‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 3)Chapitre 65 sur 157 · ÉTRANGLEMENT · texte numérisé non relu

ÉTRANGLEMENT

parois de ces tubes se séparent et se transforment en canalicules, en petits troncs irrégiiliers, espèces de fond de sac informes. Ici et là se rencontrent des masses d'épilhélium menues et extensibles, dépourvu de toute enveloppe iamineuse. Tous ces éléments divers deviennent autant de centres actifs, d'hyperplasie épithéliale. Ainsi disparaît peu à peu tout ce qui rappelle la forme glandulaire, les éléments lamineux, envahis à leur tour, s'atrophient et disparaissent progressivement, et comme résultat final, il ne reste que des masses plus ou moins irrégulières d'éléments épilhéliaux. Telle est la troisième période et dernière, c'est-à-dire franchement épithéliale. {Journ. de méd, de Lyon.)

ÉRYSIPÈLE. D'après la puissance et la rapidité de l'absorption des plaies démontrée par lui, M. Demarquay se demande si l'érysipèle, si fréquent dans les grands serviçes de chirurgie, n'a pas son origine dans cette faculté d'absorption des plaies. Son début le plus fréquent dans la plaie elle-même, surtout quand celle-ci estparfaitement organisée, vient à l'appui de celte opinion. [Acad. de méd., octobre.)

Badigconnage d'iode. Dans un cas d'érysipèle traumatique de la face et du cuir chevelu chez un jeune maçon fort robuste, ayant amené un coma profond, M. Verneuil, au lieu de l'application d'un vésicaloire en calotte sur la tête, comme le font à tort, suivant moi, quelques praticiens dans la méningite, il fit un badigeonnage de teinture d'iode. Quel ne fut pas son étonnement de trouver le malade assis, parlant et demandant à manger dès le lendemain matin ! {Gaz. hebd., n° 13.)

Sans pouvoir inférer sûrement de cet unique fait l'action du remède, la rapidité du changement, de l'amélioration la rend du moins assez probable pour répéter cette application en pareil cas.

ESTOMAC. Voy. Ulcères.

ÉTRANGLEMENT. Étranglement divcrtienlaire.

Sous ce tlom, M. le professeur Parise, de Lille, décrit un étranglement ifalerne constitué par le diverticule contournant une ou deux anses intestinales. Suivant que le nœud est à anse simple ou double, il en distingue deux formes avec quatre variétés pouf chacune , selon la direction de l'anse. Des observations et des'

ÉTHANGLEMEINT.

fi<^ures justifient et expliquent ces distinctions. Tout l'ensemble du travail est résumé dans les propositions suivantes :

I. Les diverticules de l'iléon peuvent se nouer autour de l'inteslin et l'étrangler : c'est l'étranglement du nœud diverticulaire.

II. Il se présente sous deux formes, selon qu'il est à anse simple ou à anse double.

III. Dans la première forme, le diverticule contourne le pédicule d'une anse intestinale et constitue avec cette anse un nœud simple à rosette.

IV. Dans la deuxième, deux anses sont étranglées , l'une supérieure, l'autre inférieure à l'origine du diverticule : de ces deux anses, l'une entre dans le nœud par une rotation préalable {anse rotaloire),Vm[re se noue avec le diverticule comme dans la première forme {anse nodale).

Y. Dans les deux cas, la solidité du nœud est due à la dilatation ampulaire de l'extrémité libre du diverticule. Cette ampoule est la clef de l'étranglement.

VI. Les accidents qui en résultent sont ceux des étranglements internes ; leur début est brusque , leur marche rapidCj leur terminaison constamment funeste. •

VII. Manifestation brusque des accidents, douleur fixe dans le côté droit de l'abdomen , entre l'ombilic et le cœur , ballonnement limité à cette région ; absence de toute circonstance capable de faire croire à l'existence de corps étrangers , de brides pseudo-membraneuses , de rétrécissement organique, d'invagination, etc. Tels sont les signes qui peuvent faire présumer l'étranglement diverticulaire.

VIII. Cet étranglement, comme tout étranglement interne, est au-dessus des ressources de l'art, si sa marche est trèsrapide.

IX. Si sa marche est moins rapide, s'il est probable qu'il a son siège à la partie inférieure de l'iléon , et si la péritonite n'est pas encore généralisée, il y a indication d'opérer.

X. C'est dans ces circonstances que la gastrolomie régularisée, ainsi qu'il l'expose, paraît applicable à l'auteur. {Bull, méd, du Nord, juin et juillet.)

Étranglement par une balle. Un officier anglais de l'armée des Indes reçut, le 2 avril 1858, une balle à deux pouces au-dessus et un pouce à droite de l'ombilic. Néanmoins la plaie

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guérit en quatre à cinq semainessans accidents ultérieurs, sinon une constipation habituelle qu'il combattait par des laxatifs et des lavements. On ne pensail donc plus à la balle, lorsque le 16 octobre 1865, des douleurs abdominales survinrent subitement, et l'élat s'aggrava si rapidement que la mort eut lieu le lendemain dans le coma, interrompu de fréquents vomissements d'un liquide fétide et d'une couleur foncée.

A l'autopsie, M. Brandie ne trouve pas d'autre trace du passage interne de la balle correspondant à la cicatrice extérieure qu'une bride fibro-celluleuse s'étendant obliquement en bas et en dedans, à travers la paroi abdominale, et se perdant insensiblement à deux pouces de profondeur. Le péritoine pariétal est sain partout. Quelques circonvolutions dans la région iliaque droite sont très -congestionnées et réunies par des adhérences anciennes et solides. Autour de Tune d'elles, une portion d'intestin, resseniblant à un cordon -parfaitement plein , est enroulée et forme l'étranglement, à trois pouces duquel on trouve au-dessous, libre dans l'intestin, une balle de la grosseur d'une petite noix, aplatie à une extrémité et irrégulièrement conique à l'autre, paraissant coupée dans un cylindre de plomb, suivant la coutume indienne, et pesant 1 9 grammes. Autrement, il n'y a ni épanchement, ni épaississement, ni lésions morbides dans le voisinage. (Merf. Times.)

La migration de cette balle est difficile à préciser. Est-elle restée en dehors de l'intestin, comme le croit l'auteur, ou n'a-t-elle pas plutôt séjourné à l'intérieur, au lieu, même du rétrécissement, comme c'est probable? En tout cas, c'est moins par son volume que par les effets morbides de son contact que l'étranglement s'est produit.

Étranglement médullaire du tihîa. Trépanation. Les bons effets obtenus par ce moyen dans l'inflammation, l'étranglement de la pulpe dentaire, ont conduit le docteur Heulhard d'Arcy à rappeler la remarquable observation suivante :

Un jeune homme de vingt-quatre ans vint le consulter pour un gonflement de la jambe droite s'accompagnant d'une douleur de plus en plus aiguë, et alors arrivée à un degré tel que tout travail élait devenu impossible; les souffrances, atroces le jour comme la nuit, n'étaient en rien modifiées par les variations de température; elles n'augmentaient pas non plus pendant l.i marche, rendue d'ailleurs très-pénible par le seutimentde posan-

ÉTnAiNGLIiMIîNT.

teur que le malade éprouvait dans le membre afleclé; le tibia paraissait triplé de volume, sa surface était lisse, sans bosselures, sans aspérités. L'augmentation appréciable du volume de l'os remontait à plus de deux ans, époque à laquelle la douleur, déjà vive mais encore supportable, porta ce jeune homme à comparer ses jambes l'une avec l'autre. Cette hypertrophie, alors comme depuis, était uniformément la même sur toute la longueur du tibia; le malade, sain d'ailleurs, d'une bonne constitution, de taille supérieure à la moyenne, d'un tempérament sanguin et légèrement lymphatique, n'avait jamais quitté son village; ni lui ni ses ascendants n'avaient eu d'affection syphilitique ; il attribuait l'origine de son mal à une contusion produite par unepiècede bois placée sur une charrette et qui l'avait fortement heurté au détour d'un chemin sans déterminer toutefois de déchirure à la peau. Plusieurs médecins consultés avaient prescrit, qui des sangsues, qui de simples émollients, qui des fondants intus et extra, et quoi qu'on eût fait, l'affection n'avait pas cessé d'empirer. Grand fut l'embarras pour établir un diagnostic et formuler un traitement. Pendant plusieurs jours il examina avec un vif intérêt cette étrange affection ; il n était guère possible de songer à une névrose, la peau était saine, la surface de l'os était lisse et régulière, la pression ne déterminait aucune exaspération de douleur sur quelque point qu'on l'exerçât. Était-ce une de ces rares exostoses occupant toute l'étendue et toute la surface d'un os? Peut-être était-il permis de le supposer en considérant que les extrémités articulaires, bien qu'augmentées de volume, étaient loin d'être aussi développées que la diaphyse ; la douleur restait bornée à la jambe et n'irradiait que très-faiblement à la cuisse et à l'aine. Y avait-il là une inflammation médullaire chronique déterminée par la contusion? Mais dans cette hypothèse môme, on ne comprenait guère comment avait pu se produire cette énorme hypertrophie du tibia, arrivée à ce degré. Ne fallait-il voir là qu'une simple exagéralion de nutrition ? Mais alors à quoi rapporter la souffrance atroce j qu'accusait le malade? Plein de doutes et pourlant animé du I désir de soulager ce pauvre jeune homme, inclmaiit à la suppoisilion la plus vraisemblable d'une sorte de phlegmasie médullaire avec étranglement, il proposa l'application de deux couronnes de trépan à la face antérieure et vers la partie moyenne de l'os. Le malade accepta avec empressement cette voie de îalut et, dès le lendemain, l'opération fut pratiquée. Elle ne

GARNIEU. 11

RTlUNGLl'^MliNT.

présenta à nolcr que celle seule circonslance, qu'il lallul faire mouvoir très-longlemps l'arbre du trépan avanl d'arriver à la cavité du libia ; les disques osseux qui furent retirés avaient une épaisseur de plus de 2 cenlimèlres et présentaient une consistance éburnée. Rien ne fut rencontré dans la cavilé médullaire qui parût très-rétrécie, il ne s'en écoula aucune espèce de liquide, et cependant le soulagement fut presque instantané; la nuit qui suivit la trépanation fut excellente cl le lendemain, le malade affirmait que sa douleur était très-supportable; après deux semaines il parlait guéri et bientôt il se remit au travail. Le volume de l'os n'avait pas sensiblement diminué, deux cicatrices enfoncées indiquaient la place où les couronnes du trépan avaient été appliquées. Un an plus tard, l'opéré ne sentait plus aucune lourdeur dans la jambe, bien qu'elle fût toujours aussi volumineuse, et il se félicitait de sa guérison, (Abeille méd., n" 45.)

Si, en vertu de l'axiome: Naluram morborum ostendunt ciirationes, la cessation immédiate de la douleur autorise le diagnostic porté, on ne se rend pas compte de l'hypertrophie persistante du tibia qui est le caractère saillant de ce fait. N'est-il pas plus rationnel d'y voir un exemple très-probant de celte maladie inconnue, indéterminée dans sa nature, regardée comme un abcès médullaire par quelques-uns et que M. Nélaton a tout récemment qualifiée à' a ffeclion douloureuse du libia pour ne rien préjuger à cet égard? Le succès de la trépanation surtout, sans aucun écoulement de liquide, justifie cette assimilation. C'est ainsi que Brodie la vit réussir constamment et que Michon, MM. Broca et Nélaton reconnurent son efficacité. Un fait important, dit M. E. Cruveilhier, est l'innocuité de l'opération et son succès constant. Deux faits nouvellement observés au Brésil dans la ville de Bahia peuvent servir ici de points de comparaison.

I. Esclave créole de vingt-huit ans, souffrant depuis quatre à cinq ans d'une douleur intense à l'oxlrémité inférieure du libia avec gondement graduel de son volume dans le tiers inférieur. Intermittente au début, la douleur devint ensuite continue avec exacerbalions qu'aucun moyen thérapeutique ne pouvait diminuer.

Appelé lors de l'une de ces exacerbalions, M. le docteur Palerson trouva le tiers inférieur du libia très-gonllé surtout au dessus de rarliculalion. Peau tendue et luisante, comme adhé-

ÉTliANGLEMENT.

renie au périosle. Une légère dépression commençant à un demipouce au-dessus de i'arliculation se dirigeait obliquement en haut vers le bord interne. La douleur la plus forte el constante existait en bas où une cicatrice récente indiquait une incision pratiquée deux mois auparavant sans résultat. Privée de sommeil depuis plusieurs semaines, la malade était maigre, sans appétit, vomissant souvent, el dans un étal d'extrême irritabililé fébrile voisine du délire.

Un abcès chronique du tissu spongieux du libia étant diagnostiqué, une trépanation de 1o centimètres de diamètre fut pratiquée le 5 septembre 1865 à l'aide d'u perforateur de Laugier. La résistance cessa tout à coup à deux tiers de pouce de profondeur; du sang et des vesligesde pus étaient dans l'instrument; en le retirant el dès le second cataplasme, il sorlit une grande cuillerée de pus épais et l'écoulement continua plusieurs jours. La douleur cessa immédialement sans récidive. (jGaz. med. da Bahia, n° Isl.)

II. Témoin de l'effet merveilleux decelle simple opération, le professeur Caldas crut devoir y recourir dans un cas identique en apparence sur une créole de vingt ans, accouchée depuis trois mois el qui depuis un mois était à l'hôpital de la Charité, sans aucune amélioration. Apportée dans son service de clinique externe, elle présentait un gonllemenl fusiforme de la jambe gauche commençant à six travers de doigt au-dessus des malléoles et se terminant à l'extrémité supérieure du tibia dont le volume était doublé. Œdème des parties molles s'opposantà la flexion de la jambe sur la cuisse. Douleurs intolérables augmentant à la pression ; frissons el accès fébriles rémittents, insomnie et inappétence.

Les préparations mercurielles, iodées et iodnrées ayant clé employées sans profit, la trépanation fut pratiquée le 17 avril, mais sans sortie de pus. Néanmoins le soulagement eut lieu dès le lendemain jusqu'au 22, où do nouvelles douleurs se manifeslèrenl au-dessus de la trépanation, persistant ma'gré le c;illiélérisme de celle cavilé, des cataplasmes et des onctions avec des pommades calmantes jusqu'au 18 mai. C'est alors que supposant que le diamètre de 5 millimètres de la perforation était insuffisant, une trépanation plus étendue fut pratiquée au-dessus de la première el dès lors en effet toute douleur cessa, bien qu'il n'ait sorti que de l'humeur séreuse les jours suivants. La guérison fut complète. [Gazela med. da Bahia, n° 3.)

181 KXKKClCl!;.

Ce dernier cas, seniblabloà celui de Brodio, de MM. Broca et Nélaton, par l'absence de tout écoulement de pus, rentre donc bien dans celle u/[eclion douloureuse du tibia, à laquelle il nous semble que celui de M. Heulhard d'Arcy se rapporte. Ce sont donc deux nouveaux exemples à ajouter à ceux qui existent déjà dans la science. La réalité de cette espèce pathologique est ainsi mise hors de doute, quoique son essence rnéme reste indéterminée, car la nouvelle dénomination d'étranglement médullaire ne paraît pas encore résoudre ce problème malgré que la réapparition des douleurs, cédant déQnitivement à une nouvelle et plus grande perforation de l'os dans ce cas-ci, semble venir à l'appui de cette nouvelle interprétation.

EXERCICE. On a vu depuis quelques années seulement soutenir publiquement en France la liberté illimitée de l'exercice de la médecine, telle qu'elle existe aux États-Unis du nord de l'Amérique. La plupart de ses partisans , il est vrai, n'étaient revêtus d'aucun titre légal et paraissaient ainsi plaider leur propre cause, ce qui en diminuait beaucoup la valeur. Mais un jeune chirurgien de grand mérite, M. Léon Le Fort, esl venu donner une certaine force à cette doclrine, enl'élayant sur de nouvelles bases el en lui prêtant l'appui de son talent. Le monopole de la pratique médicale ne saurait exister, d'après lui, ni en droit ni en fait : l'Élat n'enseignant la médecine qu'en faveur des malades et ne délivrant les diplômes, qui en sont la conséquence , comme ceux des docteurs ès lettres et du baccalauréat, que pour leur offrir une marque distinclive, évidente, de connaissances suffisantes pour se faire soigner à cause de leur incapacité radicale de les distinguer autrement. Mais il ne saurait à bon droil leur empêcher absolument de se faire soigner par qui bon leur semble, à moins d'attenter à la liberté individuelle.

Évidemment, il y a une étrange confusion à parler ici de la liberté du malade à se traiter à sa guise. Elle ne lui a jamais été contestée, pas plus que celle de vivre et de mourir comme il l'entend, pourvu qu'il ne porte préjudice à personne. Ce qui est défendu à bon droit par la loi , c'est la liberté de traiter les autres quand on n'a pas fait preuve de connaissances suffisantes à cet effet en vertu de ce principe, limite légitime et naturelle de toute liberté, qu'il peut ainsi nuire et préjudicier à autrui, comme cela n'arrive que trop souvent. Défense faite au même

EKERCICE.

litre que celle de voler, d'assassiner. La distinction est donc capitale.

Selon M. Le Fort, aucun privilège ne résulte autrement pour le médecin de son diplôme, car il n'exiS'te pas de contrat bilatéral entre lui et l'État, comme en Bavière et dans le duché de Nassau, ce qui en fait un fonctionnaire public. Si le monopolo existait, un tarif serait indispensable, comme en Prusse. Il est donc contraire à notre ordre social, et de là les infractions fréquentes à la lettre de la loi française et la tolérance de l'autorité sous ce rapport. Les médecins mêmes, seuls ou associés, n'auraient pas le droit de poursuivre l'exercice illégal.

Aussi bien la législation anglaise , longuement décrite et commentée, est-elle coinpiaisamment invoquée comme un modèle à suivre. Lestul privilège du médecin diplômé est d'avoir son nom et son titre vérifié par le General Council, inscrits sur le Médical register, et de pouvoir ainsi agir comme expert en justice et y réclamer ses honoraires contestés. Pour l'exercice, il tombe dans le droit commun, chacun pouvant se renseigner sur ce Médical register, de la réalité du titre de celui auquel il s'adresse aussi bien que de sa valeur et de la garantie du savoir relatif qu'il comporte. {Gaz, hebd , n"* 4 et 5.)

Cette doctrine est spécieuse et en contradiction avec la législation générale à ce sujet. Si l'Angleterre , malgré tout son respect de la liberté individuelle, a légiféré le Médical Ad de 1 858, c'est qu'en présence des obus criants , des malheurs publics, des catastrophes quotidiennes qui se produisaient sou.s l'empire de la liberté illimitée de l'exercice médical, comme elle existe encore aux Étals-Unis, l'opinion publique commandait impérieusement d'y mettre un terme au nom même de la sécurité des malades. Aussi restreint-elle chaque jour davantage celle liberté en présence des malheurs qui ont encore lieu par l'impéritie des guérisseurs. Partout ailleurs , cet exercice est absolument privilégié avec raison , car en bulle aux promesses menteuses des guérisseurs Faites tous les jours publiquement, le malade qui souffre et qui n'obtient pas sa guérison sera toujours disposé à s'y abandonner avec danger, non-seulement pour sa bourse, mais pour sa vie. Le droit commun ne saurait être invoqué ici. La répression est indispensable, et c'est pourquoi l'Angleterre, après expérience , arrive insensiblement à l'exercer. Déjà les personnes traduites en justice pour exercice illégal sont condamnées pour ce fait à des amendes

liXOSTOSE.

bien supérieures à celles édictées en France. Voilà le seul point enviable à Albion.

E.vcrcîcc illégal» Délégué do l'Associalion du Rhône à l'assemblé générale annuelle de l'Association des médecins de Frcince, M. Diday a dû tressaillir d'aise et sentir renaître sa confiance troublée, quand, à l'unanimité, a été adoptée la proposition suivante : « L'assemblée générale , désirant que les efforts de l'Association soient immédiatement dirigés vers la répression do l'exercice illégal de la médecine , et craignant qu'en divisant ses efforts, elle ne les affaiblisse, déclare que les autres questions inscrites au rapport de M. Barrier sont ajournées. » Voy. Jurisprudence.

De l'exercice de la médecine par les préires et les communautés religieuses. Rapport présenté à la Société de prévoyance et de secours mutuels des médecins du département de la Moselle, par le docteur P. X. Finot, membre do la Commission administrative. In-8°. Metz.

Réunissant tous les délits à cet égard, — et ils sent nombreux et patents, — signalés par les associations Io:ales, ce travail montre, dans toute sa gravité, cette plaie hideuse de la société. Il est ainsi de nature à éclairer l'autorité et montrer l'utilité d'une réforme de la législation à ce sujet.

EXOSTOSE. Exostosc hous - ungiiéale. Douloureuse, gênante et allant jusqu'à empêcher la marche quand elle siège au pied, cette affection a nécessité jusqu'à l'arrachement de l'ongle et l'amputation même de la phalangette pour sa guérison. Imaginant un procédé plus simple et moins grave, M. Heulhard d'Arcy s'est borné à amincir l'ongle avec des fragments de verre sur la partie qui recouvre l'exostose, il excise celle-ci avec une tenaille incisive et évide ensuite la partie de la phalange avec la gouge en terminant par la cautéristation avec le feu ou l'acide. Tout cela est donc assez simple et peut être exécuté sans douleur à l'aide de l'anesthésie locale. (Journ. de méd. et dur. prat.)

Exosfo.sc du sinns frontal. D'après une nouvelle étude sur ce sujet, M. Dolbeau conclut que la membrane de Schneider et celle qui tapisse les différents sinus et cellules annexés aux fosses nasales peuvent devenir le siège de productions os-

FIÈVRES

seuses, d'exosloses pouvant acquérir un Irès-grand volume, et tout à fait indépendanles des os du crâne elde la face. 11 y rattache ain?i une dizaine de cas enregistrés dans la science et dont le siège précis était resté douteux. Toujours plus ou moins libres dans les cavités où elles ont pris naissance , à moins qu'on no leur laisse prendre un développement considérable au point de senclaver, ces exosloses peuvent être énucléées. On doit donc le faire aussitôt qu'elles sont reconnues afm d'éviter leur extension dans la cavité crânienne. Leur extrême dureté étant réfractaire à tous les instruments, môme la gouge et le trépan, il faut ouvrir largement la cavité qui les contient pour les ébranler en masse, co qui permet d'en obtenir la sortie facilement. {Accul. de mcd., septembre.)

FÈVE DE CAL.VHAR. D'après M. le docteur Méry, médecin de la marine, la qualification de celte plante, si curieuse par ses propriétés antagonistes avec l'atropine sur la pupille, ne serait plus exacte. Elle ne serait pas seulement originaire du Calabar, mais encore des environs des sources de la rivière Como, près du Gabon, où l'on peut s'en procurer. Une tribu paliouine lui a offert, en effet, quelques fèves, et tentés par le tabac qu'il leur offrait en échange, d'autres naturels promettaient d'en fournir par centaines, après quelques jours, pour aller la chercher. Plus tard, en effet, il recevait la liane et quelques gousses fraîches. Les Pahouins la désignent sous le nom de dgiûu [Arcli. de méd. nav., avril). Cette source nouvelle d'une plante exotique, si précieuse et si chère, no saurait être indifférente et mérite d'être utilisée.

FIÈVRES. Fièvre puerpérale. Étiologie. Les diverses opinions qui existent ii ce sujet parmi les hommes spéciaux les plus autorisés se sont de nouveau révélées dans la grande discussion soulevée devant la Société de chirurgie sur les maternités (voy. ce mot). D'après M. Le Fort, elle n'est que trèspeu soumise à l'inlluence des saisons, du climat, des épidémies concomitantes, desconditionsindividuelles, delà population plus ou moins considérable de l'établissement. La forme épidé-

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miquo qui en esL le caraclère n'esl pas due à un germe répandu dans l'atmosphère, à des conditions météorologiques, car pour une même ville il n'y a pas coïncidence dans i'élat sanitaire de deux maternités voisines. 11 a montré, par des travaux graphiques, que tandis que la Maternité de Paris est le siège d'épidémies épouvantablement graves, et cela pendant plus d'une année, la mortalité de la Clinique reste au-dessous de sa mortalité moyenne ordinaire. De même pour les maternités de Saint-Pétersbourg et de Vienne, où deux maternités sont placées dans le même hôpital , dans le même bâtiment, mais sans communication du personnel de l'une avec l'autre, la première étant destinée aux étudiants, la seconde aux élèves sages-femmes.

C'est la contagion qui est cause du développement de la fièvre puerpérale sous forme d'épidémie; c'est la contagion d'une fièvre puerpérale accidentellement développée, s'étendant aux accouchées saines. Elle est favorisée par la réunion des accouchées dans les mêmes salles ; elle est transmise parles malades, par les infirmières, par le médecin lui-même, et les épidémies décrites dans les villes, dans les villages, n'existent parfois que dans la clientèle d'un seul accoucheur.

M. Tarnier n'adopte pas cette doctrine exclusive, et examinant de près les lignes comparatives de mortalité sur lesquelles elle est fondée, il trouve entre elles, sinon un parallélisme complet, du moins une concordance frappante qui suffit à démontrer que le génie épidémique est réel. Le plus grand danger d'en être atteintes, pour les primipares, décroissant à partir du jour de l'accouchement au huiiième, après lequel elle ne se montre plus, en sont d'autres preuves, et s'il est vrai qu'en temps d'épidémie, l'acclimatement ne réussisse pas à la prévenir, il est du moins à peu près établi qu'à l'état sporadique, les femmes résidant depuis un certain temps à l'hôpital avant leur accouchement y sont moins sujettes.

Sans admettre de génie épidémique, M. Trélat n'admet pas davantage la contagion. La cause première des maladies puerpérales serait la misère agissant tantôt individuellement, tantôt d'une manière générale par masses lorsque le fléau de la disette vientfaire planer sa fatale influence sur uneou plusieurs contrées du globe.

M. Guyon admet l'influence épidémique et en trouve surtout la réalité dans la constitution saisonnière. Le mois d'octobre,

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par exemple, qui a le minimum d'accouchements dans la statistique de M. Trélat, présente l'un des maxima de la mortalité. Sans nier la conlagion, l'int'pclion lui semble bien plus puissante, et c'est ainsi que dans les Maternités de Rouen et de Dublin , où on laisse les malades avec les accouchées , sans s'inquiéter delà contagion, la mortalité est moindre que partout ailleurs, parce que l'on s'y préoccupe aussi le plus de l'infection de l'accouchement par l'alternance des salles, l'aération , la ventilation et les plus grandes mesures de propreté et d'hygiène. (Sec. de chirurgie, avril et mai.)

Une Revue historique et critique des principales doctrines émises et accréditées sur ce sujet par M. Hervieux conclut que, sous ce titre générique, on confond diverses entités morbides [Union méd., n° 43 et suiv.). Tout en reconnaissant la vérité de cette conclusion, mise en évidence par les recherches nécroscopiques, on ne peut nier la réalité prédominante de celleci. Les épidémies qui sévissent ici et là dans certaines maternités, tandis que les établissements, les services semblables et voisins en sont exempts, ne démontrent que trop la fréquence de cette espèce morbide et sa contagiosité.

Éiiologie et prophylaxie des épidémies puerpérales, par le docteur E. Hervieux, médecin de la Maternité. 1 vol. grand in-8''.

Dans ce nouvel examen clinique lu à la Société méd. des hôpitaux, l'acclimatement à la Maternité considéré comme favorable à la prévention de la fièvre puerpérale, d'après les statistiques de MM. Pajot et Tarnier, est de nouveau remis en question. Sur un total de 21 029 femmes admises à la Maternité pendant la période de \ 8o5 à 1 864 inclusivement, il résulte une mortalité de 6,82 pour 100, de celles qui ont accouché le jour même de leur entrée, et de 9,55 pour celles qui avaient préalablement séjourné dans \i maison, ce qui inlirmeles résultats précédents. Mais il y a l'effet des épidémies intercurrentes dont il faut tenir compte, et qui a nécessairement apporté ce changement dans les résultats statistiques avec ceux des années qui en sont exemptes. On conçoit qu'en temps d'épidémie, le séjour dans le foyer ne puisse que prédisposera la contracter, surtout quand il s'agit d'une maladie contagieuse comme celle-ci. On ne peut comparer des données dissemblables. Aussi l'auteur n'a-t-il pas conclu.

L'influence prédisposante de la primiparilé, au contraire, est

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ressorlie (elle que les calculs précéJenls l'avaient établie, aussi bien que celles des manœuvres obstétricales.

lîn raison de la puissance et de la rapidité d'ab.sorplion des plaies, démontrées de nouveau par les expériences de M. Demarquay, si la fièvre puerpérale n'a pas son point de départ dans la plaie de l'utérus elle-même, suivant l'opinion de M. J. Guérin, l'absorption extrêmement rapide des ulcérations du col semble du moins venir à l'appui. {Acad. de méd., octobre.)

Fièvre pernicieuse. Guidé par l'emploi du thermomètre axillaire et en vertu de cette donnée qu'il a érigée en loi : qu'audessus de 39° cent., la chaleur animaledécèle avec certitude une fièvre essentielle (voy. année 1 864), M. le docteur Robert de Lalour soutient que celle-ci est fréquente à Paris, et cherche à le démontrer par de nombreux exemples. Ceux-ci, il est bien vrai, sont loin d'offrir tous les signes classiques, et à ce titre, il faudrait les récuser; mais ils présentent un cachet bien autrement démonstratif, surtout d'après l'adage : Naluram morboriim oslendunt curationes; la guérison rapide par le sulfate de quinine; preuve irrécusable de l'essenlialilé voilée, obscurcie qu'elle était dans tous ces cas par des irradiations inllammaloires sur les poumons ou le cerveau.

II résulte, en effet, de ces observations que, le plus souvent, ces accès pernicieux s'accompagnent ici de toux fréquente, dyspnée, sans lésions fonctionnelles , d'autres fois accompagnées de matilé, de souffle, de râles pneumoniques ou bien d'agitation, convulsions, délire, qui font croire à une méningite. Égarée ainsi, l'attention de l'observateur non prévenu se porte exclusivement sur ces affections locales, dont l'existence se révèle par des signes positifs, certains pour la poitrine et un appareil symptomatique non moins concluant pour le cerveau. Mais si, éclairé par ce fait bien constaté cliniquement aujourd'hui , que la chaleur animale, dans les fièvres symptomaliques, ne dépasse pas 39° tent., dans l'aisselle, l'observateur la trouve élevée à 40 ou 41, il conclura qu'une fièvre essentielle se cache sous cet appareil symptomatique. Il n'aura plus, dès lors, qu'à procéder par élimination pour savoir s'il a affaire à une fièvre intermitlenie, éruptive, typhoïde ou pernicieuse, et dans le premier comme dans le dernier cas, qu'à donner le sulfate de quinine concurremment avec les autres moyens propres à combattre les symptômes prédominants, bien que sous la dépendance de

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la fièvre essenlielle ceux-ci revêlent en elTeL un appareil assez intense pour constituer parfois une complication dangereuse.

La pneumonie, qui se lie à la fièvre pernicieuse, a d'ailleurs un caractère particulier. Elle se jette d'ordinaire sur la partie supérieure et postérieure gauche de la poitrine, tandis que. c'est à droite, en arrière et en bas, que se montre le plus souvent la pneumonie e-sentielle ou idiopathique. Au siège seul, on peut donc en soupçonner la nature.

Les signes céphaliques n'offrent malheureusement pas cette distinction précieuse. Leur soudaineté inexplicable, leurs intermittences peuvent seules mettre sur la voie étiologique réelle que la constatation de la température animale peut assurer. {Union méd , n°' 29, 32 oi 33.)

Il peut paraître étrange, nouveau, invraisemblable, que ces formes insidieuses, pnenmoniques qI céphaliques de la fièvre pernicieu?e, soient si fréquentes, et l'on impute au sagjce observa leur parisien de les avoir faites ainsi pour les besoins de sa cause. Et pourtant n'en est-il pas de même dans la fièvre typhoïde et les fièvres éruplives? Il n'est pas jusqu'à l'herpès labialis qui ne soit une manifestation de la fièvre angioténique. Et quand on réfléchit à ces cas obscurs, analogues aux précédents, où le diagnostic incertain a varié d'un jour à l'autre et que la mort subite, imprévue, a laissé sans titre positif, comme chaque praticien en a rencontré et comme l'auteur en relate lui-même, a-t-on bien lieu d'être étonné, surpris de ses déclarations? Le praticien averti ne doit donc pas se laisser prendre à ces manifestations trompeuses. L'usage du thermomètre asillaire en est le plus sûr garant. C'est un moyeu de diagnostic de plus ajouté aux autres que personne n'a le droit do négliger.

Fièvre typhoïde, flémalhémèse. La mort, survenue par une hémathémèse dans le cours d'une fièvre typhoïde à forme adynamique est une complication bien rare et curieuse, puisque, d'après les recherches bibliographiques de M. Coulon, il n'existerait pas de cas semblable dans la science. Le 3 ! juillet 1 863 entrait à l' Hôtel-Dieu d'Amiens, service de M. Tavernier, un garçon de vingt-deux à vingt-trois ans, malade depuishuitjours. Abattu, sans forces, sa figure exprimait l'hébétude; il présentait tous les signes d'une fièvre typhoïde adynamique. Pas d'accidents cérébraux, ni délire, ni phénomènes ataxiques. Épistaxis au début.

FIÈVRES

Le 5 août, après midi, il est pris d'un voniissemeni de sang très-abondant qui amène promptement la mort. Pas d'hémorrhagie intestinale.

L'aulopsie, pratiquée le surlendemain, montre dans le grand cul-de-sac de l'estomac un demi- litre de sang environ. La muqueuse in siiu est rouge, injectée, mais sans ulcération ni rupture vasculaire.

Toutes les lésions caractéristiques de la fièvre typhoïde existent dans l'intestin; il y a un commencement d'ulcération des glandes de Peyer. Rate très-congeslionnée , d'un brun foncé, molle, friable, se déchirant facilement. Congestion modérée du foie et des poumons. [Bull, de la Soc. méd. d'Amiens, 3" année. )

11 est extrêmement regrettable que des faits si intéressants ne soient pas publiés immédiatement avec tous les détails cliniques qu'ils comportent. Réduits comme ce dernier à de simples souvenirs et consignés dans des recueils peu répandus, ils passent inaperçus pour la science et sans piofit pour les praticiens.

Paroiidiles. C'est à la réaction acide de la salive parotidienne, rare et acide, que l'on observe dans la fièvre typhoïde, que M. Mosher les attribue. Pour les prévenir, il recommande le cathétérisme du conduit de Slénon. Il a pu ainsi, dit-il, en arrêter le développement et prévenir les accidents inflammatoires. [Berl. klin. Woch., n" 16.)

Traitement. Iode. Une médication, d'un effet général et hypothétique, est préconisée ici et là contre la fièvre typhoïde épidémique. C'est l'iode, intus cl extra, dont le docteur Régis étend môme l'usage comme prophylactique à toutes les maladies miasmatiques et infectieuses, le choléra en particulier. Mais, actuellement qu'il est passé, occupons-nous seulement de la fièvre typhoïde qui sévit constamment. Dans une épidémie à forme alaxique rapide et grave, six malades adultes furent soumis à des frictions sur le ventre avec la pommade iodée, et à l'usage interne de la teinture en potion, selon la formule suivante :

^ Sirop de sucre 30 grammes.

Eau de fleurs d'oranger 20 —

Eau de lilleul 60 —

Teinture alcoolique concentrée d'iode 0,40

Une cuillerée abouche toutes les deux heures.

FIÈVRES

Une proniple diminution , puis la cessation des symptômes nerveux s'ensuivirent. Il ne restait plus qu'une entéro-mésentériie bénigne. {Gaz. hebd.)

11 n'y a rien à dire contre ce fait d'observation, d'autant moins qu'il a été constaté par d'autres observateurs, sinon qu'à en vérifier l'exactitude en répétant l'expérimentation dans des conditions identiques. Reste le mode d'administration de l'iode à perfectionner, ne serait-ce qu'en ajoutant une faible proportion d'iodure de potassium pour en compléter la solution aqueuse.

Aulophmjtsme. Bien autrement important serait le signe invoqué par M. le docteur Mourgue pour saisir le moment opportun de l'alimentation dans cette pyrexie continue et les autres maladies aiguës, si son exactitude se confirmait. Il s'agit de l'apparition d'aphlhes interprétés comme le résultat d'unedièle sévère et prolongée, et l'indication que l'organisme, à bout de ressources, semange, sedétruitlui-mêniepar unbesoin impérieux de la nutrition, à défaut d'alimentation qu'on lui refuse. Le fait en lui-même est incontestable et assez commun; reste à savoir si l'interprétation pathogénique en est vraie. Barthez les signale comme un phénomène critique, tandis que Broussais n'aurait pas manqué de voir là un signe persistant de l'inflammation.

C'est ainsi que, dans une môme famille, doux jeunes enfants atteints de lièvre typhoïde guérirent par l'alimentation donnée dès l'apparition des signes d'aiitophagisme, tandis que la mère, atteinte consécutivement, succomba faute d'avoir suivi les mônies règles en temps voulu. Deux autres cas sont encore cités à l'appui de cette doctrine. [Gaz, des hop., n" 131 .)

Mais il est si aisé de recueillir des faitspouret contre toutes les opinions, qu'ici encore ils ont besoin d'être observés contradictoirement pour emporter la conviction. Le sujet est trèsintéressant, car à une question de pathogénie s'y joint une question thérapeutique de première importance. On ne peut dire ici que la faim est le seul guide; souvent elle a besoin d'être stimulée, éveillée et, lors même que l'alimentation est refusée par la voie gastrique , il convient parfois de recourir à celle du rectum. Le signe indiqué par M. Mourgue I semit donc précieux s'il était vrai, comme il l'affirme, que les aphthes fussent la manifestation pathognomonique de cette organopathie spéciale, cette dégénérescence par la diète qu'il appelle autophagisme. Il s'agit de le vérifier.

19^ FIÈVRES

A/fusions. C'est surtout dans la forme alaxo adynaii,ii-ii;o qu'elles sont indiquées, comme un nouvel exemple rapporté par M. Bucquoy le confirme. Chez une femme entrée le 22 mars à l'hôpital de la Ciiarité, une extrême prostration avec aspect stupide, yeux et visage injectés, la peau Irès-chaude et sèche, pouls à 1 20, ayant été suivis d'agitation et de délire avec augmentation de tous les symptômes, deux affusions par jour furent faites et bien supportées. Répétées le lendemain, la malade étant dans un bain, elles furent continuées tous les jours suivants et, dès lé quatrième, le calme fut obtenu avec diminution du pouls, et bientôt la malade enlraen convalescence. {Gaz. des hôp.)

Musc par la voie bronchique. Djns une fièvre typhoïde bénigne d'abord, puis passée à l'état adynamique, tous les médicaments étant immédiatement vomis, M. le docteur Vergier fit inhaler avec le pulvérisateur une préparation fortement musquée. Après moins de cinq minutes, le délirium disparut pendant plus d'une heure. Il en profita pour faire prendre un bon consommé et un peu de vin. Le délire ayant recommencé, il reprit l'instrument et réussit encore à ramener trois heures de calme. C'était la nuit, à la campagne, à deux lieues de distancé. Il quitta le malade en recommandant aux parents la pratique qui venait de si bien réussir.

Mais il apprit le lendemain soir que la nuit avait été trèsagitée, que l'on n'avait pas su se servir de l'instrument,

L'agitation paraissant vouloir recommencer, il reprit la pulvérisation et réussit comme la veille. Mais l'impossibilité de continuer ce moyen pour le médecin et la difficulté pour la famille de s'en servir ne permirent plus d'y recourir et le malade succomba. [Revue méd. , février. )

Typhus fevcr. M. Grimsbavi^ a confirmé, par un diagramme des sept derniers mois de i 864, l'influence de la température chaude et humide sur la production du typhus fever, étudié dans les hôpitaux de Dublin. Les rapports de ces trois facteurs paraissent ainsi très-étroits. {The Dubl. quarlerl. Journ., mai.)

Fièvre Interuiîuciitc. Ètiologie. Peu de problèmes en pathologie ont autant exercé la sagacité et les facultés théoriques des médecins que la cause de l'intermiltence, dont le remède souverain n'a pu même dévoiler l'essence. Tout ce que

FIÈVRES

l'on sait par expérience de plus cerlain à ce sujet, c'est que, dans les localités adjacentes aux cours d'eaux marécageuses coulant sur un sol d'alluvion, dans les pays chauds surtout, où les formations géologiques sont plus récejites, il se développe à certaines époques une influence délétère connue sous le nom de miasmes. Les autres théories émises à cet égard ne sont guère que des opinions personnelles à leurs auteurs ; mais elles devront disparaître toutes devant la récente découverte du professeur Salisbury, si les recherches ultérieures en confirment la réalité,

A l'aide du microscope, il a constaté la présence constante des sporules d'une plante cryptogame suspendue dans l'atmosphère humide des régions palustres, où les fièvres intermittentes et rémittentes sont endémiques. Voici comment : il suspendait durant la nuit des plats de verre à une hauteur d'un pied environ de la surface des eaux marécageuses et stagnantes. Le matin, le dessous du vase était invariablement recouvert de gouttes d'eau contenant les mêmes corps microscopiques, constatés ensuite dans l'expectoration des malades, tandis que le dessus ne contenait que des cellules spéciales qu'il considère comme la cause de l'intermittence. C'est une petite cellule oblongue, type algoïde, ressemblant beaucoup aux cellules palmellées, ayant un nucléus distinct, entouré d'une paroi cellulaire, avec un large espace transparent entre l'enveloppe et le noyau.

Des expériences répétées en divers lieux donnèrent constamment les mêmes résultats. Et comme preuve que c'est bien là levons et origo mali, M. Salisbury a rencontré ces cellules dans l'expectoration d'un grand nombre de fébricitants et de personnes exposées le soir, la nuit et le matin, aux effluves paludéennes. Leur sécrétion salivaire contenait des cellules microscopiques et d'autres corps; mais les cellules en question étaient les seules qui s'y trouvaient constamment.

M. Salisbury découvrit la source de la nature algoïde de ces cellules en répétant ses expériences sur les marais et les marécages avoisinant la ville de Lancasler dans l'Ohio. Ob'igé pour s'y rendre de traverser une vaste prairie avec des fondrières, dont les eaux s'étaient retirées, où croissaient des plantes du type palmé, il éprouvait une sensation particulière dans le gosier et les bronches, et, à son relour, ses crachats contenaient les cellules en question. En suspendant ses plats

FIÈVRES

de verre à la surface du sol de cette plaine desséchée, foulée par les bestiaux, le dessous était recouvert, le lendemain matin, des cellules en question, et il les retrouva de même dans la boue des fondrières en en plaçant un fragment sous le champ du microscope. Cette triple épreuve confirmative était donc concluante.

En poursuivant ses recherches dans plusieurs districts infectés de fièvres intermittentes, le docteur Salisbury démontra partout l'existence de ces cellules et de ces plantes et leur inlluence pathogénique de la fièvre. Dans quelques localités nouvellement envahies, il put reconnaître une abondante croissance des algues toxiques sur les bords d'un fossé nouvellement établi, et qui n'avait jamais été soupçonné d'être la source de la maladie. Répétition de ces marais desséchés, supprimés, ou à l'établissement de ces mares d'eaux stagnantes qui, en coïncidant avec l'apparition ou la disparition de la fièvre intermittente, en ont été regardés comme la cause. L'explication seule diffère. Tandis que l'élément miasmatique paludéen était ici seul en cause sans que l'on puisse le voir ni le démontrer que par ses effels, là, au contraire, la cause est beaucoup plus saisissante, puisque chacun peutlavérifierà l'occasion.

Restait à faire la preuve directe de la puissance fébrigène de ces plantes pour prévenir toute objection. A cet effet, M. Salisbury fit remplir six tonnes de terre prise à la surface d'une prairie humide, marécageuse, palustre, recouverte des plantes palmées dont s'agit. Des gâteaux de la dimension des tonnes furent enlevés à la surface avec celte végétation, et encaissés avec soin. Transportés dans un district montueux, élevé, dans une localité à trois cents pieds au-dessus du niveau de la mer, parfaitement salubre, où jamais un cas de fièvre intermittenten'avait paru, et à cinq milles environ de toute contrée pa-lustre, ces bottes de cryptogames découvertes furent placéessur le châssis d'une fenêtre, au second étage, ouvrant sur la. chambre à coucher de deux jeunes gens. La fenêtre fut tenue constamment ouverte. Des plats de verre, suspendus au-dessus^ durant la nuit du quatrième jour, décelèrent immédiatement le.' corps du délit : la surface inférieure en fut trouvée recouvertes des spores palmellées, et de nombreuses cellules de la mêmee espèce adhéraient à un plat suspendu dans la chambre, lequeH avait été mouillé avec une solution concentrée de chlorure dee calcium.

IIÈVHKS.

Dès le douzième jour, un des jeunes gens eut un accès de fièvre intermittente, et lo second en fut atteint le quatorzième jour. Tous deux eurent ainsi trois accès successifs du type tierce qui furent jugés par le remède souverain.

Des quatre membres de la famille couchant au premier étage, aucun ne fut atteint.

Ces preuves cliniques, répétées à plusieurs reprises, donnèrent constamment les mêmes résultats. Elles sont donc décisives en faveur de l'interprétation donnée par leur auteur à la nouvelle pathogénie de la fièvre intermittente. Aussi, après avoir consacré une étude spéciale à étudier la hauteur où s'élèvent ces spores cryplogainiqiies dans les différents lieux où il les a constatés, cherche-t-il à expliquer comment la quinine guérit l'intermittence sans agir sur le poison introduit dans l'organisme. Les organes urinaires seraient sa voie d'élimination, et les diuréliques, diaphorétiques et expectorants seraient ainsi des auxiliaires puissants pour la faciliter. Il décrit de même cinq espèces de plantes pouvant la produire, sous le nom générique de Gemiasma. A un autre type, il donne le nom de Proluberans. Le seul moyen d'en prévenir les effets délétères serait l'arrosage avec une solution de chaux caustique. {Amcv. Journ. oj med. Sciences.)

Il serait sans utilité de s'étendre plus amplement sur ce sujet pour le moment. Il suffit de signaler cette découverte aux observateurs laborieux pour savoir si elle est susceptible des féconds résultats que l'auteur en attend. Dans ce cas, eil^ serait évidemment une des plus importantes conquêtes du siècle et mériterait d'être classée avec la découverte de la vaccine et celle de l'anesthésie. A l'appui de sa réalité, le docteur van den Corput dit, qu'étant étudiant, il a constaté à plusieurs reprises, qu'en laissant séjourner dans sa chambre à coucher des algues et des végétaux palustres, contenus avec de la vase dans un large bassin, il ressentait invariablement, quelques jours après, de véritables accès de fièvre intermittente. Ce qui mit dès lors en question pour lui, si la cause de ces accès intermittents doit être placée dans des émanations gazeuses de nature hydrogénée comme le voulaient Higaud de l'Isle et Julia, ou si elle ne résiderait pas plutôt dans des algues microscopiques dont les sporules ténues seraient entraînées par les vapeurs aqueuses ou soulevées par les vents. {Journ. de méd. de Bruxelles, avril. 1

198 FIÈVRES

Voici la réponse :

« .... En 1861, dit M. le docteur J. Lemaire, je démontrais au Muséum de Paris, à MM. le professeur Gralioiet, le docteur Sénéchal et Desmarels, aides-naturalistes, que les gaz qui se dégagent des niatières en pulréi'action avancée contiennent toujours, dans la vapeur d'eau qui les accompagne, soil des spores, soit d'autres corps reproducteurs do micropliytes et de microzoaires. Il suffit de condenser celte vapeur par le froid et de l'examiner au microscope pour faire celle démonstration.

» Le résultat de ces premières recherches est consigné dans le Moniteur scienlilique du docteur Quesneville, 1 5 octobre 1 862. Je me servais de celte découverte, dès celte époque, pour soutenir que les miasmes qui donnent naissance aux fièvres palustres sont des êtres vivants. Ce travail est reproduit dans la première édition de mon livre sur l'acide phénique. ■ » Én 1864, quittant le laboratoire du chimiste, je me rendis en Sologne avec mon ami, le professeur Gralioiet, pour répéter mes expériences sur les miasmes qui se dégagent des nombreux marécages de ce pays. Nous choisîmes ceux qui sont réputés les plus malsains par les habitants.

» Nous condensâmes à l'aide du froid, à un mètre au-dessus du niveau des marécages, la vapeur d'eau qui s'en dégageait ; nous l'examinâmes 77/icà à l'aide de nos sens et des papiers réactifs, puis enfin au microscope. Nous reconnûmes qu'au moment de sa condensation, ce liquide contenait des spores sphériques, ovoïdales et fusiformes, puis un grand nombre de cellules pâles de diverses dimensions. Nous y trouvâmes en quantité considérable de très-petits corps semi-transparents dont j'ai décrit les formes.

» On trouve le résumé de ces recherches avec d'autres non moins intéressantes, sur le même sujet, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences (17 et 29 août 1864). J'en ai donné un extrait dans la seconde édition de mon livre sur l'acide phénique, pages 188 et 3Sb. »

Aux réclamations de priorité de la presse médicale américaine, en faveur du professeur Salisbury, d'avoir spécifié, démontré la plante, l'algue proligène de ces sporules morbides, voici que celte découverte aurait été faite il y a longtemps, empiriquement sans doute et sans que l'on s'en rendît compte, mais démontrée néanmoins avec autant d'évidence que par le savant micrographeaméricain, le docteur Hannon. <En 1 843, dit-

FIÈVRES. 199

il, j'étudiais à rUniversilé de Liège : le savant professeur Charles Morren m'avait enthousiasmé à tel point, à l'élude physiologique des algues d'eau douce, que j'avais encombré les fenèlres et la cheminée de ma chambre à coucher d assiettes remplies de vauchéries, de conferves, de zygnèmes, d oscillaires , etc. J'entretenais avec bonheur mon professeur de mes observalions sur ces algues, et chaque fois il me disait : « Prenez » garde à l'époque de leur fructification, les spores des algues » donnent la fièvre intermittente, ~ je l'ai éprouvé chaque » fois que je les ai étudiées de trop près. » — Comme je cultivais mes algues dans de l'eau pure, — et non dans l'eau des marais où je les avais recueillies, je n'attachais aucune importance à ces observations.

« Mal m'en prit. — Un mois plus tard, à l'époque de la fructification, — je fus pris d'un frisson, mes dents claquèrent, — j'avais la fièvre, — elle dura six semaines, — ce fut le docteur Alphonse Leclercq qui m'en débarrassa à Bruxelles, car j'avais alors quitté Liège.

» Quand je revis le professeur de botanique, Charles Morren , je lui racontai ce qui m'était arrivé, c Vous voyez, me dit-il, je » vous l'avais bien dit ; vous n'êtes pas le seul que j'aie vu » devenir fiévreux de la sorte. » {Idem, mai.) • Suscitées par les expériences et les observations de M. Salisbury, ces réminiscences, loin de les atténuer, en confirment la réalité et la valeur, et doivent inciter d'autant plus à les répéter. Si la vérité est de tous les temps et de tous les lieux, elle doit être débarrassée des entraves de l'ignorance pour prendre son essordéfinitif et paraître dans tout son éclat. Témoin les observations, les remarques, les tentatives faites sur les grandes découvertes, comme la circulation , la vaccine, l'auscultation, l'anesthésie, avant qu'un esprit ou une voix puissante les ail définitivement fécondées et établies sur des bases scientifiques en y attachant son nom. Toute la gloire d'une œuvre qui est souvent celle du temps , des siècles et de nombreux travailleurs, se fixe ainsi sur un seul, et celle de M. Salisbury sera grande s'il a définitivement démontré la cause des fièvres intermittentes paludéennes.

TnAiTEMENT.Danslescasd'inlermittence insidieuse, compliquée de cachevie paludéenne prononcée, avec teint blafard, subiclérique parfois, bouffi-:suro de la face, anasarque, hypertrophie

FIÈVRES

considérable de la ra(e et du foie, M. Kuntz a employé avec avantage, chez plusieurs malades revenus d'Afrique avec ce cortège de symptômes, et qui avaient pris vainement des quantités considérables de quinine, 1 élecluaire suivant, préconisé autrefois par Lobstein :

A diviser en 20 parties égales, dont on donne 4 par jour à une heure d'intervalle avant l'accès. Mieux approprié que l'acide arsénieux à ces états compliqués, où les troubles du tube digestif et de tout l'organisme ne permettent pas de préjuger l'action d'un remède, cet éiectuaire semble devoir lui être d'autant plus sûrement préféré qu'il est rationnel et exempt de tout danger. {Soc. de méd. de Strasbourg.)

Sulfa'.e de quinine par la voie bronchique. A la voie souscutanée, endermique, substituée à la voie gastrique, en voici une troisième qui, d'après son absorption rapide et le mode d'administration du médicament, semble préférable aux deux autres comme on peut en juger par l'observation suivante. Voy. Thérapeutique respiratoire.

Le < 8 novembre, Guste, ouvrier de saline, âgé de cinquantecinq ans, entra à l'hôpital de Dieuze pour une fièvre intermittente quarte, compliquée d'inflammation gastro-intestinale. Logé dans une maison basse, placée sur le versant nord d'une colline, inclinée vers un large ruisseau fangeux, le Verbach, Gusie avait d'abord été atteint, en avril, d'une fièvre tierce, qu'un éméto-calharlique eût pu juger; mais on lui administra le sulfate de quinine à haute dose (2 grammes en quarante-huit heures) à l'intérieur, ce qui n'empêcha pas la pyrexie de récidiver chaque quinze jours, et Guste de reprendre son travail, durant les quinzaines d'intermittence.

Mais bientôt il maigrit, perdit ses forces et fut contraint d'entrer à l'hôpital, ne pouvant plus rien digérer. A son entrés, les voies digestives étaient d'une susceptibilité telle qu'il ne pouvait plus rien conserver dans son estomac; le sulfate de quinine moins que tout autre chose. Émaciation très-prononcée, langue pointue, très-rouge au sommet, blanche et saburrale'

^£ Poudre de quinquina rouge. .

— de rliubarbe ,

Hydrocliloralfi d'ammoniaque.

Sirop blanc

40 grammes.

Mêlez.

FIÈVKES.

dans le reste de son étendue, épigaslre gonfle, d'une sensibilité telle que le malade prétendait n'y pouvoir supporter le drap de son lit, appétit nul, soif modérée, consiipaiion opiniâtre. La rate percutée indique un développement de 65 millimètres en hauteur et 1 1 5 millimètres en longueur. Rien du côté du cœur, ni du poumon, ni du foie. Dureté de l'oilïe, depuis les premières doses de sulfate de quinine.

Le dernier accès, Irès-violenl, avait duré plus de vingtquatre heures, avec chaleur excessive et même un peu de délire. Le danger paraissait donc imminent à la reprise de l'accès, sans pouvoir compter sur le fébrifuge par excellence, puisque le malade ne pouvait plus le supporter. Heureusement, il y avait la voie directe, par où le poison avait pénétré, les poumons et le pulvérisateur, pour y faire entrer l'antidote. Dès le lendemain, M. Ancelon administre une pulvérisation de quinze minutes avec la solution suivante :

!^ Sulfate de quinine. . i gr.nmnic

Décoction de quinquina i litre.

Même dose le '20, que le malade inhalait aisément sur son

Le 22, à sept heures du matin, l'accès avait été remplacé par un simple frisson, sans aucune suite. Les pulvérisations furent continuées jusqu'au 24 inclusivement, et l'accès ne se montra plus.

Quant à l'irritation gastro-intestinale, elle disparut sous l'influence de quatre applications de ventouses, cataplasmes émollienls et l'eau froide pour boisson. La rate ne parut pas le moins du monde avoir cédé au nouveau mode d'administration du sulfate de quinine, les ventouses seules et des frictions avec une pommade au sel marin à haute dose en ont eu raison.

Le malade est sorti complètement guéri le 28 novembre. {Revue méd., février.)

Une seconde observation inédite a été recueillie par M. Sales- Girons dont voici le résumé.

Une demoiselle de vingt-cinq ans, d'origine allemande, a rapporté, d'un séjour à Moscou, une fièvre intermittente, revenant sans cause appréciable et sans termes fixes quatre ou cinq fois tous les ans.

Les accès en sont très-forts et les doses de sulfate de qui-

l'IÈVRKS.

nine qu'il faut lui administrer pendant huit jours sont de plus en plus hautes.

Le médecin qui l'a soignée, M. le docteur Bujon, assure qu'il faut arriver jusqu'à produire un véritable quinisme pour en venir à bout.

J'ai conseillé à cet honorable confrère de la traiter au prochain accès par la respiration d'une solution de sulfate de quinine pulvérisée. Ce qui a été fait en juin dernier, dès les premières manifestations de la maladie.

50 centigrammes dudil alcalo'ide, dissous par quelqups gouttes d'acide suifurique et étendue dans quatre onces d'eau ordinaire, telle a été la formule du médicament que la malade a respiré devant mon pulvérisateur qui répond de la pénétration du liquide dans les bronches.

J'ai suivi cette observation avec le plus grand intérêt, de mémo que M. le docteur Bujon faisait exécuter le traitement avec le plus grand soin.

Dès les premières séances du malin el du soir des jours apyréliques, l'accès ne reparut pas; néanmoins, les séances furent continuées trois ou quatre jours encore, et la fièvre a été guérie.

Pellicules de la noix. On les emploie comme antipériodiques dans quelques parties de la France, le Loiret par exemple. C'est un remède populaire à Meltray. Recueillies quand le fruit est en cerneau, séchées et réduites en poudre, on les administre à la dose de 5 grammes par jour, pendant trois jours successifs. Par la grande quantité de tannin contenu dans ces pellicules, on peut prévoir qu'elles réussissent comme le tannin lui-môme en pareil cas, sans aucune propriété fébrifuge spéciale. {Bull, de tliérap., octobre.)

Iris de Florence. Son action aniipériodique, vantée dans ces dernières années par quelques médecins italiens, a été confirmée par M. le docteur Fenoglio, à l'hôpital Mauriziano, de la manière suivante : Ayant fait préparer, dans l'hôpital même, un extrait aqueux avec les racines de celte plante, il l'administra, du 22 mai au 26 juin suivant, à 24 fébricilants de divers types, dont il donne le tableau clinique, à la dose de 1 0 grammes, dissous dans 100 grammes de véhicule, à prendre en deux fois dans l'apyrexie. Or, de ce nombre, 18 guérirent rapidement avec deux, trois, quatre ou cinq doses de ce remède.

PiSTULliS. 203

Les () aiiLi-es n'obtinrenl qu'une diminulion dans la durée el l'inlensilé des accès, qu'une dose de sulfale de quinine a fait cesser immédiatement.

Le résultai fut à peu près semblable en joignant l'usage de riiyposulfite de magnésie à l'extrait d'iris. Sur 2o fébricilants, traités ainsi du 26 juin au 'I 9 août suivant, 20 guérirent et les S autres ne furent qu'améliorés comme avec l'extrait d'iris seul. [Gazella med. di Torino, n° 40.)

Les avantages de l'économie de ce remède en Italie sur la quinine seraient à peu près nuls ailleurs parla quantité énorme qu'il faut consommer de ce produit pour couper une simple fièvre. Si l'on ajoute qu'il n'est rien moins que sûr et exige souvent cinq à six jours pour être curalif, le sulfate de quinine aura sur lui tout à la fois l'avantage du bon marché, de lu sécurité et de la rapidité d'action .

Hèvre înterniîUcntc nerveuse. A l'exemple de Graves, le docteur Caulel en admet une espèce particulière, qui serait l'apanage exclusif des femmes nerveuses. Il en a observé deux exemples chez de nouvelles accouchées, pour lesquelles le sulfate de quinine el le quinquina, administrés inlus et er.tra, n'avaient produit aucun résultat. L'orlhopnée lui en décela aussitôt la nature spéciale, el des pilules de belladone ayant été administrées, les accès cessèrent bientôt. [Bull, de thér. , sept )

L'apparition fréquente d'accès intermittents à la suite de l'accou hement et des phlegmasies aiguës est si bien constatée, reconnue aujourd'hui en dehors de toute infection paludéenne, ique l'on ne saurait nier qu'ils apparaissent spécialement chez les femmes nerveuses . On les observe aussi comme prodrome de la phthisie, de la tuberculose, alors qu'aucun signe physique ne révèle encore celle-ci. Mais tous cèdent plus ou moins facilement au sulfate de quinine; ceux-ci seuls feraient exception, cl c'est la précisément ce qui fait naître quelques doutes sur ileur nature spéciale. En raison même des antispasmodiques qui leur conviennent spécialement, l'attention des praticiens doit donc être tenue en éveil à cet égard.

FISTULES. Nouvelles recherches sur l'emploi de la liqueur de Villale en Ihérapeulique chirurgicale , par le docteur Nolta. Brochure grand in-S", extrait de YUtiion médicale.

En relatant do nouveaux succès de cette mixture , dont la

FISTULES

formule a déjà élé donnée (voy. année 1864), surloul dans la carie oL les (isLules consécutives aux abcès froids, obienus, soil par lui, soil par M. Nélalon , l'auteur a provoqué des contradictions puissantes par la préseniatidn de ce travail à h Société de chirurgie. MM. Houel el Labbé en ont obtenu les meilleurs résultats, sans avoir vu jamais d'accident ni même d'inconvénient résulter de son emploi. M. Desormeaux surtout, qui en fait usage depuis quatre ans , trouve que c'est la meilleure médication pour les fistules ou ulcères Bstuleux, entretenus par des caries ou des nécroses osseuses à marche lente, chronique, torpide. Elle est, dans ces cas, beaucoup préférable aux injections iodées, qu'il faut réserver pour le traitement des vastes foyers de suppuration, contre lesquels l'iode jouit d'une efficacité et d'une supériorité réelles.

Au contraire, MM. Legouest, Chassaignac, Boinet, Le Fort et . Laborie l'accusent de déterminer des douleurs excessives, insupportables, des phénomènes d'irritation, d'inflammation très-graves, le tout pour des résultats médiocres et le plus souvent nuls. M. Legouest l'accuse formellement de produire des accidents d'empoisonnement par suite de l'absorption des substances toxiques qu'elle conlient. Un malade, à sa connaissance, est mort des suites d'une intoxication déterminée, incontestablement, par la liqueur de Villate injectée dans une plaie fisluleuse. Enfin, MM. Follin el Verneuil ont employé la liqueur de Villate avec des résultats tantôt bons, tantôt mauvais, et trouvent que les injections de ce liquide provoquent de vives douleurs; le premier n'a jamais vu survenir d'accidents; le second a été témoin de l'apparition d'un phlegmon assez grave, qui s'est terminé toutefois par la guérison. (Soc. de chir., mai.)

Il y aurait donc lieu tout au moins, devant ces déclarations, à ne recourir qu'avec prudence à cette mixture et à la diluer suivant rexcitabililé des malades et l'irritation des tissus. Son succès est sans doute dans l'opportunité et son mode d'emploi.

C'est ainsi que M. Notta insiste sur son emploi exclusif dans les cas extrêmement chroniques, et alors que les autres moyens ont échoué. La substitution que font souvent les pharmaciens du vinaigre de bois ou acide pyroligneux au vinaigre de vin blanc, qui doit servir exclusivement de véhicule à celle liqueur, lui communique aussi une causticité beaucoup plus grande el plus difficilement supportée par les malades, auxquels elle cause des douleurs plus vives. Mais il est facile de reconnaître

FISTULES. 205 celle jubstilulion. Avec l'acide pyroligneux, la liqueur, une fois reposée, a une coloration bleue; elle est verte, au contraire, avec un reflet bleuâtre, suivant sa composition normale. Cette distinclion est donc capitale; car c'est probablement pour s'ôire servi de la liqueur de Villate, préparée avec l'acide pyrolijineux, que plusieurs chirurgiens l'accusent de déterminer des douleurs excessives et des phénomènes d'irrilalion et d'inflammation très-graves. Préparée normalement, elle permet d'être tolérée et supportée le plus souvent; il est très exceptionnel de voiries malades la refuser absolument, ainsi qu'il le confirme par de nouvelles observations. {Union méd., n"* '138 et 139.)

Fistules branchiales. Trois cas rapçorlés par M. Serres (d'Alais), sont donnés comme des exemples de fistules pharyngiennes bilatérales. Elles étaient congénitales et symétriques sur les côlésdu cou, au niveau des angles de la mâchoire inférieure, avec un aspect annlogue à celui des points lacrymaux communiquant avec le pharynx. Un mucus clair et filant comme de la salive s'en écoulait. Dans un cas, quelques injections légèrement caustiques suffirent à les oblitérer rapidement.

Malgré ce siège insolite, M. Broca les considère comme le résultat d'un arrêt de développement, ou le vestige de la fente jranchiale existant chez le fœtus, qui s'observent ordinairefnentà la partie antérieure du cou. M. Verneuil en a également )bservé un cas à I hôpital Beaujon; mais ce pertuis fistuleux '■xistait d'un seul côlé. (Soc. de chir., janvier.)

Ce seraient donc là tout simplement des exemples de fistules n-anchtales dues à l'arrêt de développement et la persistance des entes branchiales, dont Heusinger relaie deux nouveaux cas ^.hez des filles de quinze et de sept ans. Il les décrit comme une ispece nouvelle, avec les caractères suivants :

Ouverture externe placée, 4 0 fois sur 36, dans la ■egion sterno-claviculaire, parfois plus haut, rarement plus )as. L orifice mlerne. démontré deux fois par Neuhofer, exisait derrière les grandes cornes de I hyoïde, dans la paroi laléale du pharynx ; canal tapissé par une muqueuse fournissant ne sécrétion claire, filante, parfois abondante et pouvant faire ro.re a des fistules salivaires. La muqueuse rougit et la sécréon augmente lors de la menstruation avec sensibilité et exciibihlé vives de I orifice externe.

Sur 46 individus atteints de ces fistules, elles étaient bérédi-

GAnNIER,

nSTULES.

laires chez 17 : 10 fois elles étaient doubles, 36 fois simples, soil 56 fistules dont 15 seulement avec une ouverture interne et externe. Or dans celte statistique, 44 cas ont été observés en Allemagne, ce qui montre, à l'appui de l'interprétation de MM. Broca et Verneuil , qu'elles sont souvent méconnues ailleurs et prises, comme celles de M. Serre, pour des fistules du pharynx ou de l'œsophage {Arch: de Virchow elGaz. méd., n" 24). . Il y a donc lieu, à l'avenir, d'y porter la plus sérieuse attention.

Fistule Incrymnlc. L'épipl'ora cesse-l-il réellement après la cautérisation? M. Desmarres l'admet ainsi que Vidal de Cassis par exemple.. D'autres le nient et combattent celle opération comme anliphysiologique. M. Ester fils, de Montpellier, cherche à en expliquer le mécanisme , car, soumise aux loisordinaires de la physiologie, la cessation de cette sécrétion des larmes doit être expliquée pour être admise. Considérant que le méat inférieur est toujours en contact avec l'air extérieur et soumis à un courant d'air continu, il se demande comment le liquide des glandules chargées de le lubrifier y suflit. Et, en présence du larmoiement considérable que la moindre irritation de ce méat amène par le tabac, le savon ou d'autres excitants, il ne doute pas que les glandes lacrymales n'y suppléent parune action réflexe.

Il a fait à cet égard plusieurs expériences, démontrant que cette sensibilité de la muqueuse .s'émousse, s'afTaiblit, diminue à la suite de la caulérisation. Ainsi, le tabac, le frottement,, n'amenaient ni larmoiement, ni sensation dans la narine du côté, opéré, tandis que c'était le contraire du côté sain. I! a vu aussi une épistaxis habituelle cesser du côté opéré par la cautérisation et continuer dans l'autre narine. Il a constaté en outre que l'intensité de l'épiphora était d'ailleurs en rapport avec cette sensibilité de la muqueuse, et que là où elle était complètement abolie, celui-là était nul. D'où il conclut : 1" leslarmes servent à la lubrifaction non-seulement de la face an-lérieure du globe de l'ceil, mais aussi de la muqueuse du méali inférieur.

2° Au moment où se produit l'oblitération des voies lacrymales, la muqueuse provoque la sécrétion qui lui manque et: l'épiphora est abondant.

3° Privée de l'utile concours des larmes , la muqueuse duJ

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méat inférieur se dessèche, s'atrophie et finil par perdre la propriété d'exciler l'aclion des glandes lacrymales : c'est à celte dernière circonstance qu'est due la cessation de l'épiphora.

4» La méthode de la cautérisation pour le traitement do la fistule lacrymale n'est donc pas une pratique anliphysiologique ; il est, au contraire, facile d'expliquer tous ses succès. [Journ, de l'anal, el de la phijs., n" 1.)

Modification au procédé de M. Folls. Pour éviier une plaie extérieure, surtout chez les femmes, M. Giraud-Teulon a eu recours à la perforation de l'unguis avec l'emporte-pièce do M. Foltz (voy. année 1865), en pénétrant dans le sac lacrymal par sa face conjonclivale, entre la caroncule en arrière et le tendon de l'orbiculaire en avant, après avoir réunidans une incision commune les deux conduits lacrymaux et leur sphincter commun. Un exemple cilé à l'appui de cette modification, à la Société médicale de Paris, a très-bien réussi. (^Gaz. des hûp., \\° 91 )

Spéculum porle-causlique. Pour la destruction du sac par la cautérisation avec la pâte de Canquoin , qu'il trouve le plus sûr des caustiques employés, le docteur Delgado a imaginé un spéculum porte-caustique, composé de trois branches, entre lesquelles on place la pcUe caustique. On l'introduit fermé et, en en écartant les valves au moyen d'un ressort, on cautérise la partie inférieure du sac , immédiatement sous le tendon de l'orbiculaire, ce qu'il considère comme d'une importance capitale pour le succès. Après l'enlèvement de l'cschare, il maintient le fond de la plaie propre, jusqu'à cicatrisation au moyen d'injections avec une solution de sulfate de zinc, et en y plaçant des boulettes de charpie imbibées de ce liquide. {Ann. d'oculist., mai et el juin.)

Dilataleur lacrymal. Très-souvent, le larmoiement n'est dû qu'à un simple rétrécissement des points lacrymaux, tandis que les canaux ainsi que le canal nasal sont complètement sains. M. Galezowski a fait construire un dilatateur à extrémité trèsfine, pouvant être introduit et laissé dans le point rétréci ; ce qui peut remédier au mal mieux que les incisions que l'on est dans l'habitude de pratiquer. {Acad. deméd., septembre.)

Clou dilataleur permanent. Complétant le procédé de M. Desgranges de Lyon, M. Delore place à demeure un clou recourbé en U, avec une branche plus courte que l'autre, qu'il introduit à

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l'aide de la sonde Ccinnelée dans l'ouverlure faile à l'os unguis et l'autre dans le canal nasal, étant placé à cheval sur la cloison osseuse. L'avantage sur la canule serait une dilatation permanente ; mais le seul fait où cet instrument ail été employé est loin d'être concluant, puisque la guérison n'était pas complète. {Gaz. méd. de Lyon, n" 14.)

Fistules de la cornée. Yoy. OpuTiULMOLOfiiE.

Fistule vésico-vaginale. Dans l'observation remarquable et étendue qu'en rapporte M. Labat de Bordeaux, l'occlusion fut obtenue par dédoublement des lèvres de la fistule, et la guérison s'ensuivit le vingtièmejour. Outre l'expofé de ce procédé, l'auteur examine, discute les analogies et les différences qu'il a avec les précédents et, sous ce rapport, il fournit un document utile à consulter. {Journ. de méd. de Bord., février.)

Trois modifications sont proposées par M. Gaillard de Poitiors. Dans l'avivement d'abord, regardé comme le temps le plus laborieux par le danger pour les chirurgiens d'enlever une trop grande épaisseur des parties ou de laisser des îlots. L'épithélium traumalique s'opposant à la réunion, il a un moyen simple d'y obvier. Par l'éloignement de la plaie et la couleur rouge que lui donne le sang des parties déjà avivées, la difficulté est de les distinguer de celles qui ont encore leur épithélium. Or, la fistule étant en vue, videz la vessie avec une sonde; essuyez exactement la solution de continuité; introduisez dans l'orifice et le trajet de la fistule un crayon de nitrate d'argent qui en atteindra exactement les contours ; faites aussitôt une injection d'eau salée par la fistule, immédiatement toutes les parties touchées par le nitrate d'argent, et qui doivent comprendre les points snr lesquels doit porter l'avivement, prendront une couleur d'un blanc d'argent très-apparent. A l'aide de ce guide, il .sera facile d'exciser toutes les parties nécessaires.

Il supprime les plaques et les boutons de plomb parce que plus l'appareil est compliqué, plus l'opération est longue et douloureuse pour la malade ; plus il y a de corps étrangers dans le vagin et plus facilement les tissus sont irrités et ulcérés. Les plaques métalliques étant roides, ne peuvent manquer de fatiguer la muqueuse. Au lieu d'être une surface plane, la paroi du vagin sur laquelle on applique ces plaques présente des courbures très-variées. Transversalement, c'est une voûte surbaissée, à son milieu, dans le sens de l'axe, c'est un plafond

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mobile, convexe, oblique en avant, qui s'abaisse pendant qu'on fait la suture, et se relève aussitôt qu'on ôle le spéculum. Ajoutons que la suture à points séparés s'adapte merveilleusement à celle configuration inégale et au.'c mouvements de la paroi vésico-vaginale et cette suppression sera bien justifiée.

La diflicuUé réelle, lorsqu'on passe un nombre considérable de fils au moment de la suture, à les séparer les uns des autres, a fait imaginer à M. de la Mardière de les marquer séparément pour les distinguer. Adoptant et complétant cette idée, M. Gaillard s'est procuré des grains de verroterie, colorés diversement, suivant les nuances du spectre solaire, de sorte qu'au fur et à mesure de la suture, le premier fil de la suture est marqué par deux grains rouges, le second fil par deux grains orangés, le troisième par deux jaunes, jusqu'au huitième, qui reçoit des grains blancs, toujours dans l'ordre des couleurs de l'arc-enciel. Les huit fils étant ainsi marqués à chaque bout, il devient extrêmement facile, en suivant l'ordre inverse, blanc, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge, de reconnaître et de tordre les fils avec la pince de Charrière, suivant le procédé de Mitlauer ; tous ces fils réunis en faisceau sont coupés à 3 centimètres en dehors de la vulve, pour ne pas irriter le vagin.

L'opération si laborieuse de la fistule vésico-vaginale ne peut manquer d'être simplifiée par ces ingénieux procédés, qui ont été employés avec !e plus grand succès pour l'extraction des pierres de la vessie. [Acud. de méd., novembre.)

I Fistule vésico-iiitcstinalc. Cololomie. L'opération d'Amussat est en si grand honneur en Angleterre, que ses applications tendent chaque jour à s'étendre. Préconisée par M. Curling contre les rétrécissements cancéreux du rectum, sinon pour guérir celte affection , au n.oins pour soulager le patient et prolonger sa vie d'une manière supportable en diminuant, arrêtant l'intensité du mal comme nous en avons rapporté des exemples (voy. année 1864), cette opération vient d'être exécutée par M. Holmes dans un cas de communication de l'intestin avec la vessie, dans le but de prévenir les accidents pouvant résulter de cette fistule et môme d'en favoriser l'occlusion spontanée. Depuis huit mois, l'opéré se porte bien et, sans que la fistule soit fermée, elle semble avoir au moins diminué. [Royal med. and surg. Society, mars.) C'est là, dit M. Verneuil, une application neuve et ingénieuse.

Opértilion esscnticilemenl n'paralrice, elle apparlient à l'ordre do ces anaplaslies indirectes intéressant les organes sains pour soulager on guérir les organes lé-:és inaccessibles à la main du chirurgien. Caractérisée par la création d'une voie artificielle et la dérivation des excrcla, elle se range à côté de l'anus artificiel, de la ponction vésicale ou utérine, de certaines variétés fle la boutonnière uréthrale, etc.; elle laifse même espérer une guérison radicale delà lésion primitive, si l'orifice de communicalion entre la vessie et l'inleslin n'est pas définitivement constitué par la soudure des deux muqueuses voisines. Après avoir acquis la conviction de la cure spontanée de la fistule vésicointestinale, on pourrait même supprimer l'anus lombaire, dont la mission serait terminée. En prévenant la formation probable et possible d'un calcul vésical, l'opération susdite remplit encore une indication d'ailleurs tout à fait spéciale et non moins importante, l'écoulement de l'urine dans l'inteslin. Ne serait-il pas logique, par conséquent, de soutirer en même temps l'urine ou d'empêcher au moins son accumulation dans la vessie, et cela, à l'aide delà sonde à demeure maintenue pendant quelques jours? La chirurgie peut donc enregistrer un nouveau triomphe et, abstraction faite du résullat, la conception est aussi heureuse et aussi biencombinée que possible. (Gaz. /»c6t/.., n" 17.)

Fistule aiialc. Sonde à demeure. Quoique le traumatisme distingue ce cas des fistules spontanées, il mérite de fixer l'attention pour le traitement de celles-ci. L'usage de la sonde à demeure pourrait du moins être tenlé conjointement avec la cautérisation du trajet fistuleux. Jl semble que ces deux moyens doivent s'allier parfaitement.

Un homme de trente ans fut admis à l'hôpilal général de Madrid, le 10 mars dernier, avec une plaie récenie et pénétrante de 3 à 4 centimètres d'étendue, à 7 centimètres environ à droite de l'anus. L'issue des matières fécales par cette plaie et du sang par l'anus indiquait leur communication. Une péri tonite partielle en fut la conséquence; mais celle-ci guérie, les pansements simples de la plaie Qstuleuse ne suffisant pas à en i déterminer l'occlusion, et des matières fécales s'échappant i sans cesse par cette ouverture, le docteur Blanco eut l'idée d'introduire dans le rectum, jusqu'au-dessus de Touverture interne de la plaie, un tube cylindrique de gomme de 3 centimètres de diamètre. On en devine le but. Il fut, en effet,

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