‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 12 sur 149 · ABSORPTION · texte numérisé non relu

ABSORPTION

second. De même, en l'administrant sept heures avant l'opération de la cataracte, M. Bowmann en retrouva des traces dans chaque parcelle dn cristallin, {Lancet, mai.)

Ces expériences, faites à l'aide de l'analyse spectrale, sont donc concluantes et donnent une base certaine pour l'emploi thérapeutique du lithium.

Absorption des substances grasses, En VUe d'élucider la question de l'absorption des substances grasses, le docteur de Recklinghausen a injecté, dans la cavité abdominale de lapins soumis préalablement, pendant plusieurs jours, à une diète complète d'aliments, du lait, du sang, de l'huile et diverses substances colorantes en solution dans l'huile (ciniiabre et cobalt) ; et il a remarqué que les vaisseaux lymphatiques du diaphragme étaient injectés et contenaient de petites portions solides de la substance qui avait servi à l'expérience (corpuscules du sang, globules du lait, etc.). L'auteur a recherché par quelle voie les substances introduites dans la cavité péritonéale ont pu pénétrer dans les vaisseaux lymphatiques.

Kn examinant l'épithélium, il a constaté dans l'intérieur des cellules la présence des substances injectées. Des faits de ce genre n'ont pas été constatés seulement sur l'épithélium qui recouvre le centre tendineux du diaphragme, mais encore sur les cellules des autres parties de la cavité péritonéale ; il a même trouvé dans certains casque les vaisseaux lymphatiques étaient injectés, sans que les cellules eussent subi la moindre modification.

D'où cette conclusion générale :

Les vaisseaux lymphatiques superficiels du centre tendineux du diaphragme communiquent avec la cavité du péritoine au moyen d'ouvertures ayant environ une capacité double du diamètre des globules sanguins, et qui sont situées entre les cellules épilhéliales. {Gaz. mérl ilal.)

Do l'absorption et principalement de l'absorption cutanée, par le docteur Mougeot, deBar-sur-Aube. Brochure de plus de 120 pages in-8», Paris.

Résumé des recherches, des expériences et des résultats les plus récents sur l'absorption cutanée des médicaments à l'état gazeux, liquide, graisseux et pulvérulent. L'emploi de plus en plus fréquent de celte voie thérapeutique donne à cô travail un grand intérêt d'actualité.

ACCOUCHEMENT

ACCOUCHEMENT. Les douleurs expullrices , simulant, celles de raccouchement, que la présence de tumeurs, de polypes ou de corps étrangers dans l'utérus déterminent, sont rapportées par M. Bertholle à celles qui siègent en particuler sur la pjroi postérieure par la difficulté qu'elles rencontreraient à se loger, à se placer parla saillie du promontoire. Un seul fait observé appuie cette théorie qui paraît tout à fait inadmissible. Voy. Tumeurs.

Dilatation du col. — Suivant M. Inglis, un moyen simple de l'activer dans la première période du travail naturel spontané aussi bien que provoqué, est le décollement des membranes autour du col , soit avec le doigt , soit avec un instrument ÇEdiiib. med. Joiirn., juillet). La recommandation est au moins superflue, en présence de ce qui se fait ordinairement. Injections et dilatateurs ne tendent, en effet, qu'à ce décollement aussi bien que le toucher dans l'accouchement à ternie. Il est donc inutile d'insister.

Durée du travail. Elle a été pour le premier temps d'une moyenne de seize heures chez 275 primipares, tandis qu'elle n'a été que de dix heures au second accouchement chez les' mômes femmes.

Elle a élé de deux heures au second temps chez 277 primipares et de neuf chez les mêmes au second accouchement (Monatsschr. f. Geburlsk^ décembre 1 864).

Mortalité. Un fait elTniyant a été révélé à cet égard par M. Guyot. 492 femmes entrées à la Maternité de Paris, du 15 juillet au 1^'' octobre, ont donné une mortalité de 91 , dont 82 à ririflrnierie sur 171 entrées. {Société méd. des hôpitaux.) Tel est l'état habituel de cet établissement. En pré?elice de pareils résultats , cette maison devrait être immédiatement fermée.

Alorlft nubiles. — En déterminer la cau?o est toujours la pierre d'achoppement. Dans un cas relaté à la Société des sciences médicales de Lyon, on trouva, à l'autopsie d'une primipare de quarante ans, accouchée naturellement à la Maternité, la veille, après trente-six heures de travail, d'un enfant à terme mort-né, plusieurs tumeurs fibreuses du volume d'une orange à la surface de l'utérus et aussi dans l'épaisseur de son

ACCOUCHEMENT

lissu. Pas d'hémorrliagie ; mais, au sortir d'un bain pour faciliter la dilatation, la femme fut prise d'une céphalalgie intense, avec fiice rouge et pouls accéléré. Deux heures après la délivrance, le ventre se ballonne et devient très-sensible; face pâle, grippée; pouls petit, accéléré; oppression, nausées, et, malgré une potion antiémétique , la femme succombe quatorze heures après sans autres traces anatomiques pour expliquer cette mort foudroyante, qu'une légère coloration rouge limitée à la partie inférieure du ventre avec un litre de liquide environ dans le péritoine. [Gaz. méd. de Lyon, n° 5.)

L'auteur conclut, en conséquence, que le danger de ces tumeurs multiples est une pérUonile foudroyante. Ne peut-on pas supposer avec plus de vraisemblance qu'un refroidissement dans le bain, quoique le frisson ne .<^oit pas signalé, a été plutôt la cause déterminante de cette issue fatale?

Elle est plus obscure encore dans le fait émouvant relaté par le docteur Alhiet in France méd. , n° iO, C'était une présentation de l'épaule chez une femme épuisée de quarante-un ans, à son douzième enfant. La version fut facile, et 1 enfant étantmort, au lieu de procéder immédialementà son extraction, comme il est de règle, lorsque rien ne s'y opposa, M. Alhiet voulut laisser terminer le travail par les efibrts naturels. Mais bientôt une syncope et l'absence de douleurs l'obligent à opérer le dégagement du tronc et des bras. L'imminpnce d'une autre syncope, malgré les stimulants et les supplications de la malade, le décide seule à extraire la tête. Expulsion immédiate du placenta.

Malgré cette heureuse délivrance, l'ingestion de quelques gouttes d'eau-de-vie, des frictions stimulantes et le transport dans son lit, l'accouchée reste faible, pfde ; l'état syncopal persiste. Elle se plaint de coliques suivies d'un léger écoulement de sang. Aucune apparence d'hémorrhagie externe. Nouveaux bâillements avec inspirations profondes, et la pauvre femme demande un prêtre, appelle son mari, et lui recommande ses enfants en disant qu'elle va mourir. Et, en effet, ses yeux se voilent, le pouls devient plus serré, disparaît, et cette femme succombe ainsi, en moins d'une heure, sans efforts, sans secousse, sans oppression ni le moindre mouvement.

Comment expliquer cette mort si subito? Est-ce l'ébranlement physique et moral qui a pu détruire les sources de la vie, comme le veut l'auteur? Le docteur Galler ne l'admet pas.

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Une hémorrliagie interne lui senible évidente, d'après les symptômes {Scalpel, n° 33). Nous n'oserions le soutenir. Mais il suffit que l'accoucliour ait négligé de s'en assurer en portant le doigt dans l'utérus, pour donner au moins consistance à celte opinion. Nouvelle preuve qu'il ne faut pas môme donner prise aux suppositions d'impéritie.

Morl snbile posl partum. — Les causes ni les signes de ce formidable accident ne sont pas tellement connu?, que le fait suivant, raconté par M. Dubreuilli fils, ne puisse, par sa simplicité et sa précision, servir utilement à les éclairer. Une jeune fille entre à la Maternité, accouche heureusement aussitôt. Le lendemain elle est bien, sans 6èvre, mais un peu triste. Interrogée à ce sujet, elle répond que sa mère est venue la voir et lui a fait de vifs reproches ; que, d'ailleurs, elle sait très-bien qu'elle ne sortira pas vivante de l'hospice. Le jeudi, troisième jour après l'accouchement, elle se plaint d'une légère douleur dans la fosse iliaque gauche. Mieux le lendemain ; la malade se plaint d'une douleur au cœur. Vers cinq heures, elle fait teter son enfant, le pose dans son berceau et se recouche. Deux heures après, ne l'entendant pas remuer, on va voir à son lit : elle était morte. L'autopsie ne révéla que la présence d'un caillot fibrineux remplissant le ventricule droit, comme cause de celte mort subite.

Si à elle seule la puerpéralité expose à ces morts subites par une prédisposition spéciale à l'embolie, comme de nombreux exemples en témoignent, il semble évident ici que l'impression morale n'y a pas été étrangère. De là l'indication de l'éviter, de surveiller attentivement et de constater l'état de la circulation cardiaque, car voici un moyen qui, selon M. Paulet, peut réussir contre cet obstacle mécanique des embolies.

Chez une femme de soixante ans, présentant depuis huit jours seulement de la gêne au cœur, des palpitations, de l'essoufflement et de l'orthopnée avec œdème de la face et des membres inférieurs, ascite et urines albumineuses, proéminence de la glande thyroïde et des yeux, affaiblissement de la vue, M. Paulet vit rapidement disparaître ce cortège ctîrayantde symptômes qu'il rattachait à une hypertrophie excentrique du cœur et ses conséquences par l'administration do 8 décigrammes de scammonéele matin, et pour la nuit, 1 Î5 grammes, de nitrate do potasse dans un litre de tisane de chiendent avec

ACCOUCHEMENT

30 grammes de sirop de digitale. Une diurèse extraordinaire survint tout à coup, et à deux reprises une guérison apparente, qui se maintint jusqu'à neuf mois ; après quoi une troisième récidive emporla la malade.

Bien qu'il soit impossible de rien conclure de détails cliniques aussi vagues sur la cause réelle de ces accidents , qui peuvent être aussi bien rattachés à une maladie de Briglit qu'à l'embolie ou une altération valvulaire, la cessation des accidents est un fait remarquable. La haute dose de nilrate de potasse préconisée par M.Guérard contre l'embolie mérite surtout l'attention, quelle que soit la cause qu'elle a combattue si efficacement.

Chez une primipare de vingt-trois ans, morte subitement le vingt-septième jour d'un accouchement naturel à l'hospice Saint-Jean-l'Aumônier de Besançon, sans cause appréciable, M. Lebon n'ayant rencontré^qu'une légère infiltration séreuse et un manque de consistance de la substance grise des hémisphères avec ramollissement crémeux de la presque totalité de la substance blanche, regarde cette lésion comme la cause de cette mort subite. Mais la Société de médecine n'a pas adopté cette conclusion, et ne voyant là qu'un résultat cadavérique, elle a admis comme plus probable l'action de la syncope. [Bull, de la Soc. de méd. de Besançon, n° H, 1 864.) Mieux vaut, en effet, dans celte conjoncture difficile, conserver l'éliologie ancienne, si mal assurée qu'elle soit, que de la renverser pour en édifier une autre encore moins solide sur ses fondements.

Folie puerpérale. Voy. Aliénation.

Allas complémentaire de tous les traités d'accouchements de Lenoir, continué parMM. See et Tarnier, avec texte explicatif.

Le meilleur enseignement, en fait d'accouchement, étant de voir comment les choses se passent, ces figures, au quart de grandeur naturelle, suppléeront à l'examen sur le vivant, surtout avec l'explication claire, précise, qui en est donnée. Une excellente appréciation des manœuvres externes pour la version les réduit à leur juste valeur, aussi bien que celle du levier, trop abandonné pour le forceps.

Parturition and ils difjicuUies (La parturition et ses difficultés, avec des exemples cliniques et les statistiques de

ACCOUCHEMENT

13 783 accouchements), par le docteur Davis, nouvelle édition augmentée. Narration simple et instructive d'une longue pratique dont la lecture suggère autant de réllexioiis que d'idées heureuses à s'assimiler et à profiter.

Traité théorique et pratique de l'art des accouchements, du docteur Cazeaux, continué, revu et augmenté par M. Tarnier, agrégé de la Faculté de médecine de Paris.

Septième édition, divisée en deux volumes dont le premier seul est en vente.

Nouvelle preuve du succès classique de ce livre qui s'est augmenté à chaque édition renouvelée. Celle-ci était sur le métier à la mort de l'auteur. M. Tarnier en la continuant, l'a mise à la hauteur des progrès accomplis en ces derniers temps.

Guide pratique de l'accoucheur et de la sage-femme, par Lucien Penard, ex-professeur d'accouchements à l'École de médecine de Rochefort. Deuxième édition.

Le succès de la première édition et son prompt écoulement, en témoignant de la valeur de ce modeste livre, assurent à celle-ci une vogue d'autant plus grande qu'elle est revue, augmentée et mise au niveau de la science sur toutes les questions. Son prix modeste en fera le vade-mecum6e toutes les sages-femmes avec le plus grand avantage des accouchées et des enfants.

Compendio di osletricia e ginecologia operaloria, traduction en italien du profe.sseur Braun, par le docteur Casali. Un vol. de 432 pages ; Milan.

Voy, Relâchement des Symphyses.

Acconclienient précipité. Par son extrême rapidité et en s'opéranl môme à l'insu de la mère, il donne souvent lieu à des débats médico-légaux. C'est ainsi que les difficultés, les incertitudes qui entourent le médecin -légiste pour résoudre les questions graves qui lui sont po.=ées, éclatent au grand jour. Dans un cas où un enfant nouveau-né, du sexe féminin, pesant 2778 grammes, à terme, chélif, fut retiré vivant du conduit des latrines, à 8 mètres audessous de l'endroit où il était tombé, la fille -mère ayant affirmé que dans un violent eiïort de défécation, il s'était échappé ainsi à son insu, M. io professeur Behizzi de Bologne conclut à la sincérité de cette déclaration. Toute la surface du siège et l'ouverture conique du conduit des latrines étaient uni-

ACCOUCHEMENT

forménient teintes de sang ; le diarnèlre en était de 22 cenlimèlres et l'entrée du tuyau de 12. Une femme se trouvant audessous, dans une pièce traversée par le luyau, avait entendu le bruit occasionné par la cliute d'un corps pesant et d une certaine quantité de liquide, et des vagissements s'étaient fait entendre aussitôt. On avait retiré l'enfant la tête en bas et le placenta en même temps, quoique le cordon fût rompu assez nettement à six ou sept travers de doigt de l'extrémité ombilicale sans aucune ligature (Voy. Rupture). Des excoriations légères existant sur le tégument externe furent attribuées à la chute, et cette fille fut ainsi acquittée.

Nul doute, dit à ce sujet M. Perrin, que les douleurs d'un accouchement rapide peuvent être confondues avec celles d'un besoin brusque et impérieux de défécation et donner ainsi lieu à la chute possible d'un enfant dans les lieux d'aisances. Si ces faits sont rares, il en existe réellement un certain nombre, et cela suffit pour appeler l'attention des médecins légistes, trop disposés à les nier aujourd'hui. C'est à bien examiner ces cas et toutes les circonstances qui s'y rapportent qu'ils doivent surtout s'appliquer. Ainsi dans le cas précédent, le petit volume de l'enfant et l'état maladif de la mère ont été pris en grande considération parles experts. (Soc. méd. praiiq., et Unionméd. , n» 139, 1 864.)

Un fait analogue a été communiqué à la Société médicopratique de Paris, le 9 janvier, par M. Aubrun et dont la relation vient confirmer le précédent.

Une femme de vingt-deux ans, très-brune, d'une stature moyenne, forte et bien constituée, avait eu, il y a deux ans, un premier accouchement très-rapide (deux heures et demie de durée). L'enfant, de grosseur moyenne, avait été mis au jour huit mois après la cessation des dernières règles, tout en paraissant bien constitué, et avec tous les caractères d'un enfant à terme.

Les règles ont paru pour la deniièro fois le 13 mars ; elles ont cessé le 18; puis, les signes rationnels de la grossesse se sont bientôt manifestés, et tout annonçait l'accouchement poulie 20 décembre environ.

Le 19 novembre, madame B .. se couche en parfaite sanlé, et à trois heures et demie du matin, elle fe réveille avec un peu de malaise dans le ventre sans sedouterqu'elleallait accoucher. Elle attribua son malaise au besoin do la défécation, et résolut

ACCOUCHEMENT

de le supporter jusqu'au jour en raison du froid ; mais, en quelques minules, il devint si impérieux qu'elle fut obligée rie se lever. Pour ne pas se refroidir, elle prit un jupon et des bas pour aller aux lieux d'aisances.

Pendant qu'elle mettait le second bas, ce besoin fut tel qu'elle renonça, sur les instances de son mari, à aller au cabinet; elle se mit sur le vase de nuit. Pas de coliques ni de douleur.

A peine sur le vase, que se livrant aux efforts de la défécation, une douleur expulsive lui fit pousser une exclamation

Elle était accouchée, et l'enfant venait d'être projeté violemment dans le vase, au milieu de l'urine et des matières. La rapidité avait été telle, que l'enfant n'avait pas eu lo temps de respirer ni de jeter aucun cri.

Le mari, effrayé, descend chercher sa mère deux étages plus bas, l'envoie près de sa femme et va chercher M. Aubrun. qui met à peine vingt- cinq minutes à arriver ; mais pendant ce temps, les deux femmes n'ont nullement pensé à retirer l'enfant du vase, sur lequel l'accouchée reste à cause du placenta adhérent, la tète de l'enfant baignant dans l'urine. A son arrivée, il était encore dans celte position, les pieds pendant au dehors et par-dessus le rebord du vase, vers la cuisse gauche de la mère.

Le placenta était tombé sur le lapis, en arrière du vase et un peu vers la gauche ; le cordon était complètement flétri.

Prendre cet enfant, dans un état de résolution complète, dont la tête était livide et les membres et le tronc d'une blancheur mate; couper le cordon, le laver, le flageller, pratiquer l'insufflation, furent les premiers soins donnés; et après dix minutes d'anxiété, M. Aubrun eut le bonheur inespéré devoir se développer une première respiration bien incomplète, et bientôt après l'enfant vivait et respirait parfaitement.

Il était du sexe masculin, et présentait à la tempe droite une contusion ecchymolique, avec érosion de l'épiderme, d'une étendue de 2 centimètres 1 /2 de longueur sur 4 centimètre do largeur, qui ne pouvait avoir été produite que par la pression de la tête au fond du vase au moment de l'accouchement, tant la projection avait été violente. Il était parfaitement à terme, et pesait 4700 grammes.

Une déchirure de tout le périnée existait jusqu'à l'anus non atteint, grâce à ce que la déchirure avait eu lieu un peu à gauche, et que, arrivée à l'anus, elle l'avait en quelque

ACÉTONÉMIE.

sorte contourné pour s'arrêter près du coccyx. {Union méd.)

Si, dans le premier, la jeune 611e a pu être accusée d'avoir fait disparaître son enfant, combien ne pouvait-on pas soupçonner aussi les parents ici, s'il n'était revenu à la vie. Il n'était pas jusqu'aux ecchymoses qui ne pussent être une charge accablante en apparence contre eux. La vie sans respiration se soutenant pendant près d'une demi-heure n'est pas, non plus, sans enseignement au point de vue de cette question palpitante d'actualité. Voy. Nouvead-nés.

ACÉTONÉMIE. Nouvelle espèce pathologique à introduire dans le cadre nosologique dont la description est due au professeur Cantani de Pavie. Son nom vient de l'acétone ou esprit pyro-acétique, corps volatil résultant de la décomposition des acétates alcalins et dont la découverte dans l'organisme remonte à 1857. Ce produit, en se développant dans l'économie vivante, probablement dans le foie et le canal gastro-intestinal, est en partie exhalé, en partie oxydé, tandis que le surplus entre dans la grande circulation et pénètre tous les organes et les tissus, pour reparaître dans les sécrétions et les excrétions selon le professeur italien. On le retrouve ainsi plus souvent chez les buveurs et les diabétiques , les individus soumis au jeûne ou atteints d'affections gastriques.

Tant qu'il est résorbé par le sang veineux, ce produit île détermine aucun trouble ; mais il n'en est plus de même lorsqu'il altère le sang artériel. On voit alors survenir des symptômes nerveux d'excitation ou de dépression et même un narcolisme complet comme dans l'urémie. La paralysie de la vessie et la pare.'îse intestinale sont les conséquences de cette intoxication et les premiers phénomènes graves de l'acétonémie. Des symptômes fébriles la compliquent souvent et simulent ainsi la lièvre typhoïde, la méningite ou une hydrocéphale aiguë. Beaucoup de prétendues congestions cérébrales sontdcs acctonémies. ^ On comprend dès lors l'utilité de recherclier les indications étiologiques et thérapeutiques de cette maladie. Tout ce qui favorise les sécrétions et les excrétions, purgatifs, diurétiques, diaphorétiques, etc. ; le cathétérisme réitéré paraît surtout favorable dans cette toxicohémie, dont le pronostic est le plus souvent favorable, mais qui peut cependant entraîner la mort.(//.l/ors(aryn?, 1 864. Monographia inlonw ail' acelonnmia, par A. Cantani. Turin.)

ADÉNIE.

ACONELLIIVE. Subslanoe nouvelle découverte par M. M. Smilh dans certains échanlillons d'aconitine, et qui n'est pas un poison commecelle-ci ; ce qui explique le peu d'activité de cette dernière signalée dans quelques cas. Elle est crislallisable, d'une alcalinité douteuse et se rapproche tellement de la narcotine par ses caractères, que l'identité semble complète.

ACRODYNIE. Ses nombreuses ressemblances symptoniatiques avec la trichinose, établies dans un tableau comparatif d'après les expressions textuelles des observateurs ainsi que du mode d'invasion, de la marche, de la durée et des terminaisons de ces deux maladies, font penser à M. Leroy de Méricourt qu'il y a identité entre elles d'après ces nombreuses analogies. Il y aurait donc lieu de rechercher si la présence des trichines dans les muscles des malades ne viendrait pas confirmer celle supposition, Ce serait la preuve péremptoire de leur identité. [Acud. de médecine , octobre, et Gaz. hebd., n° 44.)

ACUPRESSURE. Nouvelle méthode d'hémoslasie chirurgicale. Voy. Hémorrhagies.

ADÉNIE. Nom imposé par M. Trousseau à V hypertrophie généralisée des ganglions lijmphaliques. M. Laboulbène, dans l'observation qu'il en rapporte, l'appelait adéniie. Mais en analysant les rares exemples de cette affection publiés jusqu'ici et qui, réunis aux siens propres, ne s'élèvent pas à plus de 12, M. Trousseau, frappé de ne jamais voir l'inflammation ni la suppuration s'emparer de ces grosses et nombreuses tumeurs lymphatiques, de leur accroissement progressif, de leur ténacité insurmontable à la résolution, de leur incurabililé en un mot et de leur influence délétère sur l'organisme, quoiqu'elles existent le |)lus souvent sans leucémie et qu'il n'y ait augmentation co'incidente ni de leucocytes, ni de globulins ; frappé de tous ces caractères distinctifs, le savant professeur en fait une espèce distincte dans la grande famille des maladies ganglionnaires : la tuberculisation cervicale, mésenlérique, etc., et la considère comme une dialhèse lymphatique spéciale à l'exemple de MM. Nélaton, Laugier, Leudet, et la plupart de ceux qui l'ont observée. Réunissant donc les cas de MM. Bonfils, Cossy, Potain, Laboulbène aux siens, il en a tracé le tableau suivant dans ses leçons.

ADÉNIE.

L'hypertrophie ganglionnaire commence le plus souvent par la région sous-maxillaire. En recherchant la cause qui peut la produire, sur 12 observations d'adénie interrogées à cet égard, on trouve signalé quatre fois une irritation aiguë ou chronique, soit au grand angle de l'œil, soit sur la muqueuse nasale, soit au conduit auditif externe du côté correspondant. Qu'il y ait rapport de cause à eiFet, comme l'a admis Virchow dans un cas d'otorrhée, ou simple coïncidence entre ces deux lésions, l'hypertrophie ganglionnaire ne tarde pas à se généraliser des parties latérales du cou, dans le creux axillaire et les aines. On constate plus rarement celle des ganglions épitrochléens et do la région poplitée. Le développement parfois énorme que prennent ceux du cou donnent un singulier aspect à la figure, la tète paraît relativement petite et repose sur une masse ganglionnaire que les malades cherchent d'abord à dissimuler par quelque artifice de toilette. Ils se montrent sans changement do coloration delà peau, ni adhérence avec les parties voisines ; chaque ganglion reste souvent indépendant, on peut les toucher, les presser, les malaxer môme sans provoquer de douleur. Ils se continuent parfois en forme de chapeipt sous le maxillaire. Les plus superficiels du cou se continuent aussi avec de plus profonds sur les côtés du larynx, de la trachéeartère, et l'autopsie démontre qu'ils peuvent s'étenrlre jusqu'aux bronches. C'est ainsi que dans un cas où la sulTocation était imminente, il fut conduit à pratiquer inulilemeiit la trachéotoniie avec Amussat. Quelquefois ils se continuent au-dessous do la clavicule avec les tumeurs axillaires. Celles-ci sont ordinairement très-développées et acquièrent souvent la grosseur d'un œuf de poule ou de dinde. Elles avaient le volume d'une tète de fœtus à ternie, la forme et l'apparence de véritables mamelles chez un malade de Bonneveau, ancien charron, âgé de soixante-huit ans. Leur poids s'élevait de 500 à 1 000 grammes chez le malade de M. Bonfils. En pareil cas, les mouvements sont entravés ainsi que la circulation veineuse et l'on observe de l'œdème des mains et des avant- bras. Les ganglions sous-pectoraux peuvent aussi être atteints.

Lc'ur volume est encore plus considérable dans l'aine. Une seule pesait 2250 grammes dans le cas de M. Bonfils. Aussi les mêmes conséquences sur la marche et la stase sanguine sontelles encore plus marquées qu'aux bras. Elles occupent parfois toute l'étendue du triangle deScarpa et l'on perçoit même des

ADÉNIE,

tumeurs analogues clans les fosses iliaques. Le loucher en a aussi démontré dans le petit bassin et le palper abdominal, chez les mêmes personnes en a distingué au niveau de l'angle sacrO'Vertébral et le long du rachis. Les glandes de Peyer étaient même hypertrophiées dans l'observation de M. Polain, L'ascitea été facilement reconnue dans plusieurs observations et c'est ainsi qu'au début même de la maladie, on a regardé comme atteints d'anasarque des malades qui n'avaient en réalité qu'un œdème multiple des extrémités et une ascite par le seul t'ait de la gêne de la circulation générale et de celle de la veine porte.

Dans les premiers mois de cette affection, les malades ne sont tourmentés que de l'apparition simultanée de ces tumeurs dans diverses parties du corps, de leur développement et parfois d'un peu de dyspnée. Leur santé, du reste, n'est point altérée, ils se disent bien portants, l'appétit est conservé, il n'y a point de troubles sérieux des principales fonctions, et la nutrition pendant les cinq à six premiers mois n'est point sensiblement modifiée.

Une jeune femme de Reims, toujours bien portante jusqu'au troisième mois d'une seconde grossesse, voit ainsi se développer au-dessous de la mâchoire inférieure, sur le cou et dans les régions axillaires et inguinales, un grand nombre do petites tumeurs qui ne lardent pas à se multiplier et à prendre un volume considérable; quoiqu'il y en eût peut-être déjà dans l'abdomen, l'accouchement se fait heureusement et sans entraves. La mère peut même nourrir son enfant pendant quelques mois puis la sécrétion laiteuse se tarit, et aussitôt le développement des tumeurs fait de nouveaux progrès. Néanmoins la santé est encore satisfaisante, le teint est bon, les digestions sont faciles, la nutrition ne paraît pas altérée. Il n'y a qu'une petite toux sèche qui remonte au début et qui iwraîl due à une compression de la bronche droite par des ganglions hypertrophiés que l'on perçoit profondément. Et pourtant, cette jeune femme succombait quelques mois plus tard à des accidents cérébraux après avoir présenté des hémorrhagies sous-culanées.

Chez cette malade, la rate hypertrophiée s'étendait jusqu'à l'ombilic et remplissait complètement la fosse iliaque sans leucémie. lîUe pesait 1 kilograuuue dans \? cas de M. Bonfils et mesurait i4 centimètres de haut sur 15 de large. Dans cello de M. Leudet, elle en avait 26 de haut et 17 de large ;

ADÉNIE.

4 fois ainsi sur les 12 observations, cet état du foie etdela rate a été noté.

L'oppression, la dyspnée est le symptôme primordial et saillant de celte affection. Les malades ne peuvent marcher vite ni faire le moindre effort sans être essoufflés. Quoique de cause organique, cette dyspnée revêt parfois le caractère nerveux : les malades ont des attaques d'oppression nocturne et sont obligés de passer leur nuit dans un fauteuil, alors qu'il n'existe aucune lésion du poumon ni du cœur. Un malade de M. Leudet avait depuis quelque temps l'haleine courte et des accès de dyspnée. Soit par l'augmentation des tumeurs qui enserrent les bronches, soit que le malade affaibli ait besoin d'une plus grande quantité d'air, on voit ordinairement la suffocation augmenter, les accès se rapprocher avec tous les symptômes de l'asphyxie.

Après avoir présenté une respiration difficile, sifflante, avec des râles muqueux dans la poitrine qui ne^'expliquaient que par la compression de la trachée ou des bronches, le malade de Bonneveau succomba ainsi asphyxié, sans aucune apparence cachectique.

La gêne de l'asphyxie peut aussi résulter de l'hypérémie passive du poumon qui se traduit par des râles muqueux et aussi, comme l'a observé M. Leudet, par un épanchement pleurétique passif, simple ou double, sans travail inflammatoire appréciable et peut-être analogue à l'œdème des extrémités.

Des troubles importants dont l'apparition est en rapport avec l'étal nerveux des malades se montrent dans la seconde période de l'affection. L'appétit se perd, les digestions deviennent lentes, pénibles; bien que la diarrhée soit rare, des malades maigrissent ; ils sont d'une faiblesse extrême, l'œdème augmente, des éruptions érylhémaleuses apparaissent sur les mains, des ecchymoses couvrent les jambes; M. Leudet a même observé un pemphigus cachectique ; on voit survenir des sueurs profusos et la fièvre hectique. Ainsi se manifeste un état cachectique plus ou moins marqué, selon la constitution des malades et les complications viscérales de la maladie.

C'est donc là une affection d'une extrême gravité comme les faits en déposent. Les efforts de l'art sont restés jusqu'ici impuissants sur sa marche. Sa durée varie de dix-huit mois à deux ans. Quand les malades ne sont pas enlevés par un accès de suffocation, ils succombent dans un état cachectique qui témoigne d'une discrasie spéciale du sang, bien que ce liquide

ADÉNIK.

n'ait offert encore aucuneallération notable aux moyens d'invesiigation ordinaire. M. Trousseau pense qu'elle modifie les éléments de la lymphe de manière à produire celte anêraie lymphatique décrite par MM. Pavy et Wilks et dont il adopte l'interprétation au même litre que l'anémie hépatique, splénique. Admettant par l'anémie évidente et la décomposition du sang, qui sont les? conséquences désaffections chroniques du foie et de la rate, que ces organes ont une fonction hémalopoétique de même que le système lymphatique, d'après les effets analogues de la luber-culisation mésenlérique et de la scrofule, le célèbre professeur est conduit logiquement à admettre qu'une hypertrophie aussi considérable des ganglions lymphatiques produit une anémie spéciale. Il l'accepte donc comme une explication des phénomènes morbides observés.

L'examen nécroscopique a démontré, en effet, que ces tumeursmîTTïïeri |7nnrsiRgp, PA-f^usif^'êg^gan^lions TYmphaliquês sans- •vestige'd'infrâmmalion desTissus Ambiants. Une dissection aT^- TéntTvê'pôrtiiet déles isoler les uns des autres." bi leur disposilion autour de la trachée et des bronches peut en déterminerla compression, aucune autopsie n'a constaté qu'ils pussent comprimer ni déformer les gros vaisseaux. Le système chili— fère est ordinairement moins affecté que le système lymphatique général ; quelques ganglions avaient néanmoins la grosseur d'un œuf de pigeon dans le fait de M. Bonfils ; ce qui montre qu'aucune partie de ce système n'échappe à l'hypertrophie.

L'enveloppe et le stroma du ganglion n'ont subi aucune modification. A la coupe, le parenchyme présente une coloralion grisâtre dans les plus petits, gris jaunâtre dans les moyens et jaunâtre dans les plus gros. On trouve dans ceux-ci des taches ecchymotiques et le raclage de leur coupe fournit un suc trouble, blanchâtre, miscible à l'eau comme le suc cancéreux; mais les recherches de MM. Robin, Leudet et Potain ont constaté qu'ils ne renferment rien de semblable, ce sont simple-mont des noyaux et 'des cellules lymphatiques tassés les unsconlre les autres ; c'est-à-dire que, dans l'adénie. les ganglions ont augmenté de volume, mais la partie conjonctive a conservé sa disposition normale, ce n'est qu'une multiplication, une hypergenèse des cellules et des noyaux restés normaux. C'est donc là le point de départ, l'origine de toutes les lésions secondaires.

Étudiée dans le foie et la rate, celle hypertrophie n'a montn

ADÉINIE.

non plus aucune altération de structure, si ce n'est clans le fait de M. Potain, où la rate peu volumineuse présentait à la coupe une coloration d'un rouge vif uniforme sur laquelle tranchaient un très -grand nombre de points blancs comme des grains de chènevis et des trabécules blanchâtres très-apparentes. Ces points blancs, irrégulièrement arrondis, d'une faible consistance, étaient constitués par des noyaux en tout semblables ,à ceux des ganglions lymphatiques. Ùn peu d'hypérémie sans aucune altération a été rencontrée dans le foie.

Le défaut d'analyse microscopique et chimique de la lymphe, aussi bien que l'injection des vaisseaux lymphatiques afférents et eiïérents, ne permet pas de se prononcer sur les altérations plus intimes qui peuvent se rencontrer.

En ne se rattachant à aucune des diathèses connues, cancéreuse, tuberculeuse, syphilitique ni scrofuleuse, M. Trousseau est conduit ainsi, par l'examen et l'analyse des faits, à admettre une diathèse spéciale, nouvelle, inconnue dans son essence, mais manifeste dans ses effets : la diathèse lymphatique présidant ainsi à l'adénie et ne produisant point de globules blanes ni de globulins en excès. L'anémie seule qui la caractérise permet d'admettre qu'il y a modification dans la qualité et la quantité des globules rouges.

Bien qu'aucun traitement mis jusqu'ici en usage n'ait amené la guérison, la marche de la maladie a paru passagèrement enrayée par divers moyens dans trois cas. Dans le premier, les eaux de Kreuznach auraient déterminé une diminution dans le volume des tumeurs ganglionnaires. Chez un malade soumis aux bains de subhmé, la santé générale a paru ne point se ressentir de l'altération ganglionnaire pendant quelques mois. Enfin l'état du malade de M. Cossy a été notablement amélioré après deux mois de cure à Lavey, dont les eaux ont été données jusqu'à effet purgatif et aidées de douches chaudes et froides, locales et générales, et d'un massage régulier outre les pilules d'iodure de fer de Blancard.

11 faut donc s'appliquer à mettre à contribution tous les moyens de faire disparaître l'irritation première, l'adénopathie initiale, quand on est appelé assez lôt pour la reconnaître. Quand l'engorgement est déjà multiple, il ne faut point hésiter par un traitement général, des purgatifs salins répétés, comme l'administration des eaux de Kreuznach, de Lavey, du Saxon ou d'autres analogues, à modifier la disposition générale du malade

OAftNlEK. ')

ALBUMINURIE

en même lemps que l'on agira localement par des douclies et le massage pour la résorption des tumeurs superficielles. Les préparations d'iode, de fer et de quinquina auront le double avantage de modifier 1 etiit général et de lutter contre l'anémie en retardant ses progrès. Mais il n'est permis d'avoir qu'une médiocre confiance dans ce traitement complexe, car contre une maladie qui paraît spécitique, un spécifique pourrait seul assurer du succès. {Gaz. hebd., n°' 5< et 53, 4 864, et n" i de 1865.)

A l'occasion d'un fait de ce genre observé dans son service de l'hôpital Lariboisière, M. Hérard a fait une excellente leçon sur cette nouvelle espèce nosologique en mettant en parallèle toutes les données précédentes avec ce cas particulier. (Union méd., n°' 90 et 91 .}

ALBUMÏiXllRlE. Complications, La péritonite indiquée par Briglit dès 1827 est une complication assez fréquente de l'albuminurie, dit M. Woillez, et c'est à tort que les vomissements qu'elle provoque seraient attribués à l'empoisonnement urémique. Il s'étonne donc qu'elle ne soit pas signalée par les auteurs français. Il en a observé lui-même trois exemples. Le premier en 1 862, à l'hôpital Saint- Antoine, sur un jeune homme qui, après s'être exposé à l'humidité, était atteint d'une maladie do Bright aiguë avec anasarque prononcée. 'Vers le dixième jour de sa maladie, peu de jours après son admission, il présenta des douleurs abdominales vives, vomissements bilieux répétés, altération profonde des tr.iits, pouls petit et fréquent. La rapidité de l'invasion et la gravité de ces accidents firent d'abord penser à une péritonite par perforation ; mais la mort étant rapidement survenue, oh ne découvrit, dans le péritoine, que de la sérosité trouble, purulente, et des fausses membranes molles et récentes.

Elle revêtit une marche chronique dans les deux autres cas. Ainsi, chez un homme robuste de trente-trois ans, entré à l'hôpital Cochin le 10 juin 18G3, atteint de la maladie de Bright depuis cinq semaines, et dont l'urine contenait environ un sixième d'albumine, i'état resta stationnairo pendant quatre mois, malgré l'usage des ventouses scarifiées aux lombes, des bains de vapeur, et du tannin à rintérienr. Mais alors le ventre grossit sensiblement, en même temps qu'un vomissement avait lieu de temps en temps. Le ventre devint bientôt très-vo-

ALBUMINURIE

lamineuxet le siège d'une ascite considérable, atlribnée à tort à une cirrhose intercurrente. La paracentèse, rendue indispensable par la dyspnée, ne donna que cinq litres d'un liquide trouble, blanchâtre, très-albumineux et manifestement purulent, dont l'écoulement dura une heure et demie, interrompu fréquemment sans doute par de fausses membranes. Le malade succomba vingt-cinq jours après par un affaiblissement croissant, continuant à vomir de temps en temps, et atteint de diarrhée sans aucun symptôme cérébral dans les derniers jours.

A l'autopsie, la cavité péritonéale contenait cinq à six litres de liquide analogue à celui retiré par la ponction, et contenant des flocons albumino-fibrineux. Le péritoine était recouvert, en beaucoup de points, de fausses membranes et fortement vascularisé au-dessous.

Le troisième fait concerne une femme de trenle-huit ans, sortie puis rentrée à Thôpital Cochin, et qui y succomba le 5 janvier dernier, après un an de séjour environ. A son entrée, elle fut prise de tous les symptômes d'une péritonite subaiguë, comme dans le cas précédent avec vomissements bilieux presque quotidiens. Une ascite se développa rapidement, puis diminua peu à peu et disparut, bien que le ventre restât douloureux et ballonné. Les vomissements persistèrent, et la malade succomba à une pneumonie droite. A l'autopsie, plus de liquide dans le péritoine, dont la paroi antérieure est épaissie, ardoisée, surtout vers la ligne médiane et au niveau du grand épiploon et du mésentère ; adhérences nombreuses témoignant do la réalité de la péritonite. {Union ??it'd., n<> 34.)

Coïncidence de l'hypertrophie du venh'icule gauche. Signalée dans 52 cas sur 100 d'albuminurie par Bright lui-même, celle altération a été attribuée par le professeur Traube de Berlin à la gêne de la circulation rénale et à la pression plus grande du sang au-dessus, d'où contractions plus énergiques du ventricule gauche et hypertrophie excentrique. Mais cette explication ne pouvait se confirmer que par la coïncidence bien établie de celle altération avec l'albuminurie et par ses rapports do cause à effet. M . Ollivier, qui s'est occupé spécialement de cette maladie, rapporte trois cas où la relation semble incontestable surtout avec la statistique précédente de Bright. Ainsi, un jeune homme de vingt ans, Mancoau (Louis), entre à l'hôpital de la

ALBUMINL'HIE.

Charité en 1 853, alleinl d'albuminurie sans aucun signe d'affection cardiaque. Une année après, il y rentre et l'on put alors conslater une augmentation dans l'étendue de la rnatité du cœur et dans l'intensité de l'impulsion cardiaque. On trouva à l'autopsie un cœur volumineux, mais non surchargé de graisse ; les parois du ventricule gauche, qui est extrêmement saillant, ont trois centimètres et demi d'épaisseur; elles sont cinq fois plus épaisses que celles du ventricule droit ; leur tissu est ferme. Les valvules aortiques et niiiraîes ne sont le siège d'aucune aliération appréciable ; il en est de même pour les valvules du cœur droit.

Chez le second malade, homme do trenle-deux ans, atteint d'albuminurie saturnine et qui succomba en présentant l'ensemble de phénomènes décrits sous le nom d'urémie dyspnéique, on trouva à l'autopsie le ventricule gauche un peu hypertrophié; les valvules auriculo-venlriculaires et artérielles n'étaient point altérées.

Les reins étaient atrophiés, ot offraient la dégénérescence graisseuse des cellules épithéliales, des vaisseaux capillaires et des glomérules qui est la caractéristique de la néphrite albumineuse ou parenchymateuse persistante.

La troisième observation présente quelques particularités : le malade atteint d'albuminurie saturnine, avait eu des douleurs arlhralgiques avec péricardile secondaire. On trouva après sa mort : les reins hypertrophiés et graisseux, le ventricule gauche globuleux et très- saillant ; les parois ont deux centimètres et demi d'épaisseur, tandis que celles du ventricule droit atteignent environ un centimètre; aucune valvule n'est insuffisante.

Il semble donc bien évident, surtout par la première observation, que l'altération rénale entraîne consécutivement celle du Ventricule gauche et sans admettre comme un fait démontré cliniquement l'embarras des capillaires rénaux comme en étant la cau;e, on ne peut s'empêcher de la regarder comme très-probable. Du reste, la palhogénie est ici moins importante que la coïncidence. (Soc. de biologie, décembre 1864.)

D'après les faits et les expériences de MM. Miink et Leyden, l'apparition de l'albumine dans l'urine à la suite de l'empoisonnement par l'acide sulfurique no coïncide pas toujours avec une lésion rénale. Ulle est même accompagnée de cylindres sans que l'épilhélium ni le tissu connoctif jntorstiliel soient altérés.

ALBUMINURIE

Dans ces cas, l'altération évidente des globules sanguins par l'acide sulfurique semble en être la cause. Une altération des reins l'explique au contraire dans lesautres. {Gaz. hebd.,n° 3.) Yoy. Empois, par les acides.

Traitement. Dès longtemps signalées, les propriétés diurétiques de la graine de clémaUle ont été rendues évidentes dans deux cas remarquables. Chez un ouvrier de trente-huit ans, admis à l'hôpital de Bavière, et présentant tous les signes de l'albuminurie chronique : urines très-albumineuses, infiltration générale, arnblyopie, commencement d'hypertrophie du ventricule gauche sans lésion valvulaire; l'emploi de la digitale et des purgatifs ayant amené une diarrhée intense qui obligea de renoncer à ces moyens, M. Sauveur prescrivit une infusion de graine de clématite. Bienlôt une abondante diurèse s'établit, la quantité de l'albumine diminua graduellement dans l'urine et l'hydropisie ne tarda pas à disparaître.

Chez un syphilitique arrivé à la dernière période de la maladie de Bright, offrant un épanchement séreux considérable, qui avait résisté à tous les moyens employés, M. Sauveur recourut encore à l'infusion de graines de clématite, et dès lors l'anasarque disparut en un petit nombre de jours, à la suite d'un flux urinaire copieux, et quand le malade quitta l'hôpital, la proportion d'albumine était diminuée très-notablement. (Soc. méd. de Liège, 1 864.)

Il s'agirait de reconnaître le principe actif de ces graines, et s'il est astringent , comme dans beaucoup d'autres végétaux, le genêt, VUva ursi, par exemple, on saura que c'est au tannin qu'il est le plus sûr de recourir en pareil cas.

Perchlorure de fer. A peu d'exceptions près, M. Lionnel Beale n'a pas employé d'autre médication, dans les affections rénales, depuis six ans, que la teinture alcoolique acide ou la solution aqueuse de perchlorure do fer, dans une infusion de quassia et par un usage persévérant, il en a toujours obtenu de bons effets. Ce résultat lui paraît autant dû à l'action heureuse de l'acide sur l'estomac qu'il excite, comme il l'a souvent expérimenté en l'admmistrant seul, qu'à celle du fer lui-même. Il ajoute ainsi à la soluliou un peu d'acide, ou d'éther chlorhvdriquo, ou d'esprit de chloroforme, quand la vessie est irritable surtout {Mni. T/mes, janvier) . C'est donc loconlraire des mauvais effets obtenus

ALBUMINURIE

en France avec cette préparation, avant que M. Adrian fût parvenu à la préparer chimiquement neutre et d'une stabilité parfaite. En raison du climat ou du régime des A ngiais, on sait, en effet, que les excitants réussissent beaucoup mieux sur eux que sur nous.

Cet emploi fréquent et cette action rapide dans l'albuminurie ont conduit le docteur Hassall à en rechercher la présence dans l'urine. Toutes ses expériences tentées avant, pendant et après l'usage de cette substance, ont été négatives, jamais il n'a retrouvé la moindre trace de fer dan&ce liquide. Son acidité n'a pas changé. D'où il conclut que l'action de cet agent sur le rein n'est pas directe, que le fer est expulsé par l'intestin et qu'elle s'exerce par l'intermédiaire du système nerveux. [Lancet, décembre 4 864.)

lodure de potassium. Chez un homme atteint de la maladie de Bright au dernier degré avec subdélirium, affaiblissement de la vue, etc., l'albumine étant si abondante qu'elle occupait les 9/1 0' de la colonne d'urine, le professeur Prudente essaya l'iodure de potassium pour voir si par son passage rapide dans l'urine, il ne modifierait pas le tissu rénal. Par un dosage progressif jusqu'à 4 grammes dans les vingt-quatre heures, le malade, qui paraissait près de mourir, s'est amélioré au point qu'il vivait encore un mois après l'usage de ce médicament avec diminution de moitié de l'albumine émise sans trace d'épithélium : rétablissement de la vue, état général satisfaisant. Ce pointde thérapeutique clinique mérite donc d'être remarqué. {Gaz. med. di Torino, n" 35.)

Mémoire sur les lésions analomiques du rein dans r albuminurie, par M. V. Cornil, ancien interne lauréat des hôpitaux de Paris, etc., etc. Brochure grand in-8" de 64 pages, avec une planche lithographiée {Germer Baillière).

Cette thèse honorée d'une médaille d'argent au concours annuel de la Faculté de médecine et limitée à la description des lésions qu'on trouve à l'autopsie des malades qui avaient de l'albumine dans les urines, pendant la vie, se termine par les conclusions suivantes, présentées à la Société de biologie en 4 864:

1» La congestion rénale ne suffit pas pour produire l'albuminurie ; pour que l'albumine passe dans l'urine, il est nécessaire qu'avec la congestion coexiste une lésion anatomiquo des cellules épithéliales des tubuli.

ALBUMINURIE

2° Celte lésion des cellules épithéliales qu'on trouve constamment dans toute albuminurie pathologique, quelque légère, quelque passagère qu'elle soit, consiste dans la tuméfaction trouble des cellules épithéliales, remplies d'abord de granulations protéiques, puis de granulations graisseuses. Cet étal du contenu des tubes urinifères se rencontre : a, dans la néphrite albumineuse passagère ; b, dans la néphrite albumineuse persistante.

3" La néphrite albumineuse passagère [nephritis calarrhalis de Virchow et Rosenstein) s'observe très-souvent dans la fièvre typhoïde, le typhus, le choléra, la fièvre puerpérale, l'érysipèle, etc. Elle est caractérisée par l'état des cellules dont nous venons de parler.

4" La néphrite albumineuse persistante ou parenchymateuse comprend trois formes :

a. La néphrite albumineuse simple, qui peut succéder à la forme précédente, et qui en diffère seulement par des lésions plus profondes, plus générales, débute par une tuméfaction trouble des cellules et se termine par leur transformation complète en granulations graisseuses. C'est la plus fréquente de toutes les lésions du rein qui causent l'albuminurie.

b. La néphrite albumineuse avecdégénérescence graisseuse des vaisseaux (artères, vaisseaux des glomérules, réseau capillaire). Bien que ces lésions puissent exister avec une néphrite albumineuse simple, on trouve en môme temps, dans le plus grand nombre des cas, une atrophie commençante du rein et des granulations brightiques ; ces granulations de la substance corticale du rein, toujours causées par l'atrophie des tubuli qui entourent la granulation, tandis qu-^ dans le nodule lui-même, les tubuli et les glomérules conservent leur volume normal, n'ont pas besoin pour se produire de l'hypergenèse du tissu conjonctif du rein. On peut distinguer deux espèces de granulations du rein, suivant que le tissu même de la granulation est plus ou moins altéré que les parties qui l'entourent. Celle forme de maladie du rein succède toujours à la précédente.

c. La néphrite albumineuse avec la dégénérescence dite amyloïde des vaisseaux. Il en existe deux variétés, suivant que les parties altérées se colorent seulement en brun par l'iode et l'acide sulfurique, ou passent au contraire par toute la série des couleurs du prisme. Cette forme succède parfois à la forme a et n'en est qu'une complication.

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