MYSTÈRE
La sainte eucharislie est le mystère par excelienci-, tnys^erjum ^(/ei, dil le prêtre au moment de la consécration du vin. Collet a fait un excellent traité à ce sujet, connu sous le nom de Trtiilé des suints niyslcres. Nitus le donnons en divers arlicles,d'a|)rès une édition revue par l'auteur, el non d'après les dernières éditions qui sont une propriété. On y a fail quelques suppressions el quelques additions qui empêcheront de trouver l'auteur trop rigide, et actualiseront son excellent ouvrage. On pourra s'en former une idée d'après ce qui suit.
Préface.
« Comme la religion catholique n'a rien de plus grand, de plus respectable que le sacrifice de Jésus-Christ, il n'est pas surprenant que ses ministres n'aient rien omis de ce qui peut contribuer à maintenir la substance cl la manière de son culte. Les uns ont soutenu sa réalité par des ouvrages qui ont fait pâlir l'hérésie. Les autres ont réglé jusqu'à la dernière précision ses rites et ses cérémonies. Ceux-ci en ont développé l'esprit et le dessein. Ceux-là ont examiné en Ihéiilogiens moraux et la faute el le degré de la faute de ceux qui, par ignorance ou par négligence, ont le malheur Ue s'en écarter.
« La France a donné des écrits sur ces trois premiers genres de matière. La Perpétuité de la foi a porté jusqu'à la dcmonslration la vérité de l'eucharistie. Le Manuel des Cérémonies romaines les a expliquées dans un détail où tout est réglé jusqu'à la minute. L'Explication littérale, historique el dogmatique de la messe et de toutes ses parties, en a découvert les sens et les mystères avec tant d'onction, tant d'intelligence, qu'on l'a.
à très-juste titre, regardée comme un des meilleurs ouvrages qui aient paru dans ces derniers temps.
« Il n'en a pas été ainsi de cette autre partie qui résout les cas sans nombre qu'offre à chaque pas une matière aussi inléres-ante qu'elle est étendue. Si quelques .théologiens, comme Ponlas el l'auteur des Conférences d'Angers, en ont parlé; leur plan, qui renfermait une infinité d'autres matières, ne leur a pas permis de donner à celle-ci toute l'attention qu'elle mérite : el, quoique des écrivains d'une capacité aussi distinguée n'aient pu dire que de bonnes choses, on a chaque jour le chagrin de voir qu'il y en manque une infinité d'autres ; et que celles qui y manquent ne sont ni les plus aisées ni les moins importantes.
« Il est vrai qu'on peut trouver ailleurs co qu'on ne trouve pas chez eux : el qu'il y a peu de difficultés sur le sacrifice qui n'aient été résolues par le H. P. Paul-Marie Qoarti, dans le savant commentaire qu'il a fiil sur les rubriques du iMissel. Mais, outre que son livre fait un bon volume in-folio, el qu'il n'a jamais été imprimé qu'en Italie, l'auteur a écrit dans un temps où la fausse probabilité faisait du ravage ; et d'ailleurs il n'a pu se servir d'un grand nombre de décisions, soit du siège apostolique, soit des congrégations romaines, qui n'ont paru qu'après lui.
« Ce sont ces motifs qui m'oiil déterminé à entreprendre l'ouvrage (pie je donne aujourd'hui. J'ai tâché d'y répandre tout le jour dont la matière est susceptible. Je mr suis surtout attaché à la précision ; et persuadé qu'une ou deux bonnes raisons suffisi-nl à un esprit judicieux , je n'ai multiplié les preuves que dans un seul article, qu'un abus trop conjinun m'a fail regarder comme un point de la dernière conséquence. Au reste, bien ou mal , j'ai pris mon parti partout; et Dieu veuille que je ne l'aie pas pris dmis des matières où il sied bien à un faible écrivain d'imiter la modestie de ceux qui l'ont précédé.
« Mon dessein est de traiter dans le môme ordre, et selon la même méthode tout ce qui regarde les sacrements : mais il y a actuellement quelque chose de plus pressé à faire ; el l'on me prie si vivement de finir ma Théologie morale, que quelque pénible que soit ce nouveau genre de travail , je suis déterminé à en courir les risques. Heureux si ceux qui m'y engagent veulent bien seconder mes efforts par leurs prières cl m'oblenir du Pères des esprits la force el les grâces dont j'ai besoin pour y réussir.
« A cotte première faveur je les supplie d'en joindre une autre, qui ne peut qu'être utile au public. Quelque soin que j'aie pris de rassembler dans le volume que je leur offre présentement les difficultés, petites ou grandes, qui ont rapport à la célébration des saints mystères, il est difficile qu'il ne m'en soit beaucoup échappé. Il est encore plus difficile que je les aie toutes résolues d'une manière qui contente. En partant de ce dou-
ble principe; dont l'aveu n'a rien de trop flaltenr, je demande deux choses : l'une, qu'on prenne la peine de me proposer les cas que j'aurais omis; l'autre qu'on daigne me faire part des raisons que l'on pourrait avoir de ne pas souscrire à mon senlinienl. Tout bien examiné, je serai celui à qui il en cdûlera le plus pour remplir les clauses du contrat. Les objections coûtent peu : les cas de conscience coûtent encore moins. N'ai je donc pas lieu de croire que deux sortes d'ecclésiastiques voudront bien se prêter à mes vues? Ils peuvent du reste compter sur ma parfaite reconnaissance. Quoique avance qu'ils fassent, je ne demeurerai point en arrière. J'ai, grâce à Dieu, du côté de la gratitude des fonds inépuisables. Je ne tarderai pas à faire conn.iître aux premiers combien je suis disposé à leur obéir, et aux seconds, combien j'ai de déférence pour leurs lumières.
« Si avant que de finir il m'était permis de prier humblement ceux qui sont mes frères dans le sacerdoce de Jésus-Christ, et mes maîtres en tout autre genre, de lire une fois par an ce petit ouvrage, je le ferais très-volontiers , et je suis sûr qu'ils s'en trouveraient bien. Les difficultés prévues ne frappent pas : celles qui ne l'ont point été désorientent absolument. Il est fâcheux de ne recourir à la Uubrique que lorsqu'on est à l'autel : et il est plus fâcheux encore de n'y trouver que des principes généraux, dont l'agitation et la crainte de scandaliser la multitude ne permettent pas de tirer les conséquences dont on a besoin. Je sais qu'ici, comme chez tous les théologiens qui traitent les choses avec étendue, on trouvera des questions un peu métaphysiquei; mais je sais aussi, et par ma propre expérience, et- par celle de plusieurs autres , que le très-grand nombre n'est pas de ce genre : et je ne doute point que parmi ceux qui prendront la peine de lire ce petit traité, il n'y en ail quelquesuns qui n'avouent d'abord qu'en telle ou telle occasion il ne leur aurait pas été inutile. Plaise à Dieu, plaise à Jésus-Christ, le souverain Prêtre, d'y donner sa bénédiction. Il sait que je n'ai d'autre vue, d'autre ambition sur la terre que de contribuer à la dignité de son culte et à la sanctification de ses ministres. Fils d'un père et membre d'un corps dévoué par état et par inclination au service du clergé, ce n'est que pour lui que je respire? ce n'est qu'à lui que je veux consacrer mes travaux et mes veilles C'est sou bien, il peut en disposer. Rien de plus touchant pour moi que de voir un illustre auteur profiter amplement de mon traité des Dispenses. Je souhaite que celui-ci ait le même sort. La première règle est de vouloir le bien; la seconde, d'être charmé qu'un grand nom lui donne un prix qu'un homme obscur ne peut lui donner. »
Lellre de monseiijnmr Vévéque de Montauban à l'auteur.
«J'ai lu, monsieur, votre traité dos saints Mystères avec le même plaisir que les autres ouvrages qui sont déjà sortis de votre plume. Voire zèle pour ladéfense de l'Eglise, vos lumières el la so|idité de vos décisions vous ont attiré depuis plnsieurs années l'approbation publique. La saine morale se montre et semble acquérir de l'agrémenl dans tous vos écrits; très-propres, parla même, à servir de digue au relâchement qui se glisse jusque dans la célébration de ce que la religion a de plus auguste. Les incrédules font leurs plus grands efforts pour rendre nos mystères méprisables; et les ministres des saints autels n'en font pas assez pour leur concilier la vénération des peuples. Un traité dans le même goût sur la récitation de l'office divin doit faire naturellement le second tome de celui des saints mystères ; l'état ecclésiastique , et surtout les chapitres vous auront de grandes obligations si vous y travaillez : je ne doute pas du succès, pourvu que le Seigneur daigne vous conserver une santé qui nous est très-précieuse. Je suis avec respect, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
« t Michel, évêque de Montauban.
« A Montauban, ce 12 jnars 17o3. »
Voici les ma'ières traitées dans l'ouvrage de Collet, avec l'indication des articles de ce dictionnaire où elles sont placées.