‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 148 sur 157 · TUBERCULE · texte numérisé non relu

TUBERCULE

d'étude ou d'examen, un service d'inspeolion dans quelques villes pourvues d'abattoirs, pour constater d'une manière formelle et par des relevés statistiques l'existence, l'absence ou la proportion de la trichinose dans la race porcine.

4" Certaines conditions d'élevage et de soins spéciaux pouvant exercer, sur le développement de la trichinose chez le porc, une grande influence, il y aurait lieu de répandre, par des circulaires dans les populations agricoles, la connaissance des précautions à prendre pour les en garantir.

Histoire naLurelle et médicale de la trichine. Recherches sur l'ancienneté de la maladie produite par cet entozoairo ; symptômes, diagnostic et traitement de la trichinose, par M. le docteur Yan don Corput, médecin à l'hôpital Saint-Jean, de Bruxelles, etc., etc. Brochure in-S". (Extrait du Bulletin de r Académie rotjale de médecine de Belgique, Bruxelles.)

TROCAUT. — Voy. Thoracocentèse.

TROCIIOCARDIE. Variété non décrite de déplacement du cœur, observée et signalée par M. le docteur Alvarenga. — Voy. Cœi'R.

TUBERCULE. Étiologie. Suivant le docteur Dobell, la tuberculose est due au défaut d'action du pancréas sur les substances grasses. Portée ainsi dans l'intestin sans être convenablement émulïionnée, la graisse n'est qu'imparfaitement digérée, absorbée par l'intestin, et le sang est ainsi privé de ce principe essentiel pour la parfaite comburation des autres. De là un défaut d'équilibre dans l'assimilation, et bientôt l'amaigrissement par l'absorption de la graisse des tissus albumineux,qui se trouvent ainsi dissociés. Or, celte désinlrcjraiion donne lieu au tubercule naissant; co procédé morbide est la tuberculisalion. De là le trailement de l'auteur par l'ingestion de la graisse. (Voy. année 1 865, p. 567.) [lirilish med. Journ.)

Où et comment le pathologiste anglais a-t-il observé, vérifié ces profonds mystères de l'organisme? Est-ce par le succès do son traitement ? Tlial is Ihe question.

On tlie nature, cause and Ireatment of Tuberculosis (Nature, cause et traitement du tubercule), par M. le docteur Horace

^78 TUMEURS

Dobell, médecin de l'infirmerie royale, pour les maladies de la poitrine, 84 pages in-8°. Londres.

De la tuberculisation en général, par M. le docteur Peler, in-8», thèse de concours pour l'agrégation. Paris.

Tubercules des ganglions bronchiques. A propOS de

deux cas observés chez l'adulte, M. Daga s'est livré à une analyse synthétique complète de la question, en rappelant tous les documents qui peuvent l'éclairer. Au point de vue du diagnostic surtout, cette étude présente un véritable intérêt. [Mém. de méd. et chir, miltlaires, juin.)

Tubercules du ccrTclet. — Voy. Cebvelet.

TUMEURS. Bien différent du sens attaché à ce mol avant l'emploi du microscope, il est aujourd'hui synonyme de néoplasme, néoplasie, pseudoplasme, désignant toute production accidentelle d'un tissu nouveau développé en masse sur un point quelconque de l'organisme. Ainsi s'exprime M. le professeur Michel dans sa leçon d'ouverture sur l'origine, le développement et la classification des tumeurs, à propos des ouvrages de MM. Virchow et Broca sur ce sujet. Après une revue historique, complète, empruntée à ces deux ouvrages, il les distingue par la différence même des doctrines qu'ils représentent : M. Broca adoptant la plus ancienne, que toute cellule procède d'une substance amorphe ou blastème par une sorte de génération spontanée; Virchow préférant admettre que la cellule primitive, celle du tissu conjonctif surtout, produit les autres d'après la loi du développement continu. Malgré quelques réserves, M. Michel, après un examen clair et savant de ces deux doctrines en présence, adopte la dernière ; le blastème spécifique sur lequel l'autre repose n'étant p;is du domaine de l'observation, ne pouvant se démontrer môme au microscope et n'étant que la reproduction rajeunie de la doctrine de Hunter, doctrine ruinée par l'identité des éléments microscopiques qui composent les différentes néoplasies.

C'est ainsi que restant exclusivement sur le terrain histologique, M. Michel repousse toutes les classifications précédentes, même celle de 'V^irchow, à cause des sous-divisions de cancer, sarcome purement clinique, et s'en tient à la suivante :

TUMEURS

i' Tumeurs formées par le sang-

extravasé en totalité,

/ Anévrysiue disséquant, l Hémalonic.

/ Hydrocèlo.

/ Epanchements do la

exsudé dans sa partie séreuse

plèvre, péritoine et péricarde.

2° Tumeurs produites par sécrétion |

4" Tumeurs formée i par l'aspucement do plusieurs tissus. {

\ Hydrocéphale.

I Hydroracliis.

! Ganglions.

* Ilygronics.

I Kystes. ( Papillonics.

\ Tumeurs ércctiles.

f Cellules.

( Fibres.

Cellules.

Cellules closes.

Tiss\is c'os.

I Cellules des os.

{Filiros striées.

Fibres lisses.

{Gaz. méd. de Strasbourg, iain.)

C'est donc là une classification purement histologique, d'après laquelle bien souvent on ne saurait où placer telle tumeur pathologique à éléments multiples.

Pathologie des litmeiirs , cours professé à l'université de Berlin, en 30 leçons, par le professeur R, Virchow; traduit de l'allemand par P. Aronssolin, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Strasbourg, médecin adjoint des hôpitaux. Un volume grand in-8° de 544 pages avec 107 figures intercalées dans le texte. Librairie Gernier Baillière.

Ouvrage des plus savants, dont l'analogue ne se trouvait pas dans la littérature médicale française, en ce qu'il embrasse toutes les découvertes micrographiques et histologiques, en lient compte et se trouve parfaitement ainsi au courant de la science sur ce sujet. En montrant touto l'étendue des connais- .=ances de l'illustre professeur de pathologie et de thérapeutique générales, ce livre e>t l'exposé d'une doctrine tout opposée à celle qui repose sur les antiques traditions de la pathologie humorale, et dont le traité de M. Broca, le plus récent sur la matière, porte encore une si profonde enii>reinlo. C'est diro que

TUMEURS

celui-ci en diffère complélement par le fond et la forme. Ici ce n'est pas un traité classique, mais une exposition i^x professa d'idées, de faits, de doctrines neuves, originales, montrant le sujet sous un tout autre point de vue qu'on ne l'avait envisagé jusqu'ici, avec la discussion des idées, des théories contraires. Après des considérations générales sur la nomenclature, la synonymie, les caractères, la physiologie, l'étiologie, la palhogénie des tumeurs, il pose les bases de sa nouvelle classification, qu'il divise ainsi :

40 Tumeurs sanguines (hématomes) sons les trois formes principales de cystiques, solides et polypeuses.

2° Tumeurs aqueuses (hydrocèles), comprenant toutes les variétés selon le siège, les hygromes ou ganglions et les hygromas.

3° Tumeurs par rétention, comprenant les kystes folliculaires, alhéromes, kystes muqueux, etc.

4° Tumeurs proliférantes divisées en fibromes, lipomes, myxomes, chondromes, et leurs nombreuses variétés.

Dans la description de ces formes, dont le nombre se divise et se subdivise à l'infini en variétés, genres, espèces, distingués par un ou plusieurs adjectifs, suivant la forme, le contenu ou la composition anatomique des tumeurs, toujours un exemple type le plus souvent éclairé d'une figure, d'une planche, d'après une pièce anatonio-palhologique, en offre la démonstration. Toute assertion est appuyée d'indications bibliographiques des meilleurs auteurs de tous les pays. Cette division extrême est le résultat de la non-admission des tumeurs composées des anciens auteurs, et qui sont ainsi réparties dans les différentes classes et sous divers litres, suivant leur connexité avec le type principal. Mais cette infinité de détails, de rapports, d'analogies ou de différences, qui sous la plume do tant d'auteurs, engendrerait la confusion, la prolixité, ne nuit nullement ici à l'élncidation du sujet. Tout est si intéressant, exposé et exprimé s-i clairement, que le lecteur comprend sans effort, poursuit sans fatigue ce sujet d'ordinaire si aride et rebutant.

Sans discuter sur le fond du livre, on peut prévoir que la forme seule en fera la fortune près de tous les médecins qui désirent s'instruire sur une classe de maladies tenant une ti grande place dans le cadre pathologique.

Tumeurs liétéradéniqucs. Comme il l'avait prévu, M.Ordonez s'est convaincu, par les réactions que donne le lis*u de

TUMILL'RS.

ces productions morbides, qu'elles se composent d'élémenls organiques végétaux. Elles seraient ainsi le résultat de l'accroissement ou de la multiplication d'un champignon ou d'une algue microscopique. [Acad. des se, ']mn.)

Tumeurs mali^^ocs. Injections sous-culanées. AGn de mettre les médicaments en contact direct avec les tissus et les liquides morbides, afin de détruire ceux-ci, les annihiler ainsi sans inflammation ni gangrène, Thiersch a pratiqué ces injections avec une solution de nitrate d'argent et une autre de chlorure de soude, afin de déterminer la formation d'un chlorure d'argent. Faites à dix minutes d'intervalle l'une de l'autre, ces injections, au nombre de vingt autour de la tumeur et de quinze au centre, ne déterminèrent d'abord que du gonflement, de la dureté; mais en rendant progressivement les solutions plus intenses, la suppuration survint, la tumeur s'ulcéra, et malgré un aspect satisfaisant, la résorption purulente enleva le malade, (/.a Medicina, juin.)

Devant un tel résultat, ce procédé nouveau ne doit donc être répété qu'avec circonspection. Il ne résout pas la question do savoir s'il vaut mieux procéder de dedans en dehors que do dehors en dedans, pour la destruction de ces tumeurs.

Tumeurs abdominales. Dugnostic DiFFÉRENTira. A l'occasion d'une ovariolomie et d'une ascile par corps fibreux do l'utérus, M. le professeur Desgranges, de Lyon, a tracé le tableau suivant pour le diagnostic de ces tumeurs :

Ascile: Développement abdominal général, uniforme ; — matité aux parties déclives ; — sonorité aux parties élevées; — forme variable suivant les attitudes ; — ondulation.

Kyste uniloculaire : Tumeur globuleuse plus ou moins arrondie, proéminente; — flancs peu saillants, fréquemment sonores ; — ombilic mat ; — même forme en diverses positions ; — fluctuation évidente.

Kyste multiloculaire : Tumeur plus ou moins arrondie, lobulée ; — sillons, sinursilés; — fluctuation peu marquée; — quelques masses solidfs.

^182 TUMEUT^S.

Cijsloscu- coine : Ressemble aux kyslesj — niais tumeur bosselée, dure; — fluctualion nulle.

Adhérences : Kyste peu mobile; — parois abdominales peu mobiles; — utérus peu mobile (?); — douleur localisée, variant suivant les attitudes.

Groxsesse : Suppression des règles ; — tumeur médiane, globuleuse, régulièrement progressive; col utérin ramolli; — ballottement ; — mouvements du fœtus à quatre mois et demi ; — battements du cœur fœtal.

Môle hydalique : Tumeur globuleuse, médiane ; — développement plus rapide; — col ramolli ; — ni ballottement, ni mouvements, ni battements cardiaques,

Hydromélria : Tumeur globuleuse; — col ramolli ; — fluctuation ; — ni ballottement, ni mouvements, ni battements; — expulsion de liquide.

Grossesse cxlra-ulérine : Tumeur abdominale irrégulière, bosselée ; — mouvements ; — col utérin peu ou pas modifié.

Hémalocèle rélro-ulériiie : Apparition à une période menstruelle; — pâleur, affaiblissement; ■ — douleur pelvienne; — tumeur hypogaslrique, vaginale ; — fluctuation au début ,• — dureté plus ou moins grande ensuite; — développement en quelques jours.

Corps fibreux utérin: Tumeur dure, bosselée, tenant à l'utérus; — déformation de l'organe.

Ttimpanile : Distension générale, rapide de l'abdomen ; — sonorité; — fréquemment accidents généraux.

Tumeurs fibro-plasiirjues (mésentère, épiploon) : Masses irrégulières, plus ou moins volumineuses; — ascile.

Squirrhe du pijlore : Tumeur épigaslrique.

Anévrysme aorlique : Tumeur pnlsalile?

TUMEURS

Abcès par congeslion : Dans la fosse iliaque, à la cuisse; — • fluclualion; — douleur spinale; — globosité.

Tumeurs hépatique, splénique, rénale, cœcale: Développement sur l'organe. [Journ. de méd. de Lyon, novembre.)

Tnmenr dernioïde tin crâne. Congénitalité. Beaucoup de tumeurs que l'on rapporte à torl à une époque plus ou moins avancée de la vie, à la loi d'hélérotopie plastique, sont congénitales, suivant M. Giraldès. Les plus fréquentes se rencontrent dans les régions de la téte et du cou, comme il en fournit un exemple dans l'observalion suivante, recueillie à l'hôpital des Enfants.

Une petite fille âgée de trois mois, bien constituée, portait une tumeur comme un œuf de pigeon au niveau de la fontanelle antérieure. Sans battements ni oscillation, elle était transparente, surtout à la lumière. On crut donc à un cas rare de méningocèle. Des ponctions avec une épingle, puis avec un trocart fin, en donnant issue à un liquide clair comme de l'eau de roche, identique avec celui du spina-bifida, d'un goûtsalé, donnant un précipité blanc caillebotté de chlorure d'argent, ne pouvaient que confirmer ce diagnostic.

Cependant, après six ponctions répétées de huit en huit jours, suivies d'une couche de collodion sur la tumeur, et de la compression avec une pelote d'onale, le volume n'avait pas diminué, non plus que la transparence de la tumeur ni du liquide. Mais après un intervalle de six mois, durant lequel l'enfant eut la rougeole, cette tumeur avait augmenté et perdu sa transparence. Une nouvelle ponction donna un liquide rougeàtre, un peu plus épais, mélangé de grumeaux blancs, composés d'éléments épithéliaux avec des paillettes de cholestérine, et fut suivie d'inflammation. Il fallait donc recourir à un aulre procédé. ConHantdans le diagnostic, le chirurgien ré.snlut d'isoler la tumeur du cuir chevelu et de la lier à la base dan.s une anse do fil métallique, en suivant pour le surplus les indications.

L'enfant chloroformisée, la dissection du cuir chevelu mit à nu une membrane fibreuse à reflets bleuâtres, simulant la duremôre. La surf.ice étendue do la b;ise n'admettant pas la ligature, une large incision donna issue à un liquide rougeâtre, mélangé de grumeaux blancs, très-nombreux. La facn interne

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