‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 41 sur 69 · LANGUE · texte numérisé non relu

LANGUE

Vers l'âge de six ans, une maladie fébrile amena une récidive de l'hypertrophie linguale. Le gonflement augmenta, avec ulcération de la muqueuse. L'ignipuncture fut dès lors essayée, en traversant la langue à plusieurs reprises avec la lame du thermo-cautère. L'amputation partielle restera comme dernière ressource, si ce moyen ne réussit pas. (Soc. de chir., novembre.)

Ulcération tuberculeuse. L'excision en a été pratiquée par M. Trélat le 5 janvier, sur un homme de trente-six ans qui ne s'en apercevait que depuis trois mois. La moitié gauche de la langue était tuméfiée, épaissie, avec une crevasse profonde vers le tiers antérieur, anfractueuse au milieu, avec de petits amas jaunâtres. Une autre se forme en avant, et une ulcération superficielle d'un centimètre et demi de long existe sur le côté, sans induration. Quelques ganglions sous-maxillaires sont engorgés, mais les poumons sont sains.

Le diagnostic différentiel étant facile et un follicule tuberculeux jaunâtre avec cellule géante au centre étant constaté, la partie malade fut limitée avec des épingles en cuivre, et le lambeau en fut excisé avec l'anse galvanique. Aucune hémorrhagie ni complication grave ne survinrent, et vingt jours après l'opéré quittait l'hôpital. (Ann. des malad. de l'oreille et du larynx, n° 1.)

Voici donc la chirurgie armée en guerre contre le tubercule local, de même que contre l'épithélioma. L'avenir dira quel en sera l'effet sur sa généralisation .

Trois exemples observés par le docteur Thomayer (de Prague) ne lui ont donné aucun succès par le traitement. Le premier consistait en une large fissure au milieu du dos de la langue, et le second ulcère envahissait la moitié droite de la pointe, l'un et l'autre ayant un fond jaunâtre parsemé de nodules tuberculeux, avec des bords durs et épais. Les deux poumons, également envahis dans le premier cas, ne laissaient aucun espoir de guérison; mais, sans cette grave complication, le second ne fut nullement modifié par une cautérisation au chlorure de zinc.

Semblable au précédent, le troisième ulcère siégeait

294 LARYNGOTOMIE INTER-CRICO-THYROIDIENNE

au frein, et la cautérisation amena une amélioration temporaire, en faisant disparaître les nodules; mais ce fut tout. L'examen microscopique des deux premiers cas montra la destruction de la muqueuse et du tissu sousmuqueux. La base était formée d'une épaisse couche de petites cellules rondes, séparées ici et là par des amas musculaires entre lesquels se trouvaient des cellules géantes, séparées par un stroma tuberculeux. Quelques tubercules isolés furent trouvés profondément dans le tissu même de la langue. Les fibres musculaires en étaient aussi envahies, avec prolifération des nucléoles musculaires et de l'endothélium des vaisseaux.

D'où la démonstration pour l'auteur de l'inutilité de traiter des lésions aussi profondes et étendues par les caustiques, et il arrive ainsi à la même conclusion que M. Trélat : l'excision hâtive du mal.

LARYNGOTOMIE IIVTER-CRICO-TH YROIDIEiYNE .

Cette opération, facile et simple, dite de Vicq-d'Azyr, remise surtout en honneur par le docteur Krishaber, tend de plus en plus à se substituer à la trachéotomie par les dangers que présente celle-ci. (Voy. Trachéotomie, 1878.) Pratiquée exceptionnellement dans des cas spéciaux, chez l'adulte, pour l'excision de tumeurs malignes du larynx et comme procédé de nécessité, on y faisait peu d'attention. Ayant eu à la répéter comme opération préliminaire pour exciser un épithélioma du plancher de la bouche, M. Richelot, frappé de sa facilité d'exécution, l'a remise à l'ordre du jour, en proposant d'en généraliser l'emploi avec l'usage du thermocautère et la petite canule à mandrin de M. Krishaber; la canule ordinaire de la trachéotomie ne pouvant être introduite qu'en incisant le cricoïde. Bien que sans inconvénient, cette incision doit être évitée.

Suivant M. Nicaise, la valeur de cette opération ne peut encore être appréciée complètement ; mais elle est applicable quand le corps thyroïde est volumineux ou qu'il existe de gros vaisseaux dans la région. On pouvait craindre que le voisinage des cordes vocales et la possibilité de leur altération, aussi bien que la nécrose du cartilage thyroïde, ne la contrindiquassent. Mais les

LEUCOCYTHÉMIE 295

faits y ont répondu par l'état des opérés depuis plusieurs années. M. Verneuil la considère ainsi comme excellente, très facile, exclusivement applicable à certains oajs, et moins dangereuse que la trachéotomie. Il l'a pratiquée avec succès pour des épithéliomas du larynx et du pharynx, alors que la trachéotomie eût été impossible.

Le moindre praticien la fait très facilement, dit M. Farabeuf, et les anomalies vasculaires sont très rares à ce niveau. On peut respirer à travers un tube très petit, et la canule de M. Krishaber a pu rester à demeure un an sans déplacement ni douleur. Pratiquée contre le croup par M. Lannelongue, dans un cas où la trachéotomie eût été difficile, elle n'a présenté aucun embarras, et l'enfant a guéri. La trachéotomie amène de tels accidents, même entre les mains des plus habiles, qu'il y a lieu de se demander si la laryngotomie, plus facile et plus sûre, ne doit pas la remplacer. La facilité qu'il y a, chez l'enfant, à augmenter graduellement le calibre des canules par le ramollissement du cricoïde, en serait une condition favorable, suivant M. Pozzi.

Tous les chirurgiens se sont ainsi accordés pour en faire une opération de nécessité dans certains cas et à la mettre en expérience pour remplacer la trachéotomie, quand celle-ci présente des difficultés. M, Després seul a fait opposition à cette idée, en invoquant les statistiques sans accidents opératoires de celle-ci. (Soc. de chir., avril, et Ann. des malad. du larynx, novembre.)

LEUCOCYTHÉMIE. Localisée par l'histologie même dans certains organes : la rate et les ganglions lymphatiques, en particulier par Virchow, qui a le plus contribue a la cantonner aussi étroitement, cette affection obscure tend de plus en plus, par les progrès même de la science qui l'a constituée, à rentrer dans le torrent circulatoire et devenir une altération générale du sans sans siège précis, selon l'Ecole française. Des armes bien fourbies servent au docteur Variot, préparateur d'his- ;ologie à la Faculté de médecine, pour prendre cette yanche. Ayant constaté, par des préparations irrécusa, aies, 1 accumulation de leucocytes dans les capillaires

LIGATURES

du foie, où ils forment des engorgements avec épaississement de la paroi, déterminant une hypertrophie considérable de l'organe, — lésion si commune dans cette maladie que Isambert Fa constatée 32 fois sur 41 observations, — il en prend acte pour établir que le foie a une part essentielle à cette affection, sans qu'on l'ait prévu. La cirrhose avait bien été observée à l'œil nu; mais son mécanisme leucocytique n'était pas découvert. Aucun auteur ne l'indique, et les observations qu'il rapporte en sont le premier témoignage.

En montrant que c'est là une simple accumulation de leucocytes provenant du sang, et qu'il n'en peut être autrement, il examine si la formation leucocytogène, attribuée à la rate par Virchow, est mieux établie. Et, l'engorgement de cet organe répondant comme celui du foie à une véritable accumulation de leucocytes, il conclut qu'elle ne saurait être le siège de leur génération, puisque ces leucocytes se rencontrent après son excision chez l'homme et existent en abondance dans le sang d'animaux dépourvus de rate, comme les insectes et les mollusques. Un examen identique des ganglions lymphatiques hypertrophiés conduit au même résultat, et la ruine de ces prétendus organes hématopoiétiques est aussi facilement consommée que celle de la moelle.

La naissance directe des globules blancs établie par Ranvier en les voyant surgir des cellules lymphatiques du sang, et leur prolifération dans le sang circulant ayant été observée d'une façon indéniable, il s'ensuit que cette maladie obscure n'a pas d'autre origine que le sang même, dont elle constitue une profonde altération.

Au point de vue clinique, les lésions viscérales et ganglionnaires ont une importance majeure, puisqu'elles sont les signes avant-coureurs de cette grave maladie. Elles doivent guider le praticien pour la prévenir, mais ce n'est pas en en plaçant le siège dans ces organes et en agissant exclusivement sur eux que l'on peut en retarder ni en empêcher la manifestation. [Journ. de Uanat. et la physiol, n° 3.) Voy. Splénectomie.

LIGATURES. Ligature de la carotide externe. ArOUveau point de repère. La communication d'un cas de

LIGATURES

mort survenue huit jours après une ligature au-dessous de la thyroïdienne, suivie d'hémiplégie, par le professeur Dubrueil, a été l'occasion, pour M. Farabeuf, de signaler un nouveau point de repère pour pratiquer plus sûrement cette opération délicate. Son siège d'élection étant dans un segment de 10 à 12 millimètres compris entre l'origine de la thyroïdienne supérieure et celle de la linguale, comme M. Guyon l'a indiqué, ainsi que le chirurgien américain Viett, en 1878, il s'agit cle connaître un point de repère fixe pour découvrir sûrement cet espace restreint. La thyroïdienne supérieure ,naît toujours, en effet, très près ou au niveau de la bifurcation de la carotide primitive, tandis que la linguale est ordinairement à 12 millimètres au delà, sans qu'aucune anomalie de ces anastomoses puisse raccourcir ce segment. Et comme on ne lie la carotide que pour des affections de la joue où se rendent les artères situées au delà, le siège d'élection chirurgical ne peut varier.

La grande corne de Vos hyoïde, dont les auteurs n'ont pas parlé jusqu'ici, est le nouveau point de repère indiqué pour arriver directement sur la carotide externe. La situation très variable du grand hypoglosse, indiqué par M. Guyon, est un guide incertain, et découvrir la carotide primitive ou chercher une collatérale au-dessous est une opération trop délicate et dangereuse pour s'y fier. L'os hyoïde n'offre pas tous ces inconvénients; il est tangible et superficiel. La carotide externe est au contact de la grande corne, du côté de la colonne vertébrale. Il conduit nécessairement au lieu d'élection, car cette grande corne est toujours située entre l'origine de la thyroïdienne supérieure et celle cle la linguale. L'hypoglosse se trouve ordinairement audessus de cette corne, en croisant transversalement la carotide externe, et le tronc veineux, réunissant les veines faciale, linguale et thyroïdienne, est situé obliquement au-dessous.

C'est dans le triangle ainsi formé que se trouve le heu d élection. Avec cette régularité, la ligature n'est plus qu'un jeu; mais parfois le tronc veineux se rencontre sur la grande corne, ou bien les veines qui le constituent, étant divisées, forment un grillage au-de-

LIGATURES

vant de la carotide externe. Ces dispositions augmentent les difficultés, mais, en étant prévues, elles peuvent être aisément surmontées.

Ce point de repère est accepté par M. Tillaux comme plus fixe et appréciable que l'hypoglosse. On s'égare en cherchant la gaine du sterno-mastoïdien, comme l'a indiqué Malgaigne. Les battements sur le vivant diminuent heureusement les difficultés. L'os hyoïde pouvant être écarté et masqué, le point le plus important est la reconnaissance des collatérales, et il conseille de ne pas placer le fil avant d'en avoir reconnu une. Le tronc veineux, ' suivant M. Le Dentu, doit aussi servir de guide, car il est toujours placé au-dessous du point où le fil doit être passé. C'est surtout avec une plaie exsangue que l'on opère sûrement, dit M. Verneuil : d'où l'indication de lier préalablement tous les vaisseaux divisés et de n'exciser aucun ganglion pour faire place, car ils peuvent donner lieu à un écoulement sanguin abondant. (Soc. de çhir,, juin.)

Ligature de la radiale. La justesse du précepte, formulé par M. Tillaux, de lier les deux bouts de l'artère dans la plaie, est confirmée par un nouvel exemple du docteur Latil (d'Aix). Un garçon d'hôtel de vingt ans ayant brisé une bouteille en la rinçant, le 10 juillet, un fragment de verre s'implanta dans la partie supérieure de l'avant-bras droit. Un jet de sang rutilant et saccadé jaillit immédiatement. Après des tentatives d'hémostase avec le perchlorure de fer et la compression, le blessé se présente une heure ensuite dans un état syncopal, très pâle, avec un pouls lent et très petit. Une plaie de 5 à 6 centimètres existe au tiers supérieur de l'avant-bras, à la partie médiane, et se dirigeant obliquement en dehors. Les artères radiale et brachiale battent avec de faibles pulsations dans la première. Mais, l'hémorrhagie étant suspendue, on s'oppose à toute opération, et une compression méthodique est simplement établie. Huit jours après.une légère tuméfaction animée de battements, existe au niveau de la plaie. Légère hémorrhagie le lendemain et le surlendemain. Lelolessé comprend alors la nécessité d'une ligature.

LITHOTRITIE

Une incision de 8 à 10 centimètres sur le trajet de la radiale tombe sur une poche anévrismatique grosse comme un œuf. Elle est débarrassée de ses caillots, et ce n'est qu'après un quart d'heure de recherches que la radiale est découverte au milieu de tissus suppurants, sectionnée dans les trois quarts de sa circonférence; une ligature est placée au-dessous de la plaie artérielle, avec pansement à la charpie phéniquée. Les suites de l'opération furent très simples : les fils tombaient tous deux au matin du huitième jour, et le 10 août la plaie était cicatrisée. (Bull, de thèrap.)

PSEUDO-LIPOME SUS-CLAVICULAIRE. Cette tumeur, mollasse, pâteuse, formée de tissu graisseux non enkysté — ainsi appelée par M. Verneuil, qui l'a distinguée sinon observée le premier en France — est considérée comme un simple œdème par le professeur Potain. Il la rattache ainsi à l'arthritisme, dont elle serait une simple complication. (Voy. Rhumatisme.)

LITHOTRITIE. Sur 14 calculeux égyptiens, opérés par la litholapaxie en une seule séance, le docteur Zancarol, d'Alexandrie, n'en a perdu que 2, tandis que, sur 13 hthotrities ordinaires, il a eu 11 guérisons. L'avantage serait donc h celle-ci. (Revue de c/ur., août.)

Etude sur la lithotritie à séances prolongées. Thèse inaugurale, soutenue à la Faculté de médecine de Paris par le docteur E. Desnos fils, 1882. Résumé de la pratique et des leçons du professeur Guyon, à l'hôpital Necker, avec la statistique de ses opérations et les différentes modifications apportées par lui à la pratique américaine et anglaise de la litholapaxie du professeur Bigelow, de Boston. La Société de chirurgie lui a décerne le prix Duval; c'est assez dire son mérite.

Il ne faut plus s'étonner qu'avec le tempérament réfléchi, calme prudent du successeur de Civiale, et venant surtout d'un pays où tout s'improvise, la lithotritie rapide, en une seule séance, ait mis un certain temps à s acclimater a Paris. Il ne s'agissait pas, pour cet habile operateur, de suivre servilement les indications venant

d'Amérique. Etudiant et analysant lentement tous les temps de cette opération nouvelle, pour faire mentir le proverbe sur l'enthousiasme irréfléchi des Français, il a modifié profondément ces indications et le manuel opératoire, comme nous l'avons indiqué dès l'année dernière. Au lieu de faire de l'évacuation le temps principal de l'opération, c'est sur le broiement complet et rapide, et le lavage de la vessie ensuite, que compte M. Guyon pour la mener à bonne fin ; ce lavage excitant de la vessie pouvant se faire sans prolonger la chloroformisation. Elle ne convient pas dès lors à tous les cas indistinctement. Plusieurs séances peuvent être nécessaires, et sa naturalisation française, dont cette thèse est l'expression, se fait ainsi sous le nom de lithotritie à séances prolongées, pour mieux en indiquer le manuel spécial.

De la lithotritie rapide, par le docteur Reliquet. Paris. Les spécialistes français s'accordent pour faire échec à leurs collègues anglais et américains, qui préconisent cette opération en une seule séance quand même. Leur technique n'est pas si radicale, et, tout en adoptant le principe et le procédé opératoire, ils diffèrent dans l'exécution Tout dépend de la facilité de débarrasser la vessie Dès que celle-ci manifeste de l'intolérance ou de la douleur ils préfèrent s'y reprendre à deux ou trois fois nlutôt que de poursuivre une entreprise pouvant être nréiudiciable au malade. En profitant de la nouvelle méthode, ils n'abandonnent pas absolument 1 ancienne.

I UXATIONS. Luxations anciennes de l'épaule. Résection sous-cutanée des adhérences. A l'exemple de quelques chirurgiens, Diffenbach et Simon, ayant déjà exécuté cette opération dans les luxations irréductibles, M Polaillon l'a répétée sur un garçon de vingt-quatre ans oui s'était luxé l'épaule en province, quatre mois auparavant Méconnue pendant les cinq premières semaines' cette luxation n'avait pu être réduite lorsqu on

'avait reconnue. A son entrée à la Pitié, la réduction fut impossible par les moyens habituels, maigre une

ract on de 115 kilos; après un quart d heure d effort..

la tête glissa légèrement en dehors, et la luxation, d'intra-eoracoïdienne, devint sous-coraooïdienne.

Le 28 décembre dernier, toutes les précautions antiseptiques étant prises, une ponction fut faite à la région deltoïdienne, à 3 centimètres de la pointe de l'acromion ; un ténotome mousse, y étant introduit, sectionna les brides qui environnaient la tête de l'os luxé. Deux jours après, la plaie était cicatrisée, et, quatre jours plus tard, une traction de 110 kilos ramena facilement la tête de l'humérus à sa place par la manœuvre ordinaire. L'épaule fut immédiatement immobilisée ; néanmoins, les jours suivants, il y eut un léger glissement en avant, dû sans doute à l'usure du bord antérieur de la cavité glénoïde, dont la surface devait être certainement modifiée après cinq mois de déplacement.

Sous l'influence de l'électrisation, du massage et des bains sulfureux, les mouvements étaient revenus au bout d'un mois.

En somme, c'est là une opération facile et exempte de dangers, puisqu'on opère à distance des vaisseaux et des nerfs, dont il faut d'abord déterminer le siège avec soin. Toute luxation qui résiste à line traction de 100 à 150 kilos sous le chloroforme peut donc être réduite par ce moyen, surtout si l'on emploie la méthode antiseptique. (Soc. de chirurgie, 22 février.)

Une observation à ce sujet par le docteur Mollière, de Lyon, n'a fait que confirmer les conclusions précédentes. (Acad. de mèd., 8 août.) Mais le docteur Ceppi se demande si l'on avait préalablement employé, clans ces cas, la méthode de rotation et d'élévation de Kocher. (Voy. année 1881.) Depuis que cette méthode a été surtout appliquée aux luxations sous-coracoïdiennes invétérées, datant de trois semaines à quatre mois, comme 20 observations en sont relatées, il y a bien lieu de se demander si des adhérences n'existaient pas et si elle n'eût pas réussi d'emblée dans les deux cas précédents D'où l'indication d'en faire l'essai préalablement, sauf a sectionner les adhérences ensuite si elle se montre insuffisante. (Revue de c/iir., octobre.)

Nouveau procédé. Je fléchis le pouce de la

droite h ftttgle droit, dit le docteur Charny (de Mirepoix), puis je le serre fortement avec les quatre autres doigts, eu observant de faire appuyer l'extrémité du pouce sur l'annulaire; il en résulte une cavité formée par le pouce et l'indicateur, dans laquelle j'introduis la tête de l'humérus ; j'applique en même temps la main gauche sur l'acromion.

Ainsi disposé, je fais pratiquer l'extension et la contre-extension, pendant que, de mon côté, je pousse en haut la tête de l'humérus, qui avec une force médiocre ne tarde pas à rentrer dans la cavité glénoïde.

Par cette pression circulaire et uniforme, on a le grand avantage d'éviter que la luxation se produise en avant ou en arrière. (Bull, de thèrap., n° 7, avril.)

Luxations anciennes du coude. Appareil de Jarvis. La coaptation manuelle de l'opérateur est indispensable à la réduction, selon le professeur Le Fort, d'après deux exemples opérés à l'hôpital Beaujon, le premier au 27e jour, chez une femme de trente-neuf ans; le second au 15e jour, chez une couturière de quarante-huit ans. Malgré des tractions de 60 à 80 kilogrammes, exercées avec l'appareil appliqué, après chloroformisation. pendant dix minutes, la réduction ne s'effectua pas par la détente subite de la crémaillère. Dans une seconde application en élevant les tractions jusqu'à 90 au 100 kilos et en communiquant à l'articulation des mouvements de latératité, destinés, avec la traction, à briser les adhérences des surfaces articulaires, tandis que l'aide lâche la crémaillère, le chirurgien pousse l'olécrâne en bas et surtout en arrière, de façon à permettre à l'apophyse coronoïde de doubler la poulie humérale qui l'arrête. La réduction s'effectue et se maintient ensuite, grâce à un bandage plâtré, le membre étant à angle droit. C'est l'addition indispensable au succès même avec fracture de l'extrémité inférieure de l'humérus, comme dans le second cas. (Revue méd., novembre.)

Luxation du genou en arrière. Gangrène après la réduction. Le 11 mai, un garçon de dix-neuf ans a la jambe

droite, légèrement fléchie, prise entre une schlitte lourdement chargée et le sol. Resté trois heures sans secours, il est vu le lendemain par le docteur Greuell, qui constate une luxation complète de la jambe en arrière sans fracture. Le genou est un peu tuméfié, sans la moindre écorchure ni la plus petite ecchymose. Réduction immédiate et facile, bandage roulé imbibé d'eau alcoolisée. Aucune nouvelle pendant quatorze jours, lorsque la mère vient dire, le 25, que depuis quatre jours le pied et la jambe étaient comme endormis et que des taches noirâtres existaient. Une gangrène de toute la jambe fut constatée, dont la ligne de démarcation rougeâtre se dessinait à trois ou quatre travers de l'articulation du genou. Issue de pus sanieux de plusieurs fistules du creux du jarret. L'amputation fut refusée, mais huit jours après, le blessé se décida à être amputé dans la continuité de la cuisse. (Revue mèd, de l'Est, no 16.)

L'enseignement de ce fait est de ne pas avoir porté assez d'attention à une luxation aussi grave. Que l'artère poplitée ait éprouvé un mouvement de torsion et que la gangrène soit résultée de l'embolie consécutive, comme le suppose le médecin traitant, c'est possible. Mais sa faute a été de ne pas revoir le blessé, même après la réduction. Les blessures les plus bénignes en apparence peuvent avoir de ces suites regrettables, surtout en ne les surveillant pas.

Luxation des tendons péroniers. Signalée accidentellement comme une complication possible de l'entorse 3u des fractures, la déchirure de la gaine fibreuse des tendons péroniers, avec déplacement, a été observée sans mtorse ni fracture dans le cas suivant par le docteur Wertheimer. Le 25 septembre 1881, le capitaine B . voyant un lièvre qu'on venait de blesser, saute brusquement à bas de son cheval pour courir après. Mais, sans avoir ressenti aucune douleur au pied gauche il îst presque aussitôt forcé de s'arrêter, la marche étant mpossible. On le hisse péniblement sur son cheval; la louleur s'accroît avec tant d'intensité que, deux heures iprôs, un premier pansement devint nécessaire sur le

champ de manœuvre. Revenu chez lui en voiture, il ne < peut monter les escaliers qu'avec deux aides et se • traîne à genoux jusqu'à son appartement.

A l'examen, le docteur Gorez constate, au milieu d'un : gonflement modéré, deux espèces de cordes se dessinant sous la peau, en avant de la malléole externe, intacte. . C'étaient les tendons péroniers échappés de leur gaine, , qu'il réduisit facilement. Un pansement compressif et! résolutif fut appliqué et renouvelé à deux reprises. Le; 4 octobre, M. Wertheimer trouva les deux tendons ài leur place derrière la malléole; mais une saillie anormale n'en existait pas moins, laquelle persista pendantt tout le traitement, jusqu'au 27 novembre et même après : la guérison. Tandis qu'à l'état normal il est difficile,, sinon impossible, de sentir les tendons cachés profondément dans leur coulisse fibreuse à cet endroit et masqués par le ligament annulaire, on voyait les deux cordes tendineuses se dessiner sous la peau le long de lai malléole, au point de pouvoir les saisir, celle du long: péronier notamment. Gonflement local peu marqué à lai face externe du cou-de-pied, sans douleur, excepté à la» pression sur le trajet des deux tendons, le long de lai face externe du calcanéum, où régnait un empâtement léger, avec ecchymose allongée à l'union du Liers inférieur avec les deux tiers supérieurs du membre. Repos au lit.

Deux explorations successives, à quinze jours d'intervalle, pour constater la réparation de la gaine fibreuse — en portant doucement de la main droite la pointe du pied en dedans, tandis que le pouce gauche restait appliqué sur la malléole, en avant des tendons — firent sentir aussitôt le déplacement du long péronier, tendant à se porter en avant. La déchirure n'était pas réparée à la fin d'octobre, et c'est afin de ne pas condamner le malade au lit et prévenir l'atrophie musculaire qu'un appareil silicaté, embrassant le pied et la partie inférieure de la jambe, fut appliqué le 2 novembre, en permettant aussitôt de se lever et marcher dans l'appartement. Enlevé le 27, les tendons restant bien en place à l'épreuve, il fut remplacé par une chaussette en tissu élastique qui permit bientôt de sortir, quoique jusqu'à

MÉNINGITE

la fin de Tannée le blessé ait éprouvé de la difficulté à poser son pied sur le sol.

Ce fait témoigne de la gravité de cette luxation, souvent plus grave que celle des os. L'auteur la met en évidence en la rapprochant des principaux faits analogues, avec ou sans entorse et fracture, où la guérison incomplète a laissé une impotence définitive, à moins d'une opération grave dont un exemple est relaté. (Bull, méd. du Nord, janvier.) Quoique long et diffus, ce travail est donc intéressant et offre une véritable utilité pour fixer Y attention sur des lésions que Ton ne considère pas avec toute l'importance qu'elles méritent.

MÉNINGITE. Elle peut succéder au delirium tremens non fébrile, comme M. A. Robin en a observé récemment trois exemples à l'Hôtel-Dieu annexe, avec localisation à la convexité du cerveau. Cette complication grave est rare sans doute, le professeur Jaccoud l'ayant seul signalée dans son Traité de pathologie. « Un individu, après avoir présenté pendant quelques jours des signes non équivoques de delirium tremens, mourut de méningite aiguë. » Le diagnostic porté pendant la vie, ayant été confirmé par l'autopsie dans l'observation suivante, démontre cette interprétation.

Un boulanger de cinquante-deux ans, buveur de profession, s étant livré dans les derniers temps à des excès plus répétés, entra à l'hôpital avec un délire alcoolique des mieux caractérisés : faciès agité et brillant, mouvements brusques, tremblotement général et continuel, sueur profuse, incohérence des réponses, cris et appels, défense contre des ennemis imaginaires, teinte subicténque générale. La température se montra pendant cinq jours entre 37°, 5 et 38°; puis l'agitation se calma. Il survint des mouvements choréiformes dans les doigts et les ayant-bras, en même temps que les muscles des jambes étaient agités par des contractions spasmodiques, lecoma suivit, et la température monta brusquementà39°i

MÉNINGITE

avec pouls d'une extrême fréquence et d'une remarquable irrégularité comme les pupilles. Le lendemain, la température atteignit 40°; aux symptômes constatés la veille s'ajouta une raideur très accusée du cou et du tronc, avec incurvation légère du corps en arrière ; le soir, la température monta à 41°; le malade était en pleine résolution, dans le plus profond coma; il mourut dans la nuit.

A l'autopsie, on trouva des traînées d'exsudat méningitique le long de la scissure de Sylvius, dans le sillon de Rolando et dans les sillons qui séparent les circonvolutions frontales; les méninges cérébelleuses et médullaires, clans la région cervicale, étaient très ^ congestionnées. Une élévation rapide et assez considérable de la température axillaire est donc le signal de cette complication. De là son importance pronostique grave, car la marche de ces méningites terminales, quoique ayant ensuite l'expression symptomatique ordinaire, est plus rapide et le plus souvent fatale. (Soc. de biol., 24 juin.)

Elle complique aussi assez fréquemment la pneumonie, comme des exemples en sont relatés à ce mot.

Disjonction de la voûte crânienne. Ce fait inconnu a été observé par le professeur Parrot, chez trois de ses petits malades de l'hospice des Enfants assistés, âgés de vingt et un, vingt-cinq et trente-six mois. Atteints de diarrhée et pris subitement de convulsions, ils succombent en un à trois jours, et l'on trouve à l'autopsie les lésions d'une méningite généralisée, avec disjonction des pièces osseuses du crâne et épanchement d'un liquide sanguinolent entre elles. L'écartement des sutures coronale et sagittale est le plus considérable, soit 3 à 4 millimètres près du bregma.

Cette disjonction résulte évidemment de l'accroissement subit de l'encéphale par la méningite. Un premier indice était l'aplatissement des plis des circonvolutions et surtout l'augmentation de son poids, variant de 920 à 1 250 grammes, soit une différence de 78 à MO grammes sur l'état normal. L'exsudat inflammatoire ou tuberculeux l'œdème et l'hydrocéphalie môme peuvent y contribuer, avec d'autant plus d'efficacité que, à cette époque

MÉNINGITE 307

de la seconde enfance, les membranes élastiques ont disparu, et que la soudure des os ne fait encore que commencer. Ils n'ont ainsi ni l'élasticité ni la solidité capables de résister à cette augmentation subite des parties internes du crâne. Le contenant ne peut suffire au contenu, et la dislocation se manifeste de préférence au sommet, suivant le développement physiologique de bas en haut de l'encéphale. (Revue de méd., février.)

C'est donc un nouveau sujet de recherches dans les cas de méningite inflammatoire ou tuberculeuse, pour savoir si cette lésion est accidentelle ou régulière, pouvant être érigée en loi chez les enfants plus âgés, sur lesquels la méningite frappe de préférence.

Phénomène pupillaire. En pinçant vivement la peau surtout au creux épigastrique, qui en est le point le plus sensible, on voit, dit le professeur Parrot, les pupilles se dilater. Ce signe a été rencontré notamment chez six enfants atteints de méningite tuberculeuse, dans deux cas d hemorrhagie de la pie-mère et quelques cas cl Hydrocéphalie chronique observés en ville et à la cli nique des Enfants assistés. Dans d'autres cas de coma sans convulsions, la pupille reste contractée, mais sanschangement, même en pinçant la peau assez énergiguement pour provoquer des grimaces et des mouvements des membres D'où il conclut qu'un enfant atteint ou non de convulsions, dans le coma, dont les pupilles ne se dilatent pas sous l'influence du pincement de la peau nest atteint ni de méningite ni d^émoirharie pie-mé^ nenne; il est sous le coup d'une asphyxie avfncée eTsl mort est imminente. (Revue de mèdeiine, octobre'.)

Traitement. Il consiste, d'après M Vnvn.f < a l'iodure de potassium auss tôt que 1 élZoà^^ Après avoir rasé la tête, on répond 1 ! ?stl° est pose, à laide d'un petit pinceau I? 16 Gm* cheve^, de croton tiglium et l'or l C°UChe d'huile

pour é^^iZSZ UfL^^ digeonnage est renouvelé trni* fm* « ciraps. be ba-

qua favoriser une SuppUration tiK.^Sjpn^

•{08 MYXOKDKME

en plaçant dans un bonnet des feuilles de poirée enduites de pommade de Sainbois (garou), que l'on maintient exactement sur la tête, jusqua ce que le malade n'inspire plus d'inquiétude.

Neuf observations de guérison sont relatées par l'auteur à l'appui de ce traitement. La fréquence des erreurs de diagnostic à ce sujet peut bien éveiller quelque doute ; mais ce traitement révulsif ayant une grande analogie avec la méthode des vésicatoires, employée par beaucoup de médecins, celle-ci pourrait la remplacer avantageusement, sans danger de produire la cystite cantharidienne. (Congrès de La Rochelle.)

Méningite tuberculeuse. Ralentissement dupouls. Le professeur G. Sée en fait un signe pathognomonique absolu. Sans lui, on ne peut ajouter aucune créance aux cas de guérison rapportés. Sa constance est telle que son absence dans le cours d'une méningite suffit à infirmer le diagnostic. Il n'est pas indique nettement dans plusieurs observations rapportées en vue de prouver la curabilité de cette maladie. Il reconnaît avoir lait une erreur de ce genre de concert avec Trousseau chez un enfant atteint de bronchite capillaire et nui présentait tous les symptômes de la méningite, saut le ralentissement du pouls. L'enfant guérit après un mois et cette issue fut la preuve pour l'absolu professeur crue les tubercules faisaient défaut, car ceux-ci excluent pour lui la guérison. Est-ce à dire que la méningite ne puisse exister et guérir sans tubercule? (Journ. demed. et chirurgie pratiques, janvier.)

MYX OEDÈME. Les exemples s'en multiplient en France, à mesure qu'il est connu, et l'on peut préjuger de ce qui se dit des cas actuellement en observation que beaucoup d'autres sont passés inaperçus. Un ancien médecin principal de la marine, le docteur Fourmer de Brest est ainsi resté de 1879 à 1881 en observation devant un exemple très saillant sans le reconnaître, variant de l'anasarque albumineuse à la cl]lor,°;^e^!^ sclérème comme il l'avoue. La leçon seule de M. Charcot 1 a écS Magister dixit. Il en fait maintenant une

MYXOEDÈME

relation méthodique très compendieuse , pour montrer qu'il ne se trompe pas. On y rencontre en effet tous les traits accentués de cette maladie nouvelle, moins les troubles mentaux.

Femme de cinquante-huit ans, mère de famille, sans aucune hérédité appréciable. Devenue veuve lors de la ménopause, à quarante ans, elle éprouva de profonds chagrins, et ce n'est cependant qu'à cinquante-quatre "ans qu'elle commença à s'apercevoir du gonflement de la face par celui des paupières et l'état chassieux et pleurard des yeux. Ce fut le premier phénomène qui appela son attention. L'œdème ne survint que lentement, car ce n'est que deux ans après qu'elle consulta, pour un gonflement de la région postérieure du cou et une grande faiblesse.

Vingt-huit mois après, le masque était devenu typique, par l'aspect morne, immobile, sans expression de la face, résultant d'un œdème dur généralisé. Front bossué, ridé; paupières supérieures boursouflées; joues larges et placardées d'une couleur rosée augmentant par l'émotion ; nez épaissi ; lèvres grosses, cyanosées ; fente transversale de la bouche. Les traits, démesurément grossis, ressemblent ainsi à la faceléontiasique des lépreux, avec chute du menton sur le sternum par la parésie des muscles releveurs.

Gonflement généralisé des membres, sans rien de semblable au tronc. Toute la peau est sèche, rugueuse, absolument glabre, couverte de lamelles épidermiques, surtout aux membres, comme dans l'ichthyose. Les cheveux et les poils sont tombés; les sueurs ont disparu; ongles sains ; abaissement de la température, surtout aux mains; refroidissement général.

Intelligence intacte; rêves et cauchemars pendant la nuit. Ouïe et vue normales, malgré un larmoiement incessant et abondant, surtout par l'impression du froid. Le tact seul est altéré, avec fourmillements, comme dans l'onglée. Sensibilité normale.

Signe pathognomonique : la parole est lente, traînée, monotone, fatiguée, avec rudesse et raucité de la voix, paraissant dueàl'enchifrènementet la parésie musculaire, quoique la langue ait son volume et ses mouvements

MYXOEDKMli

normaux. Marche lente, processionnelle et même titubante, qui l'oblige de se soutenir; extrême fatigue en résultant. Même faiblesse des membres supérieurs, ne pouvant rien soulever ni porter.

Battements normaux, mais sourds et profonds du cœur; pouls insensible. Le sang, de couleur normale, paraît sans altération globulaire.

Rien du côté de l'appareil digestif, sauf une salivation plus abondante, un véritable ptyalisme, surtout pendant la nuit. Œdème de la luette et des piliers, avec rougeur générale de la muqueuse, qui gêne la déglutition. Bon appétit, soif modérée; digestions faciles, malgré un peu de constipation. Urines rares, avec diminution notable de l'urée.

Ces signes, tout en étant confirmatifs du myxœdème, n'en sont évidemment que le début par la durée du mal. Ils continueront à s'accentuer, et l'on ne peut ainsi les comparer avec ceux d'une phase plus avancée de la maladie, quant à la forme pachydermique et à l'état crétinoïde. Quant aux causes, on ne trouve que les chagrins et le climat humide, déjà signalé dans plusieurs observations. Vouloir en pénétrer la nature d'après le peu de faits connus et l'insuffisance des recherches anatomiques, au point d'en faire une troplwnèvrose myxœdèmateuse d'après les symptômes, est évidemment une tentative prématurée. (Gaz. hebdom., n° 4.)

Un cas, observé par le docteur Henrot, de Reims, tout en étant plus complet par l'autopsie, ne fournit pas de données plus positives. C'était un homme de trente-six ans, ni alcoolique ni syphilitique, père d'enfants bien portants. L'hypertrophie des membres l'amena à l'hôpital, où il présenta un faciès repoussant à son arrivée, avec développement immense de la partie inférieure surtout. Lèvres boursouflées, bouche entr'ouverte, langue doublée de volume, saillante au dehors. L'arcade dentaire inférieure dépassait la supérieure; dents hypertrophiées. Les yeux, considérablement gros, étaient recouverts par la paupière supérieure, très volumineuse. Tout le faciès offrait le type du scrofuleux et de l'idiot, comme l'atteste un croquis.

On constate l'œdème de la peau, la chute des poils, le

MYXOEDÈME 3 i 1

boursouflement des muqueuses. Les lèvres sont cyanosées. Les mains, les pieds et les parties génitales sont hypertrophiés. 11 y a atrophie du cœur, des gros vaisseaux et du système musculaire. L'individu est idiot ; les sens sont affaiblis , la vue diminuée considérablement, et Fouie très paresseuse.

Peu de temps après, le malade meurt, et l'autopsie montre une infiltration générale des tissus mucoïde, cellulaire et interstitiel. Dans l'encéphale, on observe l'hypertrophie du corps pituitaire et de la glande pinéale, triplés de volume ; le grand sympathique est aussi hypertrophié et plus que doublé de volume dans toute sa partie supérieure, du cou au ganglion cœliaque. La dure-mère, ouverte, montre une espèce de cuirasse écailleuse et une matière ayant l'apparence de la cholestérine; une coque dure doublait extérieurement la piemère de la moelle épinière.

Les lésions sont caractérisées par des productions d'ostéophytes, d'exostoses, des éburnations indiquant une hypertrophie de la table des os.

Au lieu de voir là une hypertrophie générale progressive, comme on l'a appelée, M. Henrot préfère lui conserver le nom de myxœdème, comme envahissant tous les tissus et procédant d'une origine nerveuse. L'hypertrophie du corps pituitaire et celle de la glande pinéale dont les fonctions sont inconnues, confondus ensemble et en relation avec le grand sympathique, en sont les preuves. Rudimentaires chez l'homme et la plupart des mammifères, ces organes sont, au contraire, très développes chez les poissons et les reptiles, abondamment pourvus de tissus muqueux sous leurs téguments et dans 1 interstice de leurs viscères. Cette analogie comparée n est donc pas une démonstration directe et ne peut être considérée que comme une vue hypothétique de 1 esprit. C'est une nouvelle remarque à faire dans es autopsies ultérieures. (Congrès de La Rochelle.)

Les rapports de cette singulière affection avec le crétinisme ont ete signalés aussi par le professeur Bail chez le crétin des Batignolles, et par M. Boumeville chez deux autres. La ressemblance est frappante en

MYXCEDliMIi

effet, et tend à faire localiser le siège du myxœdème dans le cerveau. (Gaz. hebdom., n° 49.)

Par sa ressemblance extérieure avec le myxœdème, la présentation d'un cas d'œdème chronique, généralisé surtout à la face, chez un alcoolique de soixante-quatre ans, exempt d'albuminurie, a provoqué une discussion intéressante sur les caractères essentiels de cette singulière maladie. La plupart des médecins qui ont eu occasion d'en observer des exemples sont venus déposer dans ce débat scientifique, et chacun a voulu l'expliquer d'après les signes ou les lésions qu'il avait observes, es uns par la dureté de l'œdème et sa composition les autres par les altérations du système nerveux et 1 hérédité- ceux-ci la considérant comme une lésion de nutrition' ceux-là comme une dégénérescence, sans compter ceux, comme le docteur Mahomed,qui la rattachent exclusivement à la maladie deBrightpar l'arterio-capillary fibrosis en résultant. C'est la démonstration éclatante de l'ignorance qui règne encore sur l'origine et les causes de cette nouvelle entité pathologique. De la la difficulté de la combattre efficacement. {Clin, bocicty, 13 janvier.) Voy. Rhumatisme.

Un exemple relaté par le docteur Mahomed cnez une femme mariée, de trente ans, améliorée sous 1 influence de la nitro-glycérine, à la dose d'un cinquantième de soutte, a montré, par la discussion, que la plupart des cas se modifient ainsi pendant le traitement, quel quil Soit Les climats chauds réussissent le plus sûrement. Ce moyen, avec l'usage du lait et des ^ins sulfureux soulagea la malade de M. Charcot. La strychnine etle sei-le ergoté réussirent chez d'autres. L'iodure de potassium a donné de bons résultats chez d'anciens syphihques Ces améliorations semblent donc au docteur Cavafy une fluctuation naturelle du cours de la maladie. S malade du docteur F. Taylor traité avec ,1e jaborand, P^f maintenant beaucoup plus léger et actif. Liiez un ancien syphilitique, dans un état crétinoide marque et

NÉCROLOGIE

des mains a diminué, et son état mental est meilleur; il n'y a plus qu'un peu de lenteur de la parole. C'est le cas le plus remarquable. (Idem, 10 mars.)

NÉCROLOGIE. Au nombre des victimes faites cette année par l'impitoyable mort, il en est d'illustres qu'elle a pu ravir par droit d'âge et comme ayant accompli amplement leur tâche, dont les noms sont hors de pair : c'est le professeur Schwann, l'histologiste fameux qui, en mettant la cellule au jour, a immortalisé son nom par cette grande découverte. Il est mort à soixante-douze ans. L'auteur du système de l'évolution, Charles-Robert Darwin, l'a suivi de près, en entrant dans l'éternité le 19 avril, à soixante-treize ans. Parmi les honneurs rendus à ses travaux littéraires et scientifiques, l'Université de Leyde lui avait conféré le doctorat honoraire en 1875. Par ce titre, la profession médicale peut bien revendiquer cet illustre naturaliste comme l'un de ses membres.

Il est encore plus douloureux de constater le nombre croissant chaque année des jeunes élèves succombant avant l'âge à leur dévouement généreux près des malades, sans avoir pu donner la mesure de tous les trésors cfmtelligence et de travail, ni réaliser les espérances d'esprit et de cœur, promis par leurs débuts. Leur mort glorieuse sur le champ d'honneur, comme le soldat a la bataille, est l'unique consolation laissée en souvenir à leurs familles et leurs maîtres par l'inscription perpétuelle de leur sacrifice.

Auguste Cossy, mort à trente-deux ans, chef de clinique a 1 hôpital des Enfants assistés, d'une diphthérite contractée dans ce funeste réceptacle de tant de misères, offre surtout un exemple émouvant de ce sacrifice professionnel. Il connaissait par la mort de ses prédécesseurs le danger de cette salle d'isolement des diphtériques trop exiguë et dont l'air est comme infecté. Il ne recula pas cependant pour s'y consacrer aux soins des

GARNIER. XVUI. - 18

314 NÉCROLOGIE

petits malades qui s'y trouvent, et lui, quatrième! il est tombé foudroyé, comme Léon Thille à l'hôpital des Enfants malades, succombant à vingt-trois ans, le 27 mai, de l'angine qu'il y contracta à la lin de ses études, et de môme que Schaeck, le modèle des internes, mort à la Maison municipale de santé, d'une scarlatine compliquée de diphthérie contractée dans le service.

L'épidémie de fièvre typhoïde s'est particulièrement transmise, dans les hôpitaux, aux jeunes élèves remplis de zèle et de dévouement en en soignant les victimes. Octave Guy l'a ainsi contractée à l'hôpital Laennec, comme Tulio et Alfonso, deux étudiants espagnols, à l'hôpital Trousseau. Plusieurs médecins militaires en sont aussi morts en Tunisie. Partout la profession compte de nombreux martyrs, comme cet interne de l'hôpital de Nantes, Piraud, qui vient de mourir de la variole contractée dans son service. Avis pour prendre toutes les précautions contre de si grands malheurs.

Aiderson, sir James, reçu à Oxford en 1829, s'est éteint en septembre, à quatre-vingt-sept ans. Sa grande célébrité fut due à sa position de trésorier du Collège royal des médecins de 1854 à 1867, et de directeur ensuite jusqu'en 1870, qu'il obtint comme ayant découvert la charte du collège, octroyée par Henry VIII.

En remplissant ces fonctions avec zèle et confraternité, il s'attira tous les meilleurs sentiments de la génération médicale de cette époque. Il fut le premier medecm choisi de l'hôpital Sainte-Marie, à sa fondation, et devait membre de la Société royale. C'était le plus habile médecin de son temps.

Brière de Boismont, connu surtout comme aliéniste par ses nombreux travaux sur cette spécialité, s est éteint à quatre-vingt-quatre ans, dans la maison de santé tenue par sa fille à Saint-Mandé. Sa longue carrière très active, fut consacrée aux travaux littéraires, qu il affectionnait, et aux soins des malades de sa maison de santé. Il débuta par la rédaction des Leçons de Dupuy t en avec Marx, puis son Traité de la folie pellagreuse qgd était allé étudier en Italie. Envoyé en Pologne en 1631

NÉCROLOGIE

pour étudier le choléra, avant son invasion en France, il signala le premier, dans son rapport couronné par l'Institut, la diarrhée prémonitoire, inconnue en France. Des ouvrages sur la menstruation, le délire aigu, les hallucinations, le suicide, la plupart distingués par des récompenses académiques, marquèrent ses différentes étapes d'écrivain. Il fonda ensuite les Annales médicopsychologiques et collabora activement à plusieurs journaux. Il offrait le type du gentilhomme normand par sa distinction et l'aménité de ses formes autant que l'élévation de ses sentiments et de ses goûts.

Budd, Georges, l'auteur bien connu de l'excellent Traité des maladies du foie, a succombé le 16 mars, à soixante-quinze ans. Professeur de médecine à King's Collège, médecin de l'hôpital, il se distingua par une observation sagace, qui rendit classique son ouvrage sur les Maladies organiques et fonctionnelles de l'estomac. Membre du Collège royal des médecins, il en fut le censeur pendant de longues années et à plusieurs reprises. C'était une des premières notabilités de Piccadilly.

Christison, sir Robert, l'illustre médecin chimiste écossais, s'est éteint à Edimbourg, sa ville natale, le 23 janvier, âgé de quatre-vingt-cinq ans, ayant occupé les plus hautes places et comblé de toutes les dignités que sa patrie pouvait lui conférer. C'est à Paris, dans le laboratoire de Robiquet et aux leçons de Vauquelin, de Thénard et d'Orfila, qu'il puisa ce savoir et cet amour de la science qui l'élevèrentsi haut dans son pays. Proposé et nommé à la chaire de jurisprudence médicale pendant qu'il étudiait à Paris, âgé de vingtcinq ans, il permuta ensuite pour celle de matière médicale. Son Traité des poisons, paru en 1845, fonda sa renommée universelle, et il ne cessa de s'élever ainsi par ses nombreux travaux et mérita d'occuper tous les premiers emplois scientifiques de son pays, jusqu'au titre de baronnet. Son aspect physique était aussi noble et imposant que ses qualités morales pour commander le respect et l'admiration. Il était l'un des derniers sur-

vivants de cette génération de géants, aussi grands par le-cocur que par l'esprit.

crevaux, l'intrépide médecin explorateur de la marine française, est mort, à trente-cinq ans, victime de son dévouement pour la science. Il a été massacré avec sa mission sur le Pilcomayo, où il était allé pour étudier. On lui doit la découverte de l'origine et le mode de préparation du curare et la détermination d'un certain nombre d'espèces botaniques nouvelles. Sa mort si cruelle est un deuil pour la science et le corps de santé de la marine, qu'il honorait.

Davaine, Casimir -Joseph, le savant modeste qui, en découvrant la bactéridie charbonneuse, est devenu l'initiateur cle la panspermie actuelle, qui passionne tous les esprits, a succombé le 13 octobre, à soixante-dix ans, d'une affection organique de l'estomac. Son nom se trouve ainsi placé au premier rang dans la recherche du microbe, base de la nouvelle pathogénie des maladies infectieuses et de la prophylaxie sanitaire. Tout le bruit fait par les premières applications de cette science nouvelle se rapporte à cet homme, si simple et silencieux, mort chevalier cle la Légion d'honneur, alors que les chefs de la nouvelle école, ses successeurs, occupent toutes les premières places, jouissent des honneurs et des pensions qui leur sont alloués. Né protestant il en avait conservé l'esprit froid, austère et la simplicité, travaillant en faveur' du bien général plutôt que pour le

S1SonrSé des entozoaires et des maladies vermirieuses de V homme et des animaux domestiques eut 2 sa réputation. Il entra ainsi à l'Académie de médecine à la place de Trousseau. Lie daim le avec Saver il hérita de la meilleure partie de sa clientèle. 1 employait tout le reste de son temps à des expériences ,ur Tes animaux qui l'ont conduit à ses grandes découvertes sur le charbon chez l'homme et les animaux. L'occasion de récompenser dignement une vie si laborieuse et utile se présenta, en lui offrant un fauteuil a Académie des sciences. Il lui manqua seulement la

voix de ceux qui sacrifient aux dieux du jour pour l'obtenir quelques jours avant sa mort. La postérité sera plus équitable en conservant son nom dans l'histoire.

Desmarres, Louis- Auguste, qui a tenu en France le sceptre de lophthalmologie, est mort le 22 août, à soixante-douze ans. Il fut, après Sichel, son maître et son protecteur, le créateur des cliniques ophthalmologiques à Paris. Ses nombreuses leçons sur la pathologie oculaire ont été recueillies par toute la presse, ainsi que ses mémoires sur ce sujet. Son Traité théorique et pratique des maladies des yeux a surtout mis le comble à sa célébrité par les services qu'il a rendus au corps médical.

Né à Evreux, cet ophthalmologiste distingué eût été incapable d'aborder cette carrière sans l'aide de Sichel, qui le distingua par hasard et favorisa ses études spéciales de l'ophthalmologie. Il était officier de la Légion d'honneur et commandeur de plusieurs ordres étrangers. Il prit aussi subitement sa retraite, de soixante à soixante-cinq ans, qu'il s'était montré et élevé rapidement.

Duchek, Adalbert, professeur de clinique médicale à l'Université de Vienne, a succombé le 2 mars, à cinquante-sept ans, d'une lésion valvulaire consécutive à un rhumatisme articulaire aigu. C'est une grande perte pour l'enseignement.

Friedreich, le clinicien distingué de l'Université de Heidelberg, a succombé, à cinquante-sept ans, emporté, après de cruelles souffrances, par un anévrisme de l'aorte. C'était l'un des plus célèbres élèves de Virchow, auquel il succéda un moment dans la chaire d'anatomie pathologique de Wurzbourg, par suite de ses études sur l'atrophie musculaire progressive et les lésions de l'ataxie locomotrice. Dès 1858, il fut appelé à la chaire de pathologie et de thérapeutique d'Heidelberg qu'il illustra par son Traité des maladies du cœur, paru en 1861 et traduit en français, et divers autres travaux cliniques.

Hillairet, distingué par quelques travaux de clinique et d'hygiène, est mort subitement, comme son collègue

318 NECROLOGIE

et ami Delpech, le 14 septembre, à soixante-sept ans Un accès d angine de poitrine mit fin à ses jours en pleme santé. Médecin de l'hôpital Saint-Louis il y lit des leçons, à l'exemple de ses prédécesseurs, qu'il tenta de résumer en prenant sa retraite, dans un Traité des maladies de la peau dont un seul fascicule a paru. Comme membre de l'Académie de médecine, il se signala seulement par quelques rapports d'hygiène. C'était un esprit sans grande portée, dont le principal mérite tut d en imposer par son assurance comme médecin dans le monde.

Latour, Amédèe, le charmant feuilletoniste qui a crée la causerie médicale et excellé dans ce genre difficile, a cessé d'exister. « L'homme dont la plume élégante, alerte, parfois mordante, mais sans trace d'acrimonie ni de méchanceté, » comme l'a exprimé si justement le président de l'Académie de médecine, a succombé à de longues souffrances, le 28 juin, âgé de soixante-dixsept ans. Nous avons dû à ces souffrances le malheur d'être séparé de lui à l'Union médicale, qu'il dirigeait avec tant de tact et où il nous avait admis comme collaborateur. Il a cédé par faiblesse à un joug autoritaire et despotique qu'il subissait par nécessité pour son repos et sa santé. Vif et sensible, émotif au suprême degré, il supportait mal la contradiction, autrement qu'avec sa plume. Son caractère faible, conciliant, le faisait céder à des esprits autoritaires, dominateurs, absolus. Sans conscience de sa haute valeur, il ne savait pas leur résister et en fut souvent la victime pour sa propre réputation.

Ses hautes qualités de cœur et d'esprit le portèrent heureusement à des entreprises plus élevées que le journal qu'il rédigeait, quoique ce fût principalement en vue de son succès. Il fut ainsi l'âme du Congrès général de 1845 et l'heureux promoteur de l'Association générale des médecins de France, qui lui assurent les plus grands droits à la reconnaissance de la postérité médicale. Son esprit j fin et son abon cœur, sa chaleur, sa grâce, sa courtoisie et sa connaissance de toutes les grandes questions d'enseignement, d'exercice et de

NÉCROLOGIE

déontologie qui ont préoccupé le monde médical de son époque, lui assuraient le succès. Il entra ainsi à l'Académie et au Comité d'hygiène central. Il fut aussi l'initiateur de ce Dictionnaire des progrès, où il a déposé ses plus hautes pensées à ce sujet dans les préfaces des premières années. C'est notre honneur d'avoir été choisi et approuvé par cet esprit distingué, pour réaliser cette vaste conception confraternelle.

Meigs, John Forsyth, médecin du service des Enfants malades, à l'hôpital de Philadelphie, aussi bien connu par sa grande pratique infantile que par son Traité des maladies des enfants, arrivé à sa 7e édition, a succombé le 16 décembre. Une pneumonie contractée six jours auparavant, par un refroidissement pris dans une voiture découverte, dans l'exercice de sa profession, en fut la cause. Il n'avait que soixante-trois ans. C'est une perte ressentie vivement par toute la population de la capitale américaine.

Mercier, Louis- Auguste, l'émule des Leroy d'Etiolles, Civiale et Horteloup, a succombé le H juin, à soixante et onze ans, après une vie laborieuse et une carrière de spécialiste des plus honorables. Il n'eut jamais recours à l'intrigue ni aux moyens inavouables pour parvenir mais au vrai savoir, à l'habileté, au succès. Il n'a dû son renom et sa fortune qu'au travail incessant et h l'honnêteté. N'ayant aucun avantage extérieur, ni de parole, ni de caractère, pour plaire et s'introduire dans les corps savants et les académies, il s'imposa par ses travaux et obtint ainsi une récompense de l'Académie de médecine et la croix de la Légion d'honneur. C'était un vrai Bourguignon, franc et loyal, et aussi fier que vaillant, a 1 exemple de l'illustre Vauban, son compatriote Son corps a été transporté au village du Plessis- Saint-Jean, où il était né.

Pancoast Joseph, célèbre anatomiste américain, est mort a Philadelphie, le 7 mars, âgé de soixante-dix-sept ans. Il ne cessa d'appartenir à l'Université de Pensylvame, ou, reçu docteur en 1828, il enseigna bientôt

32Q NÉCROLOGIE

IVnâtomié; Elu professeur de chirurgie en 1838, il revint, ro s ans après, à sa chaire d'anatomie, qu il occupa jus- 1 Vn 1874 H fut successivement attache comme chirurgien à l'hôpital de Philadelphie et de Pensylyanie, ou il obtint de remarquables succès par son habileté operatoire.

Peacock le docteur Thomas, l'un des médecins les

nluTconnùs et les plus estimés de Londres, a succombe

l une TcXfcmé attaque d'apoplexie, le 30 mai, a I ho- ,

La Sa nt-Thomas, expirant, à soixante-dix ans dans la

Sue même 0Ù il avait si longtemps enseigne la clinique, salle même rticulie-

ïX^'d -liruSfn" en raison de =; Ïnces soUdes et étendue, ^ZoTv^nZ-

président peu d'années avant sa mort.

tique, conformément a ses eroj .Qn du

se lit connaître que tard, par p igtrale et:

de thérapie dont n * oM SQnt de lui. n

toutes les S^^f ^ rè absolu de Forganicisme

sommités, formani

rBprofit^

tème, par l'oppos, . on qu .1 sou evart ^ ^

gnala ouvertement paya thèse sur ^ ^

ffiéd,catrla°!^ éteblTr at répuMion: Avec le nom M ^* *> J apparition fut s, g«*

NÉCROLOGIE

que les éditions se succédèrent en portant un coup mortel à la doctrine antiphlogistique. Le moment était favorable, et le coup fut décisif. L'empirisme reprit le dessus, et les antidotes, d'après l'observation, furent le seul but de la thérapeutique, suivant l'enseignement de ce livre.

Toute la gloire du docteur Pidoux est là. Médecin des hôpitaux, membre de l'Académie de médecine, inspecteur des Eaux-Bonnes, consultant très couru, il ne se fit remarquer que par ses idées singulières, et souvent obscures, sur les eaux minérales et le traitement de la phthisie pulmonaire. Ce ne furent plus que des succès d'estime. Son nom reste ainsi immortellement attaché à celui de Trousseau.

Reynolds, Edwards, célèbre oculiste américain, a terminé sa longue et honorable carrière le jour de Noël, à quatre-vingt-huit ans, jouissant de toutes ses facultés, moins l'ouïe. Il était venu étudier en Europe sous Abernethy, A. Cooper, Lawrence, Travers, Farre en Angleterre, Bichat et Dupuytren à Paris. Il se livra spécialement à l'oculistique, et c'est en montrant tout le bien qu'un simple dispensaire public et gratuit pouvait faire dans l'Etat du Massachusetts, fondé à Boston en 1824, qu'un hôpital spécial y fut institué et complété en 1850, sous le nom de Boston Eye infirmary. Il fut en outre professeur d'anatomie et de chirurgie à l'Ecole Harward. Il était estimé et respecté de tout le corps médical, comme une adresse publique à sa mémoire en témoigne.

Schwann, Théodore, l'illustre père de la cellule animale, a succombé à soixante-douze ans. C'est à l'âge de vingt-sept ans qu'il fit cette grande découverte, en assistant le professeur Jean Muller dans son laboratoire physiologique de Berlin. Elle fut annoncée au monde savant en 1838, par les Notizen de Froriep n°s 91 10e) et 112. L'année suivante, il fut nommé professeur d'anatomie a Louvain où il continua pendant de longues années ses recherches microscopiques.

South, John-Flint, célèbre chirurgien, s'est éteint

NÉCROLOGIE

dans sa quatre-vingt-cinquième année, après avoir rempli le premier rôle dans les hôpitaux de Guy et Saint- Thomas de Londres. Il parlait l'allemand et le français comme sa propre langue, et en lit de nombreuses traductions. Président du Collège des chirurgiens à deux reprises, il exerça une notable influence sur les progrès de la chirurgie anglaise par sa pratique et ses leçons. Il laisse une histoire à ce sujet qui sera longtemps consultée avec fruit. Ses contemporains Arnolt et Hawkins lui survivent.

Spence, James, le célèbre chirurgien écossais, l'illustre professeur de l'Université d'Edimbourg, a terminé sa glorieuse carrière le 10 juin, âgé de soixante-dix ans. Un accès de goutte, terminé par un abcès du pied, ayant entraîné l'amputation de trois orteils, amena la septicémie et mit fin à ses jours.

L'œuvre accomplie par lui est considérable, notamment dans les hernies et les ligatures artérielles. Sa grande pratique et son expérience sont résumées dans ses Lectures on surgery, en deux volumes, dont la seconde édition a paru en 1875, avec les résultats de ses principales opérations à la vieille infirmerie d'Edimbourg : 23 résections, 21 succès; 63 grandes amputations, 60 succès, dont 23 sur 25 de cuisse et 22 du bras, sans que le listérisme, dont il retarda ainsi l'avènement, y fût encore introduit. Après Syme, il devint le chef de la chirurgie écossaise et occupa successivement toutes les places et les honneurs professionnels que son pays pouvait lui accorder. Comme Velpeau, il dut tout à son labeur, à son travail sans relâche. Son portrait, tribut d'hommage de ses nombreux élèves, figure au Collège des chirurgiens, entre ceux de Syme et de Fergusson, qui sont avec lui les plus illustres représentants de la chirurgie anglaise.

Vaieri, Gaeta.no, le savant recteur de l'Université de Rome, est décédé dans cette ville, le 12 février, après une courte maladie, âgé seulement de soixante-quatre ans, et profondément regretté de la cour et de la ville. Préparé par de brillantes études dans sa patrie et à

NÉCROLOGIE 323

l'étranger, où il fréquenta les plus célèbres maîtres et leurs cliniques, à occuper le premier rang dans sa proî?us? 10!\ 1 fut eIu successivement médecin en chef de 1 hôpital du Saint-Esprit, et le premier professeur d'anatomie pathologique à l'Université. Il permuta, après vingt-quatre ans d'exercice, avec celle de clinique et inaugura ensuite celle d'hygiène. Sa bienveillance égalait son savoir, et il était le consultant préféré des nationaux et des étrangers dans la ville sainte. Son influence considérable l'élevaà la dignité de commandeur des ordres italiens et de sénateur du royaume, et son nom, connu aimé et respecté de tous, était synonyme d honneur, de patriotisme et de bonté. Un deuil général couvrit Rome a l'annonce de sa mort subite, et sa dépouille reçut tous les honneurs dus à un prince de la

Watson, sir Thomas, baronnet, le plus grand médecin anglais de ce siècle, s'est éteint en pleine commis sance, le 11 décembre, âgé de quatre-vingVo Ze Z Un simple etourdissement survenu le 22 octobre en fut le

lîfin ' £5 aUSSitÔt être 16 «^-encement de

la fin . Thts is the beginning of the end, dit-il au docteur

Johnson, son ancien élève. Sa mort est un deuï Saï

pour le corps médical, dont il personnifiait 1 Wur e

a gloire au plus haut degré. Ses leçons, pub ées en

4842, eurent cinq éditions successives, comme orman

n7en 186 " iffaT ^ du 6olIè^

ïves et dnV ifutfreeluPendant cinq années consécu-

élection. Il fut ainsi placé le plus longtemps à la tiïl du corps médical anglais. Toutes les chapes les hon

r«? lz s? edt t profession iui ^ « :

annîes a^tout' 1 fmérnÏÏ JttV^

taient, aux applaudisTem nts t S^T **

pect de la profession tout ê tière Elle J ! T~

regrets à donner à sa mémoire * PlUS qU6 deS

Woiiiez, Eugène- Josenh ^ n- ,

grand Louis, J mort ,e ttgSZX »S7^

ans d'accidents pulmonaires qui avaient été toute sa vie 'l'objet spécial de ses études. Telle est sa Clinique d«s maladies aiguës des organes respiratoires, le Traite de percussion et d'auscultation, et sa thèse sur les deformations de la poitrine. Son Dictionnaire du diagnostic médical a surtout eu un grand succès. U était donc un médecin laborieux, un savant dans toute 1 acception du mot, quoiqu'il fût également artiste, musicien, peintre et collectionneur. Nomme médecin des hôpitaux en 1855, il devint médecin de la Chante et entra ensuite à l'Académie. Il fut toujours considère comme le plus parfait modèle de la confraternité et de l'honnêteté médicale.

wood, James, fondateur de la clinique chirurgicale à New-York en 1850, a succombé, le 4 mai, a une pneumonie foudroyante, qui l'a terrassé en quatre jours a ta suite d'un violent frisson, ressenti en allant a sa maison

de campagne. Il n'avait que so^ante:cin(î^n%u nuis Fondateur de la Société pathologique en 844 puis du Collège médical de Bellevue, ou ù professa jusqu'en 1868 la clinique et la médecine opératoire il était devenu le premier chirurgien de la grande ville. I pratiqua le premier, en 1840, la ténotomie des deux L'sséte'rs, et si distingua par de brillantes resection surtout du maxillaire inférieur. La ^^5^ familière qu'il comptait cinq succe^f ^^^^S huit de l'iliaque externe avec un seul deces. 11 en tit ae mteie de la Lotide, de la fémorale et d'autres grosses

arjursequ'à sa mort, il avait conservé une clinique hebdomadaire qu'il aisait le samedi dans l'après-midi où des centaines d'élèves et de praticiens se renda,en avec empressement. Il fonda un musée dans cet etabhsîemenTqui porte son nom, où sont reunies plus de 3 pièces anatomiques. C'est donc une perte sensible pour la chirurgie américaine.

Combien d'autres noms moins célèbres, et que la —Je n'a pas fait P^.^^£5 riteraienttpas moins, par leurs travaux o

vices, leur dévouement ou d'autres titres, à être inscrits à côté ou à la suite! A l'appui, il nous suffira de citer comme exemples :

Bancel, le vice-président aimé et estimé de l'Association des médecins de Meurthe-et-Moselle, décédé à Toul, à soixante-neuf ans.

Le docteur Brochard, bien connu par ses nombreux travaux, non sans valeur, sur l'hygiène de l'enfance, que son activité de corps et d'esprit, en le conduisant sans cesse ici et là, à la conquête de la renommée, a peut-être fait mourir à la peine avant l'âge. Assurément, il eût vécu plus tranquille en restant sur son premier théâtre de Nogent-le-Rotrou ! C'était un médecin instruit et un excellent confrère.

^ Concato, Luigi, professeur de clinique médicale à l'Université de Turin, et qui a publié de nombreux travaux estimés, fruit de ses méditations et ses veilles.

Corvisart, Lucien, dont une heureuse synonymie avec le célèbre médecin de Napoléon I« fit presque toute la fortune et la renommée, en le faisant admettre dans le service de santé du neveu. Ses travaux sur la digestion en ont obtenu ainsi un certain retentissement. Il est mort subitement, à cinquante-neuf ans.

Crisp, le docteur Edwards, qui a joui à Londres comme simple practitionner, d'une renommée plus grande et méritée que beaucoup de consultants, par ses brillants succès aussi bien que ses revers éclatants. II est mort le 15 novembre, à soixante-seize ans.

Dauvergne, dont le nom, célèbre par son père, a été soutenu dignement comme professeur à l'Ecole de médecine navale de Brest, mort d'apoplexie sur sa chaire, le 23 juin, pour n avoir pas voulu la quitter à un premier avertissement.

Dorin, le doyen des médecins de France, mort à Chalons-sur-Marne, dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Sa bibliothèque et une belle collection ornithologue, léguées à la ville,y perpétueront au moins son nom .

GARNIER. xyIII> 19

y2(j NÉCROLOGIE

Draper, Henry, professeur de physiologie à l' Université de New-York, mort à quarante-cinq ans.

Flaubert, chirurgien distingué de l'Hôtel-Dieu de Rouen, dont le nom célèbre est encore rehausse par son (ils.

Guérineau, directeur de l'Ecole de médecine de Poitiers, dont le nom honoré survit également.

Houaé de VAulnoit, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Lille, mort dans la plénitude de ses forces et de son talent.

Lambron, le savant hydrologiste, médecin inspecteur de Luchon/ associé de F Académie de médecine, mort d'apoplexie.

Martin, Aimé, médecin de Saint-Lazare, spécialiste honorable, enlevé à quarante-six ans.

Masson, Adolphe, directeur de l'établissement , hydrothérapique de Saint-Didier et ancien médecin de 1 hôpital de Oarpentras, mort à cinquante-deux ans.

Pègot, professeur de pathologie externe à l'Ecole de médecine de Toulouse, est aussi mort subitement et en pleine carrière.

Pirrie le chef célèbre de l'école chirurgicale d'Aberdeen continuateur et élève préféré de Liston, mort a soixante-quinze ans.

restât Louis-Édouard, le chirurgien réputé de l'hôpitaHe Ponîoise, qui a succombé à soixante-douze ans.

Pu*, ***** agrégé et chargé de cours à la Faculté de médecine de Lille, enlevé a la fleur de 1 âge.

Sinclair Edward, célèbre professeur d'accouchements à ?Un versité de Dublin, théâtre de ses laborieuses recherches, mort à cinquante-huit ans.

T a «tan* Alfred Variot, succombant à une angine eo^nn^T— tée nu m d«n enfant de NenU,,

NÉPHRECTOMIE 327

Villeneuve, l'obstétricien célèbre de l'Ecole de médecine de Marseille.

NÉPHRECTOMIE. Dans un cas de pyonéphrose du rein droit chez une jeune femme de vingt-six ans, M. Knowsley Thornton lit d'abord une incision et draina 1 organe pendant un mois à Samaritan hospital. L'insuccès de ce traitement le fit seul recourir à l'excision par une incision abdominale, faite en dehors du muscle droit selon le conseil de Langenbuch. Ce procédé a été trouve beaucoup plus facile que l'incision lombaire et l'operee eut moins de fièvre et de troubles ^n tt'

Î8 marst ^ 0rdinaire' (L™G<*>

Chez un enfant de sept ans, le rein gauche fut excisé par une incision médiane de l'abdomen, pour une Zdronephrose probablement congénitale car l'uretère était seulement représenté par un petit cordon fibreux L opère guérit si bien que, d'un enfant chétif et déïicat' il est devenu un garçon fort et bien développé

Un troisième cas était celui d'une femme de cin quante-huit ans, ayant eu une suppuration du rdn pendant seize ans. Plusieurs ponctions if ayant amené aucune amélioration, la néphrectomie fut JzttLTZt incision de Langenbuch. Elle fut très l£0 £ Saï les adhérences existant. Le sac dans lequel le S étïî

Zrsrd7nus^Uatl'e IiVreiS Gt dGmie G" -nteiTvÏg pintes de pus. Néanmoins 1 onérée e-nprif «o«f •+ *

(Med. society of London, 13 n^ v e nTe ' parfaltement-

L excision fatale d'un rein srrnfùi*,, r

MM. Goodhart et Golding Bird clZllï' ^ P&r

frant depuis quinze mo^de ^uWp, r° ' S°Uf"

cette opération en question deï.nUa v

au moins quant au mode onSÎ^Î climcïue>

baire ayant' été assez é^tT^Zl \T~

rein volumineux, pesant 311 grammes Z ™i, *

Un insuccès semblable h été relaté par M. H. MarsIl!

3C>8 NÉPHRECTOME

SES? *ff«S*£SE- rétréci au-des.sc,, La

entrée, le IV avril J00'» * *U,d DOUr une tumeur tingham, service ^^^ZJ^ë par des douabdominale fluctuante. Le debu W Pmentées r leurs dans le côte gauche et la jambe , ^c

^^^JT^^S^^ remontait à

urines rares ^ troubles s fi gueurs

deux ans et demi. Des i«ss émaciation s'en

nocturnes, T^^^^omloale, muco-puruétaient suivis, et 1 urine, très am abondance, lente et contenant de triples phosph atei s en ^ rendue à l'examen ^^"^Sro-supérieure xnatité s'étendait de 1 épine ^^^^emL d>un 3usqu à la région ^car» et t-nsve ^ ^

S :ve^une\— n si^W tout le rem

S'^tl— SonnJ^etune grande quan- Une incision lomb^ re £01 ^ ^ larges abceSj

tité de pus cailleDotte piu rompue avec

séparés par une membrane friab le T * * fut ex„

le doigt. Une certaine P^£^ fenM8 etétendues traite de même. Mais les ^ de lea sépa-

fixant les P^.^^XÏ ainsi faite.

rer, et une simple nephrotom le i évacuation

reûne amélioration prochaine.

de pus, et P°^fa^ondu et disséqué par le pus Mais comment le rem «n» onau h cavité m

aurait-il PJ'^^XdSUt et l'urine de concessa pas de ^PP^»^ apreS)la température sele;

NÉPHRECTOMIE 329

recourir à l'excision du rein, qui fut pratiquée le 20 juin, un mois après son incision. On agrandit la première ouverture, sans qu'il fût possible d'énucléer le rein de sa capsule par la friabilité même du tissu. Il fallut lier les vaisseaux et l'uretère en masse avec un fil de soie et réséquer tout ce qui n'était pas compris dans la ligature. Trois hémorrhagies successives s'ensuivirent et ne cessèrent que par une ligature métallique. Le shock résultant de cette opération laborieuse fut extrême, et l'opérée sembla perdue pendant quarante-huit heures. Des lavements nutritifs avec alcool maintinrent la vie, et dès lors la guérison ne rencontra plus d'entraves. Il y eut donc lieu de regretter de ne pas avoir accompli ce deuxième acte en même temps que le premier, et cet exemple doit servir de guide en pareil cas pour ne pas y surseoir. (Lancet, 7 octobre.)

Choix de l'incision. Dans 63 néphrectomies, Braiïn a trouvé que l'incision lombaire, employée dans 35 cas, avait été suivie de 11 décès, tandis que les 28 incisions de la ligne blanche en avaient donné 18.

Des deux procédés employés, l'incision abdominale pratiquée dans 46 cas, a donné 23 guérisons; l'incision lombaire, faite 50 fois, en a donné 27; 4 opérés étant encore en observation. L'analogie des résultats n'indique donc aucune préférence que celle indiquée par le volume de la tumeur et le choix du chirurgien.

A propos du choix à faire pour deux malades de l'hôpital de la Samaritaine, le docteur Knowsley Thornton admet que l'incision lombaire est spécialement indiquée quand le rem à extraire ou à inciser n'est pas très volumineux et surtout quand la présence d'un calcul estévidente. Il la restreint donc à la néphro-lithotomie, sans qu U y ait a craindre les suites de l'hémorrhagie ni la fistule consécutive. L'incision abdominale doit ifêtre employée que contre les néoplasmes du rein, l'hydronéphrose la pyonephrose et le rein flottant. En cas de nécessite il est d'ailleurs toujours possible, après l'incision lombaire, de la prolonger le long du bord externe du muscle droit suivant le procédé de Langenbuch. {Med. Times and Gaz., mai.)

330 NKPHRECÏOMIK

Indications. Elles ressortent très vaguement du tableau synoptique des cas de cette opération, le plus complet qui existe, dressé par Harris, de Philadelphie. Il comprend 100 observations, sur 67 femmes et 33 hommes, dont 53 pratiquées en Allemagne, 27 en Angleterre et 10 aux Etats-Unis. 4 cas en France et 4 en Italie, 2 en Suisse 1 en Belgique et 1 en Chine élèvent ce nombre à 102, d'après la rectification faite par E. Quénu. Elles ont donné 50 guérisons et 46 morts, le résultat des 6 autres cas étant inconnu. Le succès est donc de 1 sur 2.

Elle est contre-indiquée pour les tumeurs rénales de mauvaise nature, comme le cancer, encéphaloïde ou sarcome, car, sur 19 applications à ces néoplasies, il n'y eut qu'une seule guérison confirmée et persistante, quoique le caractère dans trois cas soit resté indéterminé. Il ne suffit donc pas qu'un seul rein soit atteint et que la métastase sur l'autre soit très rare, d'après Kocher; la nature seule du mal suffit pour entraîner la mort a bref délai, en rendant l'opération inutile, lors même qu'elle

pas fatale. , .

Les kystes congénitaux ou acquis ne sont guère plus opérables, car, sur 7 applications faites ordinairement par erreur de diagnostic, il y a eu 5 deces. Les difficultés extrêmes de celui-ci doivent faire tenter les moyens moins périlleux, comme la ponction. L'hydronephrose bien diagnostiquée, menaçant la vie, en est plus susceptible, car, sur 11 opérations, 7 ont été suivies de guérison. Le danger est de la confondre avec un kyste.

Les reins mobiles ou flottants n'en sont justiciables que sous les mêmes restrictions et par la voie abdominale de préférence, quoique 16 applications aient donne 10 guérisons. Tant que l'existence est compatible avec rette infirmité, il n'y faut pas toucher.

Elle es™ u contraire le seul remède à tenter contre les fistules de l'uretère et les traumatismes du rein, car 5 appâtions contre ceux-ci n'ont donné que des succès t ^sur 7 contre les fistules. Il est loin d'en être de même dans la pyonéphrose et les pye htes : 7 S™™°T sur 15 applications. Devant la conséquence fatale c e œ lésiont cette opération est cependant encore chance la plus sérieuse à tenter, des qu il ne s agit pas

NÉPHRITES

d'une dégénérescence tuberculeuse dont la récidive est, comme pour le cancer, une contre-indication absolue. (Archiv. de méd., décembre.)

NÉPHRITES. Alliant l'expérimentation à la clinique, le docteur Strauss, d'accord avec le professeur Potain, montre avec une précision et une netteté parfaites que, après les diverses objections cliniques et toutes les chicanes expérimentales et microscopiques faites depuis plus de vingt ans à la théorie de Bright et Traube sur la subordination de l'hypertrophie clu cœur gauche aux lésions rénales, il faut y revenir comme à un fait positif, certain, indéniable. L'explication seule que l'on a voulu en donner a conduit les esprits dans un dédale de raisons et d'expériences contradictoires qui ont obscurci le fait même. La simple ligature de Furetère chez les cobayes a mis le fait clans toute son évidence, après trois à six mois de survie. Immédiatement après, le rein s'anémie, puis survient dans une seconde phase du collapsus, avec transformation nucléaire des épithéliums et infiltration nucléaire des interstices. En même temps, le ventricule gauche s'hypertrophie et devient plus épais, plus volumineux, plus ferme que celui d'un animal à l'état normal, sans que l'on constate aucune lésion myocarditique. Le cancer utérin a produit le même effet chez deux femmes de quarante-sept et cinquante-deux ans, mortes à l'hôpital Tenon, en 1881.

Ces expériences et ces observations, avec l'historique de la question, sont exposées avec une clarté si précise qu'elles sont inanalysables. Comme toutes les œuvres parfaites, on n'en peut rien distraire sans les altérer. La reproduction ou la lecture peuvent seules en faire apprécier toute la valeur. {Àrchiv. de méd., janvier.)

Pilocarpine. En injections sous-cutanées de un à deux centigrammes, cet alcaloïde, sans guérir la néphrite, combat au moins avantageusement l'un des accidents les plus dangereux qui la compliquent, l'anasarque ou l'hydropisie, dont certaines localisations dans les poumons les plèvres ou le péricarde déterminent souvent la mort

Aux nombreux succès publiés déjà par Gubler et A Ro-

332 NÉPHRITES

bin (Voy. Jaborandi, 1875), le professeur Wannebroucq, de Lille, en ajoute plusieurs exemples. Chez un charbonnier de quarante-sept ans, alcoolique, entré à l'hôpital le 24 août, avec œdème généralisé, un centigramme de nitrate de pilocarpine est injecté sous la peau, malgré trois à quatre litres d'urines albumineuses contenant 8 grammes d'albumine par litre. Un quart d'heure après survient une salivation abondante et une diaphorèse considérable. Le surlendemain, l'œdème a diminué et disparaît complètement en trois ou quatre jours. L'albumine disparaît même des urines.

Chez un cordonnier de cinquante-un ans, entré dix jours auparavant avec œdème généralisé, urines sanguinolentes et albumineuses, le régime lacté n'amenant aucune diminution de ces symptômes et l'albumine ayant augmenté de 9 à plus de 20 grammes d'albumine par litre d'urine, une injection de 2 centigrammes de nitrate de pilocarpine est pratiquée le sixième jour. Salivation abondante et diaphorèse à peu près nulle. Néanmoins, l'albumine descend à 12 grammes le lendemain, et, en renouvelant l'injection les jours suivants, elle se manifeste progressivement dans la salive pour diminuer dans l'urine ainsi que le sang, et le malade accuse un grand bien-être de cette médication. Ces faits démontrent donc une action incontestable. (Bull, méd, du Nord, septembre.)

Etude du processus histologique des néphrites. Nouvelle démonstration par M. Hortoles de la division arbitraire des néphrites en interstitielles et parenchymateuses D'après le professeur Renaut, de Lyon, l'inflammation rénale, dans ses diverses étapes jusqu'à l'atrophie comnlète montre toujours réunies des lésions du tissu penvascùlaire et des lésions épithéliales. La prépondérance de l'une ou de l'autre n'est qu'un accident d'évolution. D'aiguë a pétât chronique, toute néphrite passe par la formation d'un tissu muqueux qui sert de transition entre le début et la fin. (Brochure in-8° de 182 pages, avec gravures et planches chromolithographiees, Pans, 1861.)

Néphrites chroniques. Délire. Des symptômes de manie, de délire chronique, avec hallucinations de la vue

NEBFS

et de l'ouïe surviennent parfois à une certaine période de la néphrite, sans qu'on puisse toujours l'attribuer à l'urémie, car la forme délirante en est très rarement une manifestation isolée. Au lieu du délire modéré, tranquille, doux, transitoire, qui coïncide avec le coma ou les convulsions, il est parfois bruyant, frénétique et affecte le caractère de la manie aiguë. C'est particulièrement alors que l'on peut se demander s'il ne dépend pas de l'affection rénale, ou rechercher du moins avec soin s'il n'existe aucune cause qui puisse le produire (alcoolisme, affections intercurrentes, hérédité cérébrale, etc.), selon le conseil du professeur Lasègue.

Le docteur Raymond a collecté non seulement plusieurs observations d'auteurs étrangers tendant à faire la preuve de ce fait, il en a recueilli personnellement quatre, chez deux femmes et deux hommes, où le délire violent, la folie aiguë ne peut être confondue avec les rêvasseries du coma. Sa marche aiguë, franche, se rapprochant de la forme délirante de l'urémie dans deux cas, semble bien dépendre des altérations des reins constatées à l'autopsie. Mais il est si difficile d'analyser avec certitude et précision la part d'action des autres complications, comme les lésions du cœur, l'hérédité cérébrale, qu'il serait difficile et surtout prématuré de se prononcer. Quand les fonctions principales sont altérées dans ce péril extrême, comment distinguer si le délire aigu n'est pas simplement l'expression de la part du trouble que prend le cerveau, chez les prédisposés dans cette lutte suprême de l'organisme contre la mort ? L'œdème et l'artérite, constatés dans trois cas, plaident en faveur de cette localisation. (Archiv. de méd., mars.)

NÉPHROLITHOTOMIE. Voy. Calculs rénaux.

NERFS. Retour de la sensibilité. Deux théories ont ete proposées pour expliquer le retour de la sensibilité cutanée de la main, par exemple, abolie par la section du nerf cubital; dans l'une, on invoque la formation de tubes nerveux dans la cicatrice; dans l'autre, on s'appuie sur les anastomoses périphériques avec les nerfs voisins, comme pour la circulation du sang on compte

sur les anastomoses vasculaires. Les deux théories sont également acceptables; mais la première a pour conséquence de prescrire aux chirurgiens de favoriser l'affrontement exact des deux bouts du nerf sectionné, c'est-à-dire la suture nerveuse, tandis que, si l'on accepte la seconde théorie, on confie à la nature le soin de la régénération fonctionnelle.

Malheureusement, les observations publiées jusqu'à ce jour sont, ou réellement défectueuses au point de vue de la rigueur scientifique, ou, si elles sont bien faites, elles donnent des résultats contradictoires.

La région du petit doigt de la main est la seule qui reçoive un filet nerveux dépourvu de toute anastomose, de telle sorte que si la sensibilité s'y rétablit, après avoir été abolie par la section du nerf, ce ne peut être que par la cicatrice, et la question se trouve jugée en faveur de la première théorie ; si au contraire l'insensibilité absolue persiste, la seconde théorie seule est la vraie. M. Redard rapporte quelques faits dans lesquels, la section du nerf cubital ayant eu lieu dans sa partie supérieure, l'innervation est revenue, tandis que, dans deux autres cas appartenant au service de M. Verneuil, le traumatisme ayant porté au niveau du quart inférieur du nerf cubital, la perte de la sensibilité a ete irréparable. (Congrès de La Rochelle.)

Un chasseur reçut un coup de feu dans le bras gauche et en même temps qu'une douleur vive, apparut aussitôt une paralysie des muscles innervés par le médian avec atrophie consécutive. Quand M. Le tort vit le malade, les douleurs étaient intolérables, les mouvements de la main presque perdus. En explorant le médian, il le trouva épaissi, induré sur une longueur de 3 centimètres. Il dénuda le nerf, qui était contenu dans une sorte d'étui fibreux et, après s'être assure qu'il ne contenait pas de grains de plomb, pratiqua l'elongation.

Les douleurs diminuèrent rapidement et, au bout de trois mois, disparurent complètement. Les mouvements revinrent sous l'influence des courants faradiques. (boc. de chir.)

Élongation. Le développement rapide et universel

donné à cette nouvelle opération chirurgicale, depuis dix ans qu'elle a été inaugurée en Allemagne, exige chaque année une revue de ses nombreuses et diverses applications. Celle qui est faite par MM. Artaud et Gilson tend à fixer particulièrement l'extensibilité et la résistance des nerfs, les lésions anatomiques et les troubles fonctionnels en résultant, d'après les expériences et les observations cliniques faites à ce sujet. Sa valeur thérapeutique est examinée ensuite dans les diverses applications : aux névralgies, 70 fois; aux contractures,

4 fois; au tic non douloureux de la face, 5 fois; aux convulsions locales, 4 fois; aux paralysies périphériques,

5 fois ; à diverses affections des centres nerveux, comme Tataxie locomotrice notamment, 16 fois; le tétanos, 28 fois; en tout 132 cas, dont les observations, résumées en tableaux synoptiques distincts et séparés, donnent les résultats suivants : 71 guérisons, 19 améliorations, 13 insuccès, 22 morts et 7 inconnus. (Revue de mèd.\ février et mars.)

C'est donc la statistique la plus complète à consulter sur ce sujet intéressant et qui montre d'un coup d'œil que cette opération est aussi favorable et sans nocuité contre les affections périphériques des nerfs que redoutable et inutile contre celles des centres nerveux. Par les 19 cas de mort de tétanos, elle en démontre bien le siège central et le peu de succès à espérer de ce moyen de traitement. 7 guérisons sont pourtant signalées et des succès de genre ont été publiés depuis. Le docteur Wneeler a guéri ainsi un tétanos traumatique aie-u de même que le docteur Clark, de Glasgow. (Bristishmed journ., 1881.) Mais on ne publie pas également tous les revers, et cette statistique montre bien mieux le peu cl espérance à fonder sur ce moyen.

Cette opération n est pas d'ailleurs exempte de dangers, contre ces affections douloureuses des centres nerveux. I faut surtout se garder d'employer une trop grande violence sur le nerf à élonger. D'après Althaus, la coexistence de certaines névroses, l'asthme par exemple, et d affections cardiaques ou pulmonaires, constituerait une contre-indication formelle.

Spencer a pratiqué récemment chez un homme de

NRHFS

trente ans, atteint d'ataxie locomotrice, caractérisée surtout par des troubles de la marche et de la station, l'élongation du nerf sciatique gauche. Après avoir étiré le nerf en haut et en bas, l'opérateur passa son doigt dessous et suspendit ainsi pendant une minute environ tout le membre inférieur.

Le lendemain de l'opération, il y eut réapparition du réflexe plantaire, de l'un et de l'autre côté à peu près également. Les mouvements de la jambe gauche devinrent normaux; mais les troubles persistèrent à droite, si bien que le malade pouvait, en s'appuyant légèrement, se tenir sur la jambe gauche, avec incapacité d'en faire autant sur la droite. On nota également le retour de la sensibilité. Le réflexe rotulien ne réapparut point. Malheureusement, cette amélioration fut passagère, et, au bout d'un mois, le malade était retombé dans le même état qu'avant l'opération.

C'est ce qui a fait dire au docteur Gillette, dans un4 rapport à ce sujet, que l'efficacité de l'élongation nerveuse était douteuse aujourdhui pour l'épilepsie, le tétanos et l'ataxie.

On a mis en question si son efficacité n'était pas due au traumatisme produit. L'incision d'un abcès profond du triceps fémoral chez un ataxique de la clinique du professeur Hardy l'ayant débarrassé de ces douleurs, on songea aussitôt à cette influence. L'idée est ingénieuse. Les crises douloureuses d'un ataxique, traité d'une hydrocèle par l'injection iodée, furent également suspendues pendant le traitement, mais pour reparaître ensuite. Si d'ailleurs l'élongation agissait comme un traumatisme banal, beaucoup de malades qu'elle guérit, ayant subi d'avance des pointes de feu étendues et profondes, en eussent au moins été améliorés. (Soc. de c/iir., 8 mars.)

Une atrophie des nerfs optiques, d'origine probablement syphilitique, provoquait des douleurs très vives et des vertiges chez un homme de quarante ans, parlant de suicide si l'on n'intervenait. Le docteur Pamard fit une incision à l'insertion du muscle droit externe, introduisit un crochet mousse qui saisit le nerf optique et l'attira iusau'au bord de l'orbite. Il se rompit à droite. L'opéré

sembla avoir acquis un certain bénéfice de l'opération à gauche, et les douleurs étaient moins vives, quand il succomba subitement à des quintes de toux. (Idem, avril.)

Elongation sous-cutanée du sciatique. Voy. Sciatique.

Régénération. Un exemple unique de la rapidité de reproduction a été obtenu par M. Brown-Séquard. Le nerf sciatique d'un lapin ayant été rompu par l'élongation sous un poids de 3 650 grammes, et la section en ayant été faite ensuite à 1 echancrure sciatique et au milieu de la jambe, ce nerf était entièrement reproduit, régénéré deux mois et douze jours après, comme le sacrifice de l'animal Ta démontré. Il n'y avait aucune altération de nutrition à la patte ni ailleurs, et cependant ni la sensibilité ni les mouvements volontaires n'étaient revenus. (Soc. de biologie, 21 janvier.)

Sutures^ nerveuses. Une étude rétrospective de ce qui a été fait à ce sujet depuis vingt ans a permis à Tillmanns de recueillir 42 observations, dont 35 de suture nerveuse directe, pratiquée depuis quelques heures jusqu'à seize mois après l'accident, soit avec le catgut le fil d'argent ou la soie phéniquée. Il y eut 8 résultats' heureux, portant sur les divers nerfs du bras, dont 3 par première intention, avec restitution complète delamotilite et de la sensibilité. Le résultat est resté douteux ou incomplet dans 24 cas et absolument nul dans 3 Mais dans tous, la guérison du blessé a eu lieu sans aucune complication ni tétanos. C'est là un fait considérable

La suture indirecte, pratiquée 7 fois, a amené dans b cas la restitution des fonctions du nerf

,p£rnréSUltatS CJ°nC enc°urageants pour pratiquer cette opération. (Archiv fur klin. chirurgie, 1881.)

TUNNE^ ^ ^ ^ SPiUaL V°y- T0RTIG0LIS FONG-

vaso-moteursdes lymphatiques. Des recherches ingénieuses deMM P Sert et Laffont ont démontré l'existence de ces nerfs de la manière suivante.

Si Ton ouvre, dans de l'eau tiède, le ventre d'un animal en digestion, afin d'éviter l'action de l'air et du froid, et qu'on porte l'excitation électrique sur les nerfs mésentériques, on voit les chylifères, restés gonflés, se rétrécir peu à peu et disparaître.

Chez un autre animal, portez la même excitation électrique sur les nerfs splanchniques, en employant les mêmes courants à peine sensibles à la langue, et vous verrez, au contraire, les vaisseaux chylifères se dilater d'une manière évidente et devenir turgescents.

Après la section des pneumogastriques, la même excitation des bouts périphériques de ces nerfs produit une dilatation rapide et fugace de ces vaisseaux, et ensuite un rétrécissement constant.

Chez les animaux curarisés, la dilatation du vaisseau lymphatique est constante, que l'excitation porte sur le nerf splanchnique ou sur le nerf mésentérique.

Les phénomènes de constriction ou de dilatation des vaisseaux lymphatiques sont indépendants de l'état de réplétion ou de vacuité des vaisseaux sanguins.

Enfin les auteurs ont pu reproduire, sur les lymphatiques chylifères du chien et sur le canal thoracique, l'expérience de Gubler sur les veines de la mam. Un choc léger sur le vaisseau a produit un rétrécissement lent et qui s'est propagé en avant; à ce rétrécissement a succédé une intumescence volumineuse et ovoïde, qui a duré près de trois minutes. {Acad. des sciences, 13 mars.)

Nerf pneumo-gastrique. La compression du tronc thoracique de ce nerf, jusqu'au niveau de l'origine de la branche droite par une dilatation de la partie antero-laterale droite de la trachée, sur une étendue de 3 centimètres environ, a été constatée, par le docteur Stackler a l'autopsie d'une femme de cinquante-trois ^s decedee le Ie» mars, à l'hôpital Tenon, dans le service de M. Halloneau. Le tronc de ce nerf était rouge, volumineux, dur dans une étendue de 4 à 5 centimètres de son entrée rlms le thorax, comparativement à son congénère gauche. DTpoulllé de'sa gaine, il perdit cet aspect et aucune altération de ses fibres ne se révéla au microscope.

Cette lésion rare a coïncidé pendant la vie avec une lenteur excessive et irrégulière du pouls, battant 40 par minute et tombant jusqu'à 28 dans certains accès. Malgré le volume normal du cœur, il existait un souffle très prolongé à la base et à la pointe au premier temps. La dilatation aortique, marquée par la matité, avait été constatée pendant la vie. Des douleurs névralgiques intercostales, se localisant ensuite sous forme d'accès douloureux dans la région précordiale, puis entre les deux épaules, en étaient les principales manifestations, augmentant graduellement à mesure que le pouls diminuait, jusqu'à former de véritables attaques simulant l'angine de poitrine, avec oppression, dyspnée, cyanose, ayant déterminé la mort.

Ces accidents de la circulation et de la respiration, joints à des troubles digestifs, sont rapportés à cette lésion, dont les principaux signes seraient un pouls lent, des crises syncopales et apoplectiformes simulant l'angine de poitrine. En rapprochant ce fait des cas analogues déjà publies, cette lésion macroscopique donne une base positive a l'interprétation de ces symptômes, souvent inexplicables. Un fait est bien peu sans doute pour établir cette etiologie. Cest à l'avenir de la confirmer. (Revue de méd., mai.)

NÉVRALGIES. Symétrie chez les diabétiques. Un nouvel exemple en a été observé par le docteur Buzzard chez une vieille diabétique, âgée de soixante-huit ans Apres un frisson, elle fut saisie de douleurs sciatiques dans les deux membres, que l'usage du salicylate de soude fit rapidement disparaître. Deux mois après des douleurs symétriques ayant soudainement reparu dans e bas des rems, sans que la morphine pût les calmer usage du salicylate les fit cesser aussitôt. N'est-ce pas •^év?""6 natUre rhumatisraale? Itenïef,

Deux cas en sont également rapportés par le docteur rasche chez deux hommes de Soixante-quatre ans! Des louleurs lancinantes au niveau des fausses côtes droites urent le premier signe chez l'un d'eux. En devenant plus ntenses et rebelles, elles firent constater une névra^e

intercostale du huitième espace à droite, avec paroxysmes. C'était le signe du diabète, car le malade accusa une soif vive et de fréquents besoins d'uriner. L'urine contenait 17 grammes de sucre par litre. Le traitement azoté fit diminuer rapidement les douleurs et le sucre ensuite.

Le membre inférieur droit fut atteint subitement, la nuit, dans le second cas. Malgré l'emploi du salicylate, les douleurs s'étendent et persistent, et le membre supérieur du même côté se prend ensuite. C'est seulement I après plus de quatre mois de traitement de ces dou-| leurs qu'en questionnant le malade, le diabète est dé- ] couvert. Il y avait 40 grammes de sucre par litre d'urine et un peu d'albumine. Le régime et l'eau de Carlsbad parvinrent, avec le temps, à diminuer ces douleurs, en J faisant disparaître le diabète. (Wiener medic. Woch.,1

ianvier.) • - ,

La symétrie des douleurs n'en est donc pas le carac- ] tère pathognomonique. (Voy. année 1880.)

Rapports avec les affections cardiaques. De même crue l'irritation des voies digestives produit une excita- Son des nerfs périphériques, celle des nerfs du bras gauche peut amener une lésion, une hypertrophie du ventricule gauche, d'après les faits observes par le professeur Potain. (Voy. Coeur.)

Les névralgies; leurs formes et leur traitement, mr C Vanlair, professeur à l'Université de Liège; deuxième édition, entièrement refondue et considérablement augmentée. Un vol. grand in-8" de 400 pages avec gravures dans le texte. Bruxelles, Manceaux libraire

edLe nombre et la diversité des travaux sur ce sujet en ont tellement changé l'aspect et la signification qu 1 1 est devenu presque méconnaissable par les additions qui y sont faites. Comme la nuit, l'obscurité et le chaos disparussent devant l'aurore, l'ouvrage de Chaussier paru au : commencement de ce siècle, débrouillait et éclairait ma- Suement le tableau synoptique des nevralg.es T»nt d'auteurs l'ont surchargé depuis d'espèces de genres eîde variétés nouvelles, en vertu des découvertes,

faites sur le système nerveux, que Ton n'en distingue plus clairement les parties principales de l'accessoire. La névralgie est maintenant partout, comme le système nerveux qui en est le siège. En envisageant cette maladie à des points différents, opposés, surtout depuis le traité de Valleix en 1841, le cadre de ce tableau s'est tellement étendu et agrandi qu'il est sans limites précises ni dessein arrêté. La diversité des recherches et l'incohérence des faits, en répandant des lumières éclatantes à côté d'ombres obscures, ont tellement troublé, altéré l'ensemble, l'unité et l'harmonie de ce tableau,' comme les tons et les couleurs disparates sur la toile,' qu'il s'est rembruni, à force d'éclaircissements, presque comme au début. Après un siècle de travaux, l'obscurité est redevenue aussi profonde à la fin qu'elle était au commencement.

Le siège des névralgies étant fixé exclusivement dans le système nerveux, on a aussitôt étendu leur domaine, leur empire partout où se manifeste la douleur, qui en est le caractère essentiel, dès que la présence des nerfs pouvait en rendre compte. Au lieu de les restreindre, comme autrefois, au trajet des nerfs qui, à la face et aux membres surtout, en offrent les exemples types, on les a généralisées à leurs origines, comme à leurs expansions les plus imperceptibles. C'est dire que tous les organes et les divers tissus internes et externes en ont ete dotés à l'envi, même à priori, sans qu'il fût nécessaire de les observer ni les constater. On n'a pas même cherche souvent à distinguer si la douleur n'avait pas une autre origine que le nerf, ou ne pouvait se produire autrement. Une infinité de névralgies de toutes sortes, générales et locales, superficielles et profondes, apparentes et cachées idiopathiques, symptomatiques, spécifiques et bien d autres, ont été admises en masse, en les attribuant a des causes diverses, opposées, plutôt par supposition, intuition que par démonstration. Le siège et la nature de la douleur restent en effet inconnus, ignorés dans la plupart des cas, et il est encore impassible d exhiber le corps même délit.

Au milieu de cet immense dédale, un esprit classique et synthétique a heureusement entrepris de trier et col-

liger ces divers matériaux, accumulés surtout dans ces dernières années, pour en classer méthodiquement les données dans un nouveau tableau d'ensemble des névralgies. Distinguées en deux classes principales : idiopathiques et symptomatiques, les premières se divisent en cérébro-spinales ou ramiculaireset en ganglionnaires ou viscéralgies. Chaque viscère a ainsi la sienne propre, attitrée, sans compter toutes celles que lui apportent de temps à autre les causes organiques, toxiques, sympathiques, réflexes ou directes. Telles sont les névralgies symptomatiques, qui se répandent ici ou là et partout à la fois, suivant le caprice de la cause agissante ou la faiblesse, le défaut de résistance des parties envahies. Telle est la clarté, la simplicité de cette classification, crue Ton se croirait revenu au plus beau temps du nosologisme de Sauvage, de Pinel ou de Broussais. Un ordre de pseudo-névralgies ou névropathies a même ete crée, pour que toutes celles qui ont été admises, a tort ou a à raison, soient réunies dans ce cadre.

Un coup d'œil général, à vol d'oiseau, sur ces différentes formes de névralgies et surtout leur traitement, suivi d'une notice séparée sur chaque espèce et chaque variété importante, avec les données les plus précises sur leur étiologie, leurs caractères et leur thérapeutique spéciale, constituent cet ouvrage. On n'a omis cette précaution que pour les névralgies types de la première classe, comme trop bien connues sans doute. Rien de particulier, par exemple, sur la sciatique il ne se trouve crue des notions générales sur ces névralgies idiopathicrues; mais, par contre, la thérapeutique en est traitée avec un véritable luxe. Tout est note avec soin, indique avec ordre et méthode et une parfaite clarté, mais sans réflexions ni critique. C'est une simple annotation, fidèle et complète, de toutes les données principales de ce vaste sujet, et formant un mémento précieux pour la Ihtapeut que si variée de ces affections. C'est le grand mérite de ce livre, mais il n'y faut pas chercher autre chose.

KévrBieietajolaie.Arrachementdunerfsous-orbitaire. Ce nouveau procédé a été employé par M. Blum sur une

Page 1