exercice liltéra ou autre chose semblable, et qu'il y présidera comme premier el principal patron, lors méme qu'on ne doit pas y placer en méme temps un trône pour l'archeréque on évéque.
7. Aprés les divins offices auxquels l'archevéque ou évêque en chape aura assisté conjointement avec le président ou gouverneur, ou retournera à l'autel du très-saint
g On n'indique pss ici le jour de Pques, m à l'endreu pré lié, où v s'agit des qemières vepres. C'est que cells
d: Pâques sont joiatcs à Ia mosse du -omedi sint.
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sacrement poor y faire la prière et l'action de gráces, en observant ponctuellement tout tequi a élé prescrit pour le moment oà on arrive, Cependant au retour, l'archevéque ou éréque ne souffrira pas que le président da gouverneur l'accompagne jusqu'à la
le de son propre palais; il acceptera seulement une escorte depuis Ja porte de l'église.
Cuar. V. — Manière d'encenser le président, jvwrernewr ow -légat, et de lui donner la paix; après qui il doit recevoir le cierge, les cendres, le romeau, et faire l'adoration de lo croix.
4, On observera exactement le Cérémonial des éréques par rapport à l'encensement et la paix ; le président, gouverneur ou vice- Vpit, ne sera jamais eucensé par le prêtre qui assiste l'archevéque ou évéque, et qui l'ncense à son trône lorsqu'il ofücie ou assisle à vépres, ou qu'il assiste à la messe solennclle célébrée par un autre ; mais le ministre chargé d'encenser les chanoines du *beur, quoique revétus de leurs ornements, encensera de deux coups le président, gouverneur ou vice-légat, après avoir encensé les trois chaneines qui assistent l’archevéque ou évêque, et font avcc lui ua mémo corps.
On observera le méme ordre pour la raix ; er le président, gouverneur ou vicelégat, la recevra de celui qui doit ensuite la porteraux chanoines qui soot dans lc chœur, comme on l'a dit.
2. Le jour de la Purification et le dimantbe des Rimeaux, l'archevéque ou évéque donnera lui-même le cierge et le rameau au président, gouverneur ou vice-légat, aussilt qu'ayant reçu le sien, il en aura donné va autre au plus digne des chanoines, qui tL en habit de chœur, et dont il a reçu le sien. Le président, gouverneur ou vice-lé- HI, en s'approchant de l'archevêque ou évéque pour ea recevoir le cierge ou le rameau, ne sc mettra pas à genoux; il le retevra debout, en le baisant, ainsi que la main de l'archevéque ou évéque qui le lui présente.
3. Cest aussi debout qu'il recevra les cendres, aprés que l'archevéque ou évêque les aura imposées au chanoine qui doit chanter
messe ce jour-là.
4. Le vendredi saint, si l'évêque n'officio pas, le président, gouverneur ou vice-légat, ira faire l'adoration de la croix, à la gauche da chanoine officiant. Mais si l'évéquo offitit, il ira immédiatement ap:és lui, avant .lous les dignitaires et les chanoines.
Cu. VI. — Comment le président, gouverseur ou vice-légat, doit procéder à la communion générale le jeudi saint.
1. Sile président, gouverneur ou vice- Val, est prétre cu diacre, il est trés-à propos qu'il communie ce jour-là avec les au- Ves; avant le moment de la. commuuioa, il
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prendra sur le rochet une aube ou surplis (cottam) parce qu'il doit avoir aussi une étole pendante devant la poitrine, ou passée sur l'épaule gauche. ]l recevra la communion avant tous, baisant auparavant la main de l'orchevéque ou évéque.
2. S'il n'est ni prétre, ni diacre, il se présentera néanmoins le premior à la communion, revétu seulement du rochel et du petit manteau.
Cnr. VI^ Des saluts réciproques que se doivent les éréques et le président, gouverneur ou vice-légat; comment le prédicateur doit saluer l'un et l'cutre
1. Le salut d'un pontife en fonction con siste régulièrement à bénir les personnes avec la main étendue; néanmoins cette ràglo applicable au commun des fidéles comme à des enfants spiriluels sur qui on a toute autorité, souffre uno exception en faveur des présidents, gouverneurs ou vice-légals , Comme il y en a uneen faveur des chanoines, élablie dans le Cérémonial, liv. Y, l| faudra que l'archevéque ou
1 faudra bien remarquer, pour ces sortes de saluls, la règle énoncée dans le susdit chapitre, savoir que, sans égard à la dignité plus ou moins grando des personnes, on ait égard à la manière de faire commodément celle action,: et qu'on salue d'abord celui que l'on quitte, puis celui vers ui l'on va, sans examiner lequel des deux a a prééminence. C'est ainsi qu'on préviendra et qu'on auéantira toutes les contes:ations qui pourraient s'élever entre les chanoines et les présidents susdits, au sujet de la prééminence.
8. ll faudra omettre ces révérences mutuelles à l'office des ténébres, à tout l'office du vendredi saint, et le samedi saint jusqu'à la messe solennelle exclusivement, comme aussi à tousles offices qu'on pourra célébrer pour les morts. ll sera conforme à la loi et à la pratique observée jusqu'à ce jour, de s'abslenir, dans ces différents cas, même des bénédiclions tant solennelles que privécs du clergé et des assistants, parce que ce sont desactesd'un pouvoir exercé solennellement, ie qui répugne dans les assemblées lugu-
res.
^. Mais le prédicateur n’omeltra jamais un tel salut, soit que le vendredi saint il précho sur la Passion, soit qu'aprés une messe do meets, il fasse un élo, funèbre, comme il est statué pour l'un et l'autre cas dans le Cérémonial, liv. II, chap. 11 ct 25; ainsi, aprés avoir à l'évéque ou archevéquo le salut requis, il en fera toujours un an pré» sident, gouverneur ou vice-légat, en se lour nant directement vers lui.
Csar. Vill. — Flace du président ou gouverneur, quand il marche avec l'évêque revétu d'habits sacrés.
Ce qui est statué ci-dessus, chapitre troiième, concernant la place que doit occuper le président ou gouverneur, quand il vieut à l'église avec l'évêque ou archevéque, et qu'ils vont ensuite de l'autel du saint sacrement à l'autel principal, savoir que, dans ces cas, il marcherait à la gauche du pontife, doit s'entendre seulement des cas où celui-ci n'est revétu que de la chape pontificale (c'est-à-. dire d'un manteau ou d'une robe tralnantc).
Car, dans tous les cas, s'il marche revétu d'habits sacrés, soit pour offrir le saint sait pour assister à des prières pu- Lliques et solennelles avec une chape (appelée pluvial), lc président ou gouverneur ayant son habit ordinaire, c'est-à-dire le rochet et le petit manteau (ou camail), Be marchera
as à gauche, mais immédiatement aprés
'archevéque ou évéque.
Cup. IX. — Entrée du pontife à l'église par Hs escalier intéricur et une porte particuiére.
Si l'intempérie de l'air, la qualité des fonctions qu'il va remplir, ou toute autre cause, déterminail le paie à se rendre à la métropole ou cathédrale par une issue pratiquée de l'intérieur du palais dans l'église, Apa y exercer les fonctions détaillées dans
Cérémonial, ou d'autres, le président ou gouverneur doit s'y rendre avec le magistrat, & l'heure fixée. Il doit présenter ses respecis au pontife, qui descend en habit long, ct l'accompagner, comme on l'a expliqué plu au long ci-dessus. Le magistrat scul lui ira de méme au-devant, en l'absence du président ou gouverneur.
Cnap. X. — Place du magistrat auprès del'archevéque ou éréque, en l'absence du président ou gouverneur; sa place ordinaire pendant la marche, en la présence ou l'absence du gouverneur.
1. Toutes les fois que ie président ou gouverneur.cst retenu par quelque empéchement légitime, le magistrat séculier ne doit pas sculement aller à la porte de l'évéque, i] doit monter jusqu'à la salle ou chambre destinée à cela par le pontife, et attendre là qu'il ait pris l'habit long, puis l'accompagner à l'église; il marchera immédiatement devant lui, soit en la présence, soit en l'absence du gouverneur ou présiden
2. Si c'est un archevéque qui se sert de la croix, le magistrat ira immédiatement devaut la crois; car personne ne doit marcher eutre elle et l'archevéque, parce que c'est sa marque distinctive (ce sont les iusignes de sa diguité).
Cuar. XI. — D'un archevéque ou évêque élevé au cardinalat