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THÉRAPEUTIQUE

sur les poisons, les venins, les virus, les miasmes spécifiques dans leurs rapports avec les ferments, par A. Bouchardat, professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de Paris, président de l'Académie de médecine. 26" année. Un vol. in-l 8 de 422 pages. Librairie Germer Baillière.

Thérapeutiqae respiratoire. M. le docteur Sales-Girons, l'initiateur hardi et ingénieux de l'inhalation des liquides pulvérisés ou plutôt atomisés, comme on dit en Angleterre, désigne sous ce litre l'administration des médicaments sous cette forme parla voie bronchique. Cette méthode, qui n'est qu'un des modes de l'hydrothérapie appliquée aux surfaces internes ou aux surfaces circonscrites externes, étend ainsi chaque jour son domaine. Appliquée d'abord aux voies respiratoires, puis aux maladies de la vessie, des yeux, comme à certaines affections circonscrites de la peau, voici qu'elle ne lend rien moins qu'à remplacer l'administration des médicaments par la voie gastrique. Sans doute ce changement dans nos habitudes séculaires aurait lieu d'étonner ; mais qu'importe, s'il est justifié par des avantages que l'auteur assigne a priori à cette méthode dans le mémoire adressé à l'Académie de médecine de Paris le 23 janvier dernier, et résumés ainsi dans sa lettre d'envoi :

«Susceptibilité organique, excellence de texture, position au foyer primitif de l'hématose, contiguïté particulière avec les globules sanguins, aptitude supérieure d'absorption, netteté de surface, etc.; tous ces avantages de la muqueuse bronchique contrastent avec les conditions opposées de la muqueuse gastrique au bon usage interne des médicaments.

» La voie respiratoire, il est vrai, ne présente pas les facilités d'introduction delà voie digestive. Mais si la première fait mieux pour la cure que la seconde, le but est indiqué ; l'habitude et l'art feront le reste pour l'atteindre. En attendant mieux, nous présentons la pulvérisation des liquides comme moyeu d'introduction des médicaments dont nous voulons parler ; car tous les médicaments peuvent être mis en dissolution liquide. »

Ces avantages, il est vrai, ne sont basés que sur des vues physiologiques non encore sanctionnées par la clinique. Jusqu'ici, on ne compte en effet que de très-rares observations tout exceptionnelles en sa faveur, que nous avons rapportées avec soin. Telle est l'adminislralion du bromure de potassium (voy. Bromisme); du sulfate de quinine (voy, Fièvrf, intf.rmit-

THORACOCENTÈSE.

tente); du musc (voy. Fièvre typhoïde); et encore l'interprétation de leurs auteurs n'est pas généralement admise. Jusqu'à ce que de nouveaux faits viennent en établir, en confirmer la justesse, il est au moins recommandé de rester neutre. On ne comprend guère, en effet, comment i'émétique et tant d'autres médicaments qui sont déposés impunément sur la muqueuse gastrique pourraient être administrés sans danger par la voie bronchique. L'extrême ténuité des doses répond sans doute à cette objection : car ce serait un des principaux avantages de cette méthode, selon ses partisans, de pouvoir réduire les médicaments à dose presque homœopalhique par cette voie, en raison de la puissance et de la rapidité d'absorption de la muqueuse bronchique. Mais e.st-il probable que tous les médicaments, même à cette extrême dilution, seront également propres à être administrés par cette voie, et qu'aux 5 à 1 0 centigrammes d'émélique nécessaires pour provoquer le vomissement par la voie gastrique, on devra substituer 2 à 3 milligrammes par la voie bronchique? Je ne le crois pas. Malgré la sécurité de la méthode endermique et les succès des injections hypodermiques, qui a jamais pensé s'en servir pour remplir toutes les indications thérapeutiques? Il est donc présumable que chacune de ces trois voies, la peau, l'estomac et les bronches, ont leurs indications spéciales, leur préférence relative comme la voie sous-cutanée pour calmer les douleurs superficielles par exemple, la voie du rectum sur celle de l'estomac pour l'absorption de certains médicaments, sans se substituer exclusivement l'une à l'autre.

L'honneur est déjà grand pour M. Sales- Girons d'avoir appelé l'attention sur cette nouvelle voie d'absorption médicamenteuse; aux cliniciens, aux observateurs d'en expérimenter la valeur et en déterminer la portée, l'utilité et les applications. Ce sera là un grand progrès pour la thérapeutique.

THORACOCENTÈSE. Partisan convaincu par l'expérience de l'efficacité de celte opération chez les enfants. M. Guinier n'a pas hésité à la pratiquer chez un garçon de douze mois à peine, au dixième jour d'un épanchement pleurétique aigu à gauche, précédé d'accès fébriles intermittents. Les vésicatoires monstres et la digitale n'ayant pu diminuer l'épanchement, la ponction fut pratiquée entre la troisième et la quatrième fausse côte : un Ilot de matière blanc verdâtre séro-purulenle, trèsliquide, inodore, jaillit aussitôt, mais s'arrêta bientôt, après

TIIOliACOCENTÈSE.

l'c\|)iil#ion de 17-j graiinies seulement. Ce n'est qu'après l'enlèvcuieiit ilo la canule et malgré uii défaut de paraliélisuie de 25 millimètres entre la plaie cutanée et la ponction, que le liquide recommença à couler par saccades, sous l'influence de la toux et des cris, de manière à s'élever à 500 grammes environ. Le cœur et la rate déplacés reprirent aussitôt leur posilion normale. Du liquide continue à couler le lendemain et le surlendemain. Une douleur dans le côté opéré fait introduire une grosse mèche dans l'ouverture, qui donne issue le lendemain, soit le dix-septième jour de l'opération, à 125 grammes de pus liquide bien lié, inodore. Il se tarit après quatre à cinq jours, et l'enfant entre définitivement en convalescence. [Montp. médical )

Cette observation est d'autant plus remarquable que jamais la Ihoracocentèse n'avait été pratiquée sur un enfant si jeune; jusqu'ici on n'avait pas descend» au-d«ssous de l'âge dè trois ans,

Indicalions. Elles ressortent admirablement d'une observation choisie entre plusieurs semblables par iM. Martineau, recueillies dans le service du professeur Trousseau. Il s'agit d'une femme de trente-trois ans, atteinte d'une pleurésie aiguë gauche, dont l'épanchement augmente malgré trois vésicatoires, avec une telle intensité, qu'après trois semaines de durée elle est exposée à l'asptiyxie. La Ihoracocenlèse fait cesser tous les accidents, qui reparaissent bientôt par la reproduction du liquide au point de nécessiter une seconde ponction, qui cette fois est suivie rapidement de laguérison.

Or, malgré cette reproduction rapide du liquide, dit l'auteur, l'opération n'en a pas été moins utile en conjurant l'asphyxie. C'est en effet là son avantage; la reproduction du liquide était fatale, car la malade avait encore de la fièvre, la pleurésie était en voie de progression, le liquide sécrété par la plèvre contenait une grande quantité de fibrine; par conséquent, il n'est pas étonnant que, l'inflammation de la séreuse persistant, la sécrétion du liquide ait continué à se faire. La Ihoracocentèse n'a pas pour but de s'adresser à l'inflammation. M. Trousseau n'a jamais prétendu dire que la thoracocenlèse était un moyen de traiter l'inflammation de la plèvre ; il l'a instituée dans le but de donner issue au liquide pleural, liquide qui, par son abondance, peut ôire tantôt la cause d'une mort subite, tantôt nécessite, pour être résorbé, une médication longue, persévérante, débili-

IIIOKAX.

lanle et Irès -douloureuse, tandis que celle opération est un moyen plus actif à amener une guérison plus rapide. Aussi, il est bien évident que si l'inQammalion de la séreuse continue, la sécrétion persistera, et qu'au bout d'un certain temps, il faudra de nouveau avoir recours à la thoracocenlèse pour donner issue à cette nouvelle sécrétion pleurale; ce qui est arrivé dans ce cas. . Mais si, au contraire, l'inflammation a cessé quand on pratique) l'opération, le liquide ne se produit plus; j'ai pu noter ce fait, chez deux malades. (Soc. méd. cfdr. de Paris, mai.)

II ressort donc de cette vérité prise sur le fait que l'on nei doit pas se relâcher, malgré cette opération pratiquée au début, dans l'emploi des moyens internes et externes propres k dimi-. nuer, à atténuer l'inflammation sécrétoire. — Voy. Pledrésie.

Trôcartà double coiîrant. Imaginé par M. Barth, ce nouvelJ instrument permet à l'opérateur de ne retirer la tige de lai canule, après la ponction faite, que de quelques centimètres} jusqu'à un point fixé pour laisser libres les deux yeux commu-niquant avec les courants, dont l'un est destiné à donner issue ' au liquide pleurétique, l'autre à faire parvenir le liquide médica-menleux. Pourvue de baudruches à leurs extrémités libres ett de robinets s'ouvrant et se fermant à volonté, ces deux tubes; préviennent ainsi sûrement l'entrée de l'air dans la plèvre.. [Acad. de méd. , août.) j

Simple dans sa construction et son mécanisme, ce trocartlt remplacera efficacement la seringue si compliquée et si coùteuseî de M. J. Guérin, et tous les autres appareils inventés à laj suite.

THORAX. Mensuration. Outre l'étendue transversale quee l'on précise mathématiquement comme élément de diagnoslicr dans diverses maladies de poitrine, M. Gueneau de Mussy croitt également avantageux de déterminer les modifications subiess dans les dimensions verticales chez les sujets bien conformés.. Seul, Laennec a signalé la diminution du diamètre vertical I après la résorption des épanchements pleurétiques par l'affaissement, le retrait et la convergence des côtes. C'est l'unique? changement indiqué dans la hauteur de la cavité thoracique.

Un moyen de constater ces changements est la comparaison i en arrière de l'inclinaison des deux dernières côtes, et, eni avant, la hauteur relative des rebords costaux dans chaques

TOXICOLOGIE

hypochondre; bien que les cartilages qui formenl ceux-ci, étant peu mobiles, subissent rarement dans leur position des changenienls notables ; la direction de la deuxième côte, que sa mobilité a fait surnommer côte flottante, offre des variations beaucoup plus fréquentes et plus facilement appréciables.

Quand le diamètre vertical de la cavité thoracique est agrandi, le diaphragme, refoulé en bas, entraîne dans ce sens les côtes auxquelles il s'attache; la douzième côte devient plus oblique. Lorsque cet agrandissement est borné à un seul côté, de ce côlé-là seulement celte côte présente une inclinaison plus accentuée, et son bord inférieur est situé plus bas que le bord inférieur de sa congénère, si on les compare à une égale distance de la crête épineuse.

L'emphysème généralisé détermine un agrandissement notable du diamètre vertical de la poitrine et augmente l'obliquité de la dernière côte. Dans les épanchements pleurétiques d'une médiocre abondance, les deux dernières côtes peuvent rester à la môme hauteur; mais il n'en est pas de même dans ceux qui remplissent toute la cavité de la plèvre, et dans ceux qui restent emprisonnés entre la base du poumon et la face convexe du diaphragme. L'auteur regarde ce signe comme un des plus importants pour constater ce genre d'épanchement, surtout quand il succède aux symptômes de la pleurésie diaphragmatique. Chez une femme dont le foie était distendu par des kystes hydaliques, la constatation d'une matilé occupant le tiers inférieur de la poitrine avait fait supposer à un chirurgien habile que le diaphragme était refoulé en haut par le développement de la poche hydalique ; l'obliquité de la dernière côte me fit conclure à la coexistence d'un épanchement pleurétique, que d'autres signes vinrent affirmer. Il était évident que, si le diaphragme avait été repoussé en haut, la dernière côte eût suivi ce mouvement ascensionnel.

Le pneumothorax produit au plus haut degré l'obliquité plus grande et l'abaissement de la dernière côte. [Union méd.)

TOXICOLOGIE. Nerium oleander. Arbuste connu de la famille des apocynées et considéré, d'après les expériences d'Orfila, comme un poison narcotico-âcre. En étudiant plus attentivement son action, M. Pelikan a découvert qu'il exerçait une action spéciale sur le cœur, comme l'inée ou onage (voy. année 1 865). Avec l'extrait alcoolico-aqueux du Neriumd'Wgé^

(-..VUMEll. 27

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rie, expérimenlé sur la grenouille, les baLletnenls du cœur s'accélèrent, puis se ralentissent bientôt, et cessent tout à fait après des irrégularités comme périsialtiques. Le ventricule cesse le premier de se contracter, puis l'oreillette, et néanmoins l'animal conserve ses mouvements volontaires. C'est donc là un nouveau poison du cœur, analogue à la digitaline, type de cette classe de poisons. [Acad. des se.)

■ Emploi du magnésium. Sa propriété de précipiter à l'état métallique les solutions acidulées des protosels et des sesquisels de fer, de zinc, de cobalt et de nickel, l'argent, l'or, le platine, le bismuth, l'étain, le mercure, le cuivre, le plomb, le cadmium, le lhallium, a conduit U. Roussin à l'employer aux recherches médico-légales. A l'aide d'un petit appareil de Marsh, dans lequel on introduit les liquides à examiner avec quelques grammes de magnésium en rubans, on peut saisir les traces du poison, arsenic ou antimoine, comme de tous les autres, à l'aide des divers caractères qu'il indique. [Journ. de phys. et de chimie méd.)

Réactions physiologiques. Devant l'impuissance actuelle des réactifs chimiques de démontrer la présence des alcaloïdes vénéneux, le corps du délit, comme on dit (voy. CuRAnE), ou de les distinguer entre eux, l'expérimentation physiologique, c'est-àdire l'essai des produits d'une analyse chimique sur les animaux, qui a pris dans ces derniers ten?ps,par l'impulsion de M. Tardieu, une si grande importance, qu'elle a constitué dans plusieurs affaires la preuve capitale de l'expertise, celte preuve est repoussée vivement par M. Devergie. Il admet bien que faites avec les produits ullimes, connus cl qualifiés d'une analyse, ces réactions physiologiques constituent un document de l'expertise, mais sans jamais pouvoir être élevées au degré de preuve, et à plus forte raison de démonslration concluante d'empoisonnement, indépendamment des trois autres conditions posées par la science et admises par tous les loxicologistes : symptômes, altérations d'organes, et analyse chimique, sans que jamais celle-ci puisse remplacer l'expérimentation animale.

Conformément à celle doctrine, il a combattu les conclusions d'un rapport de MM. Tardieu et Roussin, concluant à l'empoisonnement, et est parvenu ainsi, on motivant fortement son

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opposition, à faire rendre une ordonnance de non-lieu. {Anu. d'hygiène publique, juillet.)

Telle était la doctrine d'Orfila, car, M. Gallard l'ayant accusé de ne s'être placé qu'au point de vue chimique en demandynt à l'expert la démonstration chimique du poison, M. L. Orflla son neveu a montré par les extraits suivants de sa Toxicologie qu'il n'avait pas été aussi exclusif : « Quant à moi, dit-il, tout en assignant k ces symptômes et à ces lésions un rang secondaire, j'ai constamment voulu qu'on en tîntgrand compte, comme on peut le voir dans mes écrits; mais je n'ai jamais commis la faute de les considérer comme des éléments ayant la môme valeur que celui qui est fourni par l'existence du poison, p (T. I, p. 10, 5*^ édition), 11 renouvelle les mêmes recommandations avec plus de netteté, en ajoutant : « Il nous faut donc, pour conclure à une intoxication, d'autres éléments de conviction que ceux fournis par la chimie; la pathologie revendique, à juste litre, une grande part dans la solution de ce problème, et ceuxlà se trompent qui imaginent ne pouvoir considérer que comme un léger accessoire l'ensemble des symptômes éprouvés par les malades. » (T. II, p. 901 .) Et plus loin : « On me demandera peut-être quelle doit être l'attitude de l'expert consulté sur un cas d'empoisonnement, lorsque le poison a été complètement expulsé des voies digestives, et que déjà la portion absorbée a élé éliminée par l'urine ou par d'autres voies d'excrétion, ou bien quand il n'en reste que des traces. S'il lui est impossible de déceler la substance vénéneuse, dira-t-il que l'empoisonnement n'a pas eu lieu? 11 s'en gardera bien; il devra, avant de se prononcer, examiner attentivement toutes les circonstances qui ont précédé et accompagné la maladie, ainsi que la nature des lésions cadavériques qui auront été constalées, les symptômes observés, la marche et la durée de l'afléction ; le mode de traitement employé, et les altérations de tissus, lui permettront, dans certains cas, d'élever des doutes ou ù'élallir des probabililés sur l'existence d'un empoisonnement, et de fournir par là à l'instruction un élément important. » {Ibid., p. 950 et 951.) (Soc. méd. d'émulal., avril.)

C'est donc plutôt de nos jours que l'on pourrait reprocher l'excès contraire des réactions physiologiques, qui sont devenues une nécessité devant l'usage des alcalo'ides végétaux.

Das Microscoj) in Toxicologie [Le Microscope en toxicologie),

TUXlCULOOli;.

parle docteur ilchvig (de Mayenco), avec planches photographiques.

Afin de suppléer aux réactions chimiques quand la matière est en trop faible quantité, l'auteur a consigné ici le résultat de ses études microscopiques sur les principaux alcaloïdes végétaux et les poisons minéraux les plus usités ; leur solubilité dans l'eau, l'alcool aqueux, amyliqueetle benzol; la forme des résidus et leurs changements en présence de certains réactifs; recourant pour quelques substances à la sublimation, et dans quelques cas, à la lumière polarisée.

Les matières employées sont vraiment imperceptibles ; chaque solution ne contient ordinairement qu'un centième de g.'-ain par goutte et souvent moins ; pour la strychnine en particulier, celte proportion doit être réduite de moitié, pour obtenir une image nette.

Les résultats sont variables. L'atropine et l'aconitine ne donnent pas de réactions bien tranchées, tandis que la digitaline et le chlorhydrate de conicine en fournissent de très-nettes. Parmi les poisons métalliques, l'acide arsénieux offre sous le microscope des caractères d'une sensibilité extrême. Il se sublime très-facilement, ce qui le sépare déjà de tous les autres poisons, à l'exception du biclilorure de mercure ; mais il se distingue de ce dernier par sa cristallisation en octaèdres réguliers. La tache arsenicale de l'appareil de Marsh, examinée sur un verre porte-objet, avec un grossissement de 300 diamètres, est composée de deux éléments distincts. Au centre se trouve une couche serrée de granulations arrondies, nettement délimitées, à éclat métallique; plus en dehors, ces formations sont de plus en plus rares, mais entremêlées de cristaux d'acide arsénieux ; caractère suffisant pour différencier la tache arsenicale de la tache antimoniale. Les particules métalliques de celleci n'ont presque pas d'éclat, sont à contours vagues, et ne renferment pas trace de matière cristalline. Si l'on chauffe avec précaution la tache arsenicale, on sublime d'abord tout l'acide arsénieux, que l'on retrouve cristallisé sur le verre superposé, et la tache elle-même n'offre aucune modification à l'œil nu. En continuant à chauffer, elle finit par disparaître entièrement. La tache antimoniale, au contraire, traitée de la même manière, ne se volatilise pas, à moins qu'elle ne contienne de l'arsenic, qui se sépare par sublimation. Le bichlorure de mercure est caractérisé par sa solubilité, sa forme cristalline, sa réduction

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par un fragment de limaille de zinc, et ses réactions avec Tiodure de potassium et la potasse caustique.

Reste à savoir quels seront les résultats si, au lieu de dissolutions chimiquement pures, on agit sur des liquides exlr;iils d'organes empoisonnés, et pouvant renfermer à la fois plusieurs substances toxiques. De nombreuses expériences restent encore à faire, pour établir définitivement quelle est l'étendue des services que le microscope peut rendre au chimiste expert; mais celles-ci ont élargi l'horizon de la science, et créé de nduvelles ressources pour le médecin légiste.

Un fait récent montre l'heureuse application de ce nouveau moyen d'expertise. Une hachette qu'on pensait avoir servi à la perpétration d'un meurtre fut conDée à l'examen du docteur Herapath. .Aucune tache ne pouvait être constatée sur le fer; le manche fut examiné avec le plus grand soin. M. Herapath enleva de petites écailles de la portion qui avait été en contact avec l'anneau métallique, et constata, à l'aide du microscope, que la plupart des taches qu'il observait étaient produites par de l'oxyde de fer ; quelques-unes étaient dues à du sang coagulé, et d'autres fragments de bois étaient infiltrés par la matière colorante du sang, modifiée par l'eau de lavage. Sur plusieurs portions du manche, l'expert découvrit des globules de sang, et les ayant mesurés à l'aide du micromètre, il reconnut qu'ils avaient exactement les mêmes dimensions que des globules de sang humain desséché qu'il examina par le même procédé. Il détacha ensuite du manche de la hache une plus grande quantité de fragments de bois colorés, les plongea dans l'eau distillée, et obtint ainsi une solution légèrement rougie qui, après avoir été filtrée, se trouva toute prête, soit pour être analysée chimiquement, soit poi^r être examinée à l'aide du microspectroscope. Ce dernier essai démontra la présence évidente du sang dans la liqueur, carie spectre fut altéré, et deux raies noires se produisirent dans les rayons verts et sur la limite des rayons jaunes. Il n'y a qu'une seule substance autre que le sang qui puisse déterminer l'apparition de deux raies noires, c'est la cochenille dissoute dans l'ammoniaque; mais la position occupée par les raies n'est pas celle qui vient d'être indiquée. L'analyse chimique établit aussi l'existence du sang dans le liquide, et grâce à ces trois épreuves confirmatives l'une de l'autre, l'expert put déclarer que le manche de la hachette était taché de sang, et probablement de sang humain, quoiqu'il n'osât l'affirmer

^74 TRACHÉOTOMIE,

formellemeiil. On comprend loule l'imporlance d'une pareille déclaration, quand elle est corroborée par d'autres témoignages. {Edinb, med. Journ., avril.)

Toxicologie comparée. Un mélange d'équivalents égaux de chlorate de potasse et d'iodure de potassium donné à des chiens, dit M. Melsens, les fait rapidement dépérir et même mourir. D'où cet énoncé, que deux sels, sans action rauluelle, peuvent être donnés isolément à des animaux, et continues l'un après l'autre pendant longtemps, sans que leur sanlé soit altérée, tandis que leur mélange lue ces animaux parfois trèsrapidement. Outre la question physiologique, il y a de ce fait une application immédiate à l'art de guérir et de formuler, c'est-àdire que des médicaments inoffensifs par eux-mêmes deviennent délétères sous l'influence d'autres médicaments inoffensifs. [Acad. des se, août.)

TRACHÉOTOMIE. Pratiquée dans la période extrême du croup, elle a donné des succès vraiment surprenants à M. E. Moynier : sur 1 S trachéotomies, il compte 12 guérisons et 6 morts, soit 75 pour 100 de succès [Union méd., n°' 6, 8). L'opération perd ainsi beaucoup de sa gravité.

Dilalalion de la plaie. Après les nombreux instruments déjà inventés à cet effet pour faciliter le placement de la canule, qui est fort difficile, M. Worthinglon, interne à Middlesex's Hospital, adapte un conducteur d'acier au scalpel ou au bistouri. Placé sur le dos de la lame qui le dépasse un peu, il s'en détache en pressant sur un bouton ; on le fait glisser ainsi dans l'ouverture, tout en retirant l'instrument tranchant dès qu'il a pénétré dans la trachée, et dès lors la canule se place facilement. [Med. r/mes, juillet.)

Nouveau Irocart trachéolome. Proposé par M. Rizzoli, il se distingue de ceux connus jusqu'ici par les particularités suivantes : La canule est fendue sur l'un de ses bords, à partir de son ouverture terminale ; cette fente est destinée à loger une petite lame en forme de lancette, dont la tige du trocart est munie. Le trocart, agissant ainsi par le mécanisme de l'instrument piquant, en môme temps que par celui de l'instrument tranchant, pénètre avec plus de facilité dans les tissus. Un

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