RÉUNION
nerveux à parlir de la suture, et perle do la fonction de l'exlrémilé périphérique du nerf; ainsi, perte du mouvement et de la conlractilité électrique, s'il s'agissait de nerfs moteurs ; défaut de sensation, s'il s'agissait de nerfs de la sensibilité; augmentation de température, défaut de nutrition, et môme gangrène, s'il s'agissait de nerfs vaso-moteurs, etc. Ces symptômes ont persisté pendant des jours et des semaines sans modification. L'examen microscopique a confirmé ce résultat et montré une dégénérescence graisseuse de l'extrémité périphérique du nerf suturé absolument comme si la réunion n'eût pas été faite dès les premiers jours, tandis que les fibres de l'extrémité centrale restaient comparativement intactes. L'axe central prit part à la dégénération. Et s'il est vrai que, en ajoutant du collodion, il devenait visible à l'extrémité périphérique, la circulation en était très-inégale et parfois complètement interrompue lorsque rien de semblable ne s'observait dans l'extrémité opposée. Celte suture a déterminé en outre, dans plusieurs cas, une névrite et péri-névrite plus ou moins étendue, qui est allée jusqu'à la suppuration en produisant des abcès mélastaliques. Celle opération n'est donc pas exemple de dangers... chez les animaux. A l'expérimentation clinique, rendue Irès-légitime par les résultats heureux de MM. Nélaton et Laugier, de démontrer, de prouver qu'il n'en est pas de même chez l'homnie.
M. Dubreuil a obtenu le même résultat négatif quant à la réunion immédiate, mais un tissu cicatriciel de très-peu d'étendue, entre les deux segments nerveux, a constitué très-rapidement la réunion. Ainsi, sur un chien, dont la section du nerf cubital au coude avait été suivie de la suture des deux extrémités, il a fait constater, huit jours après, par MM. Philippeaux et Vulpian, que les deux segments étaient exactement maintenus en contact par une substance intermédiaire très-peu étendue et composée de corps fibro-plastiques.
Si donc la suture des nerfs divisés est inutile au point de vue do leur réunion immédiate, à cause de raltéralion du bout périphérique, il n'en saurait être de même quant au rétablissement du courant nerveux, car la substitution nerveuse que doit subir la cicatrice à cet effet doit être d'autant plus facile et rapide, dit l'auteur, que le néoplasme a moins d'étendue. Or il sera d'autant moins volumineux que la suture est plus exacte {Gaz. hebd., n° 8). Malheureusement cette prévision, fondée en théorie, ne paraît pas se réaliser en pratique, car cette
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substitution nerveuse était nulle après quatre à cinq mois d'une coaplation parfaite dans les expériences des médecins allemands. [Idem, n" 15.)
RIIU1VIA.TISIVIE. Ce dont on a fait jusqu'à présent une entité morbide sous le nom de rhumatisme, suivant M. H. Ginlrac, est moins une entité qu'une collection d'états pathologiques appartenant à la même famille. Il en établit six espèces :
Le rhumatisme pyrétique aigu intense;
Le rhumatisme pyrétique aigu léger;
Le rhumatisme aigu apyrétique, forme mixte intermédiaire entre la précédente et la suivante ;
Le rhumatisme chronique apyrétique avec gonflement ;
Le rhumatisme chronique apyrétique sans gonflement, qui présente tant d'analogies et d'affinités avec les névralgies et les autres névroses, soit douloureuses, soit convulsives ;'
Enfin la diathèse rhumatismale, disposition morbide héréditaire, distincte de la diathèse goutteuse, et de laquelle procèdent, sous l'influence des causes externes, les formes précédemment indiquées.
C'est à démontrer la réalité de ces espèces que le savant professeur de clinique s'est appliqué devant le Congrès médical de Bordeaux.
Purpura. Aux divers exanthèmes déjà signalés dans le rhumatisme, M. Blachez ajoute le purpura, dont il rapporte plusieurs cas et qu'il assimile au rimmntisme scorbutique des médecins du dernier siècle. Schœnlein a aussi décrit, en 1 829, unepéliose rhumatismale, qui n'est également qu'une éruption de purpura [Gaz. /jebd,, n° 9). 11 serait intéressant de rapprocher ces cas pour voir s'il n'y a pas dans la forme de la maladie ou la constitution des malades une raison de ces extravasalions sanguines, qui ne peuvent s'expliquer que par une allération du sang, une atteinte profonde de l'organisme. C'est ains que, dans l'observation II, il s'agit d'une feuillagiste de dix-huit ans, d'une constitution moyenne, anémique, et exposée par so 1 état à l'absorption des verts arsenicaux. L'état du sang peut seul donner la clef de cette complication.
Rhumniisme articulaire. Métastase. Dans deux cas obser-
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vés à riiôpilal Saint-Georges, le docteur Ogle signale la disparition spontanée du rhumatisme articulaire aigu simultanément avec la manifestation d'une amygdalite inlense. Une jeune femme, admise avec mal de gorge, difficulté d'avalor, fièvre, est le sujet du premier. Après trois jours de traitement, l'angine s'amendait, lorsque plusieurs articulations, les poignets surtout, devinrent tout à coup le siège de violentes douleurs avec gonflement et rougeur et une sueur très-acide. Bicarbonate de potasse, poudre de Dower et séné pour traitement. A la fin du septième jour, tous les synvptômes articulaires disparurent soudainement et furent aussitôt remplacés par une inflammation aiguë des amygdales et de l'arrière-gorge, qui fut combattue efficacement par les moyens ordinaires.
Le second cas était un homme de trente ans, admis pour un rhumatisme aigu. Le traitement fut le même que dans le précédent, lorsqu'après six semaines, les symptômes n'étant qu'atténués dans leur acuité, une violente inflammation des tonsillea se déclara, laquelle, malgré un traitement topique énergique, aboutit rapidement à l'ulcération. Une hémorrhagie abondante survint le troisième jour, qui afl'aiblit considérablement le malade, et simultanément tous les symptômes du rhumatisme disparurent sans récidive. {Med. Times and Gaz., février.)
Quelle que soit l'interprétation de ces faits, ils n'en sont pas moins remarquables, et l'on doit regretter que les détails cliniques n'en soient pas exposés d'une façon plus précise.
TnAiTEMENT. Amica. Dans un cas où une foule de médicaments, opium, colchique, etc., étaient restés sans effet, le docteur Purdon a soumis à l'usage de la teinture d'arnica une femme de cinquante ans fortement rhumatisée, après avoir, au préalable, combattu la constipation et couvert de flanelle les jointures douloureuses.
La formule employée, d'un très-fréquent usage en Allemagne et en Angleterre, est celle-ci :
Eau camphrée 8 onces. — 250 grammes.
Teinture d'arnica 3 drachmes. — i —
Mêlez.
Une cuillerée à bouche toutes les trois heures. Continué pendant une douzaine de jours, ce traitement a eu un plein sucn'-. Pendant trois joiir.^, la teinture d'arnica a été portée à 20 goultos de deux en deu.-c heures. (The Dublin quarlerhj Journal.) |
RHUMATISME
A défaut d'indiquer le caractère de la maladie, cette observation manque de valeur. Qu'il se soit agi d'un rhumatisme adynamique, et le succès de cette médication n'aura rien d'élonnant. C'est ainsi que dans beaucoup de cas le médecin peut réussir avec des remèdes étranges en apparence, en faisant la médecine des symptômes. Dans une infinité de cas, c'est là tout le secret du succès. Il faut souvent avoir plus d'égard aux symptômes prédominants, au caractère général de la maladie qu'à sa nature même pour expliquer l'effet de la médication.
Vésicatoires. Cette médication n'est pas nouvelle, mais elle ne s'est jamais présentée aussi exclusive, systématique et prétentieuse. Admettant que le principe rhumatismal, les maleries morbi ne sont pas contenus dans le sang, mais déposés dans les points douloureux, le docteur Davies, au lieu de chercher à les atténuer, les neutraliser par des remèdes internes, tend à les éliminer par les vésicatoires. Il applique ceux-ci directement, loco dolenti, en nombre indéterminé à l'exclusion de tout autre remède, sinon un purgatif lorsque l'indication se présente. Sitôt qu'une articulation est prise, il la recouvre de vésicatoires, non sur la partie rouge, gonflée, mais tout à l'en tour, et il poursuit ainsi le mal jusqu'à disparition complète. 300 pouces carrés anglaisent été employés dans un cas sans aucune strangurie. Les urines deviennent neutres ou alcalines, et les douleurs articulaires disparaissent promplement.
Telle est la méthode exclusive qui, d'accord avec la théorie, est mise en usage à London hospiial, et l'auteur prétend nonseulement diminuer ainsi la durée du rhumatisme aigu, mais prévenir toute complication cardiaque si le malade n'en est atteint avant son admission, c'est-à-dire le début du traitement. Malheureusement les faits produits à l'appui sont loin d'ÔIre concluants. [Med, Times, janvier.)
Bandelettes épispasHques. En contrôlant les effets de celle méthode dans son service à l'hôpital Necker, M. Lasègue a été amené à en modifier légèrement le modas faciendi. Au lieu de vésicatoires taillés, il fait appliquer, dès l'apparition de la douleur articulaire, à quelques centimètres au-dessus et au-dessous de la jointure malade, une bandelette d'emplâtre vésicant d'une largeur de 4 à 6 renlimètres, et assez longue pour contourner le membre comme un bracelet ou une jarretière. Lorsque, comme
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à l'épaule, il n'est pas possible d'agir ainsi, l'arliculaiion est circonscrite avec deux bandelelLes qui se rejoignent et forment une espèce de cercle irrégulier.
Le vcsicaloire est enlevé au bout de six à huit heures, qu'il ail ou non soulevé l'épidorme. On panse avec de la ouale sans renouveler ce pansement. Les malades ne paraissaient pas en éprouver de douleurs bien intenses ; car, après le soulagement qu'ils en éprouvaient à peu près constamment, ils redemandaient ce remède avec instance dès qu'une autre articulation se prenait.
Appliqué dans les différentes formes du rhumatisme articulaire, ce moyen a toujours amené un soulagement marqué. Dans un cas franchement aigu, où quatre articulations furent successivement atteintes dans l'espace de trois semaines, la guérison eut lieu sans complications cardiaques.
Chez une femme de cinquante-deux ans, dont toutes les articulations, petites et grandes, avaient été envahies sans que les moyens les plus variés à l'intérieur, — sulfate de quinine, iode, colchique, vératrine, térébenthine, alcalins à haute dose, etc. — eussent amené la moindre amélioration, les bandelettes vésicantes amenèrent toujours un soulagement immédiat et persistant. 66 vésicatoires, ne représentant pas moins de <8 mètres de bandelettes, furent ainsi employés aux épaules, aux coudes, aux poignets, aux doigts, aux genoux. Aucune de ces articulations n'a conservé de trace de l'affection, et les membres ont recouvré leur mobilité complète. (Arc/i. de méd., novembre.)
Injections hypodermiques de quinine. Le premier, M. Dodeuil, interne à la Maison municipale de santé, lésa faites récemment sous les yeux de M. Bourdon, chef de service. Les doses énormes de quinine employées par la voie gastrique contre le rhumatisme articulaire, et nécessaires pour en modifier la marche exacerbante, n'étaient pas sans inconvénient ni sans danger. Dégoût, nausées et même vomissements, quand il n'y a pas intolérance absolue de l'estomac. En y substituant les injections hypodermiques chez sept rhumatisants dont il rapporte les observations, et qui tous présentaient des troubles du tube digestif avec phénomènes d'intolérance, M. Dodeuil a donc réalisé un véritable progrès; progrès, quant à la voie toujours accessible sans contre-indications formelles, quant aux doses sensiblement moindres, et quant à l'absorption plus rapide et plus sûre aussi bien qu'à
nUlMATISME. 629
un cfTet ihérapeiilique plus facile à produire, à apprécier el à régler.
A la doso do 20 à 90 centigrammes, en deux ou trois injections pratiquées ordinairement sur les parties latérales de la colonne vertébrale, les cuisses ou les bras, la quinine a produit ainsi tous les phénomènes physiologiques. La chute du pouls, les bourdonnements d'oreilles et les troubles de la vue ont apparu, dans tous les cas, avec une rapidité et une intensité proportionnées à la dose. En administrant, par exemple, 40 centigrammes, en une seule fois, après le début du mouvement fébrile, la chute du pouls s'observe avec une certaine régularité trois quarts d'heure après. L'introduction du médicament dans le torrent circulatoire est ainsi démontrée, par son élimination en notable quantité dans les urines, en moins de trente minutes. Sauf de légères variations résultant des individualités et du degré de réceptivité du malade, ces deux actions se sont manifestées avec une régularité jusqu'ici exceptionnelle en thérapeutique. La guérison a été du moins aussi prompte que dans le cas où il était donné parallèlement par les voies ordinaires.
La moitié, et même les deux liers des doses ordinairement administrées par la bouche suffisent donc à obtenir des effets identiques par cette nouvelle voie. Et encore rien ne prouve qu'ils seraient plus faibles à moindre dose, la contre-épreuve n'ayant pas été faite. Toutefois, il en ressort cet enseignement capital, que, même à cette haute dose, ce médicament, introduit par la méthode hypodermique, est sans inconvénient; ce qui permet, dans cette maladie, comme dans d'autres, en ménageant la susceptibilité des voies digestives, d'alimenter les malades de bonne heure et d'abréger la convalescence.
Reste le choix de la préparation pharmaceutique à euiployer. Voy. Injections s. cutan.
Quinine et iodurê de potassium. Au lieu d'employer séparément ces deux agents, comme on l'a fait jusqu'ici dans certaines formes du rhumatisme, le docteur Lemire (de Québec) les réunit, à l'exemple du docteur Levins(de Liverpool) et, comme lui, en a obtenu le meilleur effet. Chez un tailleur de pierre notamment, ayant les coudes, les genoux, les poignets elune épaule pris avec une abondante transpiration fétide et la langue chargée, après avoir administré un purgatif avec calomel et jalap, il fit prendre une cuillerée à bouche toutes les deux heures de la solution suivante :
rUPTURF.
Siilfalo de quinine,
♦ grammes.
loduro de potassium Acide snlfuriquc. . , Eau
Le septième jour, le malade se levait et marchait {Canada méd. Journ.). Ce seul fait ne pouvant ôtra décisif, il convient de répéter cet essai en prescrivant cette solution en moins grande quantité, pour éviter toute décomposition.
Rhumatisme cérébrdi. A propos d'une belle observation qu'il en rapporte, M. Daga propose une interprétation palhogénique nouvelle de celte maladie. En trouvant dans deux autres cas relatés par M. Gintrac(voy. Méningite rhumatismale) comme dans celui qu'il rapporte, des douleurs vives au début, le long du rachis, M. Daga croit qu'elles peuvent bien dépendre d'une affection primitive des enveloppes de la moelle. Ces douleurs, ces premiers symptômes du côté des centres nerveux lui paraissent devoir fixer l'attention comme pouvant servir un jour à éclairer le diagnostic [BuUelin méd. 'du Nord, août). Du reste, cette observation n'est pas moins favorable à la doctrine de la généralisation de la phlegmasie des membranes séreuses par suite du rhumatisme et pourra être consultée utilement sous ce rapport.
RUPTURE. Rnpfnres de Tàorfe et du cœnr. Trois observations en sont rapportées par le docteur V. Martin, médecin principal aux Invalides, paraissant dues à un ramollissement inflammatoire. Assez souvent, il est vrai, dans la vieillesse, il arrive que, sans autre raison qu'un simple trouble nutritif né du progrès de l'âge, le parenchyme du cœur, devenu flasque, acquiert une mollesse assez grande pour que son lissu cède à une légère traction et s'écrase sous la moindre pression des doigts; mais, dans ce cas, on voit le ramollissement intéresser la totalité de l'organe ; or ici, la friabilité n'occupe qii'une portion, même assez peu étendue, de la paroi veniriculaire gauche. Chez le vieillard, où la fréquence de l'hypertrophie cardiaque forme, d'après les savantes recherches de M. Bizot, une sorte d'état physiologique, on sait aussi qu'il existe, vers la pointe du viscère, un amincissement relatif et conséquemment une diminution de force de résistance que quelques auteurs considèrent comme une circonstance favorable à sa rupture. Mais cette pathogénie ne saurait s'appliquer à notre malade,
RUPTURE
puisque c'est à deux travers de doigt au-dessus de la pointe du cœur qu'a eu lieu l'accident. Entin il n'existait, dans le cas actuel, ni phlébite en aucun point de l'économie, ni aucune trace de cachexie soit typhique, soit scorbutique, et le sang trouvé dans le péricarde était coagulé, du moins en partie, tandis que, d'autre part, la constatation d'abord d'une exsudation inflammatoire tapissant une partie de l'endocarde, puis la décoloration partielle avec friabilité du parenchyme, et enfin l'existence, dans l'épaisseur des parois de la plaie, de petits foyers hémorrhagiques, sont autant de faits qui déposent de la façon la moins équivoque, en faveur de la nature phlegmasique de la lésion cardiaque.
DtAGNOsTic. Une douleur persistante accusée entre les deux épaules paraît devoir être rapportée au travail inflammatoire. Et comme symptômes contemporains les lipothymies, la crainte d'une mort prochaine, une agitation insolite, signalés déjà comme des signes pathognomoniques, ont été des plus accentués. Dans deux observations de cardite rapportées par Morgagni et M. le docteur Mascarel, ces deux auteurs insistent sur de vives douleurs ressenties le long des bras : or, des douleurs semblables ont été observées chez ce malade, douleurs qui, pour le dire en passant, offrent ceci de remarquable qu'on les retrouve dans l'angine de poitrine, affection à laquelle, non sans quelque raison peut-être, M. Beau voudrait substituer le nom d'angine du cœur. Enfin on doit signaler de grands troubles digestifs, vomissements, constipation, diarrhée, qui peuvent en imposer à faire croire à une altération essentielle, tandis que l'autopsie ne découvre que la rupture anévrysmale. {Union métl,, 71, 73 et 87.)
Une statistique de 12 fails de rupture de l'aorte, présentée parle docteur Chauvel, semble infirmer plusieurs des résultats statistiques précédents sur cette lésion formidable. Ainsi, pour le sexe, il y avait 10 hommes; pour l'âge, elle serait plus fréquente dans la vieillesse que dans l'âge mûr. C'est le plus souvent très -près de l'orifice que se produit celle rupture, ordinairement transversale. 9 fois sur 1-2, un alhérome avec dilatation du vaisseau en rendait compte. En dehors de cette alléralinn, les violences extérieures du thorax, un obstacle au cours du sang dans ce vaisseau, en sont les principales causes. 8 fois la mort a été foudroyante, et, quant aux autres, il n'est paspos-
632 RUPTURE
srble d'en fixer rigoureusement l'éloignemenl, par la difficullé même de fixer le moment précis de cotte rupture. Une douleur subite, violente, à la partie inférieure de la région sternale, en est le principal signe, mais il est inconstant.
Quand la rupture a lieu en deliors du péricarde, la mort a lieu par hémorrhagie. C'est, au contraire, par syncope si 1 epanchement sanguin se fait dans le péricarde. Le cœur se trouve comprimé, il s'arrête et cesse de batlre. {Gaz. méJ. , n<" 27 et 28.)
M. Lunier a constaté deux cas de rupture du cœur à l'asile des aliénés do Blois, chez, deux épilepliques dont le cœur était, d'ailleurs, dans un état d'intégrité parfaite. A part celui de Short, on n'en trouve pas d'analogues. Voy. Épilepsie.
Riiplurc du péricarde, bruit de roue hydraulique, ou bruit do moulin, par M. le docteur Morel-Lavallée, chirurgien de l'hôpital Beaujon. broch. gr. in-8° de 40 pages. L'analyse de ce mémoire intéressant d'un jeune chirurgien dont la science .déplore la perle prématurée, se trouve dans le Dictionnaire de i 864. Voy, Péricarde.
Rupture de l'urèthrc. Un enfant de i 0 ans, voulant sauter par-dessus une barre de fer, tomba violemment dessus et se fit une profonde contusion ecchymolique du périnée qui donna lieu aussitôt à une hémorrhagie abondante de l'urèthre. Le blessé ne pouvant uriner, une sonde fut introduite par l'interne et l'urine jaillit aussitôt; mais le lendemain, 14 septembre 1 864,^1. Boddaert, renouvelant le calhétérisme, ne put arriver à la vessie ; la sonde faisait toujours fausse route, le bec de l'instrument se perdait sans cesse dans une solution de continuité sous-cutanée qui, d'après cela, pouvait être sûrement diagnostiquée d'autant mieux qu'on voyait le périnée se distendre comme si un liquide pénétrait et que de l'urine sanguinolente s'échappait delà sonde parvenue à cet endroit. Les sangsues, les bains, les cataplasmes n'amenèrent en effet aucune amélioration ; l'enfant succomba le 1 6 , et l'autopsie montra en effet une rupture complète de l'urèthre, ayant déterminé un épanchement de sang et d'urine au-devant et formant une tumeur grosse comme un œuf. {Ann. de la Soc. de méd. de G and, février.)
L'enseignement de ce fait est tout d'abord de créer une issue aux liquides accumulés et dont la rétenlion, la stagnation ne
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peut qu'accrollre les accidenls. Mais ce n'est là qu'un moyen palliatif. Il s'agit de rétablir le cours normal de l'urine. La difficulté de retrouver le bout postérieur de l'urèihre au milieu de tissus contus, infiltrés, ne permet pas de compter sur cette ressource, dit M. Deneffe, et d'ailleurs l'urine, en continuant de s'écouler sur les côtés de la sonde, u'entretiendrait-elle pas l'infiltration urineuse de la plaie? Il ne reste donc que la boutonnière et la ponction de la vessie. Sur un périnée sain, la première est facile, mais il n'en est plus de même ici, et cette opération est d'autant plus grave que l'hémorrhagie, l'érysipèle, l'infeclion purulente, sont d'autant plus à redouter. La ponction vésicale paraît donc au chirurgien belge la plus rationnelle à opposer à la rétention d'urine provoquée par des violences périnéales. Voy. Ponction.
Rupture des corps caverneux. Elle eut lieu dans le Cas suivant sans déchirure de l'urèlhre, en de telles circonstances que l'on ne se rend guère compte de sa production que par une altération antérieure, une friabilité des tissus. Chez un homme de quarante-lrois ans, ancien militaire, n'ayant jamais eu d'affection vénérienne, qui se trouvait en érection la nuit à moitié endormi, il suffit d'appuyer violemment la main sur la face dorsale de la verge pour que cet accident se produise. Une douleur subite, atroce, suivie du retrait de l'organe, en fut le signe. Néanmoins il urine sans peine à plein jet sans rendre de sang. La verge rentrant de plus en plus dans le ventre à mesure que se développait un gonflement de la racine en avant de la portion sous-pulDienne, le docteur Fontan fut appelé et constata ce gonflement contournant le pénis dans l'étendue d'un pouce et l'enchâssant dans toute son épaisseur. Cette tuméfaction descendait dans les bourses et les soulevait à leur angle de réunion avec la face inférieure du pénis, figurant ainsi un troisième testicule sur la ligne médiane. La peau était légèrement vineuse et laissait deviner plutôt que reconnaître une ecchymose, mais une coloration noirâtre, uniforme, s'étendit sur la verge et le scrotum les jours suivants, malgré le repos, des compresses résolutives, et persista plus d'un mois. Aucun ^ccident rte s'ensuivit : ni abcès, ni infiltration d'urine, si ce n'est la réapparition de la douleur pendant l'érection et surtout au moment de l'érection, ce qui justifie le diaguostic porté. (Gu.?. det hôpit., n" 25.)
« SANG
Itiipturc •■(éro-vngiiiHic. ^
Uupture de l'utérus. ]
Voy. DvsTociB.
SANG. Le meilleur moyen d'en constater l'existence et la nature, suivantM. Roussin, dans les recherches médico-légales, est l'examen au microscope, qui permet de déterminer le diamètre des globules rouges. On peut ainsi différencier le sang provenant de l'homme à celui d'autres mammifères par le diamètre de ces globules, dont voici le tableau :
II. est ainsi facile de reconnaUre le sang de l'homme à l'état frais, mais les alternatives de sécheresse et d'humidité auxquelles les globules sanguins soumis aux experts peuvent avoir été exposés, l'endosmose plus ou moins- rapide qui se produit lors de l'humectation et la déformation qui peut en être la conséquence, sont autant de motifs d'hésitation. De là les précautions et les moyens qu'il indique pour les révivifier sans altérer leur diamètre, qui est ainsi le meilleur moyen de déterminer l'origine du sang. [Ann, d'hxjg. publ. el de méd. Wgfa/e, janvier.)
AUéralion des globules. Prévue et exprimée de différentes manières par les cliniciens, les observateurs de tous les temps, entre autres sous le nom àe décomposilion, cette altération du sang a été rendue évidente, palpable pendant la vie, à l'aide du microscope, par M. Proust, chef de clinique de la Faculté dans le service du professeur N. Guillot, à l'hôpital de la Charité, en piquant au doigt deux malades atteintes de variole anormale au début de la maladie et en en examinant le sang. La première, couturière de trente-quatre ans, vaccinée, était accouchée quatre jours auparavant et offrait une teinte grise, livide, terreuse de la face comme si elle eût été frottée avec la pommade mercurielle ; tuméfaction générale avec des stries saa-
Homme
Cliien.
Lièvre.
Porc. ,
Bœuf.
Clieval.
Mouton
1/lCG 1/168 1/181 1/209
SANG
guines concrélées aux lèvres, au nez. Une éruption discrète, irrégulière, à peine saillante, pétéchiale ici, papuleuse là, vésiculeuse ailleurs, et vraiment pustuleuse en de rares points, mais livide, hémorrhagique partout, s'observe sur toute la surface du corps et la mort arrive le troisième jour.
Le sang extrait pendant la vie présente les globules comme agglutinés, accolés les uns aux autres formant des plaques irrégulières. Ils sont déformés, considérablement élargis ou bien allongés dans un seul sens, de manière à figurer un petit tube clos, bombé aux deux extrémités. Leurs parois semblent épaissies comme si la matière colorante s'était condensée dans l'enveloppe. Leur bord est nettement accusé et offre une teinte violacée très-insolite. La disposition étoilée s'observe sur quelquesuns, mais alors c'est le relâchement et non la rétraction de l'enveloppe qui prédomine; il y a eu plutôt endosmose qu'exosmose. Le sérum a sa couleur normale.
Chez une autre femme, non vaccinée, atteinte de variole confluente et reçue le même jour, la maladie suivit son évolution régulière avec une intensité telle des symptômes que la mort arriva le douzième jour. Le sang, extrait le même jour que dans le cas précédent, ne présenta au contraire aucune altération: les globules présentaient leurs caractères histologiques riormaux, ce qui donne à l'altération du sang de la première malade une importance qui ne saurait échapper. Cette altération coïncidant avec les hémorrhagies observées, frappe l'attention et révèle un rapport de cause à effet entre cette modification des globules et la production de l 'hémorrhagie qui ne saurait être niée. [Gaz. des hôpitaux, n° 28.)
Il résulte des expériences de M. Rovida, faites dans le laboratoire de pathologie expérimentale de l'Université de Pavie sur le sang des grenouilles :
1° Que les globules rouges du sang n'ont pas de membrane, mais sont constitués de plasma incolore, nucléé, de forme elliptique et de substance colorante ;
2° Us sont détruits dans l'urée, l'acide lactique et la bile^ mais non l'acide urique, hypurique et le biurate de soude ;
3° Les cellules amyloïdes du sang sont le seul élément hislologique incolore qu'ils contiennent ;
4» Leur transformation en globules rouges s'accomplit dans tout le système vasculaire et le plus rapidement dans la circulation pulmonaire;
SANG
'6" La diminiilion artificielle de la respiration ne peut être la preuve de ce fait, car, en ralentissant la destruction des globules rouges et la production des blancs, de manière que ceuxci restent dans le sang pauvres d'oxygène relativement aux rouges, en moindre quiinlité qu'à l'état normal ;
6° La nutrition a une inlluence très-grande sur la formation des éléments liistologiques du sang, dont le rapport quantitatif dans les diverses saisons est représenté par la moyenne suivante :
il'évricr. ..... 3,88 Idaiics.
Avril 4,33 Mai C,T2 I n\ r
«uin 't'â Juillet 8.03 Août 8,97
[Ann. univers, di medicina, oct.), Globulimèlre. Nouvel instrument imaginé par le professeur Mantegazza, pour mesurer facilement et instantanément la quantité approximative des globules sanguins avec autant d'exactitude que l'analyse chimique la plus minutieuse. Sans reproduire la description qu'en donne la Gazzella medica Lom^ barda, n°* 23, 24 et 25, ni les résultais des expériences, il suffit de dire, pour en faire prévoir la portée, qu'il est construit sur la propriété qu'a une couche de sang, plus ou moins riche en globules rouges, d'intercepter proportionnellement la lumière. Placez, en effet, une couche de sang pléthorique ou anémique entre deux verres bleus devant la flamme d'une bougie^ dans une chambre obscure, et les rayons lumineux les traverseront à un degré différent, toute distance et épaisseur étant parfaitement égales d'ailleurs. Plus le sang sera riche et moins la lumière le traversera, et réciproquement. En multipliant les -verres, on obtient une uiesure graduelle qui, avec un peu d'habitude, indique parfaitement la quantité des globules. On prévoit combien cet instrument est simple et d'application facile comparativement aux procédés chimiques, accessibles seulement à quelques expérimentateurs, et combien il sera utile et préférable pour la majorité des praticiens. [Journ. de méd. de Bruxelles, août et septembre.)
Analyse volumélrique du fer. M. Pelouze l'obtient par des liqueurs titrées. Après avoir brûlé le sang, il obtient un perchlorure en lavant le résidu à plusieurs reprises avec l'eau acidu-
SANG
léo. Il le ramène ensuite à l'étal de protochlorure et peut ainsi doser exactement la quantité de fer contenue dans 100 à 130 grammes de sang.
Ainsi il a trouvé les rapports suivants pour 1 00 grammes :
Il serait sans intérêt, au point de vue pratique, de relater tous les détails chimiques de cette opération, qui n'offre d'intérêt qu'aux physiologistes et aux médecins légistes. Ces expériences, on le voit, comme celles de MM. Poggiale et Schmit, ont donné une quantité inférieure de fer chez les oiseaux que chez les mammifères, dans le rapport de 3 à 4 parties sur 1000 chez les premiers et 5 à 6 chez les seconds. (Acad. des se.)
Température. Outre les différences déjà observées du centre à la périphérie du corps et des organes, M.^ Colin a constaté, par des expériences très-délicates, que celle des deux sangs varie dans les deux cœurs comme dans leurs vaisseaux respectifs.
A l'aide d'un petit appareil, il a pu faire descendre dans le cœur de plus de 80 animaux : chevaux, taureaux, béliers et chiens, des thermomètres métastastiques à maxima par la carotide ou la jugulaire. Or, sur 102 observations thermométriques doubles, il y a eu 21 fois égalité de température entre les deux cœurs ou entre les deux sangs pris à l'entrée des ventricules, 31 fois excès de température à droite et 50 fois excès à gauche. Ces différences ont oscillé, terme moyen, de 1 à 2 dixièmes, en s'élevant parfois jusqu'à 6 et 7, suivant les espèces et l'état des animaux.
Plusieurs causes paraissent produire ces différences chez les animaux ayant à la fois la peau couverte d'une épaisse toison et les viscères abdominaux très-développés, le sang veineux superficiel se conservant chaud et le sang de la veine porte étant abondant, la température de la masse du sang veineux dans les cavités droites tend à dépasser celle du sang artériel. Dans les cas contraires, le sang veineux des parties superficielles plus refroidi et le sang de la veine porte moins abondant impriment à lu masse du sang un abaissement marqué. C'est
GAUNlIin. 3G
Homme. . .
Bœuf cl porc,
51 milligrammes.
Dinde
Canard Oie. .
SANG
aussi chez le chion que l'excès do la lempéralure du sang artériel esl le plus prononcé et le plus commun, car il s'y montre 8 ou 9 fois sur 1 0 el y atteint jusqu'à 7 dixièmes de degré.
Dans les circonstances si communes où la totalité du système musculaire entre en action, la masse du sang noir ramenée au cœur tend à prendre une température prédominante, d'accord avec les expériences de M. Becquerel.
De ce fait, remarquable entre tous, que dans le cœur la température du sang artériel l'emporte sur celle du sang veineux, il faut inévitablement tirer la conclusion que le sang s'échauffe en traversant le tissu pulmonaire. En effet, si, après avoir cédé du calorique, tant pour échauffer l'air des bronches que pour vaporiser le produit de la transpiration, le sang est encore, malgré ces deux causes de refroidissement, plus chaud à la sortie du poumon qu'il ne l'était à son entrée dans cet organe, c'est que son conflit avec l'air a produit de la chaleur. Conséquemment l'hématose, telle qu'elle s'effectue dans le poumon, doit être, ce semble, considérée comme une source locale et immédiate de la chaleur animale. {Acad. des se.)
Le sang siège des combustions respiratoires. Ce n'est ni dans les vaisseaux capillaires généraux ni dans ceux des muscles où la science moderne le plaçait que se passe cet important phénomène, selon MM. Ester et Saint-Pierre. Les variations notables des quantités d'oxygène constatées dans les divers points du système artériel par des vivisections et variant de 21,06 dans l'artère carotide, à une moyenne de 7,62 dans l'artère crurale, montrent en effet qu'il diminue à mesure qu'il s'éloigne du cœur, ce que prouve d'ailleurs dans la pratique journalière sa moindre rutilance dans les capillaires. Sa veinosité plus grande, démontrée par M. Cl, Bernard, à sa sortie des muscles est le résultat de la contraction de la moindre rapidité du courant et d'une combustion plus complète, par conséquent, comme le confirme la section du grand sympathique qui, en laissant les vaisseaux béants, facilite l'accélération du courant sanguin et donne un sang rouge et riche en oxygène. Ainsi s'explique l'hypérémie des tissus dans la paralysie du grand sympathique et dans l'inflammation.
Les phénomènes d'oxydation directe ou indirecte constates chimiquement au sein des organes, l'alcalinité du sang qui appelle, sollicite bien mieux que l'acidité du muscle cette oxydation, l'existence dans le sang des produits les plus oxydés de
SCLÉRODERMIE. 639
l'organisme, notamment de l'acide carbonique libre et plusieurs autres raisons qu'ils développent, autorisent ainsi ces auteurs à conclure :
1° Les oxydations respiratoires ont lieu exclusivement dans le sang et ne sont limitées à aucun point particulier de son parcours; elles se continuent depuis le poumon jusqu'au poumon ;
2° Elles sont Irès-actives dans le système artériel ;
3° Les capillaires n'augmentent la veinosité du sang qu'en retardant sa marche;
4° Ces oxydations respiratoires sont progressives; directes ou indirectes" causes ou suite de dédoublement dans le système artériel; elles sont complètes jusqu'à la destruction des composés dans les systèmes capillaires et veineux. {Journ. de Vanatomie, mai.)
SCIATIQUE. Voy. iNévralgies.
SCLÉRODERMIE. Son caractère, essentiellement rebelle chez les adultes à toutes les médications dirigées contre cette affection, a incité le docteur Heusinger (de Marbourg) à relater un fait en apparence exceptionnel. Une femme bien réglée avait eu toutes les parties du corps progressivement atteintes par cette induration cutanée, notamment les mains et les pieds, et à un degré si extrême que la marche en était empêchée et l'épiderme paraissait entièrement disparu par places. Les fonctions digestives, se troublant peu à peu, étaient devenues nulles, et malgré des topiques au goudron et à la glycérine, l'état- s'aggravait de plus en plus, lorsqu'on administra à l'intérieur, à dose croissante, l'opium jusqu'à 5 centigrammes, uni au sulfate de quinine jusqu'à 40 centigrammes. Cette poudre fut continuée pendant six mois, sauf de courtes interruptions, et, après quatre mois de son emploi, le sclérème n'existait plus qu'aux mains et aux avant-bras, qui finirent également par guérir. La transpiration même reparut. (Arch. [iirpalh. anal., mars.)
A moins d'admettre ici une guérison spontanée, et la gravité du cas ne le permet pas plus que la coïncidence de l'amélioration, graduelle avec le traitement précité, celui-ci mérite
donc d'être renouvelé en pareil cas.
De la sclérodermie, par le docteur Paul Horteloup, ancien in-
erne des hôpitaux de Paris. Résumé fidèleet précieux à consulter
6^0 SPÉCULUM.
des opinions émises sur l'étioloo^ie et la nature du iclérème chez l'adulte, enrichi d'observations et d'appréciations qui éclairent ce sujet important. Il a été couronné par la Faculté dans son concours annuel.
SCORBUT. De môme qu'il avait observé le diabète chez le .singe, M. Bérenger-Féraud a pu étudier, sur les côtes occidentales d'Afrique, un jeune gorille fiappéd'un scorbut bien caractérisé. L'élat général était des plus mauvais, quand une provision de légumes frais, de fruits acides et sucrés rétablirent la santé de l'animal. Il succomba plus tard à la phthisie. {Acad. des se.)
SPÉCULUM. Une importante modification a été faite .par M. Mathieu à cet instrument pour l'opération des fistules vésico-vaginales étroites et profondes. Voy. Fistules.
Spécuium-Tentousc. Sous ce nom, M. Saura, professeur d'obstétrique h la Faculté de médecine de Madrid, a fait une addition à cet instrument afin de pouvoir l'employer comme ventouse. Au spéculum cylindrique ordinaire, en cristal ou en métal poli, ayant l'orifice utérin taillé en biseau, s'adapte un cercle métallique qui se fixe par un écrou à l'extrémité vulvaire. Ce cercle est muni d'un obturateur ou tampon en métal fermant hermétiquement cette ouverture avec un petit tube au centre, s'ouvrant et se fermant à volonté au moyen d'une coulisse transversale pour donner accès à l'air extérieur. Un corps de . pompe aspirante en métal, semblable à celui du bdeliomètredo Sarlandière ou de la ventouse ordinaire, sert à faire le vide dans ce tube; on devine le reste. [La CUnica^ n" 9.) • Cet instrument est proposé contre l'aménorrhée et la dysménorrhée asthéniques, les engorgements du col, etc., etc.; mais c'est plutôt une étude à faire qu'à répéter. Quant à la valeur de cette modification, sa ressemblance avec la sangsue mécanique doit faire craindre que l'instrument ne fonctionne pas longtemps sans que le mécanisme ne s'en altère.
Spéculam laryngien. Imaginé par le docteur Delabordette (de Lisieux) et fabriqué par M. Mathieu, cet instrument nouveau n'est plus seulement destiné, comme le laryngoscope, à l'exploration du larynx et à l'excision des polypes qui s'y déve-
SPÉCULUM.
6/il
loppent, certaines affeclions aiguës qui sont les plus fréquentes, comme le croup, par exemple, en sont. aussi justiciables pour le traitement topique de cette redoutable affection.
Que Babington ait imaginé, en 1829, un instrument dont l'idée mère est tout à fait semblable, comme l'a fait obligeamment remarquer M. Fauvel, il importe peu; personne en France no connaissait ce spéculum, et le service qu'il est appelé à rendre ne saurait être amoindri par cette question d'e priorité. En voici la description :
C'est un véritable spéculum bivalve, analogue en dimension à celui qui sert dans les maladies utérines, avec cette différence que les valves superposées s'écartent comme les deux pièces du bec d'un oiseau. Pour s'adaptera la conformation des parties, et remplir l'usage spécial qui lui est dévolu, la valve supérieure ou palatine, longue de 13 centimètres environ (modèle pour adulte), dépasse de 3 centimètres, à son extrémité libre, la valve sous-jacente. Cette partie excédante, courbée en bas à 45 degrés, est munie inférieurement d'un miroir ovale solidement enchâssé, et destine à recevoir l'image laryngienne. La valve inférieure ou linguale est droite, longue de 12 centimètres, terminée à son extrémité libre par une échancrure médiane à bords mousses.
L'instrument est large de 3 à 4 centimètres transversalement, mais, fermé, il présente peu d'épaisseur, les deux pièces étant presque planes et fort rapprochées; lorsqu'il est ouvert, au contraire, l'écarlement, à l'extrémité. libre, mesure au moins 5 centimètres, de sorte que l'isthme du gosier, largement béant, permet sans peine l'entrée des rayons lumineux et le jeu des instruments.
En place, il présente les rapports suivants : la. valve supérieure prend un point d'appui sur les incisives, puis, en ar-. rière, s'applique par sa face convexe sur la partie la plus reculée de la voûte palatine et sur le voile du palais, qu'elle soulève; son extrémité libre touche la paroi postérieure du pharynx ; la valve inférieure couvre la face dorsale de la langue ; agissant à la manière d'une large spalule, elle déprime l'organe dans toute son étendue jusqu'au voisinage de l'épiglolte, et maîtrise les mouvements d'élévation de sa base, qui ordinairement gênent tant l'abord du larynx.
L'introduction, sans être très-difficile, exige cependant quelques précautions, et surtout une certaine hardiesse. Le malade
SPHYGMOGBAPHIE.
étant convenablement placé, devant une fenêtre, la bouciie ouverte, l'instrument, préalablement trempé dans l'eau chaude, est porté sans bésilalion jusqu'au fond de la gorge, la voûte palatine et le voile du palais servent de guide à la valve supérieure ; l'axe du spéculum doit ii peu près répondre à l'iixe courbe de la cavité bucco-pliaryngienne. Quand le bout du bec est arrivé à la paroi^ postérieure du pharynx, on ouvre l'instrument en pressant sur la branche inférieure. Cette pression doit se faire franchement, sans tâtonner ; on évite soigneusement de retirer et de faire basculer l'instrument, sans quoi on exerce sur la base de la langue un frottement qui suscite des contractions très-incommodes et des envies de vomir.
Ces difficultés sont, en somme, assez faciles à surmonter. Ce spécuium dispense de l'adjonction embarrassante des réQecteurs et de la lumière artificielle, au moins pour les cas ordinaires.
Pouvant rester longtemps en place, puisqu'il n'empêche pas de respirer, il est possible, avec son concours, de porter des topiques sur des points très-circonscrits du larynx.
Enfin, dans les cas d'asphyxie, soit chez le nouveau-né, soit chez l'adulte, le spéculum laryngien permettrait d'introduire dans les voies aériennes des tubes à insufflation, instruments qu'on emploie généralement pour l'acquit de sa conscience, et qui, 99 fois sur 100, enfilent l'œsophage au lieu de s'engager dans le larynx. [Gaz. hebdom., n" 30.)
SPHYGMOGRAPHIE. Sans avoir jamais répété les expériences sphygmographiques de MM. Chauveau et Marey, le docteur Judée conteste l'exactitude de leur interprétation de la troisième courbe. Les révolutions cardiaques débutant, selon lui, dans la diastole au lieu de la systole, cette différence du commencement explique le désaccord de la fin. (Gaz. des hôp., n° 1 42.)
Ce n'est plus seulement à l'élude des mouvements du cœur que cet ingénieux instrument servira ; il est entré dans le domaine pratique par son application à l'étude et à la constatation positive des variations du pouls dans l'état pathologique. En l'appliquant sur les radiales aux différentes périodes de la maladie, il devient, par le tracé obtenu, un indicateur infaillible des changements survenus dans la vitalité, et un précieux adjuvant du diagnostic pour le confirmer ou le rectifier. II a
STAPHYLORRHAPHIE.
révéîé ainsi exactement ou plutôt expliqué, selon M. le professeur Alvarenga de Lisbonne qui l'a importé en Portugal, et le premier et le seul qui l'ait employé jusqu'ici dans ce pays, les diverses lésions de l'insuffisance aortique vérifiée par l'autopsie. 11 a signalé ainsi une variété où le sommet de la pulsation est précédé d'une pointe aiguë formant un crochet et le dicrotisme du pouls dans la période d'ascension ou diastolique de la pulsation artérielle. Dans une pneumonie aiguë, le passage du deuxième au troisième degré a de même été rendu trèssensible comme dans les deux périodes d'une méningo -encéphalite. Il l'a appliqué de même dans la péricardile aiguë avec adhérences et avec épanchement, et toutes ces observations, recueillies dans la clinique publique de l'hôpital San-José ont un caractère d'authenticité qui les rend d'autant plus précieuses. (Gazela med. de Lishoa.)
Du reste, le savant cardiopathologiste portugais a réuni en corps de doctrine toutes ces observations et ces applications diverses du sphygmographe dans un mémoire sur la sphygmographie générale et spéciale présenté à l'Académie des sciences de Lisbonne, et qui ne tardera pas à être publié.
M. Cornil en a aussi renouvelé l'application dans les affections, pulmonaires. Voy. Pouls.
SPIROSCOPE. Nouvel instrument imaginé par M. Gardiner pour mesurer la capacité de la poitrine des malades et des personnes qui se présentent aux compagnies d'assurances sur la vie pour se faire assurer. Il est destiné à remplacer le vieux et vulgaire spiromètre. De sept pieds carrés environ, et un tube de caoutchouc vulcanisé de quelques pieds, il est ainsi très-portatif. [Lancet, juin.)
STAPHYLORRHAPHIE. Dans un cas de division congénitale, chez une fille de dix-neuf ans, M. Trélat a fait subir les modifications suivantes au manuel opératoire :
Sans parler du bistouri ni des ciseaux, quatre pinces sont nécessaires ici, deux coudées et deux droites, chacune d'elles à dents de souris, une longue aiguille fixe montée sur un long manche, offrant une grande courbure près de son extrémité et portant le chas près de la pointe et un crochet-mousse pour démêler les fils.
Les pinces à dents de souris servent à l'avivement. L'ai-
Ghli STAPHYLORRHAl'HIi:.
jj,uille fixe, arm(5o d'tino anso de fil double de clianvre ou de soie, est portée sur une des lèvres de la plaie qu'elle traverse. Mais, dès que la pointe paraît en arrière du voile dans l'aire do la division, le fil en est saisi avec une pince et l'aiguille est retirée par son ouverture d'entrée. Il reste derrière le voile une anse de fil souple. La môme chose étant répétée du côté opposé, les deux anses de fil souple sont ramenées d'arrière on avant par l'ouverture du voile et les extrémités d'un fil d'argent bien aplati y étant accrochées, on tire successivement, de chaque côté, l'extrémité antérieure des fils souples. Les chefs du fil métallique étant attirés forment alors une anse ouverte en av^int et passant à travers les deux lèvres de la plaie. C'est le procédé de A. Bérard pour ramener d'arrière en avant les deux extrémités du fil métallique, manœuvre qui est répétée autant de fois que l'on peut faire de points. Les fils passés sont tordus avec une pince en saisissant chacune de leurs extrémités, ce qui permet déjuger du degré de constriclion mieux qu'avec les doigts.
Si cette description paraît compliquée, ce procédé est simple et commode, dit l'auteur, à la pratique; contrairement à MM. Fergusson et Sédillo!, il ne divise les muscles qu'après l'affrontement des lèvres de la plaie quand la tension des parties la rend nécessaire, et toujours sur la face visible du voile pour agir plus sûrement.
Pendant les quatre jours qui suivent l'opération, l'abstinence de toute alimentation par la voie buccale est combattue par des lavements alimentaires de vin et de bouillon répétés au besoin cinq à six fois par jour. Après ce temps, les fils sont retirés, car la réunion existe si elle doit se faire, et leur séjour prolongé ne peut que provoquer l'ulcération des tissus. Deux opérées, présentées à la Société de chirurgie offraient ainsi une réunion parfaite.
Quant à la préférence à accorder à celte opération sur la prothèse, l'état des parties doit en décider. MM. Verneuil et Trélat ont reconnu que celle-ci n'est possible et ne doit être tentée que lorsque le voile du palais a conservé encore assez d'étoffe pour permettre une restauration capable de rétablir complètement les fonctions du voile du palais. Dans le cas contraire, il faut laisser le champ libre aux fabricants d'obturateurs, et céder la place au caoutchouc. (Soc. de chir., juillet.)
Une histoire détaillée des modifications successives et des perfectionnements apportés à cette opération, surtout de la
STAPHYLORRHAPHIE. ba&
pari des chirurgiens anglais et américains, avec la représentation iconographique des cas et des différents instruments employés à cet effet, a été publiée par M. Collis de Dublin. {Dubl. quar. Jovrn., février.)
Le docteur Paul (de Breslau) conteste la valeur de celle opération, fondé sur des observations d'adhérences à la paroi pharyngienne qu'il rapporte, ou d'occlusions de Tarrière-cavilé des fosses nasales, avec persistance du nasonnemenl, dont la tension seule du voile du palais lui paraît la cause. C'est donc à le rendre plus large et plus mobile qu'il faut s'appliquer, par des incisions latérales, superficielles, comme on les fait pour la suture, ou en traversant le voile au besoin à plusieurs reprises, en attendant qu'il serefeyne par granulation. L'espoir émis par Langenbeck et d'autres, de voir la voix s'améliorer au bout d'un certain temps par la délente du voile du palais par l'usage de la parole, et peut-être plus encore de la déglutition, semble confirmer celte théorie. (Archiv. doméd., octobre.)
D'ailleurs ces adhérences du voile du palais et du pharynx produisent des difficultés de la déglutition et modifient le goût et l'odorat, quand ils ne les anéantissent pas. C'est donc plutôt à les prévenir qu'à les favoriser qu'il faut tendre, bien que les dangers que l'auteur redoute paraissent exagérés, en ce que ses observations portent sur des cas de syphilis dont l'inlluence suffit à les expliquer.
Nasonnemenl. Cette imperfection du langage articulé persiste, même après l'ouranoplastie, suivant M. Passavant, quoique ce soit pour y remédier que les personnes atteintes de fissures palatines se font opérer. Il réside dans la brièveté du voile du palais incapable de produire l'occlusion du pharynx. Il s'agit donc, pour y remédier, d'obturer la communication de la bouche avec les fosses nasales, comme quelques individus le font instinctivement pour rendre leur parole plus intelligible en rapprochant par une alfreuse contorsion de la face, les ailes du nez de la cloison, pour intercepter le passage de l'air. A cet elTet, il propose de réunir la partie moyenne du bord du voile du palai;, avec la paroi postérieure du pharynx, c'est-à-dire la sîaphtjlo-pliaryngorriiaphie, comme il l'a pratiquée le 1 4 octobre < 862 sur une fille de dix-huit ans, opérée dci slaphylorrhaphio quatre ans auparavant. Une incision transversale du voile du palais dans son milieu, permit de retourner la moitié inférieure
STÉATOSE.
ainsi séparée, et en la saisissant avec une érigne près de la luette, on put l'allirer en avant et en haut, soustraite qu'elle était à l'action musculaire. Il fut ainsi facile d'aviver avec le bistouri ce bord postérieur, dans une largeur de huit ligne? el cinq de hauteur, en laissant intactes les parties latérales.
Ce premier temps exécuté, un aide relève la portion palatine abaissée avec une spatule, et saisissant la paroi pharyngée postérieure avec une longue pince à griffes, on enleva, avec le bistouri courbé angulairement sur le plat, un lambeau de cette muqueuse dans une étendue égale et correspondante à celle du palais.
Les contractions des muscles constricteurs rendent difficiles ce deuxième temps, aussi bien que le passage des fils de Florence pour opérer la suture et la réunion des parties avivées. Pour cela, une petite aiguille courbe fixée dans un porte-aiguille, et guidée par l'index, conduit les fils exactement l'un au-dessus de l'autre, chaque anse embrassant un demi-pouce environ. Après avoir abstergé, nettoyé la plaie, il n'y a qu'à nouer fortement les fils, et le voile du palais se trouve ainsi fixé à la paroi postérieure du pharynx. Il n'y eut aucun accident, et en laissant les sutures pendant six semaines, la réunion fut complète et le nasonnement entièrement disparu. La jeune fille respire par le nez, peut se moucher et avaler sans aucune incommodité.
Ce succès a engagé l'auteur à tenter une autre opération dans le même but. Deux incisions profondes jusqu'à l'os, partant du côté interne du crochet ptérygoïdien à gauche et à droite, fut dirigée dans la longueur d'un pouce vers la dent incisive médiane, en passant à deux lignes environ du côté interne de l'artère palatine descendante. Réunies en avant, ces incisions donnèrent lieu à un lambeau quadrilatère qui, détaché avec la spatule courbée sur le plat jusqu'à sa partie postérieure, permit le relâchement du voile du palais, qui put alors être repoussé sans effort contre la paroi postérieure du pharynx, et maintenu ainsi par la fixation du lambeau au moyen de deux sutures. Malheureusement, l'observation ne put être complétée ni le résultat connu, par l'absence de l'opéré. Elle montre néanmoins "les secours que l'on peut employer en pareil cas. (Arch. de méd., janvier.)
STÉATOSE. Ce n'est plus seulement l'intoxication phos-