ANESTHÉSIE
l'on n'a pas à s'en inquiéter, le cœur ne cesse débattre normalement et le réveil a lieu promplement. [Union méd., n" 147, 1 864.)
Parleurs intéressantes recherclies sur le dosage de l'éther et en parvenant à l'obtenir chimiquement pur, privé d'alccol, MM. Regnauld et Adrian favoriseront l'application de ce nouveau produit pour l'aneslhésie/ car il est rendu ainsi plus actif et dénué de toute action malfaisante. Après plusieurs essais sur des animaux, M . le professeur Gosselin, en l'employant chez 17 opérés, hommes et femmes, a constaté que les effets de cet éther pur sont plus rapides et plus sûrs que ceux de l'éther ordinaire, qu'il ne donne pas lieu à la période d'agitation que l'on observe avec le chloroforme, et que quatre à huit minutes sufBsent, par les procédés usités en France, pour obtenir une insensibilité complète. Sous ce rapport, il le place donc sur la même ligne que le chloroforme. Mais sous les autres, il doit lui être préféré, puisque le chloroforme a déjà fait de nombreuses victimes, tandis que l'éther n'a déterminé jusqu'ici aucun accident. [Acad. de méd. , 27 décembre 1 864.)
D'après le il/on/peUier Tnecl/cai, il y aurait peut-être danger en préparant cet éther chimiquement pur, d'après les procédés de MM. Regnauld et Adrian, de le rapprocher par là du chloroforme et de le rendre aussi dangereux. La probabilité n'existe pas au moins, car on sait très-bien que du chloroforme impur amène l'aneslhésie et produit la mort. Et s'il est vrai que l'éther, depuis son emploi comme aneslhésique, n'a jamais produit d'accident, ainsi qu'en déposent tous ses partisans, ce danger parait d'autant moins à redouter qu'il sera plus pur.
C'est ainsi, que de Lyon, des réclamations de priorité en faveur de M. Bonnet se sont produites, en disputant tout mérite sérieux à la nouvelle préparation de MM. Regnauld et Adrian. Mais l'axiome a eu encore une fois raison : Lyon a été puni par où il avait péché, il a subi la peine du talion, et c'est justice. Fatalement lo mal appelle le mal. Il incriminait Paris de contrefaçon quant à l'élhérisation, dont il revendiquait orgueilleusement le privilège de garde et de conservation, et voici que Monlpellier médical lui démontre victorieus' ment, et pièces en main, qu'il a la priorité à cet égard. Alors que la chirurgie lyonnaise employait encore le chloroforme et que des morts arrivaient même sous son influence, M. Bouisson avait solennellement prononcé sa condamnation en pleine Académie des
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sciences dès le 7 février 1848. Il n'y a donc pas lieu à équivoque, c'est à Montpellier et non à Lyon qu'appartient l'iioniieur de la découverte des dangers du chloroforme, d'avoir posé les indications et contre-indications de son emploi et d'en avoir le premier restreint l'usage.
Et puis, i! ne s'agit pas de cette compétition de priorité. Lai province s'égare et déplace la question. Acte donné de la justeréclamation de Montpellier contre Lyon, qu'il n'était pas inutile? de rappeler pour l'histoire future de l'anesthésie, répétons qu'il I s'agit simplement de savoir avec quel éther elle est obtenue ài Lyon et à Montpellier, et quel est l'intervalle de temps nécessaire, en général, pour l'obtenir avec cet agent. Que lom fournisse des faits et de la comparaison avec ceux de M. Gos-selin, où l'éther chimiquement pur de MM. Regnault et Adriani a été employé, sortira la solution du problème. Pourquoi donct compliquer celui-ci ?... On le devine sans peine.
A nesthésie électrique. Vingt-cinq médecins et chirurgienss étaient réunis, le 26 février dernier, à l'hôpital deBrescia, surr l'invitation du docteur Rodolfî, pour observer ce mode d'anes-- Ihésie et en constater la réalité par un procès-verbal authentique, consigné dans laGaz. med. Lombarda du 13 mars. Tantl d'apparat n'était pas nécessaire, d'après les effets produits par laa foudre dans certains cas. Et quand on saura que, sur 9 4 malades, . 6 seulement en ont ressenti l'influence, et que ce sont des femmes^ et de pauvres hystériques en particulier, on ne trouvera là rienn de bien merveilleux. S'il est vrai que l'insensibilité se prolongea jusqu'à dix à quinze jours dans certains cas, cela ne rend pas* ce moyen plus applicable en chirurgie.
C'est le gaz acide carbonique que recommande à cet effet: M. Demarquay. Il constitue, suivant lui, un précieux anesthé— sique n'entraînant pas les dangers du chloroforme. (Acad. deS' scîeiic, juillet.)
ANÉVRYSMES. Diagnostic. Emploi du laryngoscope. L'es- l. Sai tenté avec cet instrument par M. Jackson, pour reconnattree les anévrysmes de l'aorte [N . Dictionnaire,] 86 i)., a été renouvelé-" avec succès par M. Potain, sur un cocher entré le 18 mars à.) j l'hôpilal Saint-Antoine avec une grande dyspnée, toux, apho- i nie, cornage et stridulus aigus sans aucun signe physiquee [ d'affection du cœur, ni des poumons, ni du larynx. La
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corde vocale gauche seule était paralysée, ce qui expliquait l'aphonie. Une altération ou une compression du nerf récurrent était dès lors probable , d'autant plus que le bruit vésiculaire était complètement absent de ce côté. Un obstacle à la pénétration de l'air au niveau de la bronche gauche pouvait seul en rendre compte, avec d'autant plus de probabilité que le malade accusait quelque gêne dans le dernier temps de la déglutition.
Bien que l'idée d'un anévrysme occupant la concavité de la crosse de l'aorte, où celte artère est en rapport avec la bronche gauche, le nerf récurrent et l'œsophage, fût très-plausible, il s'agissait d'en acquérir la certitude, d'en faire la démonstration. L'absence de battements anormaux et de souffle, de modifications artérielles, même avec le sphygmographe, en rendait l'existence très-douteuse. C'est alors que par un examen laryngoscopique minutieux, M. Potain put reconnaître qu'en pénétrant profondément dans la trachée, l'œil était arrêté là par une surface rougeâtre et saillante faisant suite à la paroi de ce canal, et ne pouvait atteindre l'éperon de la division bronchique. Le refoulement de la paroi trachéale était donc de toute évidence, mais aucun battement ne démontrait la nature anévrysmale de la tumeur. Cette constatation directe lui donnait toutefois un très-haut degré de probabilité, que les accès d'orthopnée devaient bientôt changer en certitude. Ce diagnostic mit ainsi le chef de service en garde contre la tentation de pratiquer la trachéotomie, aussi bien que de tourmenter le malade par des médications au moins inutiles devant l'altération incurable dont il était atteint.
La mort survint le 26 mars, et l'autopsie confirma le diagnostic porté. (.Soc méd, des hôp., et Union méd., n° 93.)
AncTrysmc artérioso-veineux. Aorte et veine cave supérieure. M. Gallarden a ajouté un cinquième exemple, observé à la Pitié, aux quatre relatés par Goupil dans sa thèse inaugurale [Paris, 1855). C'était chez un vannier de soixante ans, bien portant jusque-là, sauf quelques accès de suffocation passagers. Le 3 juin, il est éveillé brusquement par la gêne de la respiration, avec une toux et la figure violette. Il se met à son travail, mais le malaise est si grand à dix heures qu'il va à l'hôpital.
Cyanose très-prononcée de la face, du cou, des deux mem-
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bres Ihoraciques et de la partie supérieure du Ironc, avec un certain degré de refroidissement et un peu d'œdème. Une bouteille d'eau de Sedlilz, 50 ventouses sèches sur les membres inférieurs.
Le lendemain, la cyanose, le refroidissement et l'œdème ont considérablement augmenté; la face surtout est réellement violelte , comme si la peau était enduite de jus de mûres. La muqueuse buccale est également violacée, bleuâtre, avec yeux injectés ; chémosis; les veines sous-cutanées sont gonflées ; pas de pouls veineux.
Les membres supérieurs des deux côtés et toute la moitié supérieure du tronc jusqu'à l'épigastre sont violacés et turgides, à un degré un peu moindre que la face ; l'œdème est aussi m;irqué à gauche qu'à droite.
La circulation se fait d'une manière régulière dans la partie inférieure du tronc et dans les membres pelviens, dont le volume contraste par sa petitesse avec celui des membres Ihoraciques, œdématiés et turgides.
Ni voussure ni déformation du thorax.
La percussion constate une malité se prolongeant sous le sternum, jusque sous la clavicule droite, où l'on sent un frémissement vibratoire. Sonorité normale dans les autres points.
A l'auscultation, bruit de souffle à la région précordiale commençant au premier temps, et couvrant le petit silence ainsi que le deuxième bruit du cœur. Ce double bruit, moins marqué à la pointe du cœur, où l'on peut encore distinguer les deux bruits normaux, est très-fort à la base et s'enlend do même dans toute la poitrine en avant et en arrière, avec son maximum d'intensité sous la clavicule droite, précisément au niveau de la matité, où il est fort et râpèux. Il se prolonge dans les carotides et les deux artères sous-clavières ; on ne l'entend plus dans les crurales, à l'aine. Il est perçu tout le long du rachis, aVec son maximum à droite de la colonne vertébrale, vers la qûatrième vertèbre dorsale.
Les battements du cœur sont forts, irréguliers ; battements artériels visibles à l'œil sur le trajet des carotides et des faciales. Le pouls, à 96, est aussi fort dans les deux radiales. Les jugulaires, très-gonflées, ne sont animées d'aucun battemcDt.
Voix un peu rauque ; respiration fréquente, pénible, un peu bruyante, s'entendant dans toute la poitrine ; pas de dysphagio.
Fondé sur ces troubles circulatoires, et admollant avec les
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précédents observateurs qu'ils dépendent de l'obstacle apporté à la circulalion collatérale de la veine cave supérieure par la tumeur anévrysmale de l'aorte toujours préexistante, et non par le mélange des deux sangs, ce que démontre l'intégrité des parties inférieures, M. Gallard diagnostiqua un anévrysme de la crosse de l'aorte comprimant la veine cave supérieure et peMi-e7?'e communiquant avec elle. L'absence de pulsations, de battements isochrones au pouls dans les jugulaires, du thrill particulier aux anévrysmes artérioso-veineux, ne permettait pas en effet d'être affirmatif ; mais ce symptôme patliognomonique ayant fait défaut dans deux des précédentes observations, rendait le fait au moins probable. Aussi, malgré deux saignées, des ventouses sèches aux membres inférieurs et la digitale à l'intérieur, le malade ayant succombé le 6 juin au matin, l'autopsie confirma ce diagnostic éclairé. [Union mécl., n° 113.)
Ancvrysme artcrîoso-veîneux du cou. Deux collégiens en vacances, âgés de quatorze à quinze ans, fils d'un médecin de Nantes, s'exerçaient au tir au pistolet. Au moment où l'un d'eux tendait imprudemment à son frère le pistolet tout armé, le coup est parti et a atteint ce dernier au-dessus de la clavicule droite, à la partie latérale et inférieure du cou. L"enfant est tombé, sans perdre connaissance, croyant qu'il avait le bras fracturé. La balle a traversé les vêlements, le muscle sternomastoïdien, et est allée se perdre dans la profondeur des tissus, où il n'a pas été possible de la retrouver. D'ailleurs, les tentatives d'exploration avec un stylet, faites avec ménagement, ont dû cesser immédiatement à l'apparition d'un jet saccadé de sang rutilant qui a été facilement arrêté par la compression. M. Letenneur, appelé auprès du blessé, a vu qu'il n'y avait rien autre chose à faire que de l'expectation, et il s'est borné à des applications permanentes de glace au niveau de la plaie. Après trois jours que l'accident est arrivé, il n'est rien survenu d'immédiatement menaçant. Toutefois, dans le voisinage de la plaie, commencent à se manifester les pulsations, le frémissement vibratoire, le susurrus intermittent, tous les signes physiques de la formation d'un anévrysme artérioso-veineux. S'il y a réellement, ainsi qu'on est fondé à le craindre par suite de l'apparition de ces phénomènes, communication entre une artère et une veine du cou, M. Letenneur pense qu'elle doit avoir lieu entre l'artère sous-clavière, lésée à sa partie interne,
CAUNIEK. d
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et la veine jugulaire interne. Il demande à la Société de chirurgie son opinion sur la conduite à tenir en face des éventualités plus ou moins menaçantes qu'un pareil cas donne lieu de craindre.
Après un débat auquel ont pris part MM. Velpeau, Giraldès, Richet, Deniarquay, Heyfekier, Verneuil, et un résumé trèsprécis de M. Broca, les conclusions suivantes ont été adoptées:
'1° Tant qu'il ne surviendra rien de nouveau, conlinuer l'expectation.
2° Lors môme que la formation d'un anévrysme artériosoveineux deviendrait évidente, ne rien faire davantage.
3° Si une hémorrhagie se manifeste, l'opinion générale est qu'il y a lieu de faire une opération, d'aller à la recherche de l'artère blessée et de la lier au-dessous de la plaie. (Soc. de chirurgie, septembre.)
Traitement. Compression. Depuis 1835, le docteur Rizzoli a traité par la compression, soit mécanique, soit digitale, 1 9 anévrysmes. Deux étaient artérioso-veineux : l'un a guéri, l'autre s'est réduit considérablement. Sur les 17 autres, la compression a échoué deux fois complètement, et deux fois, après avoir paru réussir, la tumeur récidiva. Elle resta slationnaire pendant deux ans dans un autre cas. Les 12 faits restants sont complètement guéris depuis longtemps. Il en est même jusqu'à trois où l'anévrysme ayant disparu, le cours du sang s'est ensuite parfaitement rétabli dans l'artère malade ; mode de guérison le plus favorable de la méthode par compression. [Acad. " délie se. di Bologna, janvier.)
A l'occasion d'un anévrysme poplité, du volume et de la forme d'un petit œuf, à parois régulières, à cavité exempte' i d'inégalités, d'anfractuosités, ayant subi vainement et à deux i reprises la compression digitale, M. Legouest le soumit de ■ i nouveau à la compression mécanique sans nul succès, tandis • 1 qu'il parvint à le guérir avec la compression digitale prolon- i gée. Aussi croit-il que les alternatives de ces divers moyens sont t nécessaires dans celle espèce d'anévrysme pour en obtenir la' solidification. Seulement c'est toujours au prix de douleurs plusou moins vives. [Gaz. des hôp., n° 106.) Mais cette manière? de voir n'a pas été partagée par la plupart des membres de la; Société de chirurgie, qui, ne voyant là qu'un fait exceptionnel,, ont soutenu que la compression digitale réussit sans cette pro-- ^
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longalion ni sans employer tant de personnes à la faire. Mieux vaut quelques ai-ies intelligents, se relayant et laissant même des intervalles d'une à deux heures, selon MM. Guersant et Velpeau, que cette compression continue par une multitude de doigts se succédant sans relâche. (Soc. de chirur., août.)
La chloroformisation, continuée douze heures consécutives pour faciliter la compression mécanique en amont et en aval d'un autre anévrysme des artères iliaque et fémorale par M. Mapother à l'hôpital Saint-Vincent de Dublin, mérite également d'être signalée. Jamais peut-être elle n'avait été prolongée aussi longtemps, et nous croyons prudent, si l'envie ou la nécessité de recommencer se présentait, de recourir de préférence aux injections hypodermiques morphinées proposées l'année dernière par M. Liégard pour ce cas particulier.
Compresseur. M. L'Estrange a imaginé un nouveau compresseur pour les anévrysmes, s'appliquant immédiatement sur les artères dilatées. Il a la forme d'une sonde métallique dont l'extréniité courbe est divisée à plat en deux branches, qui se rapprochent et se serrent au moyen d'une vis en comprimant le vaisseau. Une plus ample description de cet instrument avec la planche se trouvent dans la Médical Press de Dublin, juin.
Plomb. Un homme de vingt-sept ans fut admis à l'hôpital Guy pour un anévrysme poplilé dont il s'est aperçu en marchant dix-sept jours auparavant par une douleur sous le jarret gauche, où il constate une tumeur qui a continué à grossir. Des varices et des ulcérations variqueuses existent sur la jambe de ce côlé. La tumeur, à parois excessivement minces, est le siège de bruits et de battements très -distincts. Son volume est celui d'un œuf d'oie. Une tentative de compression échoue. La hgalure doit être exécutée. M. Owen Rees tente préalablement l'usage interne de l'acétate de plomb comme coagulant, et administre trois fois par jour la poudre suivante;
Acélalo de plomb Opium
3 grains.
Môlcz.
Diète complète. Un liséré bleuâtre se manifeste dès le deuxième jour sur les gencives. Néanmoins, l'acélate est porté
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à 15 grains par jour, elle vingt-sixième, la tumeur est devenue graduellement plus grosse et plus dure par la formation d'un caillot. Les ballemenls cessent bientôt.
Malgré l'emploi répété de l'huile de ricin pour vaincre la conslipation déterniinée par le plomb, on est obligé d'en cesser l'usage. La tumeur diminua graduellement et permit au malade d'étendre sa jambe un peu infiltrée. Après deux mois, il put quitter l'hôpital et retourner à son travail. Examiné quinze jours après, l'anévrysme fut trouvé complètement guéri, (Lancet, n" M.)
Electricité. C'est par ce moyen que M. Pingault obtint la coagulation d'un anévrysme traumatique de l'artère temporale. Ayant employé le balai électrique sur la joue privée de sensibilité, il vit diminuer les battements de la tumeur. Elle se durcit bientôt, les battements disparurent, et un mois après la guérison était complète. [Soc. de méd. de Poitiers, n" 30.)
Dangers des injeciions coagulaules. Un homme reçoit un grain de plomb dans le pli du bras, et, un mois après, une tumeur apparaît qui grossit progressivement. A son entrée à l'hôpital d'Aix, M. le docteur Chabrier, chef interne, la trouve grosse comme une noix, occupant le pli du coude au-dessus de la ligne articulaire, située en dedans de l'axe du bras, et dirigée obliquement de haut en bas et de dehors en dedans. Malgré la résistance des parois, on perçoit la présence d'un liquide. Battements isochrones au pouls manifestes à l'œil nu, plus sensibles encore par la compression; bruit de souffle à l'auscultation. Une compression légère de la tumeur et de l'artère brachiale, jusqu'au-dessus de la partie moyenne du bras, donne la sensation d'une partie emphysémateuse, frémissement très-sensible suivant la pulsation, intermittent comme elle; Ihrill manifeste disparaissant par une exacte compression de l'artère. On pouvait croire dès lors à un anévrysme artérioso-veineux de I humérale avec sa veine satellite. Se fondant sur la disparition du Ihrill et la persistance des pulsations, M. le professeur Alquié diagnosliqua un anévrysme artériel simple.
La compression mécanique et digitale, continuée pendant un mois par périodes intermittentes, ayant complètement échoué, M, Goyrand adopta les injections coagulantes do préférence à la ligature.
Une première injection de cinq gouttes de percUloruro de
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fer, dans la partie centrale de la tumeur, y détermine aussitôt une grande consistance : le frémissement disparaît; les pulsations sont plus profondes, plus sourdes, mais persistantes, malgré la compression exercée. Uien de particulier dans l'état général du malade, qui va et vient, boit et mange comme à l'ordinaire.
Devant ce demi-succès, une seconde injection de cinq gouttes fut résolue, et pratiquée à la même place et de la même manière; mais, aussitôt la pénétration du liquide, la main tout entière pâlit comme à la suite de l'amputation; le malade accusa une sensation des plus pénibles dans les doigts; la température locale s'abaissa rapidement, et, malgré des frictions excitantes, des linges chauds, cet abaissement de la température persiste, la douleur augmente, et, sauf les mouvements, la main est celle d'un cadavre. Absence complète de pulsation dans la tumeur, qui est dure et non douloureuse à la pression.
Dès le second jour, un cercle bleuâtre se dessine autour des ongles et grandit les jours suivants. La sensibilité de la main seule s'affyiblit à la surface; elle est complètement froide et le siège d'une vive douleur profonde. La tumeur anévrysmale est toujours dure, une pulsation est perçue à la partie moyenne de la radiale.
La gangrène sèche suit ainsi sa marche progressive et envahit graduellement toute la main. A la teinte bleuâtre de la peau succèdent des phlyctènes ; les tissus se racornissent sans se putréfier, et, pendant plus de quinze jours, cette main, semblable à une griffe complètement noire, est encore agitée par l'intermédiaire des tendons des fléchisseurs et des extenseurs. Plus tard, elle achève de se momifier; les doigts se fléchissent dans la main, durs comme du bois; on les coupe sans douleur. Un cercle se dessine régulièrement au niveau de l'articulation radio-carpienne, et, comme tous ces phénomènes avaient lieu sans retentissement général, on attendit plus de deux mois que cette délimitation fût complète et que l'élimination s'opérât spontanément. Lorsqu'il n'y eut plus quo les ligaments articulaires, M. Goyrand passa un bistouri dans l'article, et l'amputation se trouva faite sans efi"usion de sang. Un mois après, le malade sortait complètement guéri. {Monlp. méd., mai.)
Quelle est la cause de cette gangrène? Le rétablissement de la circulation dans l'avant-bras prouve que ce n'est pas la soli-