ECZÉMA
trois mois, atteint depuis l'âge de cinq mois d'un eczéma généralisé. Apparu d'abord sur la face et derrière les oreilles, fl s'est graduellement étendu sur toute la surface cutanée. Néanmoins l'enfant nourri d'abord par sa mère, puis confié à une nourrice saine, dont les enfants ne présentaient aucune affection, était vigoureux, mangeait et digérait bien. Il jouissait d'une bonne santé, sauf l'affection eczémateuse, qui ne fut traitée que par des émollients.
Le 14 mars, cet enfant fut pris, subitement et sans cause appréciable, de dyspnée si intense que le pouls s'éleva à 160 et la respiration à 80, sans matité ni bruits anormaux dans la poitrine. Un vomitif, immédiatement administré, n'amena qu'un soulagement momentané, et, une heure après, l'accès reprenait avec toute sa violence : l'enfant était cyanosé, le pouls petit et misérable, l'asphyxie imminente, lorsque dans la fin de la nuit, il tomba dans une sorte de somnolence accompagnée de sueurs abondantes, qui amenèrent une détente générale. L'accès était passé, et, le lendemain matin, l'enfant jouait comme d'habitude, et tout l'effet de cet accès d'asthme se manifesta dans la journée par un redoublement de l'éruption eczémateuse.
Rien de nouveau jusqu'au 1er mai, lorsqu'une nouvelle crise, plus violente que la première, se déclara aussi subitement dans la nuit. Pouls à 180 et respiration à 64. Malgré les sinapismes et les vomitifs, l'accès persista toute la journée du lendemain, et le soir, l'enfant, cyanosé, était mourant. Un vésicatoire fut dès lors appliqué dans le dos et un autre sur le devant de la poitrine; vin d'Espagne comme stimulant. L'état resta néanmoins le même jusqu'au lendemain, le troisième jour seulement, une légère détente se manifesta et, en augmentant, rendit bientôt la santé à l'enfant, comme la première fois, avec une poussée eczémateuse très sensible donnant lieu à une démangeaison si vive que l'enfant en devint comme furieux.
Ces accès de dyspnée sont donc évidemment produits par l'eczéma, et ce n'est qu'en agissant sur cette dermatose généralisée que l'on pourra prévenir ou diminuer le renouvellement de ces accès, mettant la vie en danger. (Soc. méd. des hôp. mai.)
Eczéma scrofuleux des enfants. Il a pour caractère dis-
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linclif, k la face et à la tête, de n'exciter aucune démangeaison, tandis qu'il provoque une agitation continuelle s'il est de nature arthritique. Quand, à ce symptôme évident se joignent d'autres signes de la scrofule, le docteur E. Besnier emploie un traitement tout différent. 11 graisse les croûtes avec de l'huile, pour les faire tomber, en les humectant avec des douches de vapeur ou des pulvérisations. Des cataplasmes de fécule ensuite et un masque de caoutchouc suffisent ordinairement à la guérison, surtout si l'on y joint l'usage interne de l'huile de foie de morue, les toniques et le séjour à la campagne. A défaut de pouvoir faire supporter ces moyens topiques, un Uniment oléo-calcaire frais Jes remplace avantageusement.
^ Dans les cas où l'affection est rebelle à ces moyens simples, l'usage des mercuriaux est indispensable, o grammes de liqueur de Van Swieten dans 100 grammes du Uniment précédent, ou des lotions chaudes avec une ou deux cuillerées à café de cette liqueur pour un verre d'eau, sont du meilleur effet. Mais il est essentiel que l'enfant soit exempt de bronchite ou de diarrhée pour l'emploi de ce traitement. Sans produire de répercussion, il pourrait être accusé d'avoir provoqué les suites souvent si dangereuse* de ces accidents. (Journ. de méd. et chir. pratiq., août.)
EMBOLIES. Immobilité nécessaire. Il résulte des recherches de M. Damaschino que la caillot ou coagulum, dans la phlegmatia alba dolens, présente des âges différents.
Une coupe faite au sixième ou au septième jour de la maladie montre un coagulum formé de toutes pièces, homogène, dont les couches périphériques sont très adhérentes à la tunique interne du vaisseau; un peu plus tard, une même coupe montre toute une série de modifications dans l'épaisseur du caillot et la formation d'éléments embryonnaires de formes différentes. Au vingtième jour, on aperçoit, dans le coagulum, des vaisseaux de nouvelle formation; enfin, au bout de deux ou trois mois, on trouve des vaisseaux d'autant mieux formés qu'on se rapproche de ta périphérie du coagulum, tandis qu'au centre il existe encore de petits interstices qui ne sont pas complètement organisés.
Dès 1863, Trousseau avait constaté, dans un mémoire t'ait
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avec M. Dumonlpallier, que l'organisation du caillot était telle dans l'embolie pulmonaire à la suite de cette maladie, qu'il faisait corps avec les parois vasculaires.
D'où cette conclusion pratique, formulée par M. Labbé, que, le caillot étant assez solidifie et adhérent au delà du vingtième jour pour que l'on n'ait plus à en redouter la fracture l'immobilité doit être absolument recommandée pendant trois semaines au moins, six semaines au plus, après la formation d'une embolie. Bien que le centre du coagulum ne soit pas encore complètement modifié à cette époque, les accidents ne sont plus à craindre. (Soc. méd. des hop.)
EMPOISONNEMENT. Chlorate dépotasse. Devant l'usage croissant, immodéré de ce sel, la facilité des pharmaciens à le délivrer sans ordonnance et les hautes doses employées en gai'garismes ou autrement contre les maladies de la gorge : angines, diphthérite et croup, surtout chez les enfants, il est nécessaire d'en signaler les effets toxiques. En deux années, M. F. Marchand a observé plusieurs cas de mort subite à la suite de son abus. Les symptômes principaux en sont, au début, des vomissements persistants, de l'hématurie, suivie bientôt d'une anurie presque complète. Teinte subictérique de la peau, suivie de délire, de convulsions se terminant par un coma mortel.
Deux lésions anatomiques principales se rencontrent à l'autopsie. La couleur naturelle du sang est remplacée par une teinte d'un brun chocolat sombre, extrêmement remarquable. Cette teinte toute spéciale résulte de la transformation chimique du sang au contact du sel de Berthollct. L'hémoglobine s'oxyde et se transforme en un corps nouveau donnant au spectroscope une raie d'absorption spéciale dans le rouge. Le sang est incapable, dans cet état, d'absorber l'oxygène, et les globules rouges se transforment en une masse gélatineuse brunâtre.
La même coloration s'observe du côté des reins et des organes vasculaires de l'abdomen. Les canalicules urinifères de la substance corticale sont remplis de cylindres brunâtres, homogènes, composés par le sang chimiquement transformé. C'est une néphrite hémorrhagique toute spéciale. En tenant compte de la fréquence des néphrites, le docteur Jacobi attribue une grande quantité de leur multiplication à
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l'usage banal et sans mesure, c'est-à-dire l'abus, que l'on fait actuellement de ce sel. L'urine contient la môme substance, et l'on obtient des symptômes et des lésions cadavériques semblables cbez les jeunes animaux en leur faisant absorber une quantité déterminée du môme se.l
La pathogénie de ces accidents résulte de l'action du cblorate de potasse sur le sang. Décomposé au contact de toutes les bumeurs organiques, il ne parvient que rarement dans le système circulatoire ; mais il y détruit alors les hématies. C'est un poison du sang. De là ses effets sur l'urine, sous la peau, dans le foie et la rate. Les désordres nerveux se montrent ensuite, comme dans toutes les intoxications par défaut d'oxygène.
D'où cette conclusion pratique que l'action générale de ce sel, si elle existe, ne peut être que funeste. Son action locale n'est pas douteuse, mais trop insuffisante pour administrer ce médicament quand il y a du danger, comme cbez les enfants en bas âge. Il doit donc être banni ou à peu près de la thérapeutique infantile. (Virchoio's Archiv.)
Une observation du docteur Scbultze confirme cette interprétation. Des gargarismes de cblorate de potasse ayant été prescrits à un enfant de trois ans et demi, atteint de dipbtbérite, il en guérit bien; mais, peu à peu, il prit une teinte de cyanose et devint somnolent. On apprit que la femme chargée de lui toucher la gorge avec le liquide le lui faisait boire. De la sorte, en quatre jours, 30 grammes avaient été consommés. Il succomba le septième jour avec de la prostration et tous les symptômes d'une gastro-entérite violente. (London med. Record.)
Empoisonnement par la cantharldine. Des lapins soumis par M. Cornil à des injections sous-cutanées de cantharidine ont montré à l'autopsie, vingt minutes seulement après la mort, les reins profondément modifiés, des altérations des cellules et des leucocytes gonflés, remplis de granulations jaunâtres. Limitée d'abord à la substance corticale, au labyrinthe, aux glomérules et aux tubes contournés, l'inflammation gagne bientôt les voies d'excrétion, et, en une à deux heures, l'épithélium des tubes droits et des tubes collecteurs est complètement modifié, ainsi que leurs éléments anatomiques.
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Les lésions de la vessie ne sont que secondaires et s'étendent non seulement à la muqueuse, mais au chorion et à la couche superficielle des celjules. Elles sont ainsi remplacées par des globules de pus et de grosses cellules mères, venant probablement d'une irritation locale causée par l'urine contenant de la cantharidiue, inflammation comparable à celle d'un vésicatoire sur la surface muqueuse.
Ces lésions s'étendent au tube gastro-intestinal et probablement à toutes les muqueuses, car, en pénétrant le sang comme l'urine, le poison s'étend partout. Le sang d'un animal empoisonné ne tarde pas à être toxique et détermine des accidents analogues lorsqu'il est transfusé à un autre. Un catarrhe très intense apparaît ainsi une demi-heure après l'injection-, les cellules sont modifiées et les vaisseaux très dilatés.
De même que la muqueuse de la trachée a montré de& élevures causées par l'amoncellement des cellules, les bronches sont prises simultanément et même jusqu'aux alvéoles pulmonaires.
Ces effets rapides témoignent aussi de la rapidité de l'élimination du poison, et l'on voit ainsi, chez les animaux ayant résisté à des faibles doses et sacrifiés ensuite, tous les éléments anatomiques reprendre vite leur état normal.
Administrée lentement et à faible dose, la cantharidine a déterminé des lésions du rein semblables à celles de la néphrite albumineuse. (Voy. ce mot et Journal de l'anatomie et la phys., n° 5.)
Empoisonnement par la strychnine. Chloral. Dans le chagrin de la perte de sa position, un homme de trentecinq ans se met à boire pendant quinze jours consécutifs,puis il va, le 30 décembre 1879, acheter de la strychnine pour empoisonner les rats. Le marchand lui en livre 1 gr. 20, qu'il verse dans un verre d'eau-de-vie, avalé aussitôt en rinçant le verre pour ne rien laisser au fond. Peu après, il se sent malade et vomit un peu dans la cour. Ramené chez lui, il raconte ce qu'il a fait. On lui ingurgite aussitôt une livre de beurre fondu, et le docteur G. Gray, en arrivant peu après, le trouve en proie aux convulsions, à demi couché et la tête renversée; nouveaux accès toutes les trois minutes, avec respiration irrégulière. gaunier. xvi. — 12
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Les angles de la Louche sont tirés en bas avec rire saïdonique. Peau froide couverte de sueur visqueuse. Pouls faible et rapide. Mâchoires contractées dans l'intervalle des accès; impossible de les écarter. *
Une solution de 8 grammes de chloral dans 60 d'eau étant préparée, la moitié en est immédiatement instillée dans la bouche par l'intervalle de deux dents manquante. Il n'y eut dès lors que deux attaques violentes; elles diminuèrent et s'éloignèrent de plus en plus ensuite, et, en dix minutes, les mâchoires se relâchèrent. L'introduction d'une pompe stomacale ramène des accès plus forts. On administre dès lors un vomitif de sulfate de zinc et d'eau tiède, puis 4 grammes de tannin, qui furent aussi vomis.
Une heure après, on donna par cuillerées le surplus de la solution de chloral, sans produire de sommeil; mais l'empoisonné se remit parfaitement, malgré la dose énorme de poison qu'il avait avalée.
L'action du chloral est d'autant plus certaine ici que, donné expérimentalement par M. Gray à des chiens empoisonnés en mangeant des fauves tués avec la strychnine, cinq ont été guéris de la sorte. (British med. journ.)
Empoisonnement par l'acide oxalique. Donné expérimentalement en solution de 1 à 10 0/0 par Kobert et Kussner, ce sel excite à petites doses le centre vaso-moteur de la moelle, le paralyse transitoirement à dose moyenne et d'une manière permanente à forte dose. Le pouls devient irrégulier, puis se ralentit : on dirait que les battements du cœur font défaut. La respiration est généralement ralentie d'emblée. On observe ensuite des phénomènes d'excitation et plus souvent de dépression dans le domaine de la motdité. de la sensibilité et des réflexes. Ces derniers symptômes sont très accusés dans le cas d'intoxication rapide, par exemple quand l'injection est faite dans le sang ou dans le péritoine, ou quand on expérimente sur des chats, lesquels sont particulièrement sensibles à l'action du poison; ils manquent absolument dans le cas d'empoisonnement subaigu ou chronique. Leur apparition comme aussi la combinaison des différents symptômes sont très irrégulières, et, par suite, leur présence n'a rien de pathognomonique.
Mais on constate, à l'autopsie, des lésions caractéristiques
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dans les reins, et l'urine présente elle-même des modifications vraiment remarquables. Dans les cas aigus, elle est rare, fortement alburaineuse, parfois mêlée de sang, et renferme une substance réductrice à un puissant degré, qui n'est pas la glycose et dont les auteurs n'ont pu reconnaître la nature. Le dépôt, examiné au microscope, se compose de sang, de cylindres hyalins et de cristaux d'oxalate de chaux qui sont tantôt octaédriques, tantôt disposés en gerbe d'aiguilles, tantôt en formes arrondies comme les boules de leucine. Ces derniers ne se dissolvent pas dans l'ammoniaque ni l'acide acétique, mais bien dans l'acide chlorhydrique.
Les canalicules urinifères sont remplis d'oxalate de ebaux, ainsi que l'avait déjà indiqué Rabuteau. Cette lésion est visible même à l'œil nu, sous forme de stries blancbes qui occupent surtout l'écorcc dans les cas aigus, la substance médullaire dans les cas chroniques. On n'a jamais observé de dégénérescence graisseuse ni de lésions interstitielles des tissus. (Archiv. de Virchow, t. LXXVIII.)
Empoisonnement saturnin. L'usage du lait dans la nourriture des ouvriers qui se servent du plomb est un préservatif contre les coliques et l'empoisonnemeut saturnins. L'épreuve en a été faite dans les fabriques de céruse, dont la plupart des ouvriers parviennent à se prémunir de l'intoxication et des paralysies consécutives, en faisant chaque jour un abondant usage du lait dans leur nourriture.
Empoisonnement par les moules. Paralysie spinale atrophique. Souffrant depuis quelques jours, malade d'une angine avec toux et fièvre, le docteur Bruun mange des moules à son souper. Deux heures et demie après, démangeaison dans les poignets, le cou; cardialgie; plus tard coliques; légère- évacuation alvine; vomissements provoqués difficilement. La nuit, le prurit augmente; céphalalgie, urticaire bourdonnements, étincelles, diplopie. Douleurs pulsatives occipitale, cervicale, vertébrale. Un seul et faible vomissement le matin, malgré l'administration de plusieurs vomitifs. Bientôt convulsions cloniques des muscles antérieurs de la cuisse. Persistance de la céphalalgie. Puis douleurs rhumatoïdes des deux bras, du côté des fléchisseurs, cl dans la colonne; sensorium libre.
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Le lendemain, après un sommeil provoqué parle chloral, récidive de convulsions et douleurs dans les bras; raideur des muscles des jambes; 80 pulsations.
Le 28 janvier, encore quelques faibles convulsions, cuisses sensibles à la pression, douleurs lombaires ; cependant la pression sur les apopbyses épineuses est indolore. Paupières œdématiées. L'après-midi, le malade s'aperçoit que le membre inférieur gauebe fléchit sous lui ; cette parésie augmenta les jours suivants.
Le 1er février, pression douloureuse sur les onzième et douzième vertèbres dorsales; persistance des convulsions; sensation d'empbysème de cause inconnue sur la face antérieure de la cuisse gauebe; le nerf crural, douloureux à la pression, devient le siège d'une névralgie violente; douleurs dorsales. Les douleurs lombaires ne cédèrent qu à l'application répétée de vessies de glace sur la colonne.
Au milieu de février, le membre inférieur gauebe, touiours faible, était atrophié, notamment le vaste interne. Plus tard encore, accès douloureux; le membre inférieur droit se prit de la même manière que le gauebe, et les convulsions se généralisèrent à tout le corps; les nerfs étaient douloureux. Électricité, iodure de potassium, badigeonnâmes à la teinture d'iode le long de la colonne; peu de résultats; le grand air parut avoir une bonne influence. Un an après, l'auteur reprenait sa clientèle; de temps en temps cependant, accès durant quinze jours; la guerison n'a été complète qu'au mois de juin de la même année après une saison de bains de mer. (Hosp. Tidende et Lyon ■médical.) / Empoisonnement par l'arsenic mélangé aux corps
grDS;P^ydeurSits observés par M. Féréol les symptômes et les lésions de cet empoisonnement diffèrent selon la préparation absorbée. Chez un homme d'une quarante d'années, vigoureux et bien portant, ayant mgér volonta! rement 9 grammes environ d'acide arsénieux, e docteur LaTombe observa, deux heures après des vo— en , diarrhée, refroidissement, cyanose, pouls filif orme api orne anurie crampes, dyspnée par accès, endossement de Uréglnn hépatique avec intégrité de Intelligence jusquà
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la mort, c'est-à-dire avec tout l'appareil d'un cholérique.
La mort, survenue vingt-six heures après, a décelé une eschare large comme la main sur la paroi postérieure de l'estomac et une poudre jaunâtre comme du sulfure d'arsenic répandue dans les replis muqueux les plus saillants. L'action a donc été escharrolique. Lésions inflammatoires de l'intestin grêle, du duodénum surtout avec psorentérie ; deux plaques d'entérite dans le gros intestin. Foie très volumineux et stéatosé pesant 3o0 grammes; reins également transformés en matière grasse, ainsi que le cœur, de couleur feuille morte.
Chez une jeune fille qui s'était empoisonnée avec une préparation de 2 gr. 50 d'arséniate de soude, il n'y avait au contraire aucune lésion escharotique à l'autopsie, et la stéatose considérable du foie était l'unique altération. Et au lieu des phénomènes cholériformes, diarrhée et paralysie, il n'y eut que l'affaiblissement progressif de tous les sens et de la température se maintenant de 35 à 35,2 pendant trois jours, la mort n'arrivant que le cinquième. (Soc. de méd. des hop., novembre.)
Mais ce n'est pas seulement la préparation qui marque surtout les différences, la dose en rend bien mieux compte.
EMPYÈME. La résection d'une ou plusieurs côtes, à l'exemple du professeur Estlander (Voy. aimée 1879), a été pratiquée sur neuf enfants atteints d'épanchements purulents chroniques de la plèvre, à l'hôpital Midland, de Birmingham, par le docteur Thomas. Les succès sont remarquables. Quatre opérés ont guéri avec expansion du poumon et reproduction des côtes excisées; chez trois autres, l'écoulement a cessé avec expansion graduelle du poumon. Le huitième va bien, et le neuvième seul, opéré in extremis, a succombé six heures après. (Birmingham mecl. Review, mai.)
Cette résection des côtes est faite pour en prévenir la rétraction et faciliter le drainage de la plèvre. La guérison ne pouvant être réelle, complète que par l'expansion du poumon favorisant l'accolement de la plèvre et l'oblitération de sa cavité, l'excision des côtes paraît favorable à cet effet. Ce n'est pas assez de sauver la vie, en pareil cas, si l'opéré ne jouit que d'une respiration incomplète. Ce n'est pas là une guérison, c'est un stigmate pour la chirurgie de guérir
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avec un poumon sans usage, comme de laisser la hanches'ankyloser dans une position vicieuse. C'est là ce qu'il faudrait ne pas perdre de vue, afin de ne pas attendre au dernier moment pour évacuer le liquide. Tout épanchemeul est préjudiciable au poumon, et sa disparition avec un poumon atrophié n'est pas une guérison satisfaisante. La thoracentèse n'est donc jamais trop rapide pour prévenir cette compression. La nécessité de la résection des côtes est une preuve qu'elle est faite trop tardivement. (Lancet? n" XX, mai.)
Danger des injections. Il s'est révélé de nouveau à M. Dumontpallier, dans un cas de pleurésie purulente d'origine puerpérale. A plusieurs reprises, lorsqu'on procédait au lavage de la plèvre avec des injections phéniquées, alcoolisées ou iodées, la malade ressentit un malaise général, avec vertige et coloration rouge de la peau de la face et de la paroi antérieure de la poitrine. Une fois, les accidents furent plus accusés, et, immédiatement après le lavage de la plèvre, la malade eut une syncope, avec trismus et écume à la bouche, dont elle guérit heureusement. (Acad. de méd., août.)
Ce sont des accidents de contracture et de paralysie qui se sont manifestés dans des conditions identiques chez un jeune homme opéré del'empyème pour une pleurésie purulente chronique dans le même service. Tout allait à merveille, sans aucun trouble ni accident important pendant les lavages de la plèvre pratiqués matin et soir avec de l'eau phéniquée ou une mLxture iodurée. Le pus était presque tari, lorsque le 16 octobre dernier, 81e jour de l'opération, en procédant au pansement, de même que les jours précédents, le malade assis sur son lit se plaint tout à coup d'étourdissement et tombe sur ses oreillers.
Aussitôt on constate la contracture de tout le côté droit,, avec anesthésie complète de tout le corps. Le malade est penché à droite dans son lit, la tête tournée à droite, la face contracturée de ce côté, la commissure labiale droite portée en haut et en dehors. Paupières ouvertes, pupilles largement dilatées et immobiles. La vision et l'ouïe sont abolies Le bras droit est raide et serré le long du corps avec le? doigts et la main fortement fléchis. Jambe droite raide.
ENDOCARDITE FOETALE 211 C'était donc une hemicontracture droite avec insensibilité
de toute la surface du corps. t„OAhlr,.
Cet état dura deux à trois minutes ; la contractée disparût 'graduellement du côté droit, et le malade 1emue bras et jambe, mais tout le côté gauche se trouve alors paralysé avec hyperesthésie de la surface du corps, au lieu de l'insensibilité précédente. Et pendant douze à quinze minutes le patient reste dans une sorte d'hébétude n entendant et ne distinguant qu'imparfaitement les personnes qui l'entourent, sans que le pouls ni la respiration aient été
U Cette8 double crise d'hémicontracture droite et d'hémiplégie ^auche s'est terminée par une sueur abondante et des larmes. L'action réflexe produite par l'irritation de la séreuse a donc porté successivement sur les deux hémisphères, tandis que dans la première elle avait porté probablement sur le bulbe et déterminé l'arrêt subit de la respiration et de la circulation. Deux effets tout différents produits par une cause identique. (Soc. de Mol, octobre.)
ENDOCARDITE FOETALE. Une fille de dix-sept ans. n'ayant jamais eu de rhumatisme, fut admise, à la lin de sa o-rossesse, dans les salles du professeur Peter, à la Pitié. Le double battement du cœur fœtal est entendu dans la situation ordinaire; mais, au lieu du tic-tac habituel, le premier bruit est remplacé par un murmure soufflé, suivi presque immédiatement d'un bruit aigu et normal, avec un ^ court silence ensuite. Ces battements se répètent environ 130 lois par minute, et tout d'abord l'interne, M. Barth, pensa que ce murmure, décrit par Nœgele, était dû à la compression du cordon. Sa limite précise étant dans l'aire des battements du cœur fœtal et l'absence de contractions utérines pouvant déterminer la compression du cordon lui firent diagnostiquer une lésion de l'un des orifices. Ce murmure était manifeste encore le lendemain, quand le travail se déclara. L'enfant était mort-né et avait succombé probablement durant la dernière période de l'accouchement. Sa conformation était naturelle, et tous les organes étaient normaux, excepté le cœur, énormément hypertrophié et remplissant presque toute la cavité thoracique. Sa forme était globuleuse et la moitié droite beaucoup plus large que la gauche.