‹ Dictionnaire alphabético-méthodique des cérémonies et des rites sacrésChapitre 163 sur 411 · ARTICLE (PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE (PREMIER

De la préparation du célébrant et de ses

minisires.

1. L'heure étant venue et le signal donné pour les officiers, ils se rendent à la sacristie, où , après une courte prière, s'ils no l'ont déjtà faite à l'église , ils lavent leurs mains el se revêlent des ornements qui leur sont préparés. Le cérémoniaire , le thuriféraire et les acolytes prennent des surplis , et ceux-ci aident le diacre et le sous-diacre à s'habiller. Il est à propos que les minisires sacrés, prenant leurs ornemenls, récitent les ■oraisons qui sont marquées pour chacun dans le Missel , el qu'ils baisent l'amict , l'étole cl le manipule ; mais ils ne doivent prendre ce dernier qu'après que le prêlre est entièrement habillé. Le cérémoniaire ou le sous-diacre Va porter le calice sur la crédence.

2. Le célébrant ayant fait ses préparations el lavé ses mains, s'approche d"s ornemenls. Le diacre et le sous-diacre lui font alors une inclination médiocre, puis le révèlent de tous les ornemenls sacerdotaux, et quand ils l'ont tout à fait habillé, ils prennent leurs manipules.

3. Pendant que les officiers s'habillent, on sonne le dernier coup, et le clergé se rend en diligence à la sacristie , si elle est assez spacieuse, sinon au lieu accoutumé, où chacun se revêt de surplis , et les chapiers prennent des chapes par-dessus. Le thuriféraire prépare son encensoir ; les acolytes, après avoir aidé les ministres sacrés à s'habiller, vont allumer les cierges à l'autel.

4. Si le clergé et les officiers de l'aulel doivent aller séparément au chœur , ainsi qu'on l'observe aux félcs moins solennelles , comme il est amplement déclaré ci-devant, arlicle Choeur, le supérieur, ou celui qui 1<î représente, donne le signal pour partir, et le clergé va au chœur , faisant auparavant une inclination profonde à la croix de la sacristie, deux à deux, les moins dignes les premiers, ou selon l'usage des lieux; ayant fait la génuflexion à l'autel, ils se saluent par une inclinalion médiocre, en se séparant pour aller à leurs places aux deux côtés du chœur, sans saluer ceux qui les ont précédés; le supérieur ou le plus digne du clergé étant arrivé à sa place, tous font une courte prière à genoux, après laquelle ils s'asseyent et se couvrent au signal qui en est donné. Peu de temps après , les chapiers ayant salué la croix de la sacristie , se couvrent , viennent au chœur deux à deux, les mains jointes, les moins dignes les premiers ; ils vont faire la génuflexion sur le pavé devant l'autel , ou seulement une inclination profonde , si le saint sacrement n'y est pas , comme lob-

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srrvont aussi les chanoinos ; ils font ensuite leur prière sur le dernier degré, s'ils entrent par le côlé du chœur, selon iusugo plus ordinaire dans les chœurs distants de l'aulel , tomme ceux de France , dont nous parlons seulement ici, .ly.inl trailc des autres au lieu ci-dessus imliqué. Après, s'él.iiil levés et ayant fait la génuflexion, ils salumt le chœur en entrant d'une inclin, ilion médiocre de part et d'aulre, commençant par le côlé de l'Epîlre, à quoi le chœur répond en se levant el laisanl un salut réciproiiue; lorsqu'ils sont à leurs places, tout le clergé s'assied et se couvre avec eux jusqu'à l'arrivée des ofGciers de l'autel.

5. Quand le célébrant est habillé, si l'on doit mareher processionnellemeut avec la croix (Ccercin. /. ii, c. 8, n. ■25), il met <te l'encens dans l'encensoir, le diacre tenant la navette de la main gauche, et lui présentant de la droite la cuiller qu'il baise par le boni, el puis la main du célébrant, auquel il dit, la léte inclinée : Beneclicite, paler révérende, et le célébrant prend trois fois de l'encens , et en met aulant de fois dans l'encensoir, savoir : au milieu, à droite et à gauche, disant à la première fois, Ab illo benedicaris ; à la deuxième, in cujus honore; à la troisième, cremaberis. Amen. Ensuite, ayant rendu la cuiller au diacre, que celui-ci reçoit en lui baisant la main et puis la cuiller, il fait le signe de la croix sans rien dire , ayant pendant loute celte action la main gauche sur la poitrine. Après cela, il reçoit sa barrette, que le diacre lui présente avec les baisers accoutumés, tant de la chose que de la main ; alors il descend sur le pavé au milieu de ses ministres, ayant à sa droite le diacre, le thuriféraire et le premier acolyle, el à sa gauche, le sous-diacre, le cérénioniaire el le second acolyte , tons découverts et r.ingés en ligne droite devant la croix de la sacristie, qu'ils saluent par une inclinalion profonde, dès que les chapiers sont entrés au chœur et que le signal pour partir est donné ; et puis les ministres font une inclination médiocre au célébrant, à laiiuello il répond par une inclination de lêle d'un côté et d'un autre. Si la sacristie était trop étroite, le thuriféraire et les acolytes salueraient la croix derrière le célébrant el les ministres sacrés, après quoi le célébrant se tournerait tout à fait vers ses ministres, pour recevoir d'eux et pour leur rendre le salut, et partir de suite.

6. Remarquez, !• que lorsque les ministres présentent quelque chose au célébrant revêtu de ses ornements, ils baisent premièrement la chose, el puis sa main ; et quand ils reçoivent quelque chose de lui, ils baisent premièrement sa main et ensuite la chose, selon le Cérémonial, !iv. i, c. 18. On excepte de cette règle les messes des défunts, dans lesquelles on omet toutes sortes de baisers, et celles qu'on dit en présence du sainl sacrement exposé , particulièrement pour ce qui regarde l'encensement et quelques autres cas marqués ci-après en leur propre lieu. C'est aussi l'usage de ne baiser

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qu'à demi la barrette du célébrant lorsqu'on la lui présente, ou (ju'on la reçoit de lui. Pour les ministres entre eux, quand ils se donnent quelque chose, ils s'abstiennent de baiser la main.

7. Remarquez, 2° que les acolytes doivent porter leurs chandeliers droits cl également élevés, celui qui est au côté droit tenant le sien de la main droite par le nœud, et de la gauche par le pied ; et, au contraire, celui qui est au côlé gaucht; tenant le sien de la gauche par le nœud, el de la droite par le pied; el si, en se tournant, ils changent de côté, ils changent aussi en même temps de main, en sorte qu'ils aient toujours la main qui esl en dehors au nœud, el celle qui est en dedans au pied, lequel ils doivent tenir environ à la hauteur de la ceinture. De même quand ils portent des flambeaux, celui qui est au côté droit iloil tenir le sien de la droite, et celui qui est au côté g lucha doit tenir le sien de la gauche, tous deux ayant l'autre main qui est libre appuyée sur la poitrine.

8. Remarquez, 3' que lorsque le thuriféraire porte son encensoir avec quél(]ue solennité, marchant prucessionnellemenl, il le lient de la main droite, ayant te p»uce dans le gros anneau, el le doigt annulaire dans le pelil, par lequel il élève un peu la chaînette du cauverele , afin que le feu se conserve mieux, el de la gauche il porte la navette par le pied; elle doit être fermée el l'ouverture lournée vers sa poitrine; il lient ainsi l'un et l'autre des deux mains également élevées à la hauteur de la poitrine, en sorte que l'encensoir ne louche pas ses vêtements. Mais quand il porte l'encensoir au célébrant pour faire bénir l'encens, soit à la sacristie, soit à l'aulel, il tient l'encensoir de la main gauche, el de la droite la navette à moitié ouverte, qu'il présente toujours de celte main au diacre ou au prêtre assistant; puis, ayant fait une inclination médiocre au célébrant, la main droite appuyée sur sa poitrine, il lève de cette main le couvercle de son encensoir, en tirant l'anneau de la chaînette qui y est joinle, el de la même main il prend toutes les autres chaînettes ensemble par le milieu, élevant ainsi l'encensoir proche de la navette, el demeurant debout, la main gauche appuyée sur la poitrine, pendant que le célébrant met de l'encens el le bénit (s'il le faut bénir); après quoi, et non pas plus tôt, il abaisse le couvercle de l'encensoir, salue le célébrant comme auparavant, reçoit de la gauche la navette du diacre, auquel il donne de la droite seule l'encensoir, si le célébrant doit pour lors encenser ; sinon il reçoit de la main droite la navette sans quitter l'encensoir, et ayant salué le célébrant avec le cérémoniaire, comme il a fait eu arrivant, il se relire el se dispose pour marcher, prenant de la gauche la navette, el de la droite l'encensoir, ainsi qu'il a été dit ci-dessus

9. Remarquez, 1° que si le célébrant pos sède !c privilège d'avoir un prêtre assista celui-ci prend un surplis , prévoit la mes

DICTIONNAIRE DES CEREMONIES ET DES RITES SACRES. fîSi

CCS doubles; selon la nouvelle rubrique île Paris, ce n'esl qu'à la messe solennelle.

ARTICLE U

Cl la marque avec les signets du Missel ; el s'ctant revêtu d'une chape, quand le célébrant est habillé, il lui présente la cuiller pour mettre de l'encens dans l'encensoir (le diacre étant au côté gauche entre le célébrant et le sous-diacre); puis il fait les révérences convenables à la croix et au célébrant, après lui avoir donné sa barrelle avec les baisers accoutumés. Un usage iinméniorial suffit pour qu'un chanoine soit assisté d'un prêtre en chape, à la messe solennelle (S. 6'. 1602).

VARIÉTÉS

N° k. Selon la rubrique de Paris, tous font seulement inclination à la croix, si lesaintsacrement n'est pas à l'autel où l'on va célébrer la messe; il en doit être ainsi, même selonla liturgie romaine pour le diacre et le sousdiacre, si ce sont des chanoines de l'église cathédrale , d'après Bauldry et Mérati ; s'ils ne sont pas chanoines, ils doivent faire la génuflexion toutes les fois qu'ils passent devant la croix (/{utr. rom., p. il, tit. 4, n. 7); le diacre même la fait à l'absoute , en accompagnant le célébrant; il doit donc la faire en arrivant à l'autel. La rubrique viennoise et celle de Toulouse le supposent ainsi au moment du départ. Fac~ tis iteriim inclinntione {sous-enlendu per celebrantem) et genuflexione per diaconum et siibdiaconum, redit, etc. 11 doit en être de même quand on arrive, pour eux et pour tous les ministres inférieurs.

N° 5. Selon les rubriques parisiennes et viennoises, on dit au célébrant Benedic, et non Benediciie, pour mieux se conformer à la pure latinité; on dit Ab illo benedicaris, non en mettant l'encens dans l'encensoir, mais en faisant le signe de la croix dessus. Selon la nouvelle rubrique de Paris, on part de la sacristie pendant le chant de VJntroil; c'est après le Gloria Pulri, selon le Cérémonial de Belley et celui de Grenoble. L'ancienne rubrique de Paris, celles de \ ienne, de Toulouse, de Nevers, ne s'expliquent pas là-dessus; mais, selon le Cérémonial des évêqucs , on ne commence pas le chant avant que le célébrant soit au bas de l'au- Icl; la congrégation des Rites a prononcé dans le même sens en 1753.

N° 9. Les anciennes rubriques parisiennes et viennoises, celles de Nevers et de Toulouse ne font pas mention de prêtre assistant. Gardellini dit que c'est un abus qu'aucun prétexte ne peut justifier. Cet auteur, sous-promoteur de la foi et assesseur de la congrégation des Rites , dont les ouvrages sonl loués à Rome, démontre qu'un prêtre assistant ne convient qu'aux évêques , aux abbés qui officient pontificalement et à ceux qui en ont l'autorisation expresse. [Collectio decretorum, appendix 3, p. 9. Les nouvelles rubriques de Parissupposent un prêtre assistant, qui peot être remplacé par le thuriféraire, quand il s'agit d'ôter et de remettre le Missel sur l'autel pendant l'encensement.

Dans les rites parisien et viennois, l'encensement ne se fait à l'Introït qu'aux offi-

Le la sortie de la sacristie et de l'arrivée à l'autel.

(RubrKines.)

In missa solemni , Missale apertiim super altare , cnlix vero et alia necessni ia prœparcntur in credenlia cooperia linteo antequtim sacerdos venial ad altare. Ipse aulem procedit cum diaconu et siibdiacono , qui , capite cooperto, simul cum eo tenent maints junclas anle pectus. Acohjthi vero ante eos déférant candelahra cum cajidelis accensis, quœ deindc collocanlur super credenlia. El cum perte- 7ierit anle in/imum gradum altaris, ibi médius inter diacomim a dextris et subdiaconum a sinistris , anteqnam ascendat ad altare , facit cum ipsis [ut infra) confessionem.

In missn ponlificnli omnia serventur, ut in Pontificali el Cœremoniali romane ordinatiir : cujus Ponlificaiis ordinem cpiscopus , sive abbas, ut supra, nunquam prœteritnltal, quandocunque cum diacono et subdiacono p'iralis célébrai.

(Dévelopiiements.)

1. Si l'encens a été bénit , le thuriféraire raarchc seul le premier , tenant de la main droite l'encensoir avec solennité , et de la gauche la navette fermée. Si l'encens n'a pas été bénit, le thuriféraire s'approche (luand on monte à l'autel ; « les deux acoljMes le suivent portant leurs chandeliers, » puis le cérémoniaire sans barirelte et les mains jointes; «ensuite le sous-diacre, après lui le diacre, et enfin le prêtre, ces trois derniers ayant la tête couverte et les mains jointes, » tous marchant posément et la vue modestement baissée.

'2. Si la sacristie est derrière l'autel, et qu'il y ait une porle de chaque côlé, le célébrant et tous les ministres sortent par la porte qui est au côté de l'Evangile, et s'en retournent après la messe par la porle qui est au côté de l'ÈpUre , quoique le clergé doive sortir par les deux portes et rentrer de même. Le cérémoniaire présente de l'eau bénite au diacre et au sous-diacre , conformément à une pratique louable cl universelle {S. C. 1808).

3. Sils passent devant quelque autel où l'on dise la messe , depuis la consécration jusqu'à la communion, ou si le saint sacrement y est renfermé, ils font la génuflexion d'un seul genou dans le même ordre qu'ils gardent en marchant, excepté le célébrant , qui la fait ayant le diacre à sa droite et le sous-diacre à sa gauche; si on y élève le saint sacrement, ils demeurent à deux genoux jusqu'à ce que le calice soit remis sur l'autel; puis, s'élanl levés , ils se couvrent aussitôt. S'ils passent devant un prêtre qui donne la communion, ou devant un autel où le saint sacrement soit exposé, ils se mettent à deux genoux et adorent le saint sacrement, inclinant profondément la tête; en ce cas ils ne se couvrent que lorsqu'ils sont sortis du

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