INTRODUCTION
Si je rappelle que je suis le parrain de cet ouvrage et que, sur mes conseils, l'auteur et l'éditeur en ont entrepris la publication, c'est pour qu'il me soit permis de prendre une part de satisfaction de son succès, car il a obtenu un trèshonorable succès et, la meilleure preuve qu'on puisse ert donner, c'est la publication de la seconde année. On est toujours flatté d'avoir vu juste et, surtout, de n'avoir pas donné de mauvais conseils à ses amis.
La fortune du Dictionnaire annuel est donc assurée ; elle doit même s'accroître parce que cet ouvrage répond à un véritable besoin des médecins, celui de conserver le souvenir des choses utiles et de pouvoir les retrouver au besoin. Il est, suivant la juste appréciation de M. le docteur Cotting, de Boston, « tout à fait la chose nécessaire, indispensable au praticien actif, occupé, qui doit se tenir au courant des progrès de sa profession, et qui n'a pas le temps de chercher le grain de froment dans un tas de paille. — The grain of w/ieat in the bushel of chaff. » Ces avantages, que je faisais valoir l'année dernière, ont été appréciés et le seront de plus en plus.
Ce dictionnaire des proiym doit donner lui-même l'exemple du progrès, et, sons ce rapport, il mérite des félicitations. Le volume s'est enflé, il a 250 pages de plus que celui de l'année passée; h bibliographie a' csl étendue, et l'auteur, avec beaucoup de déférence, a suivi l'avis que je lui avais donné de consacrer quelques pages à la nécrologie. En mettant autant
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(l'emprcssemeni à se rendre à mes conseils, il pourrait nie rendre exigeant ou indiscret. Heureusement que j'ai peu de chose à lui signaler qui doive être réformé. Je lui indiquerai seulement de veiller à éviter quelques répétitions, ou plutôt, à ne pas disséminer sous des vocables divers des sujets identiques, par exemple, la syphilis vaccinale et la vaccine syphilitique, et quelques autres petites modifications de détail qui ne peuvent que rendre son œuvre plus utile et plus recherchée, et que je lui signalerai chemin faisant.
Tel que je viens de le parcourir, ce noilveau volume m'a paru mériter une plus grande bienveillance encore (p]e son aîné, et M. Garnier me semble entrer de plus en plus dans les intentions de cette publication périodique.
Je remarque avec plaisir que l'auteur qui, l'an passé, s'était montre sobre jusqu'à l'abstention d'appréciation et de critique, a été moins timide cette année ; il dit volontiers son opinion sur beaucoup de choses et, je le signale à la louange de son indépendance, ce ne sont pas aitx plus humbles qu'il adresse sa critique.
Et, à propos de critique, pourquoi le Dictionnaire n'aurait-il pas itn article sous ce titre, dans lequel seraient signalées les meilleures appréciations des productions de la littérature médicale? La critique scientifique et littéraire est un mode d'enseignement qui a sa raison d'être et sa fécondité. Il est vrai qu'elle est languissante et terne en ce moment, ou bien, quand elle prend quelque accent, c'est aux dépens de la justice, de la modération et du bon goût. Cependant, on pourrait encore glaner quelques bons épis, dans ce champ sans doute mal cultivé, et l'honneur d'être cité dans le Dictionnaire pourrait encourager quelques essais.
L'année s'étant montrée à peu près stérile en productions philosophiques et dogmatiques, le Dictionnaire n'indique rien de ce côté. A l'occasion de la discussion sur l'aphasie, c'est à peine si quelques orateurs de l'Académie de médecine ont tenté d'entrer dans le domaine de la psychologie ; il n'y a eu ni entraînement ni imitation. ]l paraît que les philosophes
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et les dogmatistes se recueillent ! C'est en vain qu'à l'occasion du rapport officiel sur les eaux minérales, Pidoux a cherché résolument, par une savante disquisition sur la palhogénie et le traitement des maladies chroniques, à soulever une dis- •cussion de pathologie générale; sa voix s'est éteinte sans écho.
Peu de découvertes en anatomie; les seules qui aient été signalées sont indiquées par le Dictionnaire. Ainsi, les dispositions décrites par Deville des glandes linguales , celles du plexus artériel sous-pleural, par W. Turner, des canaux péri-vasculaires des centres nerveux, par His, les recherches du professeur Claudius (de Marbourg) sur la position normale de l'utérus, de Joulin sur la membrane lamineuse, l'état du chorion et la circulation dans le placenta à terme, de Mantegazza sur le poids des testicules, etc.
Nous croyons que les lecteurs du Dictionnaire auraient su bon gré à M. Garnier de donner, à l'article Histologie, un résumé succinct des leçons du professeur Robin, ce qui lui aurait été facile, puisque ces leçons sont publiées dans un journal de médecine.
En physiologie, la récolte a été plus abondante et de bonne qualité. Les recherches du docteur Recklinghausen sur Vabsorption des substances grasses, peuvent conduire à des indications thérapeutiques et méritaient d'être consignées dans le Dictionnaire, ainsi que l'a fait M. Garnier.
On lira avec intérêt les curieuses recherches de E. Robin sur l'alimentation.
Vanesthésie par l'éther reprendra-t-elle le terrain que le chloroforme lui a fait perdre? Le Dictionnaire ne dit encore ni oui ni non, mais il indique avec soin les recherches chimiques et expérimentales qui se sont produites depuis peu en faveur de l'éther, dont Montpellier, Lyon et Naples se disputent la priorité et la constance d'application.
La physiologie du cœur a reçu quelques développemejils intéressants des recherches et ex|)ériences de Collin sur les différences d'action entre les cavités droites et les cavité , c;\RmER. h