PRATIQUE DES CÉRÉMONIES
On a publié sous ce titre, dans le xvir siècle, un ouvrage fort remarquable en son enre, selon l'expression de D. Guéranger Instit. liturg. t. M, p. 182); il faut faire connalire ici cet ouvrage, qui nous a fourni lusieurs arlicles; eL nous ne pouvons mieux le faire connaftre qu'en laissant parler l'au- ^ teur, et le clergé de France qui l'a encouragé et approuvé. On y verra comment ce clergé a lenu à l'antiquité en fait de cérémonies, comment il tendait à l'uniformité sur ce point , et comment ceux qui ont étudié ces matières dans les vraies sources ont reconnu que lcs lois établies à ce sujet par les souverains pontifes sont des décisions infaillibles dont ils n'ont pas pris la liberté de se départir. Voici donc le titre et les préliminaires de cet ouvrage.
PRATIQUE DES CÉRÉMONIES de l'E;lise, selon l'usage romain, dressée par ordre de l'asscm- Llée générale du clergé de France, par le sieur du Molin. prétre primicier et chansine en la sainte Eglise d'Arles, vicaire général de monseigneur l'archevéque d'Arles.
A messeigueurs les cardinaux, archevéques et évêques, ct autres dépulés de l'assembléc générale du clergé de France.
Messeigneurs,
Encore que j'aie táché de montrer par toutes les actions de ma vie le respect que j'ai pour Vos Grandeurs, et que je ne me sois
41) « Anüiphona que Postconumunio a pluribus nun :ujalur ideosic »pellala est, quoniam post communicationcin
réservé que la gloire d'une obéissance tréshumble et très-respectueuse pour vos commandements, je ne laisse pas d'appréhender qu'elle n'ait pas été asses prompte à (a semonce qui m« fa faite gr Meiseigneurs de l'assemblée de 164: esser la Pratique da toutes les cérémonies de l'office divin, pour joindre à celles de la Messe pontificale que jc m'étais donné l'honneur de leur offrir; mets je suis obligé de vous dire, Messeigneurs, qua es motifs de ce retardement n'ont été qu'afin de donner moyen à des plus capables que moi d'exécuter ce dessein, et attendre des mouveaux ordres pour éviter le reproche d'une diligence affectée, qui marque démangeaison d'écrire et de s'ériger en auteur, lorsqu'on mes sous la presse des choses qui ne sont mi nécessaires ni demandées. Vous m'avez té ce scrupule, Messeigneurs, dans une assemblée où j'ai eu l'honneur d'assister, et où vous m'avez reproché trop obligeamment pour moi mes premiers engagements. Recevez donc un owvrage qui vous appartient par tant de titres, cel qui n'aurait jamais vu le jour sans votre faveur. Je n'ai pas la vanité de prétendre qu'il ait l'approbation universelle, bien qu'il soit écrit pour tous, mais je me fuis justice à moiméme en reconnaissant la faiblesse des productions de mon esprit, et je prévois encore l'obstacle des anciens usages des églises particulières, queje n'ai pas l'autorité de régler. Je dirai seulement pour ma défense gue je ne me suis point écarté des lois les souverains pontifes, qui sont les Pères communs de l'Eglise, ont établies, «t que j'ai toujours regardées comme des décisions infaillibles, dont je ne me laisse pas la liberté de m'en départir jamais. J'espère, Messeigneurs, que Vos Grandeurs prendront le tempe d'introduire cette utile nouveauté, qui, faisant honorer Dieu partout avec le méme culte, Ótera la bigarrure de la robe de son Epouse, et atlirera sur vos personnes, avec les bénédictions des peuples qui vous sont soumis, les gráces que vous désire, Messeigneurs ,
Votre trés-humble et très-obéissant serviteur, , Monum, primicier d'Arles.