NERFS
Toyniioc Joseph, an.ilomisto dislingué, ol I3 premier qui, spécialisant ses élucies aux maladies de l'oreille, en Angleterre, en ait fait sortir la thérapeutique d'une routine ignorante. En cette qualité, il fut attaché à Sainl-Man/s hospilal et diverses autres institutions charitables, nommé membre de la Société royale, et appelé en consultation par les premiers médecins et môme à la Cour. Sa pratique était considérable. Il a publié de nombreux travaux sur ses éludes favorites. Des expériences qu'il poursuivait seul sur lui-même, pour l'introduction des gaz dans l'oreille moyenne par la trompe d'Eustache, lui ont été fatales. Il fut trouvé mort dans son cabinet, le 8 juillet, après avoir expérimenté à cet effet un mélange de chloroforme et d'acide cyanhydrique. Il n'avait que cinquante et un ans.
Van Esciicn, médecin militaire, rédacteur des Archives belges de médecine militaire, a succombé jeune encore aux progrès d'une affection chronique qui le dévorait. Jamais il n'abandonna un moment son poste de journaliste auquel le rendaient apte une intelligence vive, beaucoup d'activité, du talent de polémique, avec un style facile, incisif, piquant même, agressif parfois et ne souffrant pas la moindre attaque snns donner aussitôt la riposte. La presse médicale belge perd en lui un de ses plus vaillants représentants.
Vosscur François s'est surtout distingué par ses fondions gratuites de trésorier de r.\ssocialion des médecins de la Seine, qu'il remplit avec fidélité et zèle pendant vingt-sept ans. La décoration de la Légion d'honneur lui fut accordée en cette qualité. Il est mort à soixante-huit ans, entouré des regrets de tous les membres de cette Société confraternelle.
tVattiiinnn, chirurgien ordinaire de l'empereur François- Joseph d'Autriche, emporté par l'épidémie cholérique. Si sa réputation scientifique n'était pas à la hauteur de la position qu'il occupait, celle-ci témoigne du moins de ses hautes qualités comme praticien instruit, sage et prudent.
IVERFS. Plusieurs faits collectés par MM. Charcot et Cotard, établissent que l'altération de certains nerfs frappés de névrite a dogné lieu, dans quelques cas, à des éruptions vésiculeuses sur leur trajet, [Soc. de biolog.)
OP.STÉTllIQUE. 317
\'erfs seiisitifs. Par flo nouvelles recherches microscopiques sur les lélards, M. Rouget en conslalant qu'ils se terminent dans les corpuscules de Pacini, par leur pénétration dans la substance centrale d'Enghelman, a reconnu I''que ces corpuscules sont composés do substance conjonctive disposée par couche, faisant suite à l'enveloppe de Schwan qui entoure le nerf; 2° que leur substance centrale, loin d'être amorphe, comme le pensaient Enghelman et Ledig, est un amas de substance conjonctive disposée par lames, et entremêlée de noyaux pris pour des gouttelettes nerveuses, par ces auteurs. 3° Enfin que le cylindre de l'arc du nerf peut même être distingué dans la substance centrale.
Cette terminaison dans les appareils électriques a lieu en dentelle, et ne peut être bien observée que sur les animaux vivants. La queue des têtards présente cette disposition comme les poissons électriques. {Acad, deméd., juin.)
Des tt/[eclions chirurgicales des nerfs. Thèse pour le concours d'agrégation, par Tillaux.
NÉVRALGIES. Les névralgies, leur forme et leur Irailemenl. Monographie analytique résumant avec détails tout ce qui a été fait sur ce sujet important, ayant remporté le prix de la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, par le docteur Vanlair, médecin adjoint à l'hôpital militaire de Bruxelles. Un volume grand in-S". Bruxelles.
Précieux comme indicateur des principales théories ou doctrines sur la matière, ce travail manque en général de critique et d'observations personnelles; si bien faite qu'elle soit, ce n'est donc qu'une compilation ne contenant rien de nouveau.
IVOCRRISSOm Voy. Allaitement, Mortalité.
OBSTETRIQUE. Une grande exposition obstétricale a eu lieu le 31 mars, au Collège des médecins de Londres, avec un grand apparat et un véritable succès. Une magnifique collec-
lion d'instruments, la plus riche de ce genre, sans doute, qu ail jamais été nissemblée, se trouvait exposée par ordre, sui vanl leur usage. De nombreux envois avaient répondu à l'appel delaSociéléobstélricale de tous les points de l'Europe : Belgique, Suède, Danemark, France, Autriche, Prusse, Russie, Ilaliej conjointement à ceux des accoucheurs et des fabricants de la Grande-Bretagne. Un premier groupe comprenait les instruments foeticides, le premier céplialotribe de Baudelocque en ItHe, joints à ceux du professeur Braùn, de Vienne, Nyrop, de Copenhague, Assalini et d'autres. Dans un second figuraient ceux qui servent à extraire l'enfant vivant, et plus de cent forceps de toutes formes et de toutes grandeurs, vieux et modernes, étaient rangés par ordre chronologique, représentant les diverses modifications imprimées à cet instrument aux différentes époques et dans les divers pays. Ainsi à côté du forceps original de Chamberlen, prêté à cet effet par la Société médicochirurgicale, était celui employé par Richler pour mettre au monde l'empereur Alexandre de Russie; un forceps japonais, importé par sir Rutherford Alcock et prêté par le docteur M. Duncan ; et ceux de Denman, Smellie, Boers, Davis, Assalini, Torg, de Leipzig, Busch, Nœgèle, Saxlorph, Tarcitani, de Naples et le long forceps de Baudelocque. 11 n'est pas fait mention du léniceps de Matleï.
Lettres obstétricales, par Ed. C. J. Von Siebold, professeur d'accouchement à l'Université de Gœtlingue. Tiaduit de l'allemand par le docteur Alp. Morpain, avec une introduction et des notes par J. A. Stoltz, professeur d'accouchement à la Faculté de médecine de Strasbourg. In-'12 de 268 pages.
OCCLUSIOIV liWESTIlVALE. Ce titre générique a, du moins, un avantage : celui de ne pas préjuger la nature de la lésion qui produit l'occlusion; lésion le plus souvent impossible à déterminer, qu'il s'agisse d'un volvulus, étranglement, torsion, invagination, constipation, engouement, ou simple contraction spasmodique. Il mérite donc d'être conservé comme s'appliquant à tous à la fois.
Dans l'incertitude de la nature précise de l'obstacle au cours des matières fécales, et devant l'insuffisance des moyens ordinaires, généraux, on néglige trop, suivant M. Isnard (de Marseille), les secours des moyens mécaniques. Dans leur diversité
d'action, tous ont rendu des services, tous ont donné des succès. Les boules métalliques , le mercure coulant, tant employés autrefois, contre l'invagination spécialement, sont à peu près rejetés aujourd'hui. Les douches et le marteau de Mayor, appliqués sur la peau du ventre, ont, parfois, réduit un étranglement interne en externe, par la contraction brusque et violente qu'ils provoquent des muscles de la paroi abdominale. L'électricité, en sollicitant les contractions intestinales, a eu également quelques bons résultats. La sonde soulève, dégage directement l'ans'.:! déplacée de l'intestin, et convient spécialement dans l'invagination située vers le côlon descendant, l'S iliaque ou le rectum. Les malaxations avec la main et les énormes ventouses ont réussi dans quelques cas.
Ces divers moyens pourront dégager les portions d'intestin retenues sous une bride, détruire les invaginations, modifier les engouements et remédier ainsi à l'occlusion (Trousseau, Clinique médicale). On comprendra aisément leur mécanisme, en assimilant le premier degré de l'étranglement interne à l'engouement d'une hernie ordinaire, et en comparant les malaxations et les grandes ventouses aux tentatives de réduction extérieure, avec cette différence que, dans l'occlusion, la manœuvre est plus aveugle, moins directe et moins sûre.
Injeciions forcées. Les insufflations d'air et les grandes injections d'eau froide ont entre elles beaucoup d'analogie. Elles l'emportent sur les moyens précédents par leur action plus générale, plus régulière, plus immédiate et plus complète; toutefois, les injections forcées, en particulier, ont une puissance incontestablement plus grande.
C'est à peine, cependant, s'il en est question dans les livres classiques récents; on les passe sous silence ou l'on se borne à les mentionner. M. Isnard a comblé cette lacune en recueillant les diverses observations éparses dans la presse périodique, au nombre de huit qu'il rapporte. Deux faits exposés par lui y sont joints, dont voici le résumé:
I. Enfant de quatre ans et demi, bien constitué, atteint d'occlusion intestinale au milieu d'une santé parfaite. Du 22 octobre au 6 novembre, la constipation persiste avec coliques intermittentes au début et vomissements d'abord alimentaires, puis bilieux, enfin, slercoraux. Le ventre acquiert un
:^20 OCCLUSION INTHftTINALK.
volume considérable, sims fièvre, ni ceUe sensibilité exquise ot superlicielle de la périlonile.
iMalgié l'emploi interne et externe de la plu[)art des médicalionsusitées, nolamniont la belladone, le séné, lecalomel, etc., tout reste sans résultat. Le 6 novembre, la dépression des forces est extrême, le pouls petit, filiforme, insensible, la respiration Irès-gônée, la peuu froide et visqueuse, la face pâle et profondément altérée; les yeux enfoncés; la vie semble près de s'éloindre. Dans la soirée, un courant continu d'eau froide, aussi abondant que possible, est poussé par le rectum. Dans son affaissemenl, l'enfant s'abandonne presque sans résistance à cette manœuvre, dont le résultat immédiat est d'augmenter encore l'angoisse respiratoire.
Les selles ne tardent pas à avoir lieu. Elles se répètent plusieurs fois Irès-copieuses, avant minuit; l'eau est rendue, entraînant avec elle des gaz et des matières stercorales ; celles-ci n'ofîrenl rien de remarquable ni par leur quantité, leur dureté, leur fétidité gangréneuse, leur couleur noirâtre, ni par la présence de corps étranger ou de débris d'intestin.
A ces évacuations succède un soulagenient instantané; le ventre se déprime; les vomissements s'arrêtent; la prostration cesse ; la pbysionomie se ranime : tout, en un mol, signale la disparition de l'étranglement.
Le 1 2, l'enfant est bien, il se lève et a repris sa gaîté. Fonctions digeslives régulières; une selle normale. Cet état satisfaisant dure encore une dizaine de jours. Les déjections alvines, en général naturelles, deviennent de temps en temps un peu liquides, sans jamais contenir de fragment d'intestin.
Le 23 novembre, une diarrhée abondante survient; rien ne peut l'arrêler; il y a tous les jours un grand nombre de selles; la maigreur et l'affaiblissement font de rapides progrès ; l'enfant expire le 3 décembre.
11. Vieillard de soixante-douze ans, portant une hernie inguinale gauche volumineuse depuis vingt ans. Elle s'engoue en juin et offre de grandes difficultés de réduction, et détermine seulement le malade à porter un bandage.
En août, survient tout à coup une occlusion intestinale sans étranglement inguinal, l'intestin rentre et sort aisément; l'anneau est très-large et l'on ne constate ni tumeur, ni douleur à son voisinage.
Du 7 au 1 6 août, vomissements alimentaires au début, puis
muqueux et bilieux, pins lard slercoraux. Soif vive, ardente. Conslipalion invincible pendant une dizaine de jours. Les boissons et les purgiilifs, d'abord rejetés par les vomissements, sont entièrement gardés à la fin. Méléorisme et ballonnement énorme du ventre. Altération des traits; faciès livide et grippé; anxiélé, angoisses; pouls petit, misérable, imperceptible; refroidissement de la peau; sueurs visqueuses; émaciation cadavérique; intelligence nello ; voix éteinte; langueglacée ; hoquet; état alarmant.
Après divers purgatifs par la bouche et en lavements — séné en particulier, belladone, glace — ayant définitivement reconnu l'impuissance de ces moyens, le médecin fait pratiquer une injection très-abondante d'eau froide. On persiste jusqu'à ce que le liquide soit violemment repoussé à l'extérieur malgré la volonté du malade. A la suite de celte tentative, des matières stercorales et beaucoup de gaz sont entraînés au dehors avec le lavement. Dès lors, la liberté de l'intestin est rétablie; les selles se régularisent; les symptômes locaux et généraux de l'occlusion cessent et le vieillard est rendu promplement à la santé. [Union méd. de la Provence, septembre.)
Dans les deux cas, le mal s'est révélé avec ses signes généraux les plus positifs : vomissements stercoraux, suppression complètedes selles et des gaz, ballonnement du ventre. Il n'est donc pas possible de mettre l'occlusion en doute. Quant à en déterminer la nature, on est forcé d'admettre, 'par voie d'élimination, soit une invagination, soit la torsion de l'intestin sur lui-même, soit l'étranglement par un anneau ou une bride intestinale.
L'invagination étant, dans le jeune âge surtout, le mode le plus commun d'étranglement interne, il faut supposer un accident de cette nature, chez l'enfant sujet de la première observation. — Chez le vieillard, la présence d'une ancienne hernie rend irès-probable la conslriction d'une anse intestinale subitement engagée sous une adhérence.
A ces deux faits, nous pourrions en joindre un troisième analogue, observé par nous au mois d'août dernier, chez un homme de quarante-cinq ans. Tous les symptômes de l'occlusion se trouvaient réunis, lorsque les purgatifs liquides et solides étant vomis indislinctcmenl, je fis placer le malade dans un grand bain, pour la troisième fois, en recommandant de lui pousser de.^ lavements forcés avant d'en sortir. Celte manière nous
semble plus commode que touleaulre d'employer ce moyen avec succès. En effet, dos gaz et dos malières fécales furent bientôt rendus et le patient sauvé.
Ces faits permettent donc d'affirmer, comme le dit M. Isnard, l'utilité des lavements forcé.s dans l'occlusion de l'intestin grêle. Si ce mode de traitement a moins de chances de réussir dans les étranglements de l'intestin grêle et la valvule iléo-cœcalo que dans ceux du gros intestin, s'il rencontre alors des difficultés plus sérieuses, il est cependant desiiné à rendre encore de véritables services. On l'emploiera donc sans hésiler quellf que soient les incertitudes du diagnostic relativement au sié^z • et à la nature de l'occlu-sion : dans une situation toujours périlleuse, il constitue une méthode thérapeutique à la fois simple, rationnelle et féconde en résultats heureux.
Pompe stomacale. S'il serait téméraire d'espérer du succès de l'emploi de ce moyen dans le cas d'occlusion mécanique comme l'enroulement, l'invagination, la hernie, une tumeur, un entérolithe ou un changement de structure de l'intestin, il n'en est pas de même de la simple contraction, spasmodique ou non. Des accidents de cette nature s'étaient montrés à trois reprises chez un goutteux, précisément avant l'accès qui,., comme une crise heureuse, semblait y mettre un terme. Le 22 novembre 1 863, n'ayant pas été à la garde-robe depuis luatre jours, l'huile de ricin, le calomel, le jaiap, des sels, des oains, des lavements furent successivement administrés sans aucun résultat. Des fomentations sur le ventre et l'introduction d'un long tube jusque dans le côlon pour y pousser avec l'irrigateur des liquides purgatifs, furent aussi vains. La distension de l'abdomen était à sa dernière limite. Les symptômes généraux devenaient de plus en plus alarmants, lorsque le docteur Dickson, réuni en consultation avec MM. Fleming et White, le 26 novembre, proposa de faire passer de nouveau le long tube pour évacuer les gaz. On y fixa la pompe stomacale comme aspirateur. Le premier effet des coups de piston fut d'amener des gaz, puis ce furent des matières semi-fluides plein une cuvette. Le docteur White, qui soutenait l'abdomen, le sentait s'affaisser à chaque coup de piston ; un soulagement complet en résulta immédiatement.
Sous l'influence d'une nouvelle dose d'huile de ricin, des garderobes abondantes suivirent, et, comme d'habitude, tous
(ESOPHAOE,
les symptômes graves disparurent avec la manifestation coïncidente de la goutte sur le gros orteil gauclie. {Med. Times, avril.)
Plusieurs cas analogues, dus à la goutte, sont cités par le docteur américain Wood, dans son premier volume de Médecine praiiqiic. La mort ici paraissait imminente, lorsque l'aspiration avec la pompe stomacale fut si heureusement employée. C'est peut-être la première fois, mais l'indication a été remplie d'une autre manière, c'est-à-dire avec la seringue ordinaire. M. Dechambre s'en servit aussi avec succès après avoir introduit un tube à plus de 40 centimètres, en retirant, par aspiralion à plusieurs reprises, une grande quantité de liquide et degaz {Gaz. hebd., n° 19). M. Fonssagrives l'emploie également avec succès contre la pneumatose intestinale. On peut donc se servir indistinctement de ces deu.x instruments et tenter ainsi l'aspiration après avoir introduit soit des gaz, soit des liquides. — Voy. Pneumatose.
OESOPHAGE. RÉinÉcissEMENT. La difficulté de distinguer cliniquemenl la contraction spasmodique d'une altération organique, surtout quand la première existe près du cardia, en a fait exposer les caractères différentiels par le docteur W. Brinton. Une douleur continue, profondément sentie au-dessous et à droite du sein gauche, augmentant par le passage des aliments et donnant la sensation d'un obstacle bien senti et, dans quelques cas, la régurgitation, en sont les symptômes communs. iVlais, dans le rétrécissement spasmodique, la régurgitation arrive presque immédiatement après l'ingestion; dans le rétrécissement organique, le bol alimentaire descend avec plus ou moins de difficulté, jusqu'à l'altération où il s'arrête, s'accumule, poiirêtrerejeléaprèsquaranteou cinquante minutes.
Dans le premier, les liquides passent souvent plus dificilemenl que les solides dans l'eslomac. C'est le contraire dans le second; de même pour la température. S'il n'y a que spasme, les aliments chauds, doux, traversent plus facilement l'obstacle, tandis que la difticullé à le vaincre est toujours la môme quand il y a altération organique; sinon que froids, ils pénètrent plus facilement.
Le rétrécissement spasmodique est presque toujours précédé de dyspepsie par l'abondance des gaz qu'il détermine. Souvenc localisé dans le pharynx, le spasme s'étend à l'œsophage, à