‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 27 sur 149 · ATAXIE LOCOMOTRICE · texte numérisé non relu

ATAXIE LOCOMOTRICE

Une cuillerée à café chaque jour immédialement après lo dîner.

Dans un Irès-grand nombre de cas, rebelles à toute autre méilicalion, des succès ont clé obtenus ainsi ; mais ce médicament a aussi échoué dans d'autres , et a même notablement aggravé les accidents. [IjuII. de iliér.)

Inhalalions de l'huile de schiste. Un asthmatique, réduit à ne pouvoir plus travailler, ayant été admis par charité dans une usine pour surveiller l'écoulement des huiles dans leur réservoir, vit sa maladie diminuer graduellement, et sa santé s'améliorer à un point que, depuis trois ans, il se considère comme guéri sous l'influence de ces émanations gazeuses. Le docteur Rérolle, d'Aulun, en éprouva aussi du soulagement, en en faisant usage pour l'éclairage. Il recommande donc ce moyen. {Journ. de méd. de Lyon, septembre.)

ASYSTOLIE. Un bruit de souffle a été signalé par M. Parrot, comme en étant un symptôme habituel. (V. Coeur.)

ATAXIE LOCOMOTRICE. Ses rapports de simple co'incidence avec la paralysie générale des aliénés, qui a fait confondre ces deux affections distinctes par quelques auteurs, ont été bien élucidés par M. Carré (d'Avignon), et mis hors de doute par trois faits. Il en résulte que la paralysie vient ordinairement compliquer l'ataxie, ce que l'aliénation rend d'ailleurs évident {Gaz. des hop., n"4o). C'est donc là une simple complication, une association de deux maladies distinctes et qu'il ne faut pas confondre comme la dégénérescence grise des faisceaux postérieurs, qui s'affirme de plus en plus comme le caractère analomo-pathologique de celle-ci, le démontre ordinairement à l'autopsie. Quand l'ataxie débute ou quand ces deux maladies se développent parallèlement, les symptômes s'obscurcissent réciproquement, et il est dilficile de démêler ce qui appartient en propre à l'une ou à l'autre. Si l'ataxie est la première à se manifester, la paralysie survient lentement, jusqu'au moment où elle diminue, et semble régner seule. Elle paraît être ainsi la continuation, la seconde étape de l'ataxie progressive. Ce fait ne doit pas être perdu pour le pronostic.

Nouvelles recherches sur l'alaxie locomotrice progressive, par le docteur Marius Carré (d'Avignon), ancien interne des hôpi-

ATROPHIE MUSCULAIRE PROCRESSIVE. 101

taux de Lyon, lauréat de l'Académie impériale de médecine de Paris. Un vol. in-S", avec figures.

Six observations d'ataxie locomotrice, par M. le docteur Paul Delmas, directeur de l'établissement hydrolhérapique de Longchamps, à Bordeaux.

Ces six cas graves et tranchés, ayant été observés et traités par l'auleur avec plus ou moins de succès, par l'hydrothérapie, il en a publié la relation exacte dans le Journ. de méd.de Bord., mars. Puis , analysant statistiquement ces faits sous lous les points de vue , il montre que rien n'est moins constant que certains symptômes , non plus que les médicaments dans leurs effets curatifs : ce qui ressort d'ailleurs des nombreuses observations déjà publiées et reproduites dans l'ouvrage de M. Topinard.

De l'alaxie locomotrice et en particulier de la maladie appelée alaxie locomolrice progressive, par le docteur Paul Topinardp Un vol. in-S".

Cet ouvrage, a dit l'Académie impériale de médecine par l'organe de son rapporteur, en le couronnant en '1864, cet ouvrage est une véritable monographie; l'histoire de l'ataxie locomotrice s'y trouve exposée d'une manière complète , et l'Académie se plaît à reconnaître que, pour faire cette histoire, M. Paul Topinard a suivi une marche essentiellement scientifique; il a pris pour base des observations, au nombre de 252, dont 43 inédites, ce qui lui a permis d'arriver à des conclusions rigoureuses. Parmi ces conclusions, il en est une d'une haute importance pour les hommes de science, car elle définit parfaitement l'affection, et lui assigne sa véritable place dans l'ordro pathologique. Suivant l'auteur, l'ataxie locomotrice conslilui» un état pathologique distinct, sans être toutefois une entité morbide : c'est une espèce qu'il classe dans le groupe de.s affections comprises sous le nom de myélites chroniques. Sans approuver de tous points les idées de M. Topinard, l'Académie trouve que cet observateur a fait preuve d'un excellent esprit en soumettant toutes les parties de la question au creuset de l'observation, que son travail, pour le fond comme pour la forme, est une source excellente, etc.

ATROPHIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE. Chez deux malades qui en étaient atteints, et dont l'un a succombé en

AUSCULTATION

trois jours aux progrès d'une asphyxie lenle, et l'autre à une gangrène pulmonaire,, M. Jaccoud a trouvé, à l'autopsie, une atrophie des racines antérieures, évidente surtout à la région cervicale et, de plus, une altération considérable du grand sympathique. Les racines antérieures avaient subi l'atrophie simple, avec raréfaction des centres nerveux, disparition ou segmentation des cylindres-axes, et le dépôt de matière graisseuse à la face interne de la membrane d'enveloppe. Le grand sympathique avait subi la dégénérescence graisseuse complète, avec atrophie des tubes nerveux et la prolifération du tissu fibroconjonctif. Les lésions étaient moins avancées dans le ganglion cervical supérieur, et les suivants présentaient un commencement de dégénérescence analogue, de même que dans les nerfs qui les réunissent.

Ces lésions multiples n'étaient pas contemporaines; celle du grand sympathique cervical paraissait initiale, celle des racines antérieures semblaitconséculive. Ajoutés au faitde Schneevoogt, ceux-ci montrent qu'il faut aussi chercher le caractère de l'atrophie musculaire dans le grand sympathique, et non pas seulement dans les racines postérieures. On n'a pas trouvé d'altérations nerveuses, suivant M. Jaccoud, pour n'avoir ainsi examiné que la moelle, et l'on se convaincra de plus en plus, par des investigations plus complètes, que cette maladie a bien son siège primitif dans le système nerveux, comme le pensaient les premiers auteurs. {Soc. méd.des hôp., 1 864.)

Étiologie. Dans quelques considéi-alions sur ce sujet, M. Cauvy cherche à faire ressortir l'influence pathogénique du rhumatisme et de la syphilis; mais sans que cette théorie soit basée sur des faits concluants. {Montp. wied., juillet.)

ATTELLES PLÂTRÉES. Voy. Fractohes.

AUSCULTATION. Broits normaux. Une théorie nouvelle, reposant sur la prédominance des lois physiques sur les lésions anatomiques, est émise par M. Woillez sur l'étiologiede la production des bruits normaux et anormaux de la respiration au point de vue de l'auscultation. Fondée sur cette condition regardée comme indispensable de la béance parfaite des conduits aériens pour la production du bruit respiratoire normal, elle diffère ainsi de toutes les précédentes ; béance favorisée par

AUSCULTATION

extension naturelle, permanente, des poumons dans le thorax, . où résulte une colonne d'air continue dans ces conduits par )■! pression atmosphérique. C'est par la réflexion de l'air dans [(inspiration à l'extrémité de l'arbre pulmonaire aérien, et en ■lu des lois de Vécho et de la résonnance, que le bruit vésicule a lieu. L'absence de ces conditions toutes physiques dans '5 bronches explique le défaut de respiration bronchique, à l'état ormal. Le bruit vésiculaire est exagéré, puéril, chez les enfants, arce que leurs poumons, moins élastiques, moins expansibles, - ce qui est démontré par leur moindre rétraction, ne ?ndent pas le courant d'air aussi libre, aussi facile que chez adulte; il subit un frottement plus prononcé dans ces conduits lioils, moins lisses, qui donne à la respiration son caractère pécial. D'où cette proposition générale: que le murmure vésinire normal se produit toutes les fois que la béance des vides criens est intacte, ^

La voix thoracique dépendrait elle-même principalement de 1 béance de l'orifice laryngé et de toute la cavité arborisée dans iquelle elle se produit à des degrés différents, suivant que cette eance favorise plus ou moins la transmission des vibrations à i masse aérienne et aux parois qui la limitent. Ainsi s'expliiieraient sa force ou sa faiblesse et ces grands faits physioriques de la respiration.

Bruits anormaux. L'auteur est amené ainsi à combattre le léorème absolu de Laennec : une lésion étant donnée, en rehercherles signes; théorème encore poursuivi généralement et ont l'exagération ressort de ce fait journalier que des cavernes iberculeuses existent sans donner lieu à aucun signe particuer et vice versa, anomalies assez fréquentes pour que chaque raticien en ait rencontré des exemples. Rapportés aux chanements physiques au contraire, à la béance variable des conuits aériens, les bruits anormaux s'expliquent parfaitement, oit qu'ils résultent de la diminution d'étendue du poumon dans I cavité thoracique comme dans le cas d'épanchement pleuréque ou périlonéal, de tumeur abdominale tepoussant le diahragme ou le médiastin, soit par l'augmentation hypertrophique e volume du poumon lui-môme.

Bans l'épanchement pleurétique, par exemple, la respiration lormale n'existait que 2 fois sur 30 dans la partie supérieure du oumon du côté de l'épanchement: faible ou nulle dans les

AUSCULTATION

30 cas, au niveau de l'épancheinpnl même, elle revêlait les signes classiques dans les autres parties. Du côté sain, elle était également altérée dans 21 cas par suite de la compression résultant du refoulement du médiaslin ou de toute autre cause, et . présentait les mômes signes classiques à des degrés diflorents. Ces bruits anormaux se retrouvent dans l'ascite abdominale de ■ même que dans l'hypertrophie pulmonaire sans lésions entrai-nanl la béance des conduits aériens.

La similitude des bruits anormaux observés d'un côté et de l'autre de répanchement dans des rapports différents, semble ■ confirmer cette théorie de la compression ou de l'imperméabi- lité plus ou moins complète des tubes aériens pour leur produc- • tion. Ainsi la respiration puérile, observée principalement dui côté sain, révélerait une compression moins profonde du poumon i que la faiblesse du bruit respiratoire, la respiration soufflante, . la respiration granuleuse ou rude qui se constatent surtout dui côté opposé où le refoulement du poumon est plus prononcé.

Dans ce cas comme chez les enfants, la respiration puérile; s'explique bien mieux d'ailleurs parla diminution du calibredes? conduits aériens et le relâchement de leurs parois, que par unes circulation plus rapide de l'air, à la pénétration d'un plus grand: nombre de cellules, comme on l'admet.

UexpiraUon prolongée résulte de ce que les parois étant re-lâchées, reviennent difficilement sur elles-mêmes pendant l'expiration, et de ce que l'air ne traverse plus des conduits régulièrement tendus et béants.

La respiralion granuleuse provient des inégalités rencontréess par l'air dans son passage et résultant du rapprochement inégalil des parois des conduits aériens.

La respiration faible provient d'une moindre quantité d'airr dans les culs-de-sac terminaux par suite de l'insuffisance prononcée de la béance des vides aériens.

La respiraiion sibilante ou ronflante est produite par le passage de l'air au niveau d'un rapprochement partiel des parois> des conduits.

La respiration souljlanle est due à l'abolition complète de laa béance dans les subdivisions ultimes des vides aériens, d'où résulte leur imperméabilité. Ne pouvant franchir les bronchesy. l'air s'y réfléchit et donne lieu à celte respiration particulièree dite bronchique.

La respiraiion amphorique qui s'entend parfois indique la coin^-

AUSCULTATION

pression complète du poumon, son imperméabilité entière. L'air n'arrive plus que dans une ou plusieurs ramiOcations bronchiques, où sa réflexion acquiert un retentissement d'autant plus fort. Il est même probable qu'un rétrécissement relatif existe à l'origine de la bronche perméable, et en fait ainsi une cavité résonnante à orifice rétréci.

Que des lésions pulmonaires produisent ces bruits anormaux, c'est un fait reconnu ; mais il n'est pas moins incontestable qu'ils ont lieu sans cela et indépendamment de toute altération propre du poumon. C'est donc par l'imperméabililé graduée des conduits aériens qu'il faudrait les expliquer dans l'un et l'autre cas ; le mécanisme à l'état physiologique pour ainsi dire en révélerait le mécanisme pathologique et en simplifierait la signification.

A l'appui de cette théorie et pour la justifier , suivent huit observations de phthisie et de pneumonie dans lesquelles, au lieu des signes caractéristiques, l'auscultation révélaitd'autres bruits anormaux ; anomalies expliquées par l'autopsie et l'état local, au point de vue du défaut de béance des conduits aériens. Il résulte surtout dans ces cas de l'augmentation du volume des poumons. Sous ce rapport, ces faits ne laissent rien à désirer, {Àrcli. de méd., juillet, août et octobre.)

Voilà donc une interprétation nouvelle et toute physique des phénomènes physiologiques et pathologiques de la respiration qui mérite une sérieuse attention, et sur laquelle les physiciens pourront exercer leur sagacité.

Pectoriloqdie aphonétique. En cessant d'être, par les progrès de l'auscultation, le signe univoque des cavernes pulmonaires, comme du temps de Laennec, la pecloriloquie a perdu de son importance diagnostique. Seule, elle ne suffit plus à caractériser un état pathologique défini ; il faut rechercher, par les signes concomitants, si elle est due à une dilatation bronchique, à une induration ou une compression pulmonaire autour d'une bronche dans laquelle ce phénomène a lieu par le résonnement de la voix.

D'après le mécanisme qui la produit dans ce cas, le professeur Baccelli, de Rome, a été conduit à découvrir un signe distinctif spécial de la pecloriloquie caverneuse et à restituer à ce symptôme la valeur pathognomonique que lui avait assignée l'auteur do l'auscultation en la distinguant de celle qui a lieu dans les bronches. Faites parler à voix basse le malade chez lequel la

Page 1