INTRODUCTION
Il me serait difficile de ne pas penser et de ne pas dire un peu de bien de cet ouvrage que je suis chargé d'introduire devant le public; c'est en effet à mes conseils qu'il doit le jour ; son nom, je le lui ai donné ; on pardonnera un peu de faiblesse à uu parrain pour un filleul d'un âge aussi tendre et dont la conslitutiou, comme on le voit, est mignonne et délicate.
L'idée de cet ouvrage n'offre cependant rien de neuf que son mode d'exéculion.
Depuis longtemps on a pensé à recueillir, à concentrer par l'analyse et à résumer les travaux afférents 5 la science médicale que chaque année voit éclore ; notre littérature ne manque pas de productions dece genre; les unes embrassent la science tout entière, les autres se concentrent dans une de ses parties : Annuaires, Années médicales ne sont pas rares. Ces publications estimables sont généralement bien accueillies. Il m'a semblé qu'elles laissaient cependant quelque chose à désirer, et ce quelque chose c'était la forme, le mode dans lequel sont présentés les travaux, l'arrangement des maiiércs, la facilité des recherches, l'ordre en un mol, et j'ai conseillé la forme de UiCTlOiNNAiRE ANNUEL.
Il INTRODUCTION.
C'osi, il m'a semblé, la forme qui conviciu le mieux à des publicalions de ce geure.
Les dicliounaires sont la lillérature des sciences qui se font. Or, la science médicale est si peu faite qu'elle ii'ett pas encore en possession d'une classification irréprochable. Il n'est pas seulement question d'une classification nosograpbique qui esl différente dans tous les traités généraux et qui varie selon le point de vue philosophique et doctrinal, mais encore de cetie classification qui paraît plus simple et plus facile des matériaux eux-mêmes, et que l'on ne sait souvent à quel élément de la science rapporter. La physiologie confine à tout instant la pathologie, Vanatomie elle-même et de par Vhislologie, est inséparable de la physiologie; V hygiène touche à tout et se mêle à tout; l'immixtion de plus en plus profonde des sciences physiques et chimiques dans le domaine de la médecine a jeté une grande perturbation dans tous ces arrangements arbitraires des anciennes divisions, et elles sont devenues tout à fait fictives les lignes de démarcation si laborieusement établies,
La science médicale tend vers l'Unité et fait de grands efforts pour l'atteindre.
Si l'on n'a pas encore réalisé le fait, on a du moins déjà trouvé le mot, et la science médicale, aujourd'hui, c'est la Biologie.
Ce mot accuse une prétention bien haute; faisons des vœux pour que les destinées qu'il annonce s'accomplissent, mais constatons ce fait, c'est qu'il jette un grand désordre dans les systématisations anciennes, c'est qu'il est en antagonisme profond avec toutes les classifications reçues, que tout enchaînement logique des matières est devenu très-difficile et qu'il
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est à peu près impossible d'éviter les transitions tranchantes et lieurtées.
Sans qu'il s'en rende peut-être bien compte, c'est ce qui explique le peu de goût actuel du public pour les ouvrages dogmatiques et les traités généraux comme son empressement pour les diclionnaires.
C'est aussi ce qui justifie l'auteur du présent dictionnaire du choix qu'il a fait de l'ordre alphabétique des matières. Et du reste, comme il a l'esprit conciliant, aux grands titres généraux tels qu'Anatomie, Physiologie, Obstétrique, etc., il a placé une série de malériaux d'importance moins grande que celle des articles auxquels il a réservé le classement alphabétique.
Un mot de l'auteur :
M. Garnier possède les qualités nécessaires à un travail de ce genre. Depuis plusieurs années qu'il est chargé, à I'^/miow médicale, des revues médicales des déparlemenls et de l'étranger , il a fait preuve d'un talent d'analysle remarqué; il est soigneux, sobre, précis et pratique ; mettant l'œil et le doigt sur le point réellement intéressant d'un travail et en exprimant la moelle, comme dit Montaigne. M. Garnier peut lire dans leur texte les travaux écrits dans la plupart des langues étrangères. C'est là une précieusee condition et qui a attiré à ses revues une grande faveur en France cl à l'étranger.
Placé comme il l'est dans la rédaction d'un journal qui reçoit a peu près tous les journaux scientifiques qui se publient dans le monde, et les principales productions de la littérature médicale écrites dans toutes les langues, les malériaux ne manquent pas h l'auteur. Leur abondance même est un iinpédiment. Il a fallu faire un choix, un triage. J'ose assurer que M. Garnir-r s'en est lire avec discernement. I)n