TEMPÉRATURE
était déjà abaissée de plusieurs degrés au moment de la chute de la lièvre dans la pneumonie, La pleurésie, l'angine, la fièvre intermittente cl typhoïde, tandis que, dans la rougeole, la variole, l'érysipèle et le rhumatisme articulaire, son égalisation persiste plusieurs jours après la cessation complète de la fièvre. Il semble donc que les nerfs vaso-moteurs soient plus profondément modiliés dans celles-ci que dans celles-là. (Acad. des sciences, juillet.)
Réfrigération locale. Voy. Fièvre typhoïde.
Température du corps humain et ses variations dans les maladies. Études de médecine clinique du professeur Lorain, notes et documents inédits coordonnés et publiés par le docteur Brouardel. 2 vol. grand in-8°, composés à l'Imprimerie nationale. Paris, 1877.
Les matériaux accumulés dans ces deux gros volumes sont le résultat d'un travail continu, de près de dix ans, de l'ancien professeur d'histoire de la médecine à la Faculté. Précédé d'une introduction sur la médecine scientifique, c'est-à-dire étudiée avec tous les instruments de précision moderne, cet ouvrage est divisé en trois parties : une analyse critique et très-attrayante des théories émises sur la chaleur et la fièvre forme la première; la seconde est consacrée à ces deux éléments, d'après les doctrines, îijb théories et les résultats contemporains sur la température humaine et ses oscillations suivant les âges, les parties, les conditions, et la troisième, renfermée dans le second volume, traite de ses variations dans les diverses maladies, avec les courbes, les tracés recueillis dans un grand nombre de cas. C'est donc à la fois une oeuvre historique et clinique, qui montre bien la valeur des résultats de la méthode graphique actuelle. Telle est l'adaptation et la désadaptation aux températures ambiantes démontrées surtout dans les fièvres intermittentes ; leur variation dans les divers points du corps, dans certaines maladies et sous l'action de quelques médicaments, comme la saignée, la digitale, la quinine, l'alcool et les bains, avec les exemples à l'appui. C'est là une œuvre considérable, mais qui contribuera plus aux progrès de la physiologie pathologique qu'à ceux de la clinique.
TESTICULES
TESTICULES. Cancer ou syphilis? En vue de montrer l'extrême difficulté du diagnostic de la malignité ou la bénignité des tumeurs testiculaires, les incertitudes du microscope à cet égard, et en contradiction avec la clinique, le docteur Poinsot a relaté les deux faits suivants : Tumeur du testicule gauche chez un enfant de 4 ans, ayant pris le volume d'un gros œuf de poule en quinze jours. Ovoïde, régulière, lisse, un peu aplatie transversalement, elle est uniformément dure, résistante, indolore. Peau saine et mobile, sillonnée de vaisseaux volumineux, sans engorgement ganglionnaire. Intégrité du cordon. C'était donc bien une tumeur dure qui fut diagnostiquée maligne , cancéreuse, en raison de son développement rapide.
La castration montra, au contraire, une tumeur de 150 grammes, à aspect lisse, luisant, d'un blanc bleuâtre, sans suc, formée de tissu cartilagineux au microscope, à cellules groupées par masses et séparées par du tissu fibreux abondant. C'était un enchondrome. Le microscope contredisait donc le diagnostic clinique, et cependant l'enfant succombait, quelques mois après, à la généralisation de l'encbondrome dans le système lymphatique abdominal, la rate et les poumons, sans récidive locale.
M. Verneuil a facilement prouvé que l'erreur, loin d'être au microscope, était au chirurgien lui-même, car on sait, depuis trente ans, que l'enchondrome n'est rien moins qu'une tumeur bénigne. Celui des phalanges, des doigts, de la main, peut sans doute être considéré comme bénin ; mais il n'en est pas de même de celui des glandes, dont la nature est réputée à juste titre des plus malignes. Cliniquement d'ailleurs, tout néoplasme à développement rapide, chez les enfants, est toujours extrêmement grave. Chez deux enfants auxquels il a pratiqué la castration pour des tumeurs à développement très-rapide, la mort s'en est suivie quelques mois après, par suite de récidive sur place ou par généralisation, bien que la constitution histologique ait été reconnue cancéreuse dans un cas et fibro-plastique dans l'autre. Le microscope et la clinique ne sont donc pas en désaccord ; chacun a dit la vérité.
Le second cas est non moins frappant. Un boucher de 42 ans porte, depuis trois ans, une tumeur du testicule gauche développée à la suite d'un simple froissement et
TESTICULES
arrivée à la grosseur du poing, malgré l'iodure do potassium iniûs et etotr'a. Elle eét réniténte'j élastique et thème iliietuanlc en certains points et ligneuse en d'autres. Ovoïde, s;ins fcrknspafencc, lourde, indolore a la pression) cette tumeur no donne, comme la première, que quelques gouttes de sang à la ponction exploratrice. Peau saine; an aisseaux variqueux, ni ganglions engorgés. C'était doue encore une tumeur solide, et le diagnostic par exclusion fut celui d'un sârcb'cèlej dont l'excision fut pratiquée immédialement. Elle pesait :!i)2 grammes, était enveloppée et limitée par la vaginale doublée et adhérente, formée d'un tissu blanchâtre, dense et résistant sur certains points, jaune et ramolli sur d'autres. Une grande quantité de suc en sort par le raclage. Le microscope révèle de petites alvéoles remplies de cellules rondes à noyau volumineux et clair, limitées par des travées très-fines, adénoïdes ici, et plus épaisses où le tissu ëst plus dense, les cellules plus volumineuses. C'était donc bien un carcinome encéphaloïde.
Néanmoins , la cicatrisation fut prompte, et, depuis le 30 juin 1874, c'est-à-dire quatre ans, la guérison ne s'est pas démentie, et il n'y a eu aucune apparence de récidive. Ce qui n'a rien d'étonnant, dit M. Verneuil, car, outre qu'il est assez fréquent de voir lâ récidive du cancer se faire attendre plusieurs années, il est rare de rencontrer cliniquemeht une tumeur maligne du testicule passé l'âge de 40 ans. Une tumeur testiculaire développée aussi tardivemeilt et progressant lentement, comme celle-ci, est rarement suivie de récidive. Bon nombre de tumeurs semblables, enlevées par lui dans ces conditions, n'ont pas récidivé le plus souvent, quoique reconnues pour de véritables cancers au microscope. M. Després a confirmé ce fait. Dans un cas, il n'y avait pas récidive après quatorze ans, et, dans deux autres, les opérés jouissaient d'une santé parfaite deux et trois ans après. Le cancer du testicule, chez l'adulte, est loin de récidiver avec la même rapidité que chez l'enfant. Il n'y a donc, pas plus dans ce cas que dans le premier, contradiction du microscope avec la clinique.
M. Verneuil a enlevé ainsi un testicule ayant toutes les apparences extérieures du cancer et qui, à l'œil nu et au microscope, s'est trouvé être un testicule syphilitique. La résistance de ceux-ci à Un traitement prolonge par l'iodure
TESTICULES
n'est d'ailleurs pas une preuve de cancer, connut! on l'admet trop généralement. Le mercure et les frictions mercurielles en particulier réussissent souvent quand l'induré avait échoué. M. Panas a eu à traiter une tumeur testieiilaire, ayant toute l'apparence carcinomateuse, qui avait résisté à l'iodure de potassium et qui guérit rapidement par les frictions mercurielles. Il faut donc employer le mercure et l'iodure, dans les cas douteux, avant de prononcer le mot cancer.
L'cnkystcment des tumeurs encliondromateuses du testicule sei'ait, pour M. T. Anger, le caractère et la garantie de leur bénignité. La forme maligne serait aux tumeurs non enkystées. Et il appuie cette loi sur le seul fait d'un homme de 43 ans, opéré à l'hôpital Beaujon, en 1875, d'une tumeur fibro-cartilagineuse, indépendante de l'épididyme, datant de neuf mois et ayant augmenté sous l'action du traitement. Développée au voisinage du corps d'Higmore, elle avait repoussé la glande et s'en était isolée par une membrane de tissu conjonctif qui lui formait enveloppe et ne lui laissait aucune relation vasculaire que par le corps d'Higmore. De là sa non-récidive jusqu'ici. (Soc. de chir., mars . )
Ce n'est pourtant pas que le squirrhe du testicule soit niable, malgré l'opinion de plusieurs pathologistes. Le docteur Nepveu en a réuni neuf observations incontestables et vérifiées, avérées par le microscope. Voici les signes distinctifs qu'il lui assigne : petit volume, dureté ligneuse, faible sensibilité , marche très-lente de deux à six ans. (Assoc. française.)
Inclusion péri-testiculaire. Un nouveau cas, observé par M. Bœckel, de Strasbourg, a remis cette question à l'ordre du jour. C'était, comme le plus souvent, une erreur de diagnostic. Croyant à l'existence d'un sarcocèle, on amputa le testicule chez un homme de 38 à 39 ans, pâle, amaigri, cachectique, sans doute par l'inquiétude que, depuis trois ans, lui donnait son mal plutôt que par les douleurs qu'il en éprouvait; tandis qu'à l'examen la tumeur, formée d'une substance fibreuse molle, parsemée de kystes remplis ^éléments êpithéliaux glandulaires, pileux, était renfermée dans une poche scrotale, refoulant en arrière et en bas le