OFFERTOIRE
C'est une partie de la messe que le prêtre récite, et que le chœur chante avant l'offrande du pain et du vin qui sont la matière du sacrifice. Dans le temps pascal, elle se termine par alléluia.
Dans le Missel romain, à la messe pour les défunts, cette partie delà messe est prolongée, par suite de l'usage où étaient les fidèles de venir à ce moment présenter leur offrande. L'usage s'en est conservé dans certains lieux, à certains jours. Plusieurs Missnli prescrivent de présenter à baiser le dos de la patène aux laïques et le creux aux prêtres; il a été défendu de présenter ainsi la patène qui doit servir au sacrifice. Les missels dont nous parlons supposent une autre patène, puisqu'ils recommandent de recevoir ces offrandes avant d'offrir l'hostie du sacrifice, et que cette hostie est alors sur la palène. D'ailleurs ils n'indiquent la patène à baiser qu'aux messes pour les morts; dans les rubriques générales, ils parient d'un instrument de paix.
USAGE DE l'offertoire (Explication du 1'. Lebrun.) L'offertoire est le verset que le prêtre récite immédiatement avant l'oblalion, et que le chœur chante dès qu'il a dit Domiitus vo biscum. On l'appelle offertoire, parce qu'il devait être dit pendant que le peuple faisait son offrande, comme le remarquent saint Isidore, Amalaire (3), et, après eux, Rémi d'Auxerre (4), vers la fin du ix siècle. Celto offrande s'est faite en silence jusqu'au iv"^ siècle. Mais au temps de saint Augustin on introduisit à Carlhage l'usage de chanter quelque hymne tirée des Psaumes (5) pendant l'offrande et la communion du peuple. Cet usage fut soutenu par ce saint docteur contre la critique d'un tribun nommé Hilarus, et il se répandit dans toute l'Eglise latine. L'Antiphonairede saint Grégoire marque les versets qui doivent être chantés, dont le commencement qui était regardé comme une
(3) Lib. ni, c. 19.
(i) Expos, uiissae.
{'6) Hitarus morem qui lune esse apud Carihaginem
cœperal, ut liymui ad allare dicerenlur de Psalmomm libro, sive ant'e oblalioneni, sive cum dislribuerelur populo quod fuisset oblaluin, nialedica repreliensione ubicunque poterat lacerabat , asserens fieri non oporlere. Aug., Retract, lib. ii, c. 11
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aiilienne était répété entre les versets autant de fois qu'il le fallait pour continuer de chanter jusqu'à ce (jue l'ollrandc fût finie, et que le prêtre, faisant signe aux clianlres de cesser, se tournât vers le peuple pour lui dire Orate, priez (I); cl Rémi d'Auxerre rroit que ces mots qu'on répétait plusieurs fois, étaient appelés versets a rcvertendo, à cause qu'on y revenait, c'est-à-dire qu'on les reprenait autant de temps que durait l'offrande. Il n'y a plus peut élre que l'église de Lyon (jui ait eonservé aux jours solennels l'usage de faire chanter plusieurs versets à l'offertoire. Présentement l'offrande du peuple ne se faisant presque plus, si ce n'est aux messes des morts auxquelles, en plusieurs églises, on offre encore du pain et du vin, les autres églises se sont contentées de dire le commencement ou le verset qui servait d'antienne. Et comme aux messes basses des morts le peuple n'offre rien, l'Eglise de Paris n'y fait pas dire Hoslias et preces, etc., ni répéter le commencement de l'offertoire. Quelqu'un même pensera peut-être que, l'offrande ne se faisant pas , on pourrait entièrement omettre l'offertoire. Cependant le prêtre le dit toujours avec raison, parce qu'il renferme tantôt une prière, tantôt des paroles de louanges, et souvent une exhortation ou une instruction par rapport aux mystères ou à la fête que l'on célèbre. Le rhœur, qui le chante pendant que le prêtre offre à l'autel le pain et,le vin, imite, comme le remarque saint Isidore (2), les enfants d'Aaron (3), qui pendant loblation faisaient retentir les trompettes on un chœur de musique auquel le peuple joignait sa voix et ses prières. D'ailleurs ce chant convient encore dans le temps que le peuple présente, comme l'on fait en quelques endroits, du pain à bénir et quelques offrandes, • '