TYPHUS
côté des lits des typhisés que se renconlreront les cas de typhus aborlif, mais dans les chambrées voisines, dans les lieux éloignés du véritable foyer, contrairement à ce que dit Niemeyer. C'est du véritable typhus et non du typhus abortif que sont atteintes les personnes approchant les typhisés.
Pour admettre qu'un empoisonnement miasmatique, comme le typhus, peut avorter, trois suppositions seulement sont possibles. La première est que son évolution a été contrariée par l'action des médicaments employés pour le combattre. Or, outre qu'il est admis en principe que l'on n'entrave pas la marche d'une maladie générale comme le typhus par une médication quelconque, M. Liebermann a prouvé que cette hypothèse n'est pas fondée. Quinze malades laissés sans médication active n'ont pas moins guéri comme ceux qui étaient traités plus activement ; dans deux cas seulement, la durée moyenne de la maladie a été dépassée de deux jours, et la médication purgative n'a eu d'autre résultat notable qu'une diminution dans les douleurs abdominales et dans les symptômes cérébraux.
La deuxième supposilion est que la dose du miasme absorbé a été insuffisante. Mais il n'a remarqué aucune différence extérieure d'action, ni dans les quartiers, ni dans les habitations des malades frappés du typhus abortif, pouvant expliquer cette différence d'action interne. Cette deuxième théorie n'est donc pas plus admissible que la première, à moins d'admettre que l'organisme dans ces cas s'est montré réfractaire à l'absorption du virus. C'est la troisième supposition.
S'il existe, en effet, des organismes rebelles àl absorptionde certains éléments contagieux , comme on le constate pour la syphilis, la vaccine, la variole, le typhus et la fièvre jaune, il faut reconnaître que ce fait est très-exceptionnel. Ici, au con- Iraire, le rapport a été de 4 : 5, et il est impossible que le miasme typhique rencontre tant d'organismes réfractaires. L'observation démontre d'ailleurs l'inanité de cette théorie. Sur les quarante-sept cas de typhus aborlifs, quatre ont présenté, moins de deux mois après leur affection primitive, un vrai typhus pétéchial, preuve péremptoire qu'ils n'y étaient pas réfractaires.
La non-contagion et la marche du typhus abortif montrent bien encore qu'il n'est pas plus une variété bénigne du typhus grave que la pleurodynie n'est une variété bénigne de la pleurésie, ni la cholérine un choléra môme léger.
La synoque ou fièvre inflammatoire, appelée encore plus jus-