‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 14 sur 149 · ALCOOLISME · texte numérisé non relu

ALCOOLISME

de nombreuses libations lorsqu'il rencontre un de ses camarades avec lequel il a une discussion. Tout à coup, au milieu de la dispute, il tombe à terre avec les symptômes d'une apoplexie comateuse , perte de la connaissance et de la parole, slerlor, embarras de la respiration, et après quelques minutes il rendait le dernier soupir. Le lendemain, le bruit s'étant répandu qu'il avait succombé à des blessures de son adversaire, la justice procéda à une enquête et fit pratiquer l'autopsie.

Aucune trace externe ni interne de violences pouvant expliquer la mort ne furent rencontrées, pas même sur les téguments du crâne examinés minutieusement. Le crâne ouvert, on trouva au contraire, un sang noirâtre, poisseux, en partie coagulé, formant un caillot mou, sans adhérence, sur la surface externe de l'arachnoïde, cachant les circonvolutions, les anfractuosités cérébrales et formant une couche épaisse à la face latérale et supérieure des deux côtés, surtout à gauche. Un piqueté rougeâtre prononcé existait dans la substance cérébrale ce qui témoignait que la mort était due à l'hémorrhagie méningée, conséquence de l'ivresse et de la colère qui en avait été la suite. (Joiirn. de chim. méd., juin.)

Bien des cas semblables pourraient être joints à celui-ci pour appuyer ce caractère médico-légal.

Lésions analomo-palhologiques. Elles sont de deux ordres, suivant M. Lancereaux. Tantôt elles touchent la trame organique (hyperplasies conjonctives); tantôt elles affectent l'élément spécial à chaque organe (dégénérescences graisseuses). Les premières, véritables phlegmasies adhésives, se montrent soit dans l'épaisseur des parenchymes, soit à la surface des membranes. Dans les parenchymes, elles produisent un épaississement de la trame, dont le retrait imprime le plus souvent une physionomie particulière à l'organe malade; en dernier lieu, elles déterminent l'atrophie et l'altération secondaire des éléments fonctionnels de cet organe. Le foie, le cerveau, les reins, et même les poumons, s'il faut en croire Magnus Huss, sont susceptibles de cette altération. Pour les membranes, ce qui frappe, c'est d'abord une injection et un poinlillé hémorrhagique; plus lard l'épaississement et l'induration, rarement le ramollissement, voilà pour les muqueuses digestive et respiratoire. Les membranes séreuses ou fibro-séreuses, les tuniques do certains vaisseaux présentent des productions organisées de

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fibros conjonctives et de vaisseaux friables, dont la rupture devient le point do départ fréquent de petites hémorrhagies.

La deuxième espèce de lésions ou dégénérescences graisseuses se rencontre d'une façon presque constante dans certains organes, tandis que les inflammations adhésives chroniques ne sembleraient exister, pour les mêmes organes, le foie par exemple, que chez un quart des buveurs. Les éléments propres à chacun des organes sont envahis par des granulations grisâtres ou graisseuses qui les gonflent et les détruisent. C'est ce que l'on observe pour les cellules hépatiques, les épithéliums des reins, et même ceux du pancréas, des glandes salivaires et des canaux spermatiques. Les vaisseaux capillaires de l'encéphale, les cellules nerveuses, les fibres musculaires, les cellules cartilagineuses, enfin, subissent les mêmes changements auxquels n'échappe même pas le tissu osseux.

Par la ressemblance de cette dernière altération avec celle qu'amène la vieillesse, l'auteur conclut que l'alcoolisme produit une sénilité anticipée. [Amù,. de méd.)

ALIÉNATION MENTALE. Étiologie. Dans la folie consécutive à la chorée, M. Thore conclut du résumé des faits de ce genre et de deux observations originales, que l'on n'a pas assez tenu compte des complications de cette maladie dans l'étiologie pathogénique des troubles intellectuels. {Ann. méd, psychot., mars.)

De la folie consécutive aux maladies aiguës. Thèse inaugurale par le docteur Mugnier, ancien interne à l'hôpital de la Charité de Turin. Paris.

11 résulte des 43 observations réunies par l'auteur que celte complication se manifeste surtout à la suite de la fièvre typhoïde, la pneumonie et le choléra ; plus rarement les fièvres éruptives et le rhumatisme. Les formes de délire plus souvent observées sont : la démence aiguë, la manie, la monomanie ambitieuse et la mélancolie hypochondriaque. A moins que l'hérédité y joue un certain rôle, le pronostic est en général favorable à l'aide surtout du régime tonique qui en est le meilleur traitement.

Urii^cs des nliétips. De nombreuses expériences faites sur f)0 malades par M. Addison, il résulte :

1° Que la quantité d'urine, de chlorure de sodium, de l'urée,

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des acides phosphorique et sulfurique qu'elle conlient , excrétée durant un paroxysnie de manie aiguë, d^épiiepsie, de paralysie générale, de mélancolie ou de démence, est moindre que durant un temps égal de santé.

2° Que dans la mélancolie chronique, la quantité de ces constituants de l'urine sont réduits au-dessous de la moyenne et parfois au minimum de ce qu'ils sont dans l'état de santé.

3° Cette proportion varie au-dessus et au-dessous de la moyenne de santé dans l'idiotie, la démence paralytique ou non; dans la majorité des cas, le poids de l'acide phosphorique est entre la moyenne et le minimum de celui trouvé en santé. (British and for. med.chir. Rew. avril.)

C'est ce que le professeur Lombroso do Pavie avait déjà établi précédemment (Morgagni, 9*^ livraison, 1864), en démontrant que la moyenne du poids spécifique et du volume de l'urine des maniaques est au-dessous de la normale. Mais il est en opposition en trouvant que l'acide phosphorique augmente après l'accès. L aliénisle italien démontre que l'erreur provient de l'omission d'analyses volumétriques par fon contradicteur. En ne tenant compte que de la diminution absolue de l'acide phosphorique, sans son rapport avec la quanliié d'urine émise, il a confondu les deux termes. Ainsi de la moyenne de l'urine des furieux : il a trouvé 22 grains d'acide )hospliorique et 33 grains chez les convalescents, mais la quantité d'urine était de 54 onces chez les premiers et de 23 seuleoQent chez les seconds. Un furieux émet ainsi durant trois ours d'accès, 6o,78 grains d'acide phosphorique dans 52 onces J'urine, et 80,18 dans 154 onces rendus dans les trois jours Je calme. Si donc la proportion était seulement égale après 'accès, l'acide phosphorique aurait dû être de 192 grains au ion de 80. Ce qui montre la vérité de la théorie de iilolescholt il Sulh'irland, que le processus de la manie est une forme J'atrophie du cervelet. [Gazz. med. Venete^n" 26.)

Hérédiié. Des recherches statistiques du docteur Prainger-» Steward, basées principalement sur celles de Thurnam Bri- >ham et do Crighton, il résulte manifestement qu'elle est'd'au- ,ant plus fréquente que l'on se trouve dans do bonnes condi- .ions pour avoir des renseignements exacts à ce sujet. Le plus souvent elle est directe ; mais, contrairement aux assertions de plusieurs aliénistes, Esquirol et Baillarger entre autres, Tin-

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flucncc du père el de la mère se balancent, bien que celle du père soit plus sensible sur les garçons el celle de la mère sur les filles. Une plus grande prédisposilion du sexe féminin a été confirmée dans des proportions très-décisives.

La mélancolie après la dipsomanie est l'afTeclion qui se déclare le plus souvent héréditairement.

La folie paraît se déclarer plutôt chez les individus prédisposés que dans l'aliénation accidentelle, La puberté et l'âge mûr sont les deux périodes les plus à redouter pour sa manifestation. Les rechutes sont également plus fréquentes. De la fréquence même de ces rechutes, on peut conclure à l'hérédité. De là sans doute un plus grand nombre de cas héréditaires parmi les célibataires que chez les personnes non prédisposées.

Par contre, la guérison est bien plus fréquente chez ceux-là que chez ceux-ci, surtout lors des premières attaques. C'est au moins une compensation. (Ann. méd.-psycholog. , nov, 1 86 i.)

Traitement. Moutarde. Ce nouvel agent médicamenteux, réduit en poudre, est prescrit à la dose de 5 à 6 poignées, dans un bain par le docteur Newinglon comme un puissant dérivatif. Il l'emploie aussi mêlée à la graine de lin dans un cataplasme enveloppant tout le corps, la tête exceptée. 11 l'a trouvé utile surtout dans la manie en amenant du sommeil quand tous les autres moyens avaient échoué, {Lancel, juin.)

Proloxyde d'asole. (Gaz hilariant.) Il a été employé par M. Chapelle d'Angouléme en solution dans l'eau comme l acide carbonique dans l'eau de Sellz, à la dose d'un verre matin et soir. Dans la paralysie et la démence, les résultats n'ont pas été satisfaisants; mais l'état de deux lypémanes dont il rapporte l'observation en a été promptement amélioré d'une manière durable, [Acad. deméd., mai.)

Vie de famille. Après l'emploi des moyens physiques, M. Brierrede Boismont recommande les moyens morauxdansla mélancolie et toutes les formes tristes de la folie en ces termes :

(i La vie de famille n'est pas seulement favorable à la cure des maladies mentales, elle retarde encore pendant dos années la marche de l'état chronique.

Elle permet de diminuer le nombre des sections ; elle ôlc

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à l'asile la physionomie du cloUre et le rapproche de la maison ordinaire.

Celte action incessante de la vie de famille mine sourdement les conceptions délirantes, tandis que le raisonnement direct et l'émotion sentimentale échouent presque constamment au début de la maladie.

L'époque où il faut commencer la vie de famille varie suivant les symptômes.

Tantôt elle est applicable dès le commencement, tantôt il faut attendre que la période d'acuité soit affaiblie.

Cette observation permanente, qui indique les moments où il faut parler raison, n'est pas moins indispensable pour l'élude de la responsabilité légale des aliénés.

Pour diriger ce traitement, qui est un auxiliaire puissant du traitement moral, il ne faut pas de qualités supérieures ; un esprit droit et charitable y réussira très-bien.

La femme, par son dévouement, est éminemment propre à celle mission. Elle doit être secondée dans son œuvre par d'autres personnes de sa famille, ou, à leur défaut, par un personnel choisi.

La famille naturelle ne saurait remplir ces indications, parce qu'elle est très-souvent le point de départ de la folie, et qu'elle ne peut d'ailleurs exercer sur les malades l'influence do l'étranger qui a vécu avec les aliénés.

Enfin, celle vie commune de tous les instants adoucit co qu'a de pénible l'isolement, dans les cas où il est nécessaire. » {Union méd., n" 102.)

Mélancolie. Eleclrisaiion. M. Michéa a employé la faradisalion comme moyen de traitement chez trente-trois lypémaniaques, en la répétant chaque jour ou tous les deux jours pendant une ou deux semaines, chaque séance variant entre deux ou trois secondes et cinq à dix minutes.

Le fluide électrique produit par toutes les transformations, par toutes les actions et les réactions chimiques qui se passent au sein de l'organisme, diffère-l-il du fluide nerveux ou est-il identique avec lui? Ce qu'il y a de certain, c'est que la faradisation est une méthode qui peut rendre des services dans le traitement de la folie mélancolique ou dépressive. Ainsi, elle a triomphé, à la suite d'aliénation mentale :

I" Du refus obstiné d'alimenlalion, de l'inertie et du mu-

OAKNIER. 3

as

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lisme volontaire, et elle en vient d'autant plus vite à bout que la sensibilité à la douleur n'est ni abolie, ni diminuée.

2° Dans la mélancolie avec analgésie ou anesthésie, elle ramène dans les cordons nerveux la sensibilité concentrée dans l'épanouissement intra-crânien, et de cette façon elle peut faire évanouir les espèces de délire partiel qui ont leur source dans les paralysies du sentiment.

3° Elle active la perspiration cutanée, fonction toujours entravée dans la folie dépressive.

4° Dans quelques cas, elle agit d'une façon défavorable sur l'imagination, et il faut, en général, éviter d'en faire l'application aux malades qui se disent persécutés, par des moyens empruntés à la physique, à la chimie, à la magie, etc. {Abeille méd.,n° \8.)

Folie puerpérale. Sur 1 55 cas de ce genre reçus depuis dix-huit ans, à l'asile Fifeshire d'Edimbourg par M. le docteur Tuke, il y avait :

28 cas avant la grossesse ;

73 cas pendant l'accouchement ;

Et 54 cas dus à la lactation.

Insanité de la grossesse. C'est le plus souvent la mélancolie, surtout dans les premières grossesses, comme elle s'est montrée 9 fois sur 28. De ces 28 cas, 3 se sont déclarés le troisième mois, 5 le cinquième et 9 le septième, 1 2 fois on a constaté une prédisposition héréditaire. La guérison est la règle : elle a eu lieu 21 fois.

Insanilè puerpérale. La manie aiguë prédomine à celte période. Il y en a eu 53 cas contre 15 de mélancolie. La primiparité y prédispose aussi. Après trente ans, les femmes y sont plusexposées. La guérison alieu le plus souvent, et la plupart de ces femmes ont pu sortir de l'hôpital après quatre à six semai nes. Quand le trouble intellectuel persiste davantage, te pronostic s'aggrave, la guérison devient douteuse.

Insamlé de la laclaUon. Il y a eu 39 cas do mélancolie et autant de guérisons. Les malades étaient en général anémiques, plvjsieuis étaient atteintes dexophlhalmie. {Med. cliir. Soc. of Edinburgh, avril.)

Traité des matadies menlales. Pathologie et thérapeu-

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