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usage cst très-ancien en plusieurs églises ; « il est fondé sur deux raisons : l’une naturelle, l'autre mystérieuse. La raison natu— relle est qu'on a principalement en vue de tenir fort propres les deux doigts qui doivent toucher le corps de Jésus-Christ. Or on ne le touche qu'avec l'extrémité du pouce el de lindex de chaque main. La raison mystérieuse de cet usage nous a élé donnée depuis phus de douze cents ans par l'auteur de la Hiérarchie ecclésiastique. « Celle ablulion, dit-il (1), ne se fait pas pour effacer les souillures du corps, elles ont été déjà lavées, mais pour marquer que l'âme doit se purifier des moindres laches : c'est pour ce sujet que le prêtre lave seulement l'extrémité des doigts, et non pas les mains. »
6. En lavant les mains on ditle psaume Lorabo, qui convient parfaitement à cette
aclion. Quelques églises ont jugé à propos.
de ne dire que quel ues versels de ce psaume. Mais le Missel romain, qui le fait achever, est en cela conforme aux anciennes liturgies (2) de saint Chrysostome et de saint Basile, où il est marqué qu'en lavant les mains, on le dit depuis le verset Lavabo jusqu'à la fin.
T. Le psaum est terminé par Gloria Patri, comme le sont ordinairement tous les autres psaumes. Mais on omet ce verset aux messes des morts et au temps de la Passion, parce que celle hymne de glorification est un chant de joie, qui ne convient pas avec les marques de deuil; et l'on s'en abstient surtout au temps de la Passion, parce qu'on est alors tout occupé des souffrances de Jésas-Christ, réservant à un autre temps à célébrer l'égalité de la gloire dont il jouit avec le Père et le Saint-Esprit.
TI. Du psaume Lavabo, Iotroduction à ce psaume : savol ! sices paroles que dit le prêtre : Je suis entré quet mon
innocence, s'accordent avec l'humilité chrétii ., de la vraie hunililé. ' ano Règles
Plusieurs personnes proposent sur ce Psaume une difficulté dont la résolution dépend de quelques réflexions sur l'humilité, qui peuvent éclaircir divers endroits de V'Ecriture, et qu'il paraît plus à propos de détacher de l'explication des autres versets du psaume. David, qui a composé ce psaume, dit avec une sainte bardiesse qu'il s'est approché du Seigneur avec son innocence :
Ego autem in innocentia mea ingressus sum; et l'Eglise met ces paroles dans la bouche de tous les prêtres à la messe. On demande si ce langage peut s'accommoder avec l'humililé chrétienne, qui doit nous rendre vils € méprisables à nos yeux, et nous remplir de confusion et de crainte.
Pour résoudre cette difficulté, il faut marquer le vrai caractère de l'humilité, et óter la fausse idée que la plupart ont de cette vertu. L'humililé ne consiste ni à ignorer
1) Dionys. 1. de Eocles. Hier. c. 55.
8 Liturg. S. Chrys. Euchol, Græe. p. 60.
D. CR me, quia mitis sum, et humilis corde.
sam apostolos ? nonne Christum Ji mum nostrum vidi ? 1 Cor. ix, 1. " tsm Dont
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ce que l'on est, ni à déguiser ce que l'on connaît évidemment dans soi-même. Jésus- Christ, qui est véritablement humble, et qui veut étre noire modèle (3), ne pouvait s'empêcher de voir ses divines perfeclions, et ne les cachait pas toujours aux autres.
L'humilité du Sauveur consislait à voir et à reconnaître en son humanité cómme dépendant de la divinité tout ce qui en dépendait véritablement; à laisser croire de son état aux hommes tout ce qu'il leur plairait; à attendre avec soumission l'heure el le moment de sa manifestation ; à ne rien dire que ce que son Pére voulait qu'il révélát; à souffrir le mépris des hommes, et à se livrer avec une parfaite soumission aux peines les plus vives et aux humiliations les plus ignominieuses. Voilà le parfait modéle qu'il nous a laissé.
Mais Jésus-Christ si humble sait qu'il est le Fils de Dieu, qu'ilestla lumière du monde; et ildit souvent qu'il estleFils de Dieu, qu'il est la lumiére et la vérité. En quoi il apprend aux hommes qu'il y a des temps où il faut faire connaître les dons et les qualités qu'ils ont recus de Dieu.
Saint Paul est humble. Il se regarde comme le rebut du monde, et il consent, s'il le faut, à être anathème pour tous ses frères, c'est-à-dire à être à tous les hommes un objet d'horreur pour l'amour d'eux. Quelle humilité, et quelle charité tout ensemble!
Mais saint Paul si humble sait qu'il est apótre, qu'il est inspiré de Dieu, et qu'il peut dire js : Ne suis-je pas apôtre? n'ai-je pas tu Jésus-Christ Note-Segneur? Il ne cache pas qu'il avait été ravi au troisiàme ciel (5), et il savait méme qu'il pouvait se gloritier en Dieu sans blesser l'humilité chrétienne.
Ce grand apótre veut aussi que tous les fidèles soient humbles, sans qu'on se déguise le bien qu'on sent en soi. Il veut qu'on connaisse son élat par le témoignage de sa con- Science; qu'on s'éprouve (6), qu'on discerne ses œuvres pour en porter un jugement selon la vérité.
Ainsi l'humilité des chrétiens consiste premiérement à craindre de ne pas voir en nous le mal qui y est, à reconnalire qu'il ne s'ensuit pas que nous soyons jusles (7) parce que nous ne nous trouvons coupables de rien : C'est le Seigneur qui nous jugera (8); le Seigneur, dont fes yeux pénètrent dans nos plus profondes ténèbres. 11 faut donc nous croire vils et méprisables, et par le ial que nous voyons en nous, et par les obscurités que nous ne pouvons approfondir ; et vouloir étre traités comme le rebut du monde, s'il est expédient pour notre salut et pour celui de nos fréres.
En second lieu, à l'égard de ce qui est évidemment bon, l'humilité consiste à ne chercher jamais à faire connaltre ce bien
(5) I Cor. xu, 1 et seq.
n Vosmetipsos tentate, si estis in fide, Ipsi vos probate, or. x
(7) Nibil mibi conselus sum, sed non in hoc jastificatus um : qui autem judicat me, Dominus est. 1 Cor. x, 4. (8) Oculi Domiui multo plus lucidiores, etc. Eccli. xxim, 20
TA que par l'ordre de Dies, el à ne se comparer point à d'autres pour s'élever au-dessus d'eux, comme faisait le pharisien; à confesser que ce bien ne vient pas de nous (1), mais de la grâce de Dieu; et à reconnaftre que nous pouvons déchoir du plus haut état plus facilement que n'en sont déchus le plus sage des rois, un apótre choisi de Dieu, et le premier des anges. Ainsi, quelque faveur que nous ayons reçue de Dieu, il faut ur être humble dire toujours avec tremlement : Que vais-je devenir, S:igneur, si vous ne me soulenez? Ne retirez point de Moi votre esprit (2). 0 Dieu ; fortifiex ce que vous avez fait en nous (3). Je ne suis que cendre et poussière, et sans voire secours, je n'ai ni fermeté ni consistance, le moindre vent m'emportera. C'est là le vrai caractère de l'humilité.
Or celui qui entre dans l'esprit da psaume xxv, comme David, est véritablement humble lorsqu'il dit : Je suis entré avec l'innocence de mon cœur : Ego autem in innocentia mea ingressus sum; car cel homine craint d'être bientôt confondu arcc les impies, si Dieu ne l'en préserve : Ne perdez point, ou selon l'hébreu , n'unissez pas mon âme avec celles des impies. Il dit à Dieu: Je suis dans l'innocence; mais il ajoute: Rachetez-moi, ayes pilié de moi. Quelque témoignage que lui rende sa conscience qu'il est innocent, il sent qu'il a besoin continuellement de la main du Rédempteur et de sa miséricorde. 11 connaît donc ce qu'il y a de bon en lui, il Je déclare, et cn le déclarant, il demeure véritablement humble. Tel doit être le prêtre, qui a reçu des grâces toutes particuliéres de Dieu, qui s'est purifié par la péhitence et par la régularité de sa vie, avant que de monter à l'autel, et telle doit étre sa
isposition en disant les versets du psaume xxv, que nous allons expliquer en les paraphrasant.
$ III. Explication.
Je laverai mes — Lavabo inter innomains avec ceux qui cenles manus meas ; vivent dans l'inno- et circumdabo altare cence, et j'environ- tuum, Domine.
nerai, Seigneur, votre autel.
Les mains ont toujours marqué les actions et les œuvres (&), et c'est ce qu'il faut purifier. Je dois me laver, non pas simplement avec de l'eau, mais je dois purifier mes actions par l'innocence de mon cœur, dans la compagnie des gens de bien, qui, par leurs exemples, me porteront à aimer et à couserver la droiture et la pureté du cœur.
Les Juifs entouralent l'autel avec des hosties et des holocaustes, avec le sang des victimes; mais, Seigneur, vous ne voulez plus autour de votre aulel que nos esprits et nos cœurs unis aux saints anges qui vous y adorent.
Je viendrai me joindre à vos serviteurs :
Poarovo!r la voix — Ut audiam vocem
[uU SES quoJ non accepisti ? f Cor. mv, 7.
"m qui annoncera vos laudis, et enarrem louanges,et pourra- universa mirabilia conterioutesvos mer- tua.
veilles.
Pour les entendre chanter, et pour #-!
prendre de vous-même vos grandeurs et la:
manière de vous louer. J'y viendrai pour y chanter moi-même les cantiques qui rappel lent dans nos esprits les miracles de voire puissance. Un prêtre doit être le héraut des grandeurs de Dicu; il est obligé par son
lat de connaître et de faire connaître ses merveilles, ct de s'en blier.
Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison, où vous daignez établir votre gloire.
La gloire de Dieu réside, pour ainsi dire, dans le saint temple et dans toutes les assemblées où il est glorifié. Nous devons souhaiter d'être souvent dans ces lieux saials, avec les fidèles qui s'y assemblent.
O Dieu! ne mefai- Ne perdas cum im.
tes point périr avec piis, Deus, animan les impies, bi mourir meam, et cum viris avecles hommes san- sanguinum vitam guinaires. meam.
Ne me laissez pas vivre avec les méchants, avec qui je périrais; avec ces hommes sang qui ne craignent pas d'óter la vie à leurs frères, et de les perdre par toutes sorles de voies.”
Dontlesmainssont In quorum mauipleines d'iniquités, el bus iniquitates suut, chargées de présents. dextera eorum re-
pleta est muneribus.
Tis s'abandonnent au crime, et ils sont toujours disposés à faire de mauvaises aclions, parce qu'ils aiment lcs présents qui les corrompent.
Pour moi, je sois entré avec mon innocence : racheltezmoi, et ayer pitié de moi.
C'est par volre gráce, Seigneur, que j'ai mené une vie différente de celle des impies, et que je suis entré vec un cœur el des mains puriflés. Mais je serais bientôt souillé
i vous ne me préserviez de la contagion des méchants. Daignez m'en retirer par volre miséricorde.
Mes pieds ont suivi le droit chemin : je vous bénirai, Seigneur, dans les assemblées.
Puisque, par les effets de votre divine bonté, j'ai déjà marché dans la voie droite, je vous en louerai dans le lieu saiut, dans les assemb:ées des justes.
Wi Paol. xvn, 29.
À) Orig., hou. in lib. Regum.
remplir pour les pu-
Domine, dilexi de.
corem domus tug, et locum — habitationis glorise luæ.
Ego autem in innocentia mea ingressus sum : redime me, et miserere mei.
Pes meus stelit in ecclesiis m te, Do-
Let] LiB
Gloire au Père, elc. Gloria Patri, etc.
Pendant que le prêtre récite ce psaume el lave ses mains, les assistants pourraient se cœntenter de dire : Lavez-moi, Seigneur, de
plus en plas de toutes mes iniquités, cl puri-
Gez les pensées de mon esprit et les désirs de mon cœur, afin que je puisse m'unir aux dispositions du prétre, et parliciper à la grâce et aux fruits du saint sacrifice,