PÉRITONITE
répétés ont lien, malgré l'opium, pouls à 105. C'est alors qu'au troisième jour seulement « M. Laforgue se décide à appliquer le collodion d'après la méthode de M. de Robert de Latour. » Quatre heures après, la sédation se manifestait, et, dès le lendemain, la rémission de tous les symptômes était évidente; preuve de l'action incontestable du remède qui, malgré quelques incidents, amena bientôt la guérison. [Journ. de méd. de Toulouse, juin.)
Ici, le chef de service semble avoir plutôt cédé aux sollicitations de son interne, M, Bouzique, auteur de l'observation, qu'obéi spontanément à son inspiration personnelle. L'hommage final de l'élève respectueux, remerciant son maître « de lui avoir fourni l'occasion d'appliquer une méthode qui, sous sa direction, a été suivie d'un succès inespéré », justifie d'autant mieux cette interprétation, que M. Laforgue continua l'usage des moyens internes et fit des réserves en leur faveur sur l'issue heureuse de ce cas. Et pourtant, l'issue fatale des trois précédents et l'effet immédiat du remède permettentils le moindre doute? Preuve du peu de confiance qu'inspire encore la méthode des enduits imperméables contre l'inflammation et la difficulté d'abandonner d'anciens errements. Il faudra néanmoins se rendre à l'évidence devant les succès croissants signalés de part et d'autre de cette nouvelle méthode et les malheurs sans fin de l'ancienne. Que l'on accepte ou non les explications doctrinales qu'en donne l'auteur, les faits subsistent dans toute leur majesté, et condamnent les chefs de service qui refusent d'expérimenter cette médication externe. Exempte de dangers, elle permet à ceux qui ne croient pas à son efficacité absolue, et que des scrupules retiennent, d'employer simultanément les remèdes internes, comme l'a fait M, Laforgue. C'est au moins un moyen de s'éclairer, de se convaincre et de ne pag refuser systématiquement l'accès à l'innovation, au progrès.
Le professeur Dohrn de Marbourg a employé ce moyen sur une bien plus grai\de échelle qu'il ne l'avait jamais été et le résultat en a été on ne peut plus favorable. Chez 31 malades, il n'a éprouvé que trois insuccès, et encore peuvent-ils être attribués à des complications. Dans un cas, il y avait inflammation des veines du bassin; dans un autre, des exsudais ont été rencontrés en grande quantité à la paroi postérieure du petit bassin. Dans tous les autres, la péritonite se limitait à la région sousombilicale, et les applicalions de collodion n'ont jamais dépassé
PKSSAIRE.
riiypogaslre. Dans un seul, l'inflammalion était généralisée.
Ce IrailemeiiL a clé institué dès le début des accidents et' après quelques minutes, la diminution de la douleur abdominale et du malaise général était sensible. La fréquence du pouls et des mouvements respiratoires diminuait dans les vingt-quatre heures, et l'abaissement de la température locale était bien plus frappant encore. {Monatschr. fitr Geburskunde, 5*= livr.). C'est donc là une confirmation éclatan'e de l'efficacité de cette nouvelle méthode tiiérapeutique que les praticiens ne sauraient trop employer. Voy. Albuminurie.
PESSAIRE. Pessairc élastique. Un fil métallique en spirale, recouvert de gomme élastique et dont les spirales sont soutenues à Tinlérieur par d'autres fils placés en croix forment le pessaire a motla du professeur Giordano de Turin. Un coussinet ou anneau de caoutchouc est fixé à la partie supérieure où se place le col pour soutenir l'utérus et diminuer le frottement, la compression des spirales. [Gazz. ^ned. di Torino, n" 9.)
Si la réductibilité de cet instrument en rend l'introduction facile, si sa légèreté, son élasticité et son bon marché le rendent préférable à beaucoup d'autres, il en est un beaucoup plus simple encore et qui nous semble en avoir tous les avantages sans les inconvénients, c'est le pessaire à air du docteur Gariel. Ici aucune pièce métallique ne peut se déranger ni blesser les organes génitaux.
Pessaires-Icviers. Inventés par le docteur Hodge, de Philadelphie, et employés par le professeur Braiin, de Vienne, ces instruments dilîèrent des divers appareils imaginés jusqu'ici pour le redressement ou la contention de l'ulérus. Ils sont formés d'une tige cylindrique de caoutchouc durci, grosse comme une sonde ordinaire, ayant la forme d'un parallélogramme à angles très-arrondis. Le docteur Van den Corpul en a fait confectionner de gutla-percha, soutenu par une tige intérieure en métal flexible, comme dans celui du professeur Giordano. Par' l'incurvation de l'instrument sur son plus grand diamètre, il s'accommode parfaitement aux dispositions naturelles du vagin, et, par l'écartement de ses branches, embrasse ou soutient le segment inférieur de la matrice. On en distingue d'ouverts, fermés et en anneaux. D'ailleurs, il est facile d'en modifier la forme selon les indications. Les premiers répondent assez
PHARMACOLOGIE.
exactement à celle d'un fer à cheval, dont le corps, introduit le premier comme pour les pessaires ordinaires, va se placer dans la concavité du sacrum, et soutenir ainsi le corps de l'utérus. Pour tous les aulres, un praticien en saisira bientôt le mode d'application à la vue de l'instrument et en connaissant l'espèce de déviation à laquelle il doit remédier, sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans les minutieux détails décrits par l'auteur. (Jouru. de méd. de Bruxelles, février.)
Sur un nouveau système de pessaires -leviers et leur emploi dans le traitement des déviations utérines, par le docteur Van den Corput. Brochure de 16 pages, grand in-8°. Bruxelles.
PII VUAIACOLOGIE. Taffetas gommé. L'odeur résineuse du sparadrap ou diachylon, assez forte pour incommoder certaines personnes, ses effets irritants dans quelques cas, sa cassure facile et sa non-adhérence lorsqu'il est sec, ont déterminé M. Fort à le remplacer par un véritable diachylon gommé avec le mélange suivant :
Gommo arabique mondée 5 grammes.
Eau dislillée 8 —
Glycérine • . Q. S.
Faites dissoudre la gomme dans l'eau, et ajoutez à la solution quantité suffisante de glycérine pour lui donner une consistance de sirop. On l'étend avec un pinceau sur une toile fine et bien lisse, légèrement gommée. Le nombre de couches varie avec l'épaisseur que l'on veut donner à ce taffetas et l'usage que l'on veut en faire.
Pour se servir de celte toile gommée, il suffit de l'humecter avec un peu d'eau, et de l'appliquer immédiatement.
Ce nouveau taffetas à la glycérine a ainsi l'avantage d'être inodore, très-souple et non cassant en hiver comme en été. Il ne se rétracte pas comme le taffetas anglais, et a sur ce produit le mérite du bon marché. {Journ. de méd. de Bordeaux, mars )
Empidtrc stîbié. L'inlroduclion du tartre slibié au milieu de la masse empiastique, l'emplâtre de poix de Bourgogne dont en se sert en particulier par exemple, est condamné, non sans raison, par M. de Servière, car il est évident que tout ce qui n'est pas en contact avec la peau ne sert à rien. L'emploi
PHARMACOLOGIE.
d'un sparadrap slibié pour obvier à cet inconvénient ne réaliscrnit pas davantage la perfection. Il conseille de former avec lu cpiantité de tartre stibié prescrit, et un peu d'axonge, une sorte de masse de consistance pilulaire que l'on étend au centre de l'emplâtre, en laissant un rebord adhésif. Le médecin peut doser ainsi exactement la quantité d'émélique nécessaire pour obtenir le degré de révulsion voulu, sans mettre la peau en contact avec des quantités trop fortes ou trop faibles d'un corps aussi absorbable que l'antimoine, et dont l'innocuité n'est pas démontrée. [Gaz. hebd.)
Pâto de Canquoin. Une modification pharmacologique très-importante a été faite par M, Demarquay pour prévenir le durcissement de cet excellent caustique qui, solide et souple, se moule exactement sur les parties à détruire. V. Caustiques.
Vins ferrugineux. L'incompatibilité du fer et du tannin a fait regarder leur solubilité comme impossible jusqu'ici. Et cependant, dit M. Dannecy, l'existence du fer dans les vins de Bordeaux n'est plus douteuse. Amené ainsi à rechercher le secret de cette combinaison naturelle, il est arrivé à cette conclusion qu'elle est due à la faveur de l'acide que renferment les vins rouges. On peut ainsi ajouter 1 0 et 20 grammes de sulfate de fer à un litre de vin rouge sans apporter aucune modification dans sa couleur ni dans sa limpidité. Une expérience encore plus concluante, c'est qu'une solution acide de tannin n'est ni colorée, ni précipitée par le sel de fer et même des infusions ou décoctions de noix de galle, d'écorce de chêne, de quinquina, de ratanhia. Ces faits autorisent à ajouter à l'histoire du tannin qu'il ne colore ni ne précipite les solutions de protosels, que si elles sont neutres.
De cette observation très-curieuse et toute nouvelle, on peut admettre comme très-facile et pratique la préparation du vin et du sirop de quinquina ferrugineux, dont la réalisation peut aujourd'hui entrer dans le domaine des faits acquis et devenir le secret de tout le monde. Le praticien pourra même varier les rapports du quinquina et du fer dans ces préparations pharmacologiques. [BuU. de thérap., n" 8.)
Goudron. Beaucoup de médecins, considérant le goudron comme une mine inépuisable, dit M. Deschamps, pharmacien de la maison de Charenton {Bulleiin de thérap.), conseillent
PHARMACOLOGIE.
tout simplemoni, de mettre ce corps dans un vase, avec de l'eau, d'agiter ou non, et de remplir chaque fois que l'on boit jusqu'à épuisement du goudron , c'est-à-dire jusqu'à coloration du liquide.
Ce procédé, on le comprend, est contraire à toutes les règles de l'art. Le goudron cède ainsi non-seulement sa résine, mais l'huile pyrogénée, les acides phénique, acétique, butyrique, et tous les autres principes qu'il contient. Les plus solubles facilitent la dissolution de ceux qui le sont moins, et l'on a ainsi un composé dont les éléments contraires s'annihilent réciproquement. Voici donc la formule qu'il propose pour l'eau de goudron :
Goudron fluide 20 grammes.
Eau houillante 1000 —
Mettez le goudron dans un pot de faïence, versez dessus un peu d'eau bouillante, agitez vivement pour le diviser, ajoutez le reste de l'eau, laissez refroidir et filtrez.
Un verre de 150 grammes représente l'infusé de 3 grammes de goudron. Voy. Inject. s. cutanées.
Nitrate ou azotate d'argent. Des recherches faites par M. Deniau sur les différents modes pharmaceutiques de préparation de ce sel pour l'usage interne, il résulte que les pilules au kaolin, à la terre de pipe ou au bol blanc, sont une des meilleures formules pour son administration. Le sel argentique s'y trouve en effet à l'élal de pureté; mais, par son action caustique, il peut déterminer des troubles sur la muqueuse gastro-intestinale et produire des douleurs assez vives, et d'autre part, sous cette forme, la présence de quelques chlorures suffit pour en empêcher l'absorption; il convient de leur préférer la potion du professeur Délioux, en remplaçant le chlorure de sodium par le bromure de potassium selon la formule suivante :
If Blanc d'œuf. n» 1
Azotate d'argent 0 gr. 50 cenligr.
Bromure de potassium ... 1 gr. 25 centigr.
Sirop de sucre 120 gr.
HyHrolat de menthe .... 100 gr.
Eau distillée 180 gr.
Mêlez.
Celte solution d'un litre, conforme au Coàex et contenant un centigramme par 20 centimètres cubes, peut se conserver pendant plus de deux mois sans altération. Elle s'administre par
PHILOSOPHIK.
cuilloréo à bouche sans déterminer aucun symptôme de douleur ni d'intolérance ; son absorption est facile et rapide, et la forme liquide permet d'administrer le médicament à des malades qui ne pourraient avaler les pilules ; la peau n'en est pas tachée, la saveur métallique est presque nulle, le dosage en est facile, et elle offre les conditions de stabilité que l'on doit exiger de tout produit pharmaceutique; tout milite donc en sa faveur et lui donne la préséance sur les préparations argentifères employées jusqu'à ce jour. {Journ. de pltarm. et de chimie, août.)
PHILOSOPHIE. Philosophie de la médecine, par le docteur T.-C.-E. Edouard Auber. Un vol. in-18de 185 pages. Germer Baillière.
Exposé rapide, sommaire, ou plutôt simple indication des principaux systèmes philosophiques de la médecine, concluant invariablement au vitalisme hippocratique, au naturisme qu'il développe et interprète comme le seul vrai. C'est la médecine traditionnelle stoïquement opposée au positivisme moderne; Cabanis contredisant Condillac , et Hippocrate proclamé le seul auteur de la véritable philosophie médicale. Un style vif, rapide, coloré, attachant, nourri d'une érudition savante, choisie, coUigée, font de ce petit volume, extrait de la Bibliothèque de philosophie contemporaine, un résumé des grands ouvrages de médecine hippocratique de M. Auber, aussi attachant à lire qu'utile à consulter.
Le vitalisme et l'animisme de Stahl, par Albert Lemoine, maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, un vol. in-18 de 206 pages. Germer Baillière.
Réédition corrigée, rajeunie de l'Etude sur Stahl et sa doctrine présentée à l'Académie des sciences morales et politiques dès i 835, et agréée par ce corps savant qui la publia dans ses mémoires. C'est une dissertation analytique et approfondie, raisonnée, surtout au point de vue historique et philosophique de la doctrine du célèbre professeur de Halle. Par sa lucidité et son étendue, elle fait connaître le raisonneur diffus, prolixe et le philosophe le plus obscur de son temps. Sous ce rapport, elle sera d'un grand secours au médecin philosophe qui trouvera ainsi condensée, concrétée en quelques pages, la doctrine de l'animisme, et le complément obligé du volume précédent.
The philosophy of Health (Philosophie de la santé), ou exposition des conditions physiologiques et sanitaires qui conduisent
PHIMOSIS. -"iSS
à la longévité el au bonheur, par le docleur Soulliwood Smith, 39G pages in-8", T*-" édition, revue et augmentée. Londres.
Comment un livre qui a un tel succès et qui a pour but et pour effet de répandre dans la société des habitudes d'hygiène, de morale, n'a-t-il pas encore été traduit dans toutes les langues?
PIITMOSIS. Une modificalion du procédé de réduction employé par M. Mercier a été heureusement introduite par le docteur Brégeault de St-Pierre-lès-Calais, pour son application aux sujets dont le pénis est peu développé, notamment aux enfants. C'est de substituer l'index au pouce, et, grâce à cette modification, on peut obtenir un résultat vainement demandé aux procédés ordinaires.
Appelé à donner ses soins à un mousse qui, pour tromper les ennuis de la navigation, s'était livré à l'onanisme, il constata un étranglement considérable datant de trois jours; la tuméfaction, la teinte violacée du gland et du bourrelet préputial, ainsi qu'une ulcération grisâtre, située à la base du frein, faisaient craindre l'invasion de la gangrène.
Après une demi-heure de manœuvres infructueuses, le débriment semblait èire la ressource ultime à mettre en usage, lorsqu'il modifia le procédé de M. Mercier, de la manière suivante :
Se plaçant à la gauche du malade et mettant l'index de la main gauche sur la face dorsale du gland, rongle insinué autant que possible sous la bride prépuliale, tandis que le pouce de cette main était couché le long de la face inférieure de la verge, il saisit de l'autre main, perpendiculairement à l'axe du pénis, entre le pouce droit en dessous et les deux premiers doigts du même côté en dessus, la base du gland et le pouce gauche couché sous l'urèthre. Une traction lente, continue, amena bientôt le prépuce sur l'ongle de l'indicateur gauche et partant sur le gland. [Journ. chméd. elchir. pratiques, juin.)
Circoncision. Quand, malgré l'emploi de ce moyen, la réduction devient impossible, M. Tillaux ne croit pas que l'on doive attendre la guérison des chancres pour pratiquer la circoncision comme quelques auteurs le conseillent d'une manière trop absolue, par crainte de voir les lèvres de la plaie devenir chancreuses à leur tour. Il cite des exemples où des chancres ont ainsi détruit partie du gland et des corps caverneux avant