‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 4)Chapitre 112 sur 127 · SUTURE · texte numérisé non relu

SUTURE

vriers sourds employés aux travaux du pont d'Orival ont éprouvé aussi une amélioration croissante en séjournant journellement dans l'air comprimé, et au trente-deuxième jour ils étaient complètement guéris. {Rev. de thérap, méd.-chir., n° 6.)

A en juger par l'effet stimulant de celte médication, elle paraît convenir principalement aux cas d'atonie, de paralysie du nerf auditif, surdité sans contredit la plus grave. Sous la haute pression où l'on se trouve ainsi plongé, je sentais, dit M. Duruflé, le tympan se tendre violemment, la respiration manquer, et il me fallait repousser à chaque instant avec énergie les engorgemenis que l'air comprimé enfonçait trop avant dans les. fosses nasales". On comprend que l'air agisse ainsi comme un puissant excitant sur l'organe de l'ou'ie. Mais des accidents formidables peuvent aussi résulter de ce mode de traitement chez certains individus prédisposés aux hémorrhagies, aux crachements de sang, et il est prudent de ne s'y soumettre que sur l'avis d'un médecin.

De la surdité et de quelques nouveaux moyens pour constater et guérir cette atîection, par le docteur N. Leriche, ancien médecin de la Charité maternelle de Lyon, etc. Deuxième édition. 1 vol, in- 8".

SUTURE. La préférence à accorder aux fils métalliques sur les fils ordinaires, mise de nouveau en question à la Société de chirurgie, a réuni pour : MM. Giraldès, Verneuil, Trélat, Guersant, Denonvilliers, Nélaton, Mirault (d'Angers), Letenneur (de Nantes); contre: Velpeau, Richet, Depaul surtout, qui, dans l'opération du bec-de-lièvre, dit que la suture entortillée avec des épingles réussit très-bien. Par contre, M. Guersant ajoute que sur huit opérés de ce genre avec les sutures métalliques, il a obtenu sept succès. D'ailleurs, dit M. Verneuil, les épingles forment aussi bien des sutures métalliques que les fils; le mode de les faire seul diffère, et celle à points passés sera toujours préférable aux nombreux huit de chiffre qui la cachent et affrontent mal les tissus quand les lambeaux sont épais. Si les fils métalliques coupent parfois les tissus, cela peut tenir à leur état d'inflammation ou de dégénérescence, de friabilité. (10 août.)

Sutnrc graduelle. Ce procédé, employé avec un fil de cpQutchouc, l'année dernière, par M. Richard, sur la propogi-

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lion du professeur Trousseau, et qui a eu tant de retentissement dans la presse, paraît avoir été mis en pratique auparavant avec quelque modification chez un homme de quarante-sept ans, atteint depuis dix-neuf ans d'une tumeur fibro-vasculaire occupant les deux tiers externes de la joue droite et ayant résisté à plusieurs traitements. M. Dupré, pour éviter le danger d'une opération sanglante et instantanée, a appliqué une traînée de pâte de Vienne sur le quart inférieur de la tumeur ; puis passant en dessous une longue épingle, il a pratiqué une suture entortillée dessus. Au bout de quinze jours, il existait un sillon profond dans lequel fut engagée une corde de caoutchouc dont les deux bouts furent ramenés en haut et fixés du côté opposé de la tête. Cette corde devait, par sa pression sur la face interne de la tumeur, la séparer des parties sous-jacentes et la disséquer. C'est ce qui est arrivé. A mesure que la section se produisait, la portion de tumeur diminuait de volume. Insensiblement la section s'est accomplie. Ce résultat est obtenu depuis près de deux ans et la guérison ne s'est pas démentie. Ce mode d'opérer peut donc recevoir de nombreuses applications. (Soc. méd. du Panlliéon.)

SYPHILIS. Théorie nouvelle. Tout en restant unitéiste et en reconnaissant que le chancre est l'effet primitif du virus, M. Sperino explique ses propriétés infectantes ou non d'une manière toute nouvelle. Se fondant sur une élaboration spéciale et le ralentissement circulatoire qu'il subit dans les ganglions, il en fait le siège, le foyer où il acquiert la fatale propriété d'infecter 1 "économie par son séjour prolongé dans ces organes. Ainsi absorbé et transporté dans les ganglions, il n'a pas encore une action immédiate sur l'organisme entier ; mais si, arrivant petit à petit, comme par le fait d'un ulcère seul, sécrétant peu, ou sécrétant un pus séreux et mal lié, — comme c'est précisément le cas dans l'ulcère infectant, — le ganglion se laisse distendre sans s'irriter, sans s'enflammer, l'induration indolente se produit et le liquide, pénétrant ainsi peu à peu les ganglions placés sur sa voie, a le temps de séjourner dans leur sinus et d'y subir la complète élaboration physiologique d'où résulte la formation du virus syphilitique constitutionnel. Au contraire, si le liquide sécrété est abondant, épais, crémeux, purulent, et arrive en trop grande quantité dans le ganglion, et à plus forte raison s'il y a plusieurs ulcères sécré-

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tant beaucoup de pus, il arrivera de deux choses l'une : ou le virus sécrété en abondance sera porté directement par les veines dans le torrent circulatoire, et alors, comme il n'a point séjourné dans les ganglions, il ne sera pas modifi^,^ restera inoffensif pour l'organisme et sera promptement éliminé par les voies d'excrétion; ou bien le virus pénétrant dans les ganglions en assez grande abondance pour les distendre brusquement, les irriter, les enûammer, il s'ensuivra un abcès, bubon dit purulent, et comme le ganglion détruit ne peut modifier le virus, celui-ci restera une autre fois inoffensif pour l'économie. De là l'aphorisme : le virus de l'ulcère primitif n'amène la syphilis constitutionnelle que lorsqu'il a déterminé une induration indolente des ganglions lymphatiques en rapport avec lui; induration qui commence du deuxième au quinzième jour de l'apparition de l'ulcère.

Telle est l'explication simple et ingénieuse, ou plutôt la théorie séduisante des différences mystérieuses de l'ulcère primitif qui le rendent infectant ou non, et qui avaient si fort embarrassé jusqu'ici les unitéistes. La pléiade ganglionnaire, l'induration reste toujours, comme on le voil, le caractère distinctif et le signe infaillible du premier. Et ici intervient même une déduction toute favorable à la syphilisalion, à son utilité, car si un individu atteint de ganglions indurés ou même de vérole déclarée, dit le célèbre professeur de Turin, contracte des ulcères primitifs aboutissant au bubon suppuré, non -seulement l'induration disparaît, mais la syphilis guérit plus vile et d'une manière plus complète.

Quant au tubercule muqueux, se développant sans solution de continuité par simple endosmose, et toujours précédé de l'induration indolente, il aboutit inévitablement, fatalement, à la syphilis conslilutionnelle. Né du virus de l'ulcère primitif ayant subi la modification ganglionnaire, il est incapable de reproduire l'ulcère générateur ni d'engendrer le bubon virulent ; mais le virus de l'ulcère primitif, déposé sur le tubercule, le fait disparaître et le remplace par un ulcère, en vertu de la même loi exposée ci-dessus.

Le traitement n'est que la conséquence de ces prémisses. Au lieu de porter le mercure dans la circulation générale, par l'intermédiaire souvent compromis et parfois infidèle des voies digestives, où il atteint un ennemi tout formé, il est bien plus sûr de le mettre en présence du virus, dans les ganglions

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mômes, à mesure que celui-ci se forme. Faites avec l'onguent mercuriel, deux ou trois fois par jour, des frictions sur l'ulcère en nettoyant préalablement cette région pour faciliter, assurer l'absorption du remède, et en commençant ce traitement peu de jours après le début des accidents secondaires, il aura dissipé, quinze à vingt jours après, l'induration ganglionnaire. Cependant il convient de le continuer au delà d'un mois pour prévenir les récidives toujours à craindre tant que l'induration persiste. Dans les cas où ce traitement local n'est commencé que plus tard, il convient d'y ajouter, dit M. Sperino, le traitement mercuriel ou ioduré général, ou même avec le sulfite de soude qui a déjà produit plusieurs guérisons au syphilicome de Turin. Les observateurs doivent donc chercher à s'édifier sur la valeur de ces assertions. (Studi clinici sul virus sifilitico. Brochure in-8° de 51 pages, contenant l'exposé détaillé de celte nouvelle doctrine. Turin, 1 863, ou Union méd., n» 55.)

Unicisme et dualisme chancreiix, par Edm. Langlebert. Nouvelle théorie physiologique et rationnelle, dans laquelle un seul virus étant admis, ses véhicules ordinaires, le pus et la sérosité, donneraient lieu à ses différentes manifestations qui ont ainsi induit en erreur les dualistes et les irinitistes. Brochure in-S» de 32 pages.

Cette interprétation nouvelle est adoptée aujourd'hui par de nombreux syphilographes et basée sur des expériences péremptoires. Telles sont celles du docteur Bideknap (de Christiania), de M. Kobner (de Breslau), Toppelius (de Helsingfors}. La doctrine du dualisme est ainsi en complète décadence. (Ga^r. des hôp., n" Ui.)

Signilicativo palhologico délia sililide, ou Éliologio pathogénique, par le docteur G. Âlbertelli. Brochure in-8° de 88 pages. Turin.

La sifilographia \moderna. Examen critique des doctrines actuelles sur la syphilis. L'unité du virus dans la variété des formes de la maladie démontrée par la clinique, l'histoire, la pathologie comparée et l'histologie, par le docteur G. Albertetti. Turin, 4 vol. in-8° de 715 pages.

Son origine, selon M. Briquet, est dans les animaux. Il en trouve la preuve dans l'histoire des chèvres que les armées d'Amérique et d'Italie traînaient à leur suite, et la dépravation dps mœurs à cette époque, Mais M, Ricord rappelle, au con»

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traire, qu'elle n'a jamais pu être inoculée aux animaux, les vétérinaires l'ont tenté en vain, et M. Velpeau appuie cette assertion par la relation de nombreuses expériences faites en \8 \8 avec Bretonneau. Seule, la maladie du coït, ou el dourin, spéciale aux chevaux, contagieuse et mortelle, a de la ressemblance avec elle. Voy. DonRisE. [Acad. de méd., sept.)

Fréquence en Algérie. Les grands ravages de la syphilis parmi les indigènes sont exposés dans un long mémoire de M. Daga sur ce sujet {Ârch. de méd., août et sept.). Mais autant les accidents secondaires et tertiaires sont fréquents en Algérie^ autant les accidents primitifs sont rares, comme le prouve la statistique suivante :

Hommes. Femmes.

Accidents primitifs 53 11 G4 ^

— secondaires. .. . 568 404 902 > 1398

— tertiaires 240 132 372 )

En échappant ainsi à l'observation, les accidents primitifs ne peuvent être regardés comme la plus fréquente cause de la contagion. Celle des accidents secondaires et de l'hérédité paraît beaucoup plus fréquente qu'en France.

Diagnostic. La douleur sous-sternale, déjà signalée comme signe de syphilis constitutionnelle, serait tellement constante, selon M. Brodrick, qui l'a constatée à Madras sur un très-grand nombre de sujets, que dès qu'il la rencontre au toucher vers le tiers inférieur du sternum , il n'hésite pas à administrer l'iodure de potassium. La prescription peut être utile ; mais à la condition de cesser l'usage de ce véritable spécifique des douleurs ostéocopes, si, après cinq jours, son inefficacité prouve que le prétendu critérium n'est pas infaillible. {Gaz. de Lyon.)

Diacjnoslic différentiel du chancre. En dehors de tous les autres signes connus, M. A. Martin signale la forme spéciale du phimosis qu'il détermine lorsqu'il siège sous le prépuce, sur le gland ou dans la rainure interm.édiaire, pour permettre d'en diagnostiquer la nature sans le voir. S'il est infectant, la peau et la muqueuse préputiale sont pâles, mamelonnées. Le toucher ne provoque pas de douleur vive et donne au doigt une sensation élastique, particulière. C'est l'aspect de l'œdème dur, premier degré de l'éléphantiasis des Arabes. Il persiste trois seniainçs à un mois après la cipatrisation du chancre. Il a persisté

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plus de six mois dans un cas, el n'a cessé que par lo débridement du limbe du prépuce.

Le phimosis du chancre simple, au contraire, est purement inflammatoire, la muqueuse est d'un rouge vif, la peau est rouge et excoriée ; la suppuration est abondante, et le toucher provoque une douleur extrêmement vive. Il disparaît presque toujours. {Gaz. des hôp., n° 138.)

Manifestations viscérales. Dans des études très-intéressantes sur les manifestations viscérales de la syphilis conslitulionnelle, M. Lancereaux les rattache à trois formes : inflammatoire interstitielle, gommeuse et cicatricielle. La première prédomine dans le foie et le testicule; la deuxième sous forme de tumeurs du volume d'un pois, d'une noisette ou d'une noix, quelquefois d'un haricot, qui existent à peu près indifféremment dans les divers organes et sont susceptibles de résorption ou de transformation. Elles peuvent être confondues principalement aussi avec les lésions tuberculeuses et scrofuleuses. La troisième est la résultante des deux autres et se distingue par des sillons cicatriciels, simples ou étoilés, à la surface et dans la profondeur des organes, différant et des oblitérations vasculaires et des cicatrices traumatiques.

Un autre mode pathologique est l'hypertrophie. Il est particulier aux glandes vasculaires, comme la rate, les ganglions lymphatiques , le corps thyro'ide , les capsules surrénales et même les follicules de la langue, du pharynx et des amygdales.

Ces lésions se sont rencontrées 22 fois dans le foie, 8 fois dans le rein, 3 fois dans le testicule, 5 fois dans le cerveau, 9 fois dans les poumons, 5 fois dans le cœur.

Les symptômes que ces lésions développent n'ont rien de spécifique ; l'organe atteint manifeste sa souffrance par le trouble de ses fonctions, et les antécédents peuvent seuls aider le diagnostic Dans les organes superficiels, comme le foie, le teslicûle on peut pourtant en trouver quelques éléments dans une déformation particulière. Le traitement spécifique peut aussi, comme pierre de touche, servir à éclairer dans ce cas, mais a condition de le continuer quelque temps.

La gravité du pronostic est subordonnée a 1 importance de l'organe atteint et à l'étendue des lésions. [Acad. de méd. et Gaz. hebd., n<" 30 et suiv.) ■ Sous le nom de syphilome, M. Wagner a constate ces dir

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verses altérations dans le foie, où elles sont de beaucoup plus fréquentes. Il les distingue en syphilome noueux et circonscrit, diffus, miliaire, et l'hépatite syphilitique interstitielle qui n'est, suivant lui, qu'un mode de guérison du syphilome noueux qui répond aux tumeurs gommeuses des auteurs. Le syphilome miliaire est le plus rare, excepté chez les nouveau-nés. (Archio der Heilk., 2.)

Ulcération de la trachée. Bien que leur nature, dès qu'elle est constatée, indique l'emploi des mercuriaux, ce traitement, rendu trop actif, peut être préjudiciable en déterminant une cicatrisation trop rapide, et par suite, un rétrécissement de la trachée qui peut être fatal. Aux trois faits de MM. Moissenet, Worlhington et Vigla, qui déposent dans ce sens [Charnal, ihèse de Paris, 16 avril 1859), M, Bourdon en a ajouté un quatrième également fatal qui fortifie celte interprétation, et M. Moissenet l'a confirmée en quelque sorte par un cinquième fait où le succès paraît dû précisément à l'emploi mitigé des mercuriaux avec l'iodure de potassium. Un sixième, rapporté par M. Vidal, n'est pas moins en faveur de ce traitement lent, progressif et intermittent. Une femme de trente-deux ans avait subi un premier traitement spécifique pour des accidents constitutionnels et paraissait parfaitement guérie, lorsque deux ans après survint une toux sèche, surtout après l'ingestion des aliments, avec respiration siftlante et de l'amaigrissement. Sans que la voix fut altérée, la parole était pénible et déterminait une douleur sourde derrière la réunion de la première à la deuxième pièce du sternum, donnant la sensation d'une plaie. Il y avait parfois des crachats striés de sang, sans autre phénomène stéthoscopique qu'un bruit rude. L'oppression et le cornage augmentant, un traitement par l'iodure de potassium fut institué, mais l'accroissement rapide des accidents obligea de cesser. Le protoiodure de mercure à 3 centigrammes par jour avec des fumigations émoUientes, alternant tous les dix jours avec huit jours de repos et continuant pendant un an, amena la guérison.

M. Vidal a eu l'occasion de constater cette influence fâcheuse du traitement par l'iodure de potassium chez un homme ayant des gourmes ulcérées dans diverses parties du corps et qui faisait entendre un cornage des plus manifestes. La suffocation s'accrut rapidement dès que l'iodure fut administré et devint

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telle, que force fut de cesser toute médication. A partir de ce moment, les accidents qui avaient paru si menaçants s'arrêtèrent et eurent bientôt disparu. (Soc. méd. des hôpitauxQi Union méd., 4 0, 22 et 82.)

La prudence exige donc de suivre ces indications, sauf à employer la trachéotomie au besoin. C'est dans ce cas que M. Porter préconise surtout l'excision losangique. Voy. Trachéotomie.

Dans un cas de rétrécissement syphilitique datant de plusieurs années et rendant l'asphyxie imminente, la laryngotomie pratiquée, le docteur Delore reconnut ensuite les brides, et à l'aide du laryngoscope, il les incisa par la bouche au moyen du litholome caché du frère Côme. La dilatation de la glotte fut ensuite pratiquée et la canule enlevée, la respiration s'exécuta normalement. Succès dû évidemment au laryngoscope. {Acad. des se. et Journ. de méd. de Lyon, avril.)

On s'explique par ce fait comment la plupart des malades trachéotomisés ont été obligés jusqu'ici de garder leur canule à demeure, comme MM. Ricord, Chassaignac, Guersant en rapportent des exemples. M. Heyfelder en a cité un autre à l'Académie de médecine de Belgique le 30 janvier. Le rétrécissement siégeant au-dessus de louverture trachéale, la respiration ne peut s'exécuter librement que par celte voie tant que cet obstacle n'est pas détruit. La dilatation mécanique s'élant montrée vaine ou impossible entre les mains des chirurgiens les plus habiles, le fait de M. Delore crée une nouvelle ressource à employer dans ce cas. [Union méd., n" 1 i 5.)

Épididymîte syphilitique. Les observations de M. Dron à l'Antiquaille, recueillies au nombre de seize en moins de six mois l'ont conduit à admettre que cette affection, signalée a peiné par les syphilographes , est loin d'être rare.^ Son indolence même à la pression ou la douleur obtuse qu elle détermine éveille d'autant moins l'attention des malades qu'elle ne trouble pas leurs fonctions génitales. Elle est confondue aussi avec répididymite blennorrhagique avec laquelle elle coïncide.

En voici les caractères : tumeur indolente d un volume variant depuis celui d'un pois à une petite noix, dure, résistante et comme cartilagineuse, à surface inégale et bosselée, occupant la tête de l'épididyme isolée du testicule, coïncidant avec des accidents secondaires tardifs ou tertiaires. Un accroissement rapide, des douleurs lancinantes suivies de ramollisse-

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ment distinguent suffisamment lepididymite tuberculeuse pour en faire le diagnostic différentiel, de même que l'absence d'inflammation et de sensibilité la différencie de l'épididymite bleniiorrhagique.

Abandonnée à elle-même, la durée en est indéterminée, tandis que la résolution presque constante est prompte par un traitement spécifique. La nature en est ainsi confirmée. Elle coïncide souvent avec l'orcliile spécifique.

Si celte manifestation n'est pas grave par elle-même, elle a presque toujours existe avec des symptômes indiquant une infection profonde de l'économie. Elle est donc l'expression d'une vérole forte, et, sous ce rapport, le pronostic en est trèssérieux. (Gas. méd. )

Sciatique syphilitique. Chez un meunier de vingt-sept ans, atteint depuis trois ans, M. Bruneau ayant rencontré conjointement des ulcérations suspectes, diagnostiqua une syphilis constitutionnelle. Ce diagnostic ayant été confirmé par le professeur Schulzenberger, il soumit ce malade aux frictions mercurielles et la sciatique disparut rapidement {Gaz. des hôp., n" 30). C'est ainsi que de plus en plus beaucoup d'affections nerveuses sont reconnues être sous la dépendance syphilitique par le succès du traitement.

^ Nécrose sj-phiiitiquc. Elle peut résulter d'une infection vénérienne sans usage du mercure. M. Erichsen l'a constatée chez deux sujets dont l'un était atteint de nécroses étendues du frontal et de la clavicule droite confirmée par l'extraction de plusieurs séquestres. (Lancet.)

Tumeur blanche syphilitique. Elle existait depuis longtemps chez un homme avec des alternatives de mieux et de pire, lorsque, la voyant résister au caustique de Vienne, à l'immobilité avec l'appareil ouaté, aux préparations iodées, M. Burggraeve administra la tisane deZiiimann, quoiqu'il n'y eût pas plus de trace de syphilis que de scrofules ni de tubercules ; la persistance des douleurs et leurs exacerbations seules lo guidèrent. Trois mois après, le malade sortait guéri (Bull, de VAcad. de méd. behje, t. VI, p. 884). Nouvel exemple de la réalité et de la puissance de l'art lorsqu'il est sagement interprété.

Syphilis héréditaire. D'après 61 cas observés dans ses salles, lo professeur Sigmund dit que, quand la mère est

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syphilitique, l'apparilion de la syphilis chez l'enfant est un fait presque sans exception. Son intensité dans ce cas est en raison de l'intensité de celle de la mère, et aussi en raison du temps qui, chez celle-ci, s'est écoulé entre l'infection et la conception.

La syphilis que les enfants tiennent de la mère est extrêmement grave. Sur ces 61 cas, il y a eu 4 7 naissances prématurées et 44 à terme. Des premiers, 11 étaient morts et 4 des derniers. Sur les 46 enfants venus vivants, 4 seulement survécurent trois mois; on ne sait rien du sort définitif de deux. Quant aux autres, la moyenne de leur vie fut de vingt-six jours, le temps le plus long étant de qualre-vingl-dix jours, et le plus court d'une heure. {Wien. med. Halle. )

Transmission et prophylaxie. Tandis que M. Fournier montre statistiquement que les trois quarts environ des infections chez l'homme proviennent des prostituées {Union méd., n" 31), M. Jeannel, se fondant sur le peu de créance que I on peut faire à cet égard sur le dire des malades qui ne savent pas distinguer une fille inscrite d'une prostituée clandestine, soutient que la source en est surtout dans celles-ci. Il prétend le prouver en montrant de même la proportion parallèlement décroissante des vénériens militaires de la garnison de Bordeaux de 1 859 à 1 861 , avec celle des cas de maladies constatées chez les filles inscrites par des visites plus régulières et rapprochées au dispensaire, ce qui semble plutôt corroborer la proposition précédente. Mais de ce qu'en 1862 et 63, l'augmentation suit une marche semblable avec la coïncidence d une répression très -sévère de la prostitution inscrite, il conclut que le mal est surtout dans la prostitution clandestine [Union méd., n" 43). On peut juger de la valeur de l'argument.

Inoculation par le catliétêrisme de la trompe d'Eastache. Les faits de ce genre se multiplient d'une manière déplorable. A l'occasion d'un nouveau cas relaté par M. Lailler à la Société des hôpitaux, il s'en est produit jusqu'à 25, savoir : 2 par M. Lailler, 4 par M. Gubler, 5 par M. Hillairet, 2 par M. Gossehn et une douzaine par M.Ricord. Dans tous ces cas, les malades, dans différentes positions sociales et d'une honorabilité incontestable, faisaient remonter le début des accidents au calhetérisme de la trompe d'Eustache par le môme spécialiste, qui, réunissant à sa consultation un certain nombre de malades, les

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cathélérise successivement avec la môme sonde. De là la source du danger, selon IM. Bucquoy. On voit dès lors sur des malades de tout âge, enfants et vieillards, se développer les accidents primitifs dans la gorge, adénite sous-maxillaire, sans que rien existe aux parties génitales ; puis les accidents constitutionnels surviennent après un temps plus ou moins long et le plus souvent avec une gravité inusitée. C'est ce qu'ont particulièrement remarqué et signalé MM. Lailler et Fournier. Faut-il en attribuer la cause à ce mode d'inoculation? 11 semble plus probable, selon M. Fournier, que la nature du mal étant méconnue pendant longtemps en raison de son origine insolite, on ne songe à leur opposer un traitement spécifique que lorsque le mal non traité est complètement invétéré. (Soc. méd. des hôpitaux.)

Chancre induré de la lèvre. C'est un fait bien établi aujourd'hui que les souffleurs de verre sont exposés à contracter la syphilis et la contractent même assez souvent par le fait seul de leur profession. Il suffit pour cela que l'un d'eux dans une fabrique soit contaminé. En soufflant tour à tour sur le même verre, le contact des lèvres sur ce verre souillé par la salive explique celte contagion. Aussi est-ce ordinairement sur les lèvres que le mal débute et reste local assez longtemps pour faire croire à un cancroïde. C'est ainsi qu'un ouvrier verrier se présentaità l'Antiquailleavecdes ulcérations au gosier, plaques muqueuses à l'anus peu de temps après avoir été opéré d'un chancre induré de la lèvre inférieure par un médecin de Denain, croyant avoir affaire à un cancro'ide. La cicatrisation fut bonne, mais les accidents consécutifs décelèrent la véritable nature du mai. La profession dans ce cas peut donc éclairer le diagnostic. (Soc. des se. méd. de Lyon.)

Traitement. A en croire M. H. Lee, la prédominance fonctionnelle du foie chez les habitants des contrées équatoriales et l'état d'hypérémie de cet organe seraient la cause de la ténacité traditionnelle de la syphilis dans ces contrées, malgré l'usage interne des différentes préparations mercurielles et autres. Leur action spécifique serait ainsi entravée, annulée par leur absorption dans le système de la veine porte en raison de ces conditions pathologiques du foie, et c'est à leur usage externe qu'il faudrait recourir dans ces cas. Les fumigntions de calomel, sous forme de bain de vapeur, se sont ainsi montrées efficaces une fois de plus contre une syphilis consli-

sii'niLiU».

luLionnelle coniraclée dans l'Inde, et qui élait restée réfraclaire pendant six ans à tous les traitements internes et au changement de climat. Sous rinfluence do celui-ci, au contraire, les exostoses diminuèrent ainsi que les douleurs' nocturnes, et la santé se rétablit sans nulle récidive malgré le retour dans rinde. [Brilish med. Journ., avril.)

Eaux de Luchon. Le pouvoir révélateur si remarquable des eaux sulfureuses de Luchon contre la syphilis latente, amoindri par M. Lambron, qui prétend que dans les affections récentes ce n'est pas sur le virus qu'agit l'agent thermal, mais sur les médicaments spécifiques (mercure ou iodure de potassium) restés dans les organes, a été vivement revendiqué par M. Vénol qui l'a restitué dans toute sa puissance et sa vérité par l'évidence éclatante des faits. Chez un malade^ guéri depuis six mois par un irailement prolongé, les eaux n'ont rien révélé ni le mal ni la poussée hydrargyrique par suite de l'excès des remèdes. Chez le second, cru guéri depui? neuf mois, mais qui s'était irrégulièrement soigné, une poussée de corona Veneris et de psoriasis palmaire s'est manifestée dès le cinquième bain, malgré la sécurité plus probable par la date de la disparition des symptômes.

Quant à l'avantage de l'emploi de ces eaux pour mieux faire supporter de hautes doses de sublimé que M. Lambron élève jusqu'à 1 gramme sur 500 grammes de véhicule, dont il fait prendre graduellement une, deux et jusqu'à trois cuillerées par jour, sans accident, M. Vénot démontre que c'est simplement par la formation d'un sulfure de mercure noir et plus ou moins cinabré, à peu près insoluble et ne pouvant ainsi pénétrer dans l'organisme, que ces doses véritablement toxiques sont neutralisées. Il ne reste d'actif du bichlorure de mercure dans ce mode d'administration que les faibles quantités qui n'ont pas été décomposées [Unio7i méd., n° 108). La méthode n'est donc pas rigoureuse et ne mérite pas d'être préconisée.

Injections hypodermiques au calomel. Persuadé que le calomel à la vapeur se change eu sublimé ou bichlorure de mercure par l'absorption, le docteur Scarenzio, chef de la clinique syphilitique de l'Université de Pavie, l'a employé suspendu dans la glycérine, le mucilage et même dissous dans l'eau, en injections sous-cutanées contre la syphilis constitutionnelle. La solution employée à cet effet est dans la proportion de 20 à 30 cen^

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ligrammes sur 4 gramme à 2 de menstrue, et ce'tte petite opération, faite avec la seringue de Pravaz à la partie interne de la jambe et de préférence à celle du bras pour ne pas assujettir le patient au décubitus, est des plus simples. On la répète une fois ou deux, suivant la nature des accidents et leur intensité. Sur 8 cas traités par cette méthode et dont il rapporte les observations in extenso, — chancre, périostose, douleurs ostéocopes, blennorrhée, tubercules, nécrose, eczéma, — un seul, déjà rebelle à d'autres traitements mercuriels, a résisté. Dans 7 autres, la guérison a été prompte, stable, sans accidents concomitants ni consécutifs.

Les effets salutaires se manifestèrent seulement huit à quinze jours après l'injection, ce qu'il n'est pas rare d'observer par les autres méthodes de traitement ; mais une fois l'amélioration commencée, la guérison était prochaine.

Dans un cas, il apparut, au vingtième jour après l'injection, une stomatite mercurielle intense et rebelle, ce qui prouve l'absorption du médicament. Dans tous les autres, la piqûre détermina un point purulent qui, ouvert avec la lancette, donna issue à du pus sans trace de mercure et se cicatrisa ensuite promptement sans revêtir jamais l'aspect syphilitique. M. Scarenzio voit dans ce fait la preuve de la métamorphose du calomel en sublimé, et son innocuité sur les plaies et la muqueuse oculaire le fortifie dans cette conviction. Mais la concentration de la solution explique bien mieux cet effet local, effet dont il est facile de se convaincre sans danger par des injections plus diluées, [A7in. univ. dimed., sept.)

Si les succès de cette nouvelle méthode de traitement de la syphilis se confirment, ses avantages sont évidents, car avec une dose relativement homœopathique d'un spécifique qui épouvante les malades et une légère piqûre, on fera disparaître rapidement une maladie qui exige toujours un traitement long et minutieux de la part du médecin et une grande docilité de celui qui s'y soumet.

Vaccination anli syphilitique. Des nouvelles communications de l'auteur, M. Lukomski, il paraît résulter qu'en Allemagne et en Russie les essais à cet égard ont mieux réussi qu'en France. Une centaine d'expériences faites à Moscou, notamment à la clinique du professeur Popov, ont été couronnées d'un succès éclatant. Trente-trois sujets atteints des formes les plus variées

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de la syphilis, ont été guéris par ce moyen, [Revue méd. et Abeille méd.)

M. Ricordi, de l'hôpital des Vénériens de Milan, traite l'adénite par l'application du coUodion, comme on l'a fait pour l orchito, et en obtient ainsi la résolution. {Ann. nniv. di med., mars.)

Contre les végétations considérables de la vulve, M. Rémonenq a obtenu un succès remarquable en cautérisant avec l'acide chromique. Voy. ce mot.

Traitement de la sijphilis et d'autres maladies sans mercure, ou Recueil de témoignages tendant à prouver que le mercure est une cause de maladie, non un remède, par Charles Drysdale (traduit de l'anglais). In-IS de 102 pages. ■ — Traité pratique el élémentaire de pathologie syphilitique et vénérienne, par MM. les docteurs L. Belhomme, ancien interne du Midi et de Lourcine, et Aimé Martin, ancien interne de Saint-Lazare. Ouvrage adopté par le Conseil de sanlé des armées. Un fort volume in-12. — Traité théorique et pratique des maladies vénériennes, leçons cliniques sur les affections blennorrhagiques, le chancre et la syphilis, par le docteur Edmond Langlebert, recueillies et publiées par M. Evariste Michel, revues par le professeur. Un volume in-8° de 750 pages. — Des syphilis malignes précoces, par le docteur Dubuc, ancien interne lauréat des hôpitaux de Paris, etc. Un vol. in-8°. — Physiologie des vénériens, exposé des phénomènes caractéristiques qui accompagnent et suivent les accidents vénériens, par Ch. Roquette, docteur en médecine, élève du docteur Ph. Uicord, etc. Un vol. in-1 2 de 548 pages. — Tratlalo délie maluttie veneree (Traité de la maladie vénérienne), par le docteur Galligo (de Florence), rédacteur en chef de Ylmparziale. 3' édition, refondue et augmentée, représentant en Italie les nouvelles doctrines des écoles de Paris et de Lyon , comme les représentent MM. H. Lée, en Angleterre, Lindwurn et de Baerensprung, en Allemagne. Un beau vol. in-8° de 1007 pages. — Délia sifilide muscolare (De la syphilis musculaire), par le docteur Mazzucchelli, médecin adjoint de l'hôpital des Vénériens de Pavie. Monographie qui a obtenu le prix Grassi. — The Pathology and Treatmenl of venereal discases iiicluding the resuHs of récent investigations npon the subjoct (Pathologie et traitement des maladies vénériennes, avec les résultats des recherches mo-

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dernes sur co sujet), par F. J. Bumslead, M. D. Nouvelle édition, revue, avec gravures. Un vol. in-S". Philadelphie

TABAC. Envelof'jpé dans des feuilles de' p'omb, le tabac a priser acquiert des propriétés toxiques et détermine de la céplialalgie avec vertiges. Symptômes d'empoisonnement et même la mort s ensuivirent chez un vieillard qui persista à en faire usage. Un fait semblable a élé observé à Constantinople ou I on renconinî beaucoup de tabac enveloppé ainsi [Gazette ilVnent, n" 3). Depuis que ce danger a été constaté en France on a substitué aux feuilles et aux vases de plomb des feuilles d eîain dont l'emploi est tout à fait inoffensif. (J. de chim mèd ^ mars.)

De nouveaux faits observés par M. Decaisne l'ont aussi fait considérer comme un narcotique du cœur. Voy. Cœun.

Son absorption cutanée a d'ailleurs été conslaléo depuis lmi,^lcmps el notamment par ce fait d'un contrebandier, qui s étant couvert le corps de feuilles de tabac, éprouva une faiblesse extrême avec petitesse du pouls, sueurs froides, défaillances, accidents qui ne furent conjurés que pnr les boissons alcooliques à haute dose. [Acad. des se. , août.) Voy. Amaurose.

TAILLE. MouTAMTé. Sur une statistique de G 6 cas pratiqués aux Etats-Unis par le professeur Pope du collège médical de Saint- Louis, il y a eu i morts, dont ^2 sur 29 cas de (aille pratiquée sur des enfants au-dessous de treize ans, .'^oil 1 : l 4 1/2 tandis que la proportion s'élève à 1 : 9 dans la statistique d"^^ M. Civiale,

Les deux autres décès ont eu lieu chez des hommes ayant plus de treize ans et moins de cinquante, sur 31 opérés de cet âge. 4 opérés au-dessus de cinquante ans ont guéri; la proportion est donc encore plus favorable que dans les statistiques françaises.

57 dB ces opérations ont été faites par la (aille latérale, deux lois il y a eu perforation du rectum suivie, dans un cas d'hémorrhagie consécutive au neuvième jour. Une seule fois,' fistule recto-vesicale qui a guéri à la longue.

Outre toutes les exceptions signalées dans cette statistique,

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