SCARLATINE
SALIVE. En étudiant chimiquoment la salive parolidienne dans diverses maladies, M. Mosier fait dépendre de son action directe les maladies de la bouche ou des gencives qui viennent compliquer celles-ci; ainsi, dans le diabète, la slomalite mercurielle, la fièvre typhoïde, etc. [Berl. klin. Wochenschr., n" -16 et suiv.)
Son influence chimique sur la carie dentaire, étudiée expérimentalement par M. Magilot, en a été reconnue comme l'unique cause. — Voy. Carie.
SCARLATIA^E. Stcarlatine puerpérale. Cette complication de l'état puerpéral, suivant le docteur Mac Clintock, a . une gravité bien plus grande, comme une marche et un caractère différents, que dans d'autres circonstances, en raison sans doute des conditions morbides dans lesquelles elle se développe i et qui lui donnent naissance. 11 on évalue ainsi la mortalité à 48 pour 100 et môme aux ^2/3, ce qui la rendrait aussi dan- • gereuse presque que la fièvre puerpérale elle-même ; mais cette > gravité tout approximative est atténuée par la réalité. Sur 34 cas survenus chez les accouchées de la maternité de Dublin, de' novembre 1854 à novembre 1861, 10 seulement ont été mortels, soit 30 pour 4 00, c'est-à-dire la moitié de l'évaluation i précédente. A quoi donc bon l'avoir émise? d'autant plus» qu'elle doit encore être moins funeste dans la pratique parlicu-lière que dans les hôpitaux,
L'époque de son apparition rend compte de ces différences. Plus l'invasion est rapprochée de l'accouchement et plus elle i est dangereuse. Des 10 cas mortels, 8 se rapportent à des : femmes atteintes trente-six heures après la délivrance, sur 18; prises ainsi du premier au second jour, soit environ 45 pour 1 00; tandis que sur les 16 autres où elle se manifesta plus lard, 2 seulement furent mortels oii elle était apparue le troisième ■ jour. Cette remarque, faite par d'autres observateurs, comme pour la fièvre puerpérale elle-même, explique donc les différences de mortalité qui peuvent être signalées à cet égard.
Est-ce à dire que la scarlatine elle-même soit aussi souvent mortelle dans l'état puerpéral? Non, car des 1 0 décès signalés, ,
SPEr.MATOURllÉK
6 seulement eurent lieu sous son influence directe; une métro- •phlébile et une péritonite déterminèrent les 4 autres.
La fréquence du pouls après l'accouchement doit en faire redouter l'apparition. La primiparilé semble aussi y prédisposer. Sur les 34 cas énoncés. 21 se rapportent à des primipares. La légèreté relative de l'angine en est un caractère dislinctif. — Comme à la Maternité de Paris (voy. Thèse du docteur Senn, Paris, 4 825), elle coïncida ordinairement avec la fièvre puerpérale à l'état épidémique. Dans aucun cas, l'anasarque ne s'ensuivit : trait particulier de la scarlatine puerpé pérale.
Deux préceples sont à observer dans le traitement : extrême réserve dans l'emploi des purgatifs, surtout au début de l'éruption, et emploi libéral au contraire des stimulants, dès que celle-ci paraît, à moins de contre-indication spéciale. Ils ont produit les meilleurs effets dans l'épidémie de scarlatine puerpérale qui eut lieu à la Maternité do Vienne en 1799, et relatée par Malfalli dans lejournal d'Hufeland (Dab/. quaterl. Journ. of mecl. science, février).
Quoique l'auteur regarde comme une faute de qualifier cette forme de scarlatine de puerpérale, en raison de ce qu'elle n'est pas une maladie particulière, il est évident que les traits distinctifs qu'il a lui-môme reconnus et signalés autorisent, justifient celte dénomination, et c'est pourquoi nous l'avons conservée. — Voy. Tempéiiatdre.
SOMMEIL. On wakefulness (De l'insomnie, précédée d'une Introduction sur la théorie du sommeil), parle docteur W. Hammond, 93 pages in-S"; Philadelphie. — Contrairement à beaucoup de physiologistes, l'ancien chirurgien en chef de l'armée fédérale considère le sommeil comme un effet de l'affaiblissement de la circulation cérébrale, et établit en conséquence la pathologie et le traitement de l'insomnie. Les déductions sont faciles à prévoir.
SPERMATORRllÉE. Celte affection si grave, si souvent rebelle à la médication la mieux dirigée, entraîne si rapidement la dégénérescence physique et morale de l'individu qui en est alteinl, que la guérison suivante, obtenue par le docteur Heulard, et qui date de plus de sept mois, mérite d'être rapportée.
Un jeune homme de vingt ans, grand, brun, lymphatique,
àiO SPERMATOURHÉli.
était depuis plus de deux ans affecté de pollutions nocturnes, fréquentes, considérables, so reproduisant presque toujours sans plaisir, dans un état incomplet d'érection, ou même sans aucune tension du pénis, et constituant plutôt un écoulement passif qu'une éjaculation; ces pollutions avaient lieu sans rêves lascifs, et malgré le soin que prenait le malade d'éviter toute lecture érotique. M. X... éprouvait un sentiment habituel de malaise, d'oppression , après le moindre exercice, dyspnée pénible et les . battements du cœur, habituellement très-fréquents, acquéraient . une rapidité extrême. Digestion assez régulière, mais suivie de i tiraillements d'estomac assez semblables à ceux des femmes; leucorrhéiques. Il recherchait principalement les aliments très-épicés et de haut goût, et cependant, malgré une alimentation qui pour un autre eût été suffisamment réparatrice, il maigris-sait, son regard était terne, languissant, la vue était sensible- ment affaiblie.
Divers traitements institués étaient restés complètement sté-riles. En vain on avait administré le camphre à diverses doses,, en vain le malade avait pris des bains tièdes et froids, en vaini il s'était soumis à un régime purement lacté, les pollutions noc-turnes se multipliaient de plus en plus, et M. X... arrivait ài l'épuisement., .
Ce fut dans ces conditions qu'il vint réclamer mes conseils. A l'examen des parties génitales, le gland se découvrait facilement, le prépuce n'était pas sali par de la matière sébacée, il I n'y avait pas, il n'y avait jamais eu d'herpès au prépuce, de' démangeaisons dartreuses vers le scrotum. Une chose seule' frappait, le frein ou filet de la verge était extrêmement court, , et dans l'érection, le gland, fortement tiré en bas, formait avec; le pénis un angle assez prononcé. N'y avait-il pas dans cette; disposition une sorte de corrélation de cause à effet? N'était-ill pas possible que pendant l'afflux du sang dans les corps caver- • neux, ce vice de conformation ne donnât lieu à une sorte dei frottement susceptible d'amener l'éjaculation? L'incision du frein i de la verge fut dès lors proposée et acceptée, et eut le résultat, le plus heureux ; les pollutions nocturnes cessèrent, pendant . plus de quatre mois il n'y en eut pas une seule; depuis lors il I n'en survint que tous les huit ou dix jours, mais accompagnées i d'une sensation de volupté et toujours précédées d'un rêve lascif. Depuis, M. X... a repris force et santé, [Abeille mcd., n" 49.)
STAPHYLOMÈ.
La moindre irritation locale pouvant ôlre une des causes multiples du mal, il est juste d'admettre que l'exiguïté du frein ait ici joué ce rôle; mais la suite de l'observation montre que cette cause n'était pas la principale, puisque le mal a persisté après que celle-ci eut disparu. Il ne faut donc pas accorder à cette petite difformité une importance qu'elle n'a pas.
STAPHYLOME. Slaphylômc postérieur. ÉtiolOgie. Cause prochaine de la myopie confirmée, cette altération consiste dans l'ectasie, l'amincissement des membranes profondes du globe oculaire. Or, l'anatomie pathologique montre que la région de ces membranes profondes, primitivement distendue, dit M; Giraud-Teulon, est la zone de tissu cellulaire ou connectif interstitiel plus ou moins lûche qui entoure la lame criblée et sépare les deux couches fibreuses, tant du névrilemme du nerf optique que de la sclérotique dans sa portion postérieure.
Lors du mouvement de convergence des axes optiques, en même temps que la pression est exercée dans l'intérieur du sac élastique choroïdien, le plan postérieur de la sclérotique, sa lame externe est tirée en avant par les muscles obliques. La lame interne, intimement unie à la choroïde, est au contraire repoussée en arrière par l'accroissement de la tension intra-oculaire.
Il y a donc naturellement tendance à disjonction de ces deux lames, qui ne sont que mollement unies entre elles dans la région du nerf optique, dans le seul fait de l'accroissement de pression interne qui suit le mouvement de convergence.
Cette tendance est singulièrement favorisée quand le mouvement de convergence mutuelle s'exerce dans un plan supérieur ou inférieur au plan de l'horizon.
Elle se change en un fait accompli et pathologique quand le mouvement de convergence est rendu plus difficile par l'insuffisance des muscles droits internes. La disjonction des deux lames sclérales (le slapliylôme postérieur) est alors inévitable si l'insuffisance est prononcée.
L'observation clinique vérifie ces aperçus. Dans trente-huit à quarante observations, un léger staphylôme postérieur s'est rencontré avec l'emmétropie et même l'hyperopie, ou une myopie extrêmement légère, conditions en apparences paradoxales, mais dans lesquelles on a pu constater très-nettement l'insuffisance des muscles internes.
STAPHYLOME.
Si donc la myopie reconnaît généralemenl pour cause prochaine l'existence ou le développement de i'eclasie des membranes profondes de l'œil (le slaphylôme postérieur à tous ses degrés), cette ectasie elle-môme se produit sous l'influence dune cause prochaine et d'une cause prédisposante.
La cause prochaine est l'application à des travaux sur objets rapprochés.
La cause prédisposante est l'insuffisance des muscles droits internes ou des forces de la convergence.
Au nombre des signes diagnostiques de l'insuffisiince des droits internes, et comme un de ses principaux caractères, il convient donc de placer dorénavant la présence de toulstaphylôme postérieur, et particulièrement au début, d'une simple petite érosion de la choroïde sur le bord externe du disque optique. {Acad. de méd., novembre.)
Stapliylôme antérieur. Traitement. De forme conique et de la grosseur d'un pois dont l'origine remontait à trois ans, chez une dame do trente-huit ans, la tumeur touchait, par une portion de sa circonférence, à la partie supérieure de la cornée de l'œil gauche, légèrement violacée; elle était peu résistante et indolente au toucher, La vue était abolie par la présence d'exsu' dats plastiques dans le fond de l'œil ; la pupille immobile, de forme ellipsoïde, avait son plus grand diamètre dans le sens vertical, ce qui s'expliquait par la tension que lui faisait subir dans ce sens la choroïde, qui, elle aussi, était staphyiomaleuse. De continuelles douleurs névr.ilgiques, occupant l'œil et le front, tourmentaient beaucoup la malade. Après avoir chloroformisé la patiente, la paupière supérieure soulevée par l'élévateur et l'œil maintenu en place, MM. Giordani et Vignola appliquèrent, pour la première fois, le procédé de Borelli à ce slaphylôme de la sclérotique. Deux fines épingles recourbées en traversèrent la base, l'une verticalement de haut en bas, et l'autre de dehors en dedans. Un fil double l'étreignit fortement. De la cluirpie pour isoler les épingles des paupières, un bandage et des applications réfrigérantes continues, tel fut le pansement. Chute de la tumeur le quatrième jour, et la cicatrisation de la plaie en résultant était complète le vingt-huitième.
En présence des graves inconvénients proJuits par le séjour des épingles sur la cornée surtout, le docteur Gritti se demande s'il n'y aurait pas lieu de les enlever dès que la ligature est
STÉATOSE.
faite. Mais M. Borelli répond qu'elle ne tiendrait pas à défaut d une base suffisante et que, dès-lors^ le procédé n'aurait plus d'objet. [Giorn. d'oflnlmologia ital.)
STATISTIQUE. Stalistica del mnvimenlo dello slato civile del regno d'Iialia nell' anno 4 864 (Slalislique du mouvemenlde l'élat-civil du royaume d'Italie en 1 864^, publiée par les soins du ministre de l'agriculture et du commerce ; un volume in-4° de 555 pages, Florence.
Comparés dans tous leurs détails, entre les anciens États réunis, les éléments de ce travail offrent des éclaircissements instructifs sur les eiîets de la topographie et des habitudes, des mœurs spéciales de ces anciens États.
STÉATOSE. Polystéatosc viscérale. Dans une étude intéressante de ce sujet nouveau, M. le docteur Perroud (de Lyon) a passé en revue les organes où elle se montre ordinairement; le foie, le cœur et les reins en fournissent douze observations cliniques à l'appui; au point de vue clinique comme à celui de l'histologie et de la nosologie, il établit des divisions, des différences que les conclusions suivantes font connaître ;
1° On doit reconnaître deux espèces de stéatose : l'une par hypergenèse du tissu cellulo-adipeux, et l'autre par état granulo-graisseux des éléments histologiques des organes.
2° L'état granulo-graisseux frappe très-souvent d'une manière simultanée le foie, les reins et le cœur.
Dans certains cas, il existe des connexions étroites entre ces trois stéatoses viscérales, si bien qu'on peut les considérer comme une sorte d'unité anatomique dont on doit étudier l'évolution, les symptômes, la marche, le diagnostic, le pronostic et le traitement.
3° La triple sléatose viscérale est facile à reconnaître, soit au microscope, soit à l'œil nu, lorsqu'elle est parvenue à un étal plus avancé.
Elle reconnaît pour cause prochaine une infiltration de principes granulo-graisseux provenant du dehors, plutôt qu'une dégénérescence graisseuse par dédoublement des principes immé liats constituant les tissus.
4° Toutes les conditions capables d'augmenter la quantité des matières grasses du sang ou d'en entraver l'élimination, peuvent être des causes déterminantes de la stéatose viscérale.