ANTAGONISME
De la glace fui constamment tenue sur lo genou pendant deux jours, et des mouvements gradués étant imprimés à l'arliculalion, la guérison fut complète après six semaines. Deux ans après, l'opérée se servait de ce membre comme de l'autre; elle pouvait le fléchir et l'étendre a volonté, marcher, danser et courir sans la moindre gène dans le genou. {Dubl. quarterl. journ. , janvier.)
ANTAGOrVISME. De V antagonisme en pathologie et en thérapeutique, thèse d'agrégation par M; le docteur C. Paul, Paris, in- 4°.
Cette vaste question est résumée dans les aphorismes suivants :
L'antagonisme est une loi générale de l'organisme qui régit la pathologie comme la thérapeutique.
1° L'antagonisme s'exerce de maladie à maladie. Il y a des maladies qui s'excluent ou se limitent.
Dans les maladies aiguës, les maladies spécifiques sont antagonistes les unes des autres.
Les maladies spécifiques excluent ou limitent les maladies communes.
Les maladies communes ne sont pas antagonistes entre elles.
De maladie chronique à maladie chronique, l'antagonisme est moins franc et moins prononcé qu'entre les maladies aiguës.
Les maladies chroniques ne s'excluent ou ne se limitent que quand elles sont dans toute la force de leur évolution.
2° L'antagonisme existe entre les effets des médicaments ou médications et les maladies.
Les médications sont des maladies artificielles qui remplissent vis-à-vis des maladies proprement dites le rôle de certaines maladies entre elles. Elles en sont les antagonistes, et par conséquent les remèdes.
Elles n'agissent pas sur les nnaladies en les détruisant immédiatement, mais en suscitant dans l'organisme des dispositions moins malsaines ou moins graves que la maladie.
3° En leur qualité de maladies artificielles, les médications sont entre elles comme les maladies ; elles se font antagonisme.
4" Les médications qu'on appelle substitutives ou homœopathiques {similia similibus) ne le sont qu'en apparence. Pour agir par la substitution d'un mal moins grave à un mal plus
ANTHKAX.
grave, il faut qu'elles lui fassent antagonisme et lui soient véritablement contraires.
Opium el belladone. Un résumé historique complet de cette question thérapeutique, bien élucidée aujourd'hui, se trouve in Bull, do thérap., juin.
AXTIIRAX. Incisions sous-cutanées. Dans son rapport sur cette nouvelle méthode de M. A. Guérin (voy. année 1 864), M. Gosselin lui donne son approbation comme prévenant la douleur et les érysipèles consécutifs qui se développent fréquemment. Mais il a été vivement comballu par MM. Velpeau, Miclion, Cloquet, Larrey, qui voient, au contraire, dans les incisions profondes, un moyen d'éviter l'érysipèle consécutif. Pour M. J. Guérin, au contraire, ces incisions sous-cutanées préviendraient la résorption purulente en se faisant à l'abri de l'air [Acad. de méd,, février). S'il y a des voix pour, il y en a d'autres contre, el tellement imposantes de part et d'autre, que l'on ne peut juger de la préférence à accorder à ces deux méthodes que par un examen comparatif. Mais la difficulté opératoire qui semble exister dans celle-ci en retardera probablement encore longtemps le succès, tant que ses avantages ne seront pas rendus évidents.
Un point ressort de cette discussion : c'est la tendance de la jeune génération chirurgicale à se préoccuper davantage des conséquences et des complications des opérations, en cherchant à les prévenir soit en simplifiant celles-ci, soit en leur substituant des procédés moins offensifs.
Pâle de Vien7ïe. C'est ainsi que M. Soulé, de Bordeaux, a adopté la cautérisation potentielle, comme bien moins dangereuse que le bistouri, au point de vue des érysipèles et de la résorption purulente. Il établit d'abord, à l'aide de la pâte de Vienne, des eschares dépassant les limites de la tumeur; des incisions ont ensuite lieu sur la partie escharifiée ; mais, en même temps que le bistouri en détache des portions et arrive dans le voisinage des tissus non détruits, il emploie largement, en badigeonnage et en injections, la teinture d'iode, afin de neutraliser chimiquement, ne fût-ce que par l'action coagulante de l'alcool, le liquide sanieux qui, s'il était absorbé, pourrait intoxiquer l'économie ; d'empêcher celte absorption par