RAMOLLISSEMENT
l'étal normal, d'une teinte moins rose; ses détails n'apparaissent plus ; les vaisseaux sont atrophiés et mémo voilés en quelques points.
Môme aspect de la papille dans l'œil gauche; plus en haut el en dehors (image renversée) se distingue un léger nuage gris masquant le bord pupillaire ainsi qu'un groupe de vaisseaux se dirigeant dans ce sens. C'était un œdème papillaire avec exsudations, symptômes d'une névriledu nerf optiqueel l'image se rapportant trait pour trait à une affection dessinée dans l'atlas de M. Liebreich, et signe d'exsudation de la base du crâne; le même diagnostic est porté sur ce malade.
L'événement ne le justifia que trop. Malgré un selon à la nuque et des purgatifs répétés, une crise épileptiforme survient avec roideur tétanique des membres qui se répète de plus en plus ; coma profond dans les intervalles, sans que le malade recouvre connaissance. Après cinq jours de cet état, un mois après son entrée à l'hôpital, il succombe le 27 décembre, alors que la veille même on a constaté que les lésions oculaires ne sont pas modifiées.
A l'autopsie, congestion manifeste des méninges ; sinus cérébraux gorgés de sang ; sur le lobe antérieur droit du cerveau, au niveau de l'angle qui réunit la face interne de cet hémisphère avec sa surface supérieure, faisant saillie dans la grande scissure médiane, on aperçoit une masse rougeâtre gélatiniformo, qui, partagée par une coupe, dénote la présence d'un ramollissement cérébral aigu, avec épanchement sanguin récent. Un autre foyer apoplectiforme se voit à l'extrémité antérieure du même lobe, et un troisième dans la partie anléro-latérale du corps calleux, à peu près à l'endroit où les fibres transverses de ce corps se recourbent au-dessus de la corne antérieure du ventricule latéral.
Tout autour de ces foyers, la substance cérébrale a un aspect gélalini'forme ; le reste de la masse est œdémalié et présente un piqueté manifeste. On ne remarque aucune lésion au niveau des couches optiques, des tubercules quadrijumeaux , non plus qu'aux environs de l'origine du nerf auditif. Un léger aplatissement du nerf optique du côté droit attire seul l'attention.
En résumé, rien qui puisse expliquer les lésions du globe oculaire et les troubles de l'ou'ie, tandis que nous trouvons des lésions assez étendues et qui coexistaient cependant avec une intégrité parfaite de l'intelligence et une absence complète de
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toute paralysie. {Soc. des se. méd. et Gaz. méd. de Lyon.)
Le ramollissement et la congestion du cerveau principalement considérés chez le vieillard. Etude clinique et pathogéniqiie, par le docteur Laborde, ancien interne des hôpitaux, lauréat (médaille d'or) de la Faculté de médecine de Paris, etc. Un volume in-8° de 440 pages et planches coloriées contenant 6 figures.
RATE. Appliquant le principe posé par M. Cl. Bernard : que le sang veineux des glandes diffère à l'état de fonctionnement ou de repos, MM. Ester et Saintpierre ont constaté que la quantité d'oxygène varie du simple au double dans la rate, tandis que celle du sang artériel est sensiblement constante. Ainsi, après avoir trouvé 11 , 69 d'oxygène dans le sang de la veine splénique d'un chien à jeun depuis vingt heures, une injection de lait dans l'estomac a suffi pour qu'aussitôt outre les modifications de volume, de couleur et de consistance de la rate, le sang de celle même veine ne contînt plus que 7, 26 d'oxygène, d'où ils concluent que la rate fonctionne en alternant avec l'estomac. (Acad. des sciences, janvier.)
Une cause d'erreur dans la percussion de cet organe a été signalée par M. Van der Donckt. A l'autopsie d'un homme mort à l'hôpital militaire, le 3 septembre 1864, on la trouva recour*bée presque à angle droit sous le diaphragme et, plus loin, sous la limite extrême du bord gauche du foie, embrassant dans sa courbure la grosse tubérosilé de l'estomac pour se terminer par son sommet au devant du cardia. Une ligne de démarcation bien tranchée par la couleur la séparait en deux : la partie recourbée était d'un rouge assez clair, la droite ou inférieure d'un rouge noirâtre très-foncé. La première avait 76 millimètres de long et la seconde 77. La percussion pendant la vie n'avait décelé que celle-ci s'élendant de la huitième à la onzième côte sans dépasser la ligne axillaire de 3 centimètres au niveau du dixième espace intercostal. {Ann. de la Soc. méd, de Gand, février.)
Traitement. Scille. Elle a eu une action très-manifeste dans un cas de tuméfaction croissante de la rate, sans cause appréciable, chez un homme soumis à l'observation du docteur Hennighe, et qui avait eu, quinze mois auparavant, une pieurite gauche ayant déterminé le déplacement du cœur sans fièvre intermittente interciirrente. Dans l'hypochondre gauche existait
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une tumeur dure, élastique, peu mobile, dont le bord antérieur était borné à la région épigastrique, dépassant do trois pouces le rebord antérieur des côtes, et s'étendant parallèlement à l'axe de la dixième côte, vers la colonne vertébrale. On pouvait, par places, la saisir à travers les parois abdominales. Far l'usage de quinze gouttes, cinq fois par jour, de teinture de scillo, la tuméfaction diminua tous les jours, la sécrétion urinaire augmenta, et au bout de trois semaines, le malade était guéri. (Gaz. méd. de Sirasb.)
Excision. Elle a été tentée par M. Spencer-Wells, le hardi, heureux et célèbre ovariotomiste anglais, sur une personne vivante. C'est le troisième exemple, dit-on, dans l'histoire de la chirurgie, et le premier en Angleterre. L'essai est donc aussi nouveau que téméraire et audacieux. Deux exemples, que l'on rappelle sans doute pour justifier le troisième, paraissent seulement en avoir été publiés en Allemagne, et dont les sujets sont morts immédiatement. Dans le cas actuel, il s'agit d'une femme mariée de trente-quatre ans, mère de deux enfants, qui se mourait de la compression exercée par sa rate considérablement hypertrophiée et qui, selon l'avis du docteur Jenner, le médecin de la reine, et de M. Wells, ne pouvait vivre qu'en en étant débarrassée. Elle fut donc opérée le 20 novembre dernier à Mary- le Bone, sans que l'opération ait présenté de difficulté. Une incision de 7 à 8 pouces de long sur le bord externe et gauche de l'abdomen permit de mettre la rate à découvert et de l'extraire facilement. Des Xils de soie jetés sur les vaisseaux, liés et coupés ras, furent replacés aussitôt dans la plaie. Le seul symptôme particulier observé fut une extrême faiblesse des jambes peu d'heures après l'opération. Dès le len>demain, la pièce anatomique a été soumise à la Pathological Socielij, son poids était de 6 livres 4 onces {avoir du poids), soit 2,834 grammes y compris le sang écoulé après l'excision. Elle avait 7 pouces de long, 8 de large et 3 à 4 d'épaisseur. L'opération fut bien supportée et les suites faisaient espérer un résultat favorable, lorsque le septième jour, un frisson se déclara et l'opérée succomba à une infection purulente. L'aulopsie montra un épanchement dans le péricarde et les plèvres sans traces de péritonite ni hémorrhagie.
Cette opération est comme le thermomètre de la hardiesse chirurgicale anglaise. On pouvait espérer du moins trouver des
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motifs plausibles à son exécnlion dans les débats qu'un fait si 3xlraordinaire semblait devoir provoquer à la Société pathologique. Mais il n'en a rien été. On l'a accepté comme très-naturel. Il n'a donc qu'un intérêt historique et c'est à ce titre seul que nous le consignons ici.
M. Philipeaux avait annoncé, en i 861 , qu'ayant extirpé la rate chez trois rats albinos, âgés de deux mois, il avait trouvé, dix-sept mois après, cet organe reproduit, avec des dinaensions variées et sa structure normale.
M. Peyrani répéta ces expériences sur des cochons d'Inde et arriva à des résultats tellement différents, qu'il concluait le ?. décembre 1861 , dans la Gazzetta medica italiana : « La rate, extirpée en totalité, ou même en partie, ne se régénère jamais. »
Par de nouvelles expériences sur des surmulots et des lapins, M. Philipeaux a reconnu que la rate ne se reproduit pas. Une troisième série d'expériences lui donna le mot de l'énigme, en lui faisant reconnaître que la rate, complètement extirpée sur les surmulots ou les lapins encore très-jeunes, ne se reproduit jamais; tandis que, enh.vée incomplètement sur ces mêmes animaux et dans les mêmes conditions d'âge, elle se reproduit toujours. Par conséquent, M. Peyrani était dans l'erreur, au moins lorsqu'il concluait que la rate enlevée en partie ne se reproduit jamais. » [Acad. des se, décembre.)
Hrjpertrophie congénitale. Je fus consulté, dit le docteur Haweika, pour un enfant de quatre mois, présentant depuis sa naissance une énorme tumeur du bas-ventre avec aspect caractéristique de la cachexie paludéenne, teintterreux, amaigrissement excessif, allanguissement général, jja rate dépassait d'un pouce la ligne médiane de l'abdomen et descendait jusqu'au ligament de Poupart. Il n'y avait pas d'accès fébriles évidents, mais la mère qui habitait Peschiera pendant sa grossesse avait été atteinte de fièvre tierce vers le deuxième mois.
L'enfant ne pouvant tolérer le sulfate de quinine, celui-ci fut administré à la nourrice et après 6 semaines de ce traitement indirect, la rate avait diminué de volume; après deux mois, elle n'arrivait plus qu'à un pouce à gauche de la ligne médiane et à un pouce et demi du ligament de Poupart, et pendant 6 mois que l'on continua ainsi, les forces et le teint aug-^ • mentèrent progressivenient. A un an, époque du sevrage, h
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rate n'avait plus que le double du volume normal. Le traitement i direct auquel l'enfant put alors être soumis acheva la guérison, , et à deux ans sa santé ne laissait plus rien à désirer. {IVien. med. Wochensclir.,!)" 47.)
11 semble que dans les contrées miasmatiques, en Afrique, dans la campagne de Rome, dans la Sologne par exemple, lescasdece genre devraient se rencontrer et pourtant nous n'avons j jamais lu d'observation semblable. Elle mérite, à ce litre, d'être) connue.
RECRUTEMENT. Une excellente étude statistique et mé-dicalesur ce sujet, limitée au département de l'Indre, de 4 838( à 1 864, par M. Bertrand, médecin-major de 2" classe, montre que l'aptitude au service militaire y progresse surtout par la >. diminution des infirmités. Ce fait s'observe principalement: dans les cantons où le sol est sec et dépourvu de forêts comme dans ceux de la Champagne notamment. La proportion augmente dans ceux où il est humide et boisé et surtout où se rencontrent les brandes, les marais, les étangs et un sol argilocalcaire, rebelle à la culture.
L'abaissement de la taille s'observe surtout dans le Brennec, pays à fièvres ; d'où cette proposition qu'il y a un rapport très-étroit entre ces deux faits. {Recueil de méd. milit., octobre.)
Ces conclusions sont trop importantes pour que l'État n'en cherche par la confirmation. Qu'un travail sur le modèle de i celui-ci soit fait dans chaque département et l'on connaîtrait l'influence du sol français dans ses effets les plus saillants. Les • lois de l'hygiène en seraient ainsi mieux assurées.
REIN. Reins flottaiKs. Cette affection, désignée aussi, sous les noms de mobilité, de luxation ou de déplacement des • reins, et de laquelle M. Fritz a réuni 35 exemples disséminés ; dans la littérature médicale, cette affection, dis-je, parait infi- • niment plus fréquente à M. Becquet qu'on ne le croit généra- • lement. Les médecins ne s'en sont pas aperçus à défaut d'avoir • examiné minutieusement, leur attention n'étant pas éveillée • sur ce point. L'enveloppe peu résistante du péritoine qui main- • tient ces organes en place leur permettant facilement de se i déplacer par une violente secousse, comme des exemples en ont . é|.é relatas.
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Mais une augmentation de volume et de poids de l'organe est la condition efficiente du déplacement qu'elle résulte d'une hydronéphrose, d'un calcul ou d'une tumeur quelconque. La congestion réitérée, comme phénomène concomitant de la fluxion cataméniale, lui paraît surtout en être le point palhogénique principal. Ainsi, sur les 35 cas rapportés par M, Frilz, il y a 30 femmes qui, sauf une seule exception, avaient de dix-huit à quarante-cinq ans. De môme des 6 faits qu'il ajoute à cette statistique et qui viennent à l'appui de cette étiologie. Sans doute, l'usage de corsets trop serrés, des grossesses multipliées, ont une part d'influence dans ce fait, mais la période d'activité des fonctions génitales et reproductrices correspond dans la presque totalité des cas à expliquer cette lésion.
Ce ne serait donc plus là un fait isolé sans liens pathologiques comme on l'admettait, un simple déplacement anatomique; mais une véritable maladie dont il retrace ainsi l'évolution.
Au moment où s'effectue la fluxion cataméniale, les reins s'associent à celte congestion des organes génitaux et se tuméfient. Moins rare qu'on ne le suppose, ce fait, peut-être physiologique, ne donne-t-il pas l'explication des douleurs de reins qui signalent l'époque des règles, surtout chez les femmes mal réglées?
Ainsi tuméfié et rendu plus pesant, le rein, surtout le droit, fait effort contre les faibles obstacles qui le retiennent et tend à sortir de sa place. Et s'il reprend sa place par la disparition de la congestion, celle-ci, en se répétant chaque mois, finit bientôt par le déplacer réellement et lentement ainsi, sans souffrances et par un processus insensible; cet organe apparaît tout à coup libre et flottant dans l'abdomen, soit au moment des règles ou après une fatigue ou une secousse violente.
Une douleur aiguë, incisive, instantanée dans la région lombaire, en est le signe. La malade est obligée de s'étendre; l'attitude, le faciès, indiquent une violente névralgie, une colique néphrétique, une péritonite; mais une tumeur allongée, dure, lisse, douloureuse au loucher, ayant la forme du rein dans un des côtés du venlre, servira à établir le diagnostic différentiel. Le praticien peut pourtant rester embarrassé à cet égard, car quelques jours, quelques heures même suffisent pour que la congestion cesse, et le rein rentre dans des conditions plus normales qui ne permettent souvent plus de le sentir. Ces accès peuvent se renouveler pendant des années, à différents inter-
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vallps, jusqu'à ce que, contractant des adhérences avec le périloiro, le rein y reste fixé et immobile; cesl la deuxième période de la maladie.
C'est donc à interroger, à examiner le rein dans ces cas do coliques nerveuses, à saisir les premiers indices de sa congestion, à en apprécier la tuméfaction, ensuite la sensibilité que le praticien doit s'appliquer. 11 pourra ainsi établir un diagnostic précis, exact, et par suite un IraitemenL rationnel, efficace, car on comprend qu'à la deuxième période, et surtout à la troisième, il ne peut être que palliatif, La position horizontale, le repos pendant les règles et môme quelques jours avant et après, l'interdiction de la danse et de l'équitation, du corset, sont les meilleurs moyens préventifs. Les autres doivent tendre à conir battre la cause même de la congestion mensuelle.
Si celte étiologie est vraie, la ménopause, en faisant cesser la cause, ne peut être que favorable. 11 en faut tenir grand compte dans le pronostic à tous les degrés de cette maladie. [Arcli. de «led., janvier.)
La constatation de ce déplacement chez l'homme, comme il en rapporte de nouveaux exemples, est une preuve pour M. Trousseau que d'autres causes que le corset, la menstruation, concourent à le produire. Unie aux lésions de volume, congestion, hydronéphrose dont cet organe est le siège, sa faiblesse des moyens de contention suffit à l'expliquer. Sa fréquence à droite n'est peut-être pas étrangère à l'action du foie.
Quant aux symptômes, il résulte des recherches de Jl. Walther, qu'ils sont à peu près seuls dans la majorité des cas. C'est accidentellement que l'individu affecté s'aperçoit d'une tumeur dure, mobile et assez peu douloureuse à la pression. En se plaçant alors du côté où elle siège, le côté droit, par exemple, le médecin glissera sa main gauche le long du rebord des dernières fausses côtes, entre celles-ci et la crête iliaque, puis, de sa main droite, déprimera lentement la paroi abdominale, de manière à refouler les intestins et arriver au contact du rein déplacé qui se trouve ainsi saisi entre les deux mains. On constate sa forme ovoïde, lisse, orbe dans ses contours, c'est-à-dire les caractères physiques du rein et sa mobilité. C'est ainsi que M. Walther a pu s'assurer de la fréquence de cette ectopie.
Le plus souvent on ne peut suivre l'organe dans toute son étendue; on n'en sent habituellement que la partie supérieure, l'organe se présentant obliquement, d'arrière en avant, et de
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deliorà en dedans. Celle lumeur dure est iliale à la percussion. Une palpalion habilement pratiquée permet de reconnaître que la région rénale correspondante au côté où se trouve la tumeur ne contient pas le rein. L'examen sera surtout convaincant, si l'on explore successivement les deux régions rénales. Une telle investigation servira de contre-épreuve et de confirmation poui le diagnostic.
Les troubles fonctionnels, quand ils existent, sont de vagues malaises, des sensations de pesanteur, de tiraillement, de pincement, atteignant jusqu'à la douleur. Quand il y a du la douleur, elle est rarement sourde; on l'a vue aller parfois jusqu'à la lipolliymie. Il semble aux malades qu'un de leurs organes s'est décrocké et qu'il flotte dans leur ventre. Ces sensations s'aggravent par les grands efforts musculaires, une marche prolongée ou rapide, la danse, l'équilation, les cahots d'une voilure mal suspendue. C'est parfois sous l'influence de ces causes qu'elles sont pour la première fois ressenties. D'aulres fois, c'est à l'occasion d'une pression trop considérable exercée par un vêtement étroit que la douleur est éveillée,
La sécrétion urinaire n'est en aucune façon influencée; il en est ainsi de la miction.
Les reins mobiles peuvent donner lieu à une infinité d'erreurs de diagnostic. Chez le malade de la consultation de l'Hôtel-Dieu, on avait cru à une série d'attaques de périlonile. Chez un autre, vu en ville, on croyait à l'existence d'une tumeur de mauvaise nature. « J'ai vu, dit M. Cruveilhier, la tumeur formée par le rein droit déplacé, traitée comme une obstruction du foie ou comme une production morbide. » « Les douleurs qui accompagnent parfois la mobilité des reins, ajoute M, Rayer, ont été prises pour des coliques nerveuses, pour des phénomènes d'hypochondrie, et parfois même pour des néorakjies lombaires ou sciaiiques. » Enfin on a pris le rein déplacé pour une tumeur du foie, de la vésicule biliaire, de la rate, du mésentère, de l'intestin, invagination ou surtout un amas de matières fécales, pour un kyste fibreux de l'ovaire. On a confondu aussi les douleurs lombaires pour celles de la métrite chez des femmes affectées tout à la fois d'ectopie rénale et de leucorrhée.
En soi, cette lésion n'a vraiment pas de gravité, sinon par les erreurs auxquelles elle donne lieu et les médications erronées et nuisibles qui en découlent [Union méd., n" 3 2.). C'est donc à un diagnostic exact que le praticien doit s'appliquer, et c'est
UELACHEMENT DES SYMPHYSES.
pourquoi il convenait do rappeler les moyens capables do l'établir.
Une grave erreur de diagnostic, un rein flottant pris pour un kyste de l'ovaire, et opéré comme tel, vient à l'appui do cette étiologie de M. Becquet. (V. OvAnioTOMiE). A l'aulopsioon trouva une tumeur entée sur le rein gauche qui était tourné ■ sur lui-même de manière que le hile regardait en arrière et à < gaucho, et son bord convexe en avant. Une section montra la . tumeur proprement dite, de consistance semblable à la substance cérébrale, d'un gris blanchâtre, sillonnée de grandesramifications veineuses, distincte du tissu rénal même, quoique' enveloppée dans la même capsule fibreuse. C'était en un mot . une altération du rein même. Son plus grand diamètre était . de 4 pouces et demi, le plus petit de 3 pouces et demi, et sai circonférence de 4 2 pouces environ, {Lancel, n" 1 1 . ) Voy. Abcès •
PÉRINÉPURIQUES, HïDRONÉPHROSE .
RELACHEMENT DES SYMPHYSES. — Cet accident, consécutif à l'accouchement, est rare, et, dès lors, souvent méconnu quand il existe, et pris pour une maladie de la moelle ou de l'utérus. Chez quatre femmes dont il signale l'histoire, M. Trousseau ne parvint à établir ce diagnostic que par élimination et en constatant que l'utérus était intact, aussi bien que ■ la sensibilité des membres inférieurs et les mouvements, pourvu que les femmes fussent couchées.
Cependant elles ne pouvaient se soutenir ni marcher seules. L'une canclait, traînant péniblement ses jambes l'une après l'autre et s'inclinant fortement à droite ou à gauche, suivant le pied qu'elle avançait. Il lui était impossible de se tenir à cloche-pied, et s'affaissait dès qu'elle l'essayait, accusant une vive douleur dans les hanches et dans les reins. Une autre traînait ses pieds comme une paralytique, et, dès qu'elle levait une jambe, l'autre se fijt pliée si on ne l'eût soutenue.
Les souffrances accusées par les malades dans ce cas sont très-vagues, ce sont des douleurs dans les reins, dans tout le bassin; chez celle-ci, dans les reins et dans le bas- ventre, quand elle se tenait debout ; chez celle-là, une faiblesse, pénible chez une autre, et des douleurs utérines chez la dernière. Ce n'est que par le toucher, la pression des symphyses sacro-iliaques et pubiennes que l'on détermine le véritable siège du mal par la douleur qui en résulte, et môme l'écartement des os, le ramollissement des cartilages, dans certains cas.
RÉSECTION
Le Irailement de celte affection est un critérium infaillible du diagnostic. 11 suffit d'entourer le bassin elle haut des cuisses d'un fort bandage bien serré pour voir aussitôt les femmes marcher et se tenir debout. L'épreuve est décisive, selon M. Trousseau. On remplace ce bandage par une ceinture lacée en coutil que la femme porte jusqu'à ce qu'elle éprouve de la faiblesse sans cet appui.
Bien que le pronostic ne soit pas grave en général, une inflammation aiguë peut envahir les symphyses et, sous l'influence de l'état puerpéral, déterminer des accidents mortels. Deux nouvelles accouchées en furent ainsi victimes. II convient donc d'apporter une sérieuse attention à ces douleurs des symphyses pour y remédier de bonne heure et prévenir ainsi de plus graves accidents. {Union médicale, n° 37.)
RÉSECTION. — Résections sous-pcrlosfécs. — La
reproduction des os après ces résections, contestée en principe et en fait par des observateurs de mérite, comme MM. Sédillot (de Strasbourg), Desgranges (de Lyon), doit être démontrée par des preuves palpables, irrécusables et hors de contestation. C'est ce qu'a fait M. Ollier, en présentant à la Société de médecine de Lyon une jeune fille de quinze ans, scrofuleuse, admise à r Hôtel-Dieu pour une ostéite suppurée de l'humérus gauche, suite de chute et compliquée d'une large ouverture de l'articulation scapulo-humérale. Le 16 septembre 1 864, il pratiqua l'opération suivante :
Après une incision longitudinale de 8 à 9 centimètres, parlant du sommet de l'acromion et se dirigeant, à travers la plaie en bas, parallèlement aux fibres du deltoïde, celles-ci sont dissociées, et l'on arrive sur l'os en incisant le périoste. Sans couper aucun tendon, la tôte de l'humérus est dénudée des tissus fibreux qui l'entourent avec la sonde rugine ; on la fait saillir, on la luxe en dehors et l'on détache ensuite le reste du périoste de haut en bas. En dedans, l'os était dénudé et recouvert de pus concret ; sa surface était inégale, érodée ; des fusées purulentes partaient de ce point. Aussi dut-on aller plus bas, et 12 centimètres, soit la moitié supérieure de l'humérus, furent ainsi retranchés de cet os. La gaîne du périoste était complète, moins les endroits à la partie interne où il manquait et sur la tête de l'os.
L'os enlevé présente la tète humérale aplatie, déformée,
(JAMIER. 35
RÉSECTION
recouverte de son cartilage ramolli, inégal et en voiede résorption sur plusieurs points. Piis de ramollissement ni de dégénérescence du tissu osseux présentant, au contraire, des saillies, des ostéophytes de consistance comme éburnée en certains points. La surface toute dépouillée est inégale, rugueuse et aplatie d'avant en arrière, au niveau du col chirurgical. Des ostéophytes et des sillons vasculaires existent au-dessous, et l'os est plus irrégulier et plus gros dans son ensemble, au niveau de sa dénudation.
Le bras, maintenu entre deux attelles, présentait, dès le 4 0 octobre, une masse déjà résistante. Lacé le 20 dans une gouttière, une masse de plus en plus résistante se sentait le 31, avec un raccourcissement de 31 centimètres. Enfin, le 25 janvier 1 865, après divers incidents, on sent deux masses osseuses de nouvelle formation aux deux extrémités, avec une pseudarthrose mitoyenne. Le deltoïde commence à se contracter sous l'influence de l'électricité, et l'opérée se sert un peu de son bras.
Application d'un bandage amidonné jusqu'au 25 février, où l'on constate un cylindre osseux continu à la place de l'os enlevé. On électrise les parties musculaires tous les jours, et le mouvement du bras augmente graduellement, ainsi que l'ossification, de manière que l'opérée porte sa main gauche sur la tête, écarte le bras du tronc de près de 1 0 centimètres, et p'en sert pour les divers usages de la vie mieux qu'elle ne l'avait fait depuis sept ans.
Lors de la présentation, le 1 0 avril, il n'y a plus de raccourcissement. La substance osseuse est solide, résistante au toucher et à une forte pression sans aucune scission appréciable, et il est impossible de dire à quel endroit la résection a été faite. Le cylindre se prolonge jusqu'au niveau de la cavité glénoïde, où l'on sent une masse de tissu fibreux qui empêche de vérifier l'état réel de la tête. L'utilité du périoste et la réalité de ses propriétés ostéogéniques est des plus évidentes.
Néanmoins, M. Desgranges, en niant l'ostéite, a changé l'interprétation de celle reproduction du périoste qu'il ne pouvait nier. C'est là, suivant lui, une suite toute simple de la nécrose, comme il en existe de nombreux faits dans la science. L'os n'était pas gonflé comme dans l'ostéite. S'il n'y avait pas de séquestre détaché, c'est qu'il n'avait pas eu lè temps de se faire, et voilà pourquoi le périoste adhérait en dehors. Mais
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M. Chauveau a tranché la question en disant qu'en produisant des nécroses artificielles, il s'établit une ligne sineuse très-marquée entre le vif el le mort, et cette ligne de démarcation n'existant pas sur la pièce pathologique, il y a lieu de conclure à une ostéite. {Gaz. méd, de Lyon^ n° 4 0.)
Quel progrès la chirurgie doit-elb au périoste? par le docteur Desgranges, ex-chirurgien en chef dé l'Hôtel-Dieu de Lyon, professeur de clinique chirurgicale à l'École de médecine. In-S" de 40 pages.
Examen de la question et des faits tel qu'il a été produit au congrès de Lyon, avec un esprit en apparence non prévenu, mais qui interprète néanmoins toujours de la même manière en faisant pher les faits sous ses arguments. C'est la négation de la doctrine nouvelle de la régénération des os par la conservation du périoste.
Késcctions articulaires. Âu lieu de couper les muscles aussi près que possible de l'os comme il est de précepte, M. OUier ne coupe ni les muscles, ni les tendons, ni les ligaments ; il détache toutes ces parties et les laisse se continuer avec le périoste et la capsule articulaire, non-seulement pour les muscles qui recouvrent les articulations, mais pour ceux qui s'insèrent au voisinage, sur les têtes osseuses ou un tendon coupé, se retirent, se rétractent et, dans la cicatrisation, se soucient à des parties en rapport anormal, ce qui annihile et pervertit leur action.
Tous les chirurgiens coupent par exemple le triceps dans les résections du coude, les sous-scapulaire, sus et sous-épineux ; dans les résections de la tête de l'humérus, quelques-uns môme coupent le biceps. Au contraire M. Ollier détache les tendons avec la sonde rugine et laisse intacte la loge fibro-musculo-tendineuse dans laquelle tout os est renfermé. De cette manière, ils conservent leurs rapports, leurs attaches, soit qu'ils s'insèrent sur l'os reproduit, soit qu'ils se continuent sur l'os ancien au moyen d'une bande fibreuse quand la reproduction do la partie réséquée fait défaut. CVoy. Résections sous-pé- BîosTÉEs.) On donne ainsi à ces résections tous les avantages que M. le professeur Sédillot attribue à la méthode de l'évidement qu'il leur oppose pour la reproduction des os.
eésection temporaire. Voy. Polypes nasaux.
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Ité.scctiou du {(cuou. Un beau succès on a été présenté à la Société de médecine de Lyon par M. Gayel, dans la séance du 1" mai, et obtenu sur un homme atteint d'arliirite chronique avec abcès et gonflement, auquel il avait réséqué 6 centimètres d'os, il y a un an environ, par la méthode de Syme. Malgré de nombreux accidents consécutifs et la formation de douze fistules, après six mois de séjour à l'hôpital, l'opéré fut envoyé dans son pays, où il guérit parfaitement. Trois fistules subsistent •encore, mais le membre est très-solide, et l'opéré peut faire des marches assez longues avec une canne. [Gaz. méd. de Lyon, n" i 2.)
Dans la discussion qui s'en est suivie, il n'y aurait eu que des éloges et des félicitations à recueillir pour le jeune chirurgien en chef désigné de l'Hôtel- Dieu, sur cet heureux résultat d'une opération entourée encore de tant de préventions en France, si ce n'étaient les restrictions qu'y a mises M. Desgranges. Au lieu d'en rechercher, comme ses collègues, les indications et les contre-indications, il ne voit dans ce succès qu'une exception qu'il tend enc:re à amoindrir par toutes sortes d'insinuations anglophobiques propres à discréditer cette résection comme les résections sous-périostées. Une sourdine est ainsi placée en permanence contre l'élan des jeunes chirurgiens lyonnais, mais, en s'y accoutumant, il est à craindre qu'ils ne passent outré.
A description of the diseased conditions of Ihe knee-joinl (Description des conditions pathologiques du genou qui réclament l'amputation ou la résection), par Price, ancien chirurgien de l'hôpital Great-Northern, publié et annoté par Henri Smith, chirurgien-adjoint de l'hôpital de Kincfs Collège; 92 p. in-8°, Londres.
Présenté au concours du collège royal des chirurgiens pour le prix Jackson, ce travail traite principalement de la résection du genou, dont il contient 291 cas collectés dans les auteurs. La mortalité est de 78, c'est-à-dire 1 sur 3, 7 ; 238 cas appartenant au chirurgien anglais donnent une mortalité de 55, c'est-à-dire 1 sur 4,3. L'amputation de la cuisse donne une proportion de 1 décès sur 3 à 5 cas.
Késuction tibio-tarsicnnc. En traitant de cette opération devant la Société do médecine de Berhn, le 4 0 janvier^ le professeur Langenbeck a fait connaître qu'il avait eu occasion de
RÉSECTION
la praliquer 4 fois depuis ^S50 dans sa clientèle. Elle était indiquéepar une suppuration longue, provenant de lésions articulaires graves dans trois cas et parliculièrement de luxation du pied avec fractures des malléoles dans deux. Dans deux cas, 3 centimètres du tibia furent réséqués, et les deux malléoles avec la portion articulaire de l'astragale dans le 3". Le quat rième était celui d'un officier russe qui, à la bataille de l'Aima, eut l'articulation fracassée par une balle Minié ; 4 centimètres du tibia furent réséqués ainsi que la plus grande partie de l'astragale. Dans tous ces cas, le périoste fut entièrement conservé et la guériscn s'ensuivit avec une nouvelle formation osseuse sans raccourcissement du membre. Dans deux cas, il y eut ankylose, le mouvement articulaire se rétablit parfaitement dans les deux autres.
11 l'a pratiquée 5 fois durant la campagne du Schleswig, alors que l'amputation paraissait une nécessité; par exemple, chez un jeune lieutenant danois ayant reçu une balle le 29 juin qui, en entrant par la crête du tibia, était sortie à côté du tendon d'Achille en brisant les extrémités inférieures du tibia et du péroné. La portion réséquée du tibia était brisée en \ 4 fragments. Quoique fracturée transversalement, la malléole externe fut conservée ainsi que l'astragale. Une incision transversale réunit en dedans les deux ouvertures, deux lambeaux furent détachés avec le périos'e, l'os lésé fut excisé et la guérison fut rapide avec l'aide d'un bandage plâtré.
Dans deux autres cas, les deux malléoles et l'astragale durent être enlevés; dans le quatrième, ce fut l'extrémité inférieure du tibia, et la partie supérieure de l'astragale. Enfin, ce fut l'extrémité du tibia et du péroné dans le cinquième qui fut seul mortel par gangrène nosocomiale. C'est donc 8 succès sur 9 résections; statistique bien autrement favorable que l'amputation. [Berl, Klin. Voc/ienschr. , n° 4.)
Résection du coude. Sur 20 cas, recueillis par M. le docteur Painetvin dans les hôpitaux de Paris et consignés dans sa thèse inaugurale, 10 opérés ont guéri, 3 ont dû subir plus lard l'amputation, 6 sont morts, et le dernier a conservé des fistules persistantes, malgré un certain degré de flexion. Si donc les guérisons sont plus lentes et moins nombreuses qu'avec l'amputation, c'est du moins avec la conservation du membre, et comme il en est de même de la mortalité, cela établit une compensation à l'avantage de celles-ci.
RETENTION D'URINE.
Excision du poignet. Une monographie complète de cette opération a éié publiée par le professeur Lister de Glasgow, dans la Lancet, n»' XII à XIV. Dix observations délaillées^avec planches et tous les détails du manuel opératoire, du pansement, en font une des pièces les plus importantes à consulter sur ce sujet.
Priolahe. Ainsi nommée en raison des deux pièces principales qui la constituent, celte nouvelle scie à résection a été inaugurée par M. le docteur Fauvel,du Havre. Elle se compose d'une pince ou davier assez fort et d'une scie en arc de cercle. Ces deux pièces sont réunies par un coulisseau. Elle ménage ainsi les parties molles et n'exige pour cette application qu'une plaie relativement petite, grâce à la courbure de sa lame. Elle n'est pas sujette à s'enclaver et à se briser comme la scie à chaîne. Le davier fixe l'os et immobilise la scie, qui produit forcément une section nette et déterminée. Enfin, elle n'exige ainsi qu'une seule main pour fonctionner. [Âcad. de méd., octobre.) Voy. Trépan.
RÉTENTIOiV D'URIiXE. Parmi les nombreux obstacles qui peuvent la produire en dehors de la vessie, il faut signaler les cas de kystes hydatiques qui se rencontrent dans le cul-desac vésico-vaginal comme pouvant être l'objet de méprises dangereuses. Voy. Kystes,
Cet accident peut aussi donner lieuk une hydropisie spéciale qui ne reconnaît pas d'autre cause, et dont M. le professeur "Trousseau a fait l'objet d'une excellente leçon. Voy. Ana-