‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 103 sur 411 · DES PETITES HEURES · texte numérisé non relu

DES PETITES HEURES

(Dumolin, ibid.) A toutes les autres heures canoniales l'évêque n'a pas coutume de s'y trouver; s'il désire y assister, il sera à sa chaire avec son habit de chœur ordinaire et ne fera point l'office; mais le tout sera fait par le chanoine hebdomadier, suivant la coutume de chaque église. Excepté seulement à tierce où l'évêque est obligé de faire l'office , en cas qu'il doive dire la messe solennellement, comme il est plus particulièrement déclaré au traité de la messe pontificale.

TITRE SECOND

Des matines solennelles hors de la présence

de l'évêque.

1. Les acolytes mettent leurs chandeliers' avec les cierges éteints aux deux coins de l'autel , et ils allument, quand il est besoin» les cierges de l'autel, comme au commencement de vêpres.

2. Le clergé va au chœur sans être précédé des acolytes, ni suivi d'aucun officier revêtu de chape; mais tous marchent seulement en surplis, deux à deux, dans cet ordre, selon le cérémonial, liv. n, c. 6, n° 2 : l" Les maîtres des cérémonies; 2° deux clercs-chantres; 3* l'officiant ; ensuite les autres , les plus dignes les premiers ; les chantres vont devant le lutrin , ayant derrière eux un siège préparé, comme les chapiers à vêpres. Lorsque l'officiant est arrivé à sa place, ou devant l'autel, tous font ensemble une courte prière, et s'étant levés au signal que le cérémoniaire donne à l'officiant par une inclination, ils disent aussitôt, tournés vers l'autel, le Pater, l'Ave, et le Credo à voix basse.

3. Ensuite l'officiant chante d'un ton convenable Domine, Inbia mea aperies, faisant un petit signe de croix avec le pouce droit sur sa bouche, la main étendue et tournée vers sa face, ce que tous ceux du chœur font en même temps ; après qu'ils ont répondu Et os mcum annuntiabit laudnm tuam, l'officiant dit du même Ion , Detis, in adjuiorium, fai-

eanl le siffne de la croix depuis le front jusqu'à la poitrine , conimc au commencement tie vôpres; ce que ceux du ciiœur font aussi, cl répondent ensuite : Domine , ad udjuvandtim , etc. Tous inclinent profondément la (été comme à vêpres au Gloria l'atri , et so redressent à SiciU erat. Après qu'on a dit : Alléluia , ou Laus tibi. Domine , les deux chantres entonnent l'invitatoire et le psaume Venile, exsullemus , à quoi le chœur, qui est encore tourné vers l'autel, répond en répétant l'invitatoire à l'ordinaire. Quand on chante ces paroles, \' enite, adoremus et procidamus ante Deum , tous , même l'officiant et les chantres, font la génuflexion, puis ils Be relèvent et l'on poursuit Ploremus co7-am Domino, etc.

4. Le psaume Venitc, exsultemus étant achevé, et l'invitatoire répété en partie par les chantres , le cérémoniaire conduit le premier chantre, ou même tous kt deux , selon la dignité de la fête et la coutume des lieux , devant l'officiant pour lui annoncer l'hymne, pendant laquelle tous sont tournés en chœur et inclinent profondément la tôle quand on nomme à la fin la sainte Trinité (Cwrem. ibid. n. 8) ; sur la fin du dernier verset, il conduit encore le môme chantre devant lui pour lui annoncer la première antienne , laquelle étant entièrement achevée, si l'office est double, les deux chantres entonnent le premier verset du psaume , et tous s'asseyent et se couvrent à la médiation.

5. Remarquez que les chantres annoncent toutes les antiennes, et entonnent ensuite les psaumes de la manière qui sera expliquée au commencement de vêpres, et que tout le chœur observe durant les psaumes, le Gloria Patri et les antiennes, les mêmes cérémonies qui seront décrites au même lieu.

C. Lorsqu'on répète la dernière antienne de chaque nocturne, les deux chantres, accompagnés du cérémoniaire, vont au milieu du chœur, où ayant fait la génuflexion, ils chantent le verset, durant lequel tous sont debout et tournés vers l'autel; pendant que le chœur y répond, le cérémoniaire va inviter par une inclination convenable celui qui doit dire la leçon, commençant toujours par les moins dignes ; celui-ci ayant rendu le salut, étant debout et découvert, salue ses plus proches voisins ; puis il va, la barrette à la main, devant le pupitre , où il fait avec le cérémoniaire la génuflexion. Dans les chœurs où les plus dignes sont les plus proches de l'autel, comme sont plusieurs d'Italie, celui qui va dire la leçon, ayant fait la génuflexion au milieu , salue le chœur avant et après la leçon.

7. Le chœur ayant achevé le répons du verset, l'officiant comn)ence à haute voix le Pater noster, qu'il poursuit à voix basse avec tout le chœur, jusqu'à ces paroles : Et ne nos inducas in tenlationem, qu'il dit du niêiiie ton que les premières, à quoi le chœur ayant répondu Sed libéra nos a malo, l'officiant dit tout haut l'absolution, à laquelle le chœur ajant répondu Amen, celui qui doit

dire la leçon se tourne vers l'officiant, sans tourner iliroctement , s'il se peut , le dos à l'autel; ét.int médiocrement incliné vers lui, il dit d'un ton convenable Jubé, domne, benedicerc, sans se redresser jusqu'à ce (lue l'officiant ait dit les paroles de la béuédictiou ; alors le chœur, qui était toujours demeuré d(l)Out tourné vers l'autel, depuis le verset, ayant répondu Amen, s'assied et se couvre, demeurant ainsi durant la leçon et lo répons suivant. Celui qui dit la leçon prononce toutes les paroles distinctement et dévotement avec le ton et les inflexions convenables ; il tient les mains appuyées aux deux côtés dn livre, ayant auparavant donné sa barrette au cérémoniaire, lequel, s'il est besoin, tient une bougie allumée dans un chandelier à manche pour éclairer. Le lecteur, ayant achevé la leçon ,'conclut par ces paroles : Tu aulem, Domine, miserere nobis, faisant en même temps la génuflexion ; puis il retourne à sa place , saluant ceux qu'il a salués en partant.

8. Après la leçon , les deux chantres s lèvent, et commencent le répons que tout le chœur poursuit ; puis ils disent tout seuls le verset de chaque répons , ou au moins celui de la troisième leçon, si d'aulres sont nommés pour dire les deux précédents versets. Le chœur, couvert et assis , ne se découvre point , sinon au Gloria Patri des troisièmes répons, auipiel tous s'inclinent à l'ordinaire; lorsque l'officiant donne la seconde et la troisième bénédiction , tout le chœur se découvre sans se lever, quoique l'officiaiil soit pour lors debout, car c'est un privilège particulier à l'évêque de donner ses bénédictions assis, sans être obligé de se lever qu'aux premières de chaque nocturne avec tout le chœur.

9. Remarquez qu'on pratique les mêmes cérémonies au second et au troisième nocturne, à la réserve des choses suivantes , qu'on doit observer durant les leçons du troisième. 1" Au commencement de la septième leçon, le chœur se tient debout, tourné vers le lecteur, jusqu'à ce qu'il ait achevé les paroles de l'Evangile, disant f'f reliqua, sans faire aucun signe de croix sur le livre , ni sur lui , non plus qu'aux autres leçons. 2° Pendant la huitième leçon , le cérémoniaire fait apporter trois chapes ou un plus grand nombre, si c'est l'usage, et vers la fia du répons , il les donne à l'officiant et aux chantres. ^° Durant le même répons , ou plutôt, s'il est besoin, les deux acolytes vont allumer leurs cierges préparés aux deux coins de l'autel, avec les mêmes cérémonies qui sont marquées pour Vêpres avant le capitule; ayant pris leurs chandeliers, ils viennent devant l'officiant, où ils tâchent d'arriver avec les deux chapiers , un peu avant qu'il commence la dernière leçon. 4° Le huitième répons étant achevé, tous se lèvent et demeurent debout tournés en face durant la neuvième leçon par respect pour l'officiant, lequel l'a dit sans sortir de sa place, après ^ avoir demandé la bénédictiou au plus digne du chœur, comme les autres, n'apparteuaut

qu'à l'évêquc de s'adresser en celle rencon- pourqtioi une seule fois à moiliè, quand ou

tre imniédiatemenl à Dieu par ces paroles , l'a répété en entier à cha<|ue verset?

Jubé, Domine, benediccre, à quoi le chœur Selon les bréviaires moJernos, on dit Mi-

dnit seulement répondre Jmen, Lorsque l'of- sererenostri au lieu de nnbis, cela paraissant

ficiant dilTu autem. Domine, etc., il s'incliue plus conforme à la pure latinité; on a cepen-

profondément vers l'autel sans faire la gé- dant conservé nabis aux litanies , à VAynus nudexion

10. Le chœur ayant répondu Deo gratias, le premier chapier annonce à l'officiant l'hymne Je Deum laudamus ; lorsqu'il a répété l'inlonalion, 1rs chapiers et les acolytes avec le cérémoniaire le saluent et rclournent à leurs places comme à l'hymne de vêpres. Pendant le verset Te erfjo qiiœKumus, etc., tous, même l'officiant, font la yénudesion vers l'autel, et ensuite se tournent en chœur comme auparavant.

11. Si l'on est obligé de séparer matines d'avec laudes, ce qui arrive aux matines de

Noël, l'officiant dit, après l'hymne Te Deum, diction n'y a pas rapport, l'oraison de l'office avec Dominus vubiscum, ..r-r.. .. ..-,

Dei de la messe et au Gloria in excelsis.

Plusieurs bréviaires ont un Gloria Palri à chaque répons, lorsque le rite est annuel; comme il n'est pas suivi de la réclame, il faut que celui qui doit chanter la leçon suivante vienne auparavant au lieu où il doit la chanter, pour ne pas marcher pendant le Gloria Patri.

Plusieurs rubriques récentes indiquent une bénédiction particulière pour élro dite par lévêque ou par le prêtre officiant, quand il n'y a pas d'autre prêtre présent. Quand la dernière leçon est un évangile, celle béné-

avant et après; puis les chapiers entonnent Benedi camus Domino, ell'olficiant, sans ajouter Fidelium animœ , etc., va dire la messe. Mais si le chœur se retire après matines, l'officiant ajoute Fidelittm animœ, elc, et le Pater, sans autre chose.

12. Les laudes sont toutes semblables aux vêpres pour les cérémonies et le nombre de» officiers ; c'est pourquoi s'il y a plus de deux chapiers à vêpres, le cérémoniaire fait encore apporter, pendant le Te Deum, d'autres chapes au chœur pour ceux qui les doivent porter ; ou si la sacristie est proche, ils les y vont prendre eux-mêmes, retournant ensuite au chœur avec les révérences convenables, et se joignant aux deux autres devant le lutrin.

13. Si l'ondil prime immédiatement après laudes, l'officiant ayant dit Fidelium animœ, etc., se retire avec ses officiers de la même manière qu'à vêpres, lorsqu'on dit ensuite compiles ; un autre du chœur en surplis seulement et dans sa place ordinaire fait l'oflice de prime. Si prime ne suivait pas imniédiatemenl, l'officiant dirait avant de sortir l'antienne de la Vierge, comme il fait à vêpres lorsqu'on ne dit pas ensuite les compiles.

14^. Remarquez qu'il n'y a rien de particulier à observer durant matines et laudt s et les petites heures en présence du saint sacrement exposé, ou devant l'évêque diocésain , que ce qui sera dit des vêpres solennelles ; d'oii l'on peut aisément inférer comment l'on doit se comporter en ces rencontres , sans qu'il soit besoin d'en faire ici d'autres remarques plus expresses.

VARIÉTÉS

Selon les bréviaires modernes, on ne répèle pas l'invitatoire avant le psaume ni avant la tin, quand l'office n'est que semi-double ou simple; mais anssi on le dit tout enlier à chaque verset aux annuels et solennels; dans ce dernier cas on le répèle à moitié, puis en enlier après Sicut erat. On conçoit bien qu'ici il doit être répété à moitié quand ou le dit ainsi à tous les deux versets ; mais

(I) Beoult XIV, bulle Quemadttwiwn, du 16 decruibre

MEDIIATION.

(Indulgences auUieuliiiucs.) § I. Indulgence accordée à |m riiéUiilé k loul fidèle qui fera, chaque jour, une demi-liettre ou au nwim un quarj d'heure d'oraison wenlale ou médil'Uioii.

Indulgence plenière une fois par mois, le jour, à son choix, oii , s'élant confessé et ayant communié, on priera selon les iutenlions de Tliglise (1).

N. B. Celle indulgence plenière est applicable aux àoies du purgatoire.

§ II. Indulgences accordées ^ perpétuité à tout fidèle qui enseignera sus autres la manière de faire la méditation, ou qui l'a|iprfndra lui-même.

1* Indulgence de sept ans el sept quarantaines à ceux qui, vraiment contrits et ayant communié, enseigneront aux autres à faire la méditation, ou l'apprendront eux-mêmes.

■i" Indulgence plenière, une fois par mois, pour ceux qui enseigneront fréquemment , soit en public , soit en particulier, la manière de faire la méditalion, et pour ceux aussi qui assisteront fréquemment à ces instructions. Ils gagneront celle indulgence le jour, à leur choix, où, s'étant confessés el ayant communié, ils prieront selon les intentions de l'Eglise (2)

N. B. Cette indulgence plenière est applicable aux âmes du purgatoire.

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