CONCOURS
chefs de clinique et des travaux anatomiques, des préparateurs d'histoire naturelle. C'est la mesure de la valeur que M. Bardoux attribue au concours, et cela prouve que le gouvernement actuel ne tient pas assez compte de son origine républicaine pour rompre avec les précédents autoritaires de l'Empire et suivre une voie nouvelle, celle du concoui'S.
Décentralisation. L'administration actuelle a donné une nouvelle preuve de son esprit formaliste et de statu quo en conservant l'étrange règlement de M. de Cumont sur la centralisation à Paris des concours pour l'agrégation en médecine dans toutes les Facultés. Malgré les résultats négatifs que l'on en avait obtenus en 1875 et les protestations unanimes de la presse médicale, elle a donné force de loi à l'arrêté Jean Brunet, réglant ces concours , tandis qu'elle n'exécutait pas celui des cliniques spéciales instituées par ce ministre. Aussi, comme il était facile de le prévoir, ces concours, loin d'élever le niveau des épreuves et de faciliter le recrutement des Facultés de province, n'ont amené qu'un nombre de concurrents inférieur à celui des places, sans qu'aucun des candidats parisiens, M. Pitres excepté, ait consenti à aller combler ces vides. Loin d'être plus brillantes, les épreuves ont été seulement plus inégales entre les candidats de Paris et ceux de la province, et l'on a pu juger ainsi tristement de la distance qui les sépare par la quantité et la qualité.
En effet, pour trois places à Paris, il y avait neuf candidats, tandis que, pour trois à Lille, un seul s'est présenté, et encore a-t-il été éliminé après les épreuves probatoires. Lyon, Nancy et Montpellier n'ont envoyé que juste le nombre de candidats pour remplir les places vacantes. Aussi ont-ils été admis sans lutte ni choix et comme par nécessité, tandis qu'un compétiteur, jugé inadmissible pour Paris, a été nommé en province. Deux places restent ainsi vacantes dans le concours de chirurgie, à défaut de concurrents.
Le concours des sciences accessoires n'a pas mieux réussi. Dix-sept places étaient vacantes et dix-sept candidats s'étaient inscrits, mais douze seulement se sont présentés, et, après examen et épreuves éliminatoires, le jury n'en a nommé
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que huit, moins do la moitié. Toutes les Facultés en manquent, celle de Paris exceptée. C'est donc la meilleure preuve de l'inefficacité de la concentration de ces concours a Paris.
Aussi M. le président Gosselin a-t-il conclu judicieusement, dans son rapport, que, devant cette pénurie de concurrents de la province, il fallait renoncer à ce mode de concentration des concours, imaginé et défendu par M. Chauffard, inspecteur de l'enseignement médical supérieur. L'abandon de la clientèle, du service des hôpitaux, autant que l'accroissement des dépenses à Paris peuvent ainsi empêcher les plus capables de se présenter. Il faudra donc revenir aux concours locaux, usités avec succès avant l'innovation Chauffard-Cumont.
Il en serait sans doute autrement si, comme en Allemagne, en Angleterre, en Italie, les Facultés les plus importantes étaient appelées à recruter leur personnel par le choix et l'appel direct des professeurs qui se sont le plus distingués dans les autres. Il est très-désirable que cette modification ait lieu dans l'intérêt de l'enseignement, surtout avec le nombre croissant des Facultés en province.
Bourses clans les Facultés de médecine. Un arrêté ministériel du 20 juin dispose qu'aucun étudiant ne sera admis à concourir s'il n'a obtenu au moins la note satisfait à son dernier examen.
COQUELUCHE. Ulcération sublinguale. Sa valeur séméiologique est encore diversement interprétée, comme les observations diamétralement opposées de MM. Delthil et Cutler, relatées l'année dernière, l'ont prouvé (V. année 1877). A l'appui de sa nature purement traumatique soutenue par l'auteur américain contre l'observateur français, voici la réponse qu'une autorité bien plus compétente, M. Roger, j a faite dans son rapport à l'Académie de médecine du 19 septembre :
« 1° U ulcération sublinguale est une lésion propre à la coqueluche, et comme elle ne peut se produire qu'à la suite de fortes quintes, elle devient un signe presque certain de coqueluche confirmée, intense et conséquemment plus ou moins grave.
« 2° Elle n'est que le résultat d'un traumatisme : les con-
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dites matérielles indispensables à son développement sont, pendant les quintes violentes, la propulsion de la langue hors de la bouche, le heurt de sa face inférieure contre les dents et le frottement répété du frein sur le bord libre des iïïcisi'vcs .
« 30 Une des preuves de cette action mécanique est le rapport qui existe entre l'intensité des quintes et l'ulcération : car celle-ci ne se forme qu'alors que les accès convulsifs sont bien établis; elle persiste aussi longtemps qu'ils gardent leur violence, et elle se cicatrise dès qu'ils la perdent (la coqueluche elle-même étant en décroissance, mais non guérie).
(( 4° Ce qui prouve surtout qu'il s'agit d'un traumatisme, ce sont les caractères physiques de la lésion, qui sont ceux d'une coupure, d'une déchirure; son siège presque exclusif au frein, le plus directement exposé à se blesser aux dents qu'il rencontre; ses variétés de fréquence, de situation et d'aspect, à la face inférieure de la langue, dépendantes du nombre, de la forme et de la disposition des dents tranchantes du petit coquelucheux, les incisives médianes étant les plus offensives.
« 5° Ce qui prouve enfin de la façon la plus positive la réalité et la nécessité d'une action traumatique, c'est l'absence de l'ulcère (même chez les jeunes enfants dont la mâchoire inférieure est armée de dents acérées) dans les cas où la coqueluche est bénigne, où les quintes sont légères et courtes, et par conséquent sans projection de la langue; c'est encore son absence, même dans les formes les plus véhémentes de la maladie, chez les édentés de tout âge, soit les allaités dont la dentition n'est pas commencée, soit les enfants plus âgés qui viennent de perdre leurs premières dents. La lésion fait toujours défaut dans la coqueluche qui atteint les enfants pendant les premières semaines, les premiers mois de la vie, avant la pousse des incisives du bas. Sans dents offensives, pas de blessure possible, et conséquemment pas d'ulcération sublinguale avant la première dentition : c'est une loi de la clinique.
« 6U L'ulcère du frein ne saurait être considéré comme une manifestation morbide qui, élément constitutif de la pyrexie, en montrerait la spécificité, car il n'a lui-même rien de spécifique : loin d'être constant, il ne se rencontre
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que dans la moitié des cas; il n'apparaît pas au début comme les éruptions dans les lièvres, mais après un temps fort variable : il suit les quintes et ne les précède jamais — On ne peut le regarder comme un exanthème, puisqu'il ne commence ni par une vésicule, ni par une pustule, ni par une simple tache, ni une plaque dipbtbéroïde, encore moins une pseudo-membrane : c'est d'abord une érosion, une coupure transversale qui devient plaie, puis ulcère, et celui-ci se couvre d'un produit pultacé blanc ou grisâtre, mou ou induré, très-dissemblable, à la vue et au microscope, de la fausse membrane de la diphthérie. — Si l'on observe la lésion presque exclusivement dans les coqueluches graves, c'est que la véhémence des quintes augmente et renforce les conditions du traumatisme qui en est la cause productrice; mais, par elle-même, elle est sans valeur aucune pour le pronostic.
« 7° Ce serait une grande erreur que de croire à un rapport de genèse entre la coqueluche et la lésion sublinguale, et d'assimiler l'ulcère du frein « au ebancre de la syphilis, aux aphtbes de l'entérite, aux lysses de la rage. »
« 8» L'importance de l'ulcère du frein est nulle au point de vue de la pathologie générale, puisqu'il n'est qu'un accident local et un incident de la maladie; mais, comme on ne le rencontre dans aucune autre affection, il devient, dans certains cas donnés, un symptôme capital; signe certain de coqueluche, et ordinairement d'une coqueluche intense, il acquiert alors une grande valeur sémiotique. » (Acad. de méd., septembre.)
Ce n'est pourtant pas que l'opinion contraire soit encore accréditée en Angleterre. Le docteur Elliot ayant rencontré cette ulcération 41 fois sur 100 cas dans une récente épidémie de coqueluche à l'hospice des enfants de Bristol, alors que d'autres enfants atteints de bronchite, pneumonie ou phthisie ne la présentaient pas, en a conclu qu'elle n'était pas produite par la pression des dents, d'autant que, dans le quart des cas, elle était apparue dès le début du mal, après quelques accès de toux, sans quintes véritables, même chez des enfants n'ayant pas encore de dents. (British med. journal, septembre.)
Cette dernière objection au traumatisme, la seule qui ne fût pas réfutée, l'a été par le docteur Bouffier, de Cette, qui