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PHYSIOLOGIE

cet organe n'est que le centre de l'érolisme, c'est à -dire du sens musculaire avec lequel les testicules n'ont rien à faire. C'est ainsi que cet abbé en démence n'avait pas cessé, pendant sa réclusion, de prononcer de temps à autre des paroles obscènes et de s» livrer à la masturbation.

— Leçons sur la physiologie générale el comparée du système nerveux faites au Muséum d'histoire naturelle par A. Vulpian, comme suppléant du cours de physiologie comparée, agrégé à la Faculté de médecine, médecin des hôpitaux, etc., rédigées par M. Ernest Brémond, revues par le professeur. — \ vol. in-8 de 920 pages. Librairie Germer Baillière.

Exposé en trente-sept leçons et sous une forme simple, agréable, lucide, de toutes les données expérimentales et de toutes les connaissances positives sur cette partie si essentielle de la physiologie. La structure différentielle et les propriétés spéciales, y sont étudiées chez l'homme et les animaux. La pathologie du système nerveux, subordonnée à ces connaissances préliminaires, les rend aujourd'hui indispensable aux médecins ; sans cela, elle est inexplicable. La réunion des nerfs tant controversée, leur régénération, pour ne citer qu'un exemple, ne peut s'expliquer sans ces données. Avec la véritable clef de ces mystères se trouve l'historique des différentes théories admises successivement, et ce livre montre ainsi le progrès accompli jusqu'à ce jour.

Lezioni di fisiologia sperimentale sul sistema nervoso ençefalico, par M. Schiff, professeurs Florence, un vol. de 422 pages in-8°. Florence.

Résultat des expériences nombreuses du savant physiologisPe, cet exposé relate, compare les résultats des autres auteurs, et contient ainsi, outre sa doctrine personnelle, le résumé complet des données acquises les plus exactes sur les propriétés du système nerveux encéphalique, le cerveau, le cervelet et le bulbe. Les principaux points en sont d'ailleurs indiqués par M. Pellégrino Lévi in Arch. de méd. juin.

Notions sur la nature et les propriétés de la matière organisée, thèse inaugurale par M. le docteur Taule, 170 pages in-8°, librairie Germer Baillière. Résumé, à l'aide des travaux les plus récents, des doctrines de la jeune et nouvelle école biologique, relativement aux principes immédiats, aux propriétés vitales

dans leurs applications à la médecine. Ceux qui voudront s'initier à ces doctrines matérialistes y trouveront des preuves surabondantes développées avec tout le savoir, la chaleur et la conviction d'un partisan absolu.

Recherches expérimentales 'pour servir à l'histoire de la vitalité propre des tissus animaux, thèse de doctorat ès science soutenue à la Facultédes sciences de Paris, par M. P. Bert, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, 96 pages in-4° avec 2 planches. Résumé de ses travaux sur les greffes animales signalées l'année dernière.

Essais de physiologie philosophique, pir M. J. P. Durand (de Gros). Un vol. in-8° de 620 pages. Librairie Germer Baillière. Exposition de doctrines toutes nouvelles ne comportant ni résumé ni analyse.

PLAIES. Absorption. Sa rapidité varie suivant l'état de la plaie, ainsi qu'il résulte des nouvelles expériences de M. Demarquay avec l'iodure de potassium. Récentes, elles absorbent en quinze à vingt minutes, ainsi qu'en témoigne l'examen delà salive; recouvertes de bourgeons charnus, en huit, six, quatre minutes et même moins, suivant leur vascularisalion plus ou moins prononcée. Elle est plus rapide aussi sur le derme, dénudé que par l'injection sous l'épiderme soulevé d'un vésicatoire. (Àcad. de méd., octobre.)

Organisation immédiate. M. J. Guérin appelle ainsi le travail physiologique qui a lieu dans les plaies sous- cutanées, à l'abri du contact de l'air, et qui, bien différent de l'inflammation suppurative ou adhésive précédant la cicatrisation des plaies à l'air libre, serait l'analogue du travail de formation primitive des organes. Doctrine toute nouvelle que le microscope n'a pu encore découvrir ; reste à savoir si elle est réelle et fondée. L'auteur n'en est pas à son coup d'essai : il n'a jamais produit que des nouveautés ; mais étant à peu près seul pour les proclamer et les admettre, et la plupart de ses prétendues découvertes, de ses théories, étant encore en* contestation dans la science, il est nécessaire d'y regarder de très près pour celleci, en raison môme de son importance.

Comparant l'état d'une plaie exposée et d'une plaie sonscutanée après vingt-quatre heures, il y trouve les différences suivantes :

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Plaie exposée.

Telle qu'elle était au moment de sa production accidentelle ou artificielle ; un liquide séro-sanguin non organisablc s'en échappe et dans lequel l'observation hislologique ne constate que peu ou point des éléments regardés comme les rudiments de l'organisation ; aucune apparence d'exsudation plastique ne s'y observe par le lavage.

Les extrémités vasculaires sont occupées par de petits caillots, en obturant le calibre, et ne laissant filtrer que la partie la plus liquide du sang; caillots qui se décomposent bientôt sous l'influence du contact de l'air, et deviennent les provocateurs directs et médiats de la suppuration.

Plaie sotiH-ciilanée.

Entre les lèvres d'un tendon ou d'un muscle, il existe un exsudât, un caillot plastique recouvrant entièrement leur surface et y adhérant complètement ; il comble graduellement l'écartement des bouts divisés, et acquiert la consistance et les caractères d'un tissu de nouvelle formation.

Si l'on détache ce caillot, on ne trouve pas les extrémités vasculaires oblitérées; le sang s'en écoule.

Point de sensibilité exagérée ni irritalion des surfaces de section.

Par sa consistance, sa couleur, sa composition moléculaire, ce travail offre les preuves de l'organisation.

Périodes conséculives .

Simple et normal, le travail d inflammation suppurative se montre sans nulle trace de cicatrisation. Le travail de formation ou des bourgeons charnus n'a lieu qu'après plusieurs jours, et toujours précédé de croûtes ou delà membrane isolante et protectrice de Bichat, et appelée pyogénigue ; moyen intermédiaire et caractère essentiel de transition entre la su-pension des phénomènes d'organisation et leur rentrée en exercice.

Nulle et sans raison d'être, cette suspension d'organisation est ici remplacée par la continuité, le perfectionnement incessant du travail organique, de manière à acquérir des caractères spécifiques des parties divisées.

Après la cicatrisation.

Tissu de nouvelle formation, amorphe, de composition moléculaire toujours identique dans la peau, le tissu cellulaire, les tendons, les muscles, les artères, les veines, les nerfs et les os même, tissu appelé inodulairc épitbélial, plasto-épidermique, cicatriciel. Dépourvu de vaisseaux et de nerfs, il reste le même, immuable, sans changement. Une interruption fonctionnelle entre les parties divisées en est le caractère.

Tissu spécial dès l'origine à chaque p'aie et chaque tissu, objet d'une élaboration, d'une transformation incessante, qui le ramène graduellement à l'organisation des tissus qui en ont fourni les cléments, depuis le tendon jusqu'au nerf, de même que dans l'os qui en offre le type ; identité constatée par le retour des fonctions des organes divisés.

D'où celte proposition capilale : que le travail de cicatrisation des plaies sous-cutanées est tout différent de celui des plates exposées ; qu'il a sur lui de grands avantages sans aucun de ses inconvénients, et qu'il est justement qualifié d'organisation immédiate. D'où aussi la généralisation de la méthode sous-

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cutanée dont M. Guérin s'est constitué l'inventeur et qui devrait être appliquée en effet toutes les fois qu'elle est possible si elle réalise ces avantages. Mais comment sont-ils démontrés? On le voit : par des assertions plutôt que par des faits. M. Guérin n'entre dans aucun détail sinon pour décrire les phénomènes qui sont en question, et bien que les observateurs aient porté leur attention depuis longtemps sur ce sujet, il ne cite que ses propres travaux, ce qui est toujours résoudre la question par la question. Au lieu de se conformer aux méthodes généralement suivies de rendre ses expériences publiques, de les relater m extenso, avec le mode opératoire, il se borne à en donner les résultats merveilleux sans que l'on puisse les contrôler. Il ne compare même pas des choses similaires. Ainsi, il met en regard les effets d'une plaie exposée, sans dire de quelle région ni de quels tissus, avec ceux de la division d'un tendon, d'un muscle. Il dit que les plaies sous-cutanées ne suppurent pas lorsque l'expérience démontre que des fractures, des luxations, des plaies contuses parfaitement souscutanées, suppurent, et que ses opérés même ont offert des exemples de suppuration. Si comme M. Velpeau, Malgaigne, M. Le Fort, on lui oppose ces exemples, il y trouve toujours des atténuations pour se donner raison. Il avance que tous les tissus, même les tendons, les nerfs et les vaisseaux se réunissent par un blastème identique avec eux-mêmes, et il n'en donne d'autre preuve, d'autre caractère que le rétablissement de la fonction sans même dire s'il s'est mis en garde contre les méprises, les anastomoses. Il annonce deux réunions musculaires observées sur le cadavre, et ne donne nullement les caractères de l'examen microscopique, indispensable en pareil cas. Le rétablissement de la fonction lui suffit, et il oublie même de dire comment il l'établit sinon par des comparaisons très-disparates. En tout cas, il ne saurait être un caractère spécial des plaies sous- cutanées, comme l'a fait remarquer justement M. Bouley, puisque ce rétablissement eut lieu dans le fait tout récent et si remarquable de division à l'air libre du nerf médian observé par M. Laugier. Plusieurs exemples de division tendineuse à ciel ouvert ont été également suivis du rétablissement des mouvements (Voy. Réunion, année 1 864). On sait aussi que des fractures sans communication avec l'extérieur ont été suivies de pseudarthroses fibreuses; l'absence de réaction douloureuse, inflammatoire des divisions sous-cutanées,

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n'en est pas davantage un caractère, car tous les jours on les observe dans les fractures, les dilacérations, les luxations, les déchirures parfaitement sous-cutanées qui se font accidentellement. Et puis, les plaies exposées des oiseaux ne suppurent pas, dit M. Bouley ; exemple: le chaponnage et celles de l'espèce bovine ne suppurent que très-difficilement par opposition à celles du cheval. (Acad. de méd., juillet.)

Le contact de l'air n'est donc pas la cause directe de l'inflammation. Pourquoi M. Guérin ne tient-il pas compte de ces nombreuses exceptions aux lois qu'il prétend ériger? C'est qu'en grand innovateur, en législateur souverain, il se soucie peu des cas particuliers ; il les dédaigne. En vertu des lois qu'il a tout à la fois formulées et proclamées, il dit de ce ton superbe et absolu: cela est ou cela n'est pas, et s'appuyant sur ses principes, ses méthodes, il récuse tout ce qui est en dehors. Il a ainsi toujours raison ; mais seulement vis-à-vis des ignorants ou des indifférents, qui ne voulant étudier ni discuter, se laissant facilement convaincre et entraîner par le style amplifié, sonore, hautain et absolu, personnel à M. Guérin. Généralisateur systématique à outrance, il procède souvent en aveugle en devançant l'observation patiente, attentive, minutieuse, exacte. Il voit un tissu régénéré, dans certaines conditions, comme l'os, par exemple, qui en est le type, et, aussitôt, il émet cette loi que vaisseaux, muscles, nerfs, se régénèrent de même et dans des conditions identiques sans même se donner la peine de fournir des faits. En voyant un pied bot causé parla rétraction musculaire, il a émis ainsi sa doctrine de la rétraction comme cause de toutes les difformités, et delà la généralisation de la méthode sous-cutanée appliquée aux muscles comme aux tendons. Malheureusement les sciences d'observation, où tout est spécial, exceptionnel, particulier ne sauraient se constituer par ces procédés à priori. Il faut avoir observé plusieurs fois le même fôit pour être en droit de le généraliser. Bichat a pu classer et catégoriser les tissus après les avoir bien étudiés et en préjuger ainsi les fonctions ; mais il n'en est pas de même de la nature et des causes des maladies ; on ne peut les deviner, les préjuger, et les changements, les modifications des divers cadres nosologiques des nomenclatures en sont la preuve. Aussi, ne saurait-on admettre les doctrines de M. Guérin qu'après en avoir vérifié la justesse et la réalité.

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Occlusion pneumatique. Suivant sa doctrine du danger de l'air sur les plaiesqui l'a conduit auxsections sous-cutanées et à plusieurs autres applications pratiques, M. J. Guérin a fait construire un appareil pour soustraire les plaies au contact de l'air. C'est une série d'enveloppes ou manchons imperméables s'adaptant à toutes les parties du corps. Une fois la partie introduite, on fait et l'on entretient, d'une manière permanente, le vide au degré voulu, à l'aide d'un récipient pneumatique, muni d'un indicateur du vide Entre la peau et cette enveloppe imperméable est placée une seconde enveloppe très-mince de tissu élastique perméable, qui facilite l'exhalation et la circulation des gaz cutanés et l'aspiration des liquides fournis par les surfaces lésées, en s'opposant à l'action ventousante et vésicante des plis formés par le retrait du manchon extérieur.

Applicable à toutes les parties du corps, ce système a de nombreuses indications. Quatre exemples-type sont seulement rapportés par l'auteur pour en montrer les bienfaits. L'un d'extirpation d'une tumeur fibreuse derrière la malléole externe guérit sans suppuration en huit jours. Une fracture compliquée des os de l'avant-bras avec issue du radius put être soumise, dès le quatrième jour, à l'action d'un appareil de carton amidonné. Le moignon d'une amputation de cuisse, à la suite d'une tumeur blanche suppurée, était cicatrisé en apparence dès le seplième jour, mais une légère éraillure s'étant montrée "après l'enlèvement de l'appareil, on le réappliqua jusqu'au dix-huitième, où la cicatrisation fut complète et solide.

Enfin une plaie par explosion de cartouche dans la paume de la main ayant broyé les chairs, divisé les vaisseaux, et dilacéré les tendons et les nerfs, soumise à cet appareil, concurremment avec les irrigations, guérit en vingt-cinq jours sans déterminer de fièvre ni d'inflammation.

Quoi d'étonnant et de merveilleux dans ces résultats qui démontre la supériorité de cet appareil? s'écrie M. Velpeau.Tous les jours on en obtient de semblables, par les moyens ordinaires, sans qu'on en fasse bruit. Rien n'autorise donc M. Guérin a dire que c'est là un moyen précieux. À ce compte, tous ceux qui sont usités le seraient également (Acad. de méd., février). M. Guérin est d'autant moins autorisé à se décerner ainsi des éloges qu'il ne fournit que quatre faits, dont l'issue ne prouve pas la supériorité de son appareil. L'expérience n'a donc pas

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prononcé, si ce n'esl sur la complication et le prix élevé de cet appareil autant que la difficulté de l'appliquer.

De nouvelles preuves sont venues infirmer la prétendue infaillibilité de cet appareil, ainsi que la valeur des théories sur l'action de l'air sur la cicatrisation des plaies. M. Le Fort ayant appris que 4 opérés avaient été soumis à cet appareil dans les hôpitaux, dont 2 à l' Hôtel-Dieu et 2 à Necker, a obtenu les renseignements officiels suivants après informations :

Leclanchet, amputé de la cuisse; suppuration pendant six semaines.

Macry, amputé de l'avant-bras; réunion des parties profondes comme cela est ordinaire, suppuration des parties superficielles. Mort du choléra au treizième jour.

Grimancourt, amputé de la jambe, mort d'infection purulente au vingtième jour, après suppuration abondante, attribuée, par M. Guérin, à la perforation du manchon.

Lot, grave plaie contuse avec déchirure de l'avant-bras, soumis, sans réserve, vingt-six heures après l'accident à l'appareil, présentait, dès le troisième jour, la gangrène de la peau, et mourait bientôt de résorption purulente. (Gaz. hebd., noS 34 et suivants.)

On se demande comment devant ce bilan, que malgré toutes les atténuations M. Guérin lui-même a été obligé do reconnaître exact, comment il persiste dans ses affirmations et ses théories. On peut, du moins, en juger la valeur.

M. le docteur Buys a également appliqué à une amputation de l'indicateur son appareil à succion (voy. Kystes, année 1865). L'opéré n'a gardé le lit que deux jours, et le huitième il était guéri. (/. deméd. de Bruxelles, juin, p. 594.)

Sans qu'il y ait rien de nouveau dans ce résultat, on peut considérer cet appareil comme plus simple que celui de M. Guérin.

Ventilation. Proposée en 1861 par le professeur Bouisson, de Montpellier, dans le but, comme tant d'autres moyens topiques, de produire rapidement une croûte en évaporant, en solidifiant, sous l'action renouvelée de l'air, la lymphe plastique, le liquide cicatriciel, et produire ainsi l'occlusion do la plaie pour en faciliter, en activer la cicatrisation, cette méthode vient d'être reprise par M. Bérenger-Féraud, avec quelques modifications dans son emploi et une nouvelle interprétation de son

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action. Bien plus que l'étendue de la plaie ou l'activité de la ventilation, l'humidité est, suivant lui, la condition qui règle la durée de chaque séance. Il conseille, en conséquence, pour hâter la cicatrisation d'une plaie qui fournit une abondante sécrétion, de faire précéder la ventilation par un ou deux pansements à l'alcool ; on tarit ainsi l'hypersécrétion d6 leucocytes, qui fait la base de la suppuration, et la méthode de M. Bouisson amène bien plus facilement, ei bien plus tôt alors, la cicatrice. En combinant ainsi ces deux moyens, il est arrivé à guérir, dans des limites très-remarquables de temps, des plaies d'étendue diverse, ce qui n'est pas indifférent dans plus d'une circonstance.

En général, la séance varie de cinq à vingt minutes ; elle ne cesse que lorsque la surface traumatique est exactement recouverte d'une mince pellicule, brillante comme un vernis, très-légèrement ridée à la périphérie, où elle semble exercer une traction sur les tissus sains et, enfin, sèche au point qu'on peut appliquer sur elle, sans l'y faire adhérer, un morceau de papier de soie.

Tant que la croûte n'a pas acquis une certaine épaisseur, l'humidité tend à la dissoudre et à envahir de nouveau la plaie depuis le moment où la projection d'air est cessée, et le secret d'une bonne cure par la ventilation est de s'y opposer à mesure. Voilà pourquoi, deux, trois, quatre heures après au plus tard, il faut recommencer l'opération dans les premiers temps;

L'épaisseur de la croûte ne préoccupait pas M. Bouisson; elle est bientôt assez épaisse, d'après lui, quand la plaie est profonde, qu'elle suppure abondamment, et qu'on n'a pas fait précéder la ventilation d'un pansement à l'alcool, et il est d'avis de la laisser en place jusqu'à la cicatrisation. M. Bérenger s'éloigne de cette manière de faire : il cherche à se débarrasser de la croûte dès qu'elle a une épaisseur sensible, et il mène la plaie à cicatrisation en ne la laissant envahir que par une croûte pellucide jaunâtre de lymphe plastique qu'il fait tomber dès qu'elle acquiert un peu de rigdité.

Cette conduite lui a paru avoir une influence marquée sur la rapidité de la guérison ; car, si fréquemment, quand on a laissé la croûte s'épaissir notablement, on trouve en l'enlevant qu'elle est placée sur une cicatrice solide et louable, trop souvent il s'est creusé au-dessous d'elle de petits clapiers purulents, petits godets dans lesquels la lymphe subit la transfor-

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inalion pyoïque, el lend à éroder aux alentours, aux points ou la cicatrice s'est déjà formée. {Bull, de thér., janvier.)

Solution de chlorure de zinc. — C'est en voyant les bons effets de ce caustique solide sur une plaie cancéreuse que M . de Morgan eut l'idée de l'employer en solution à sa clinique de l'hôpital Middlesex, afin que la pénétralion des tissus en fût plus profonde et complète. L'absence de douleur, de rougeur, de suppuration et d'odeur, lui en fit bientôt étendre l'usage à toutes les plaies, sans exception de tissu, musculaire ou cellulaire, osseux ou séreux. Avant d'en réunir les lèvres, il passe sur toute la superficie saignante une éponge imbibée de celte solution faite dans la proportion de 40 grains, soit 2 grammes 59 centigrammes environ pour 32 grammes d'eau. Le premier effet est une excitation des capillaires et un suintement sanguin des parties non saignantes auparavant. Le sang devient ensuite crémeux et de couleur d'œillet. En réitérant l'application, toute la superficie se ramollit et acquiert celte couleur.

Suivant la doctrine qui tend à s'accréditer sur les avantages des caustiques, le chirurgien anglais attribue à celui-ci la propriété de prévenir l'érysipèle et la pyoémie. Durant neuf mois qu'il l'a employé dans ses salles, où il y avait des cas d'érysipèle, aucun érysipèle consécutif chirurgical ne s'est monlré, sinon sur une vieille femme opérée d'une tumeur de la mamelle, sur laquelle l'emploi de la solution avait été omis. Il n'y eut que deux cas de résorption purulente, et l'absence d'odeur, le peu de suppuration et le bon aspect des plaies lui semblent devoir en recommander l'usage. (Lancet, avril.)

Voilà donc les caustiques succédant aux alcooliques dans le pansement des plaies, comme ceux-ci ont succédé aux résolutifs, aux émollients. La progression thérapeutique est manifeste et conforme aux doctrines médicales régnantes sur l'altération des liquides. Sans reproduire ici les théories que l'on peut faire valoir en faveur de la solution du chlorure de zinc en particulier, .il nous semble difficile d'y recourir pour les plaies ordinaires sans avoir été témoin de ses bons effets. Aulant nous l'emploierions avec confiance pour modifier une plaie de mauvais aspect, de nature suspecte, cachectique, cancéreuse ou scrofuleuse, autant nous hésiterions à l'appliquer sur des tissus sains que la nature médicnlrice suffit ordinairement à réunir et à cicatriser.

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Plombage des plaies on nouvelle méthode de chirurgie conservatrice, par le professeur Burggraëve, chirurgien principal de l'hôpital civil de Gand, etc. 24 p. in-8°. Bruxelles. Communication faite à l'Académie de médecine de Belgique, renouvelant les avantages de ce mode de pansement préconisé par l'auteur depuis plusieurs années. Il consiste tout simplement dans l'application de feuilles de plomb laminé, fixées par des bandelettes agglutinatives. Des injections, poussées sous cette espèce de cuirasse, servent à nettoyer la plaie, et il suffit de soulever successivement ces lames rie plomb pour s'assurer de son état.

A en juger du moins par les treize observations citées sommairement, il a été appliqué le plus souvent sur des plaies par ('crasement, contusion, déchirure, arrachement, lacération avec ou sans fracture chez les ouvriers des nombreuses fabriques et manufactures de la ville, que des machines dangereuses, traîtres et homicides, conduisent ainsi à l'hôpital. Ses avantages seraient l'occlusion qu'il réalise plus ou moins complètement sous l'action calmante et résolutive du plomb. Une fois l'élimination des tissus mortifiés accomplie, le bourgeonnement en est rapide, intense ; la suppuration peu abondante et remplacée par l'exsudat plastique. De là, absence des douleurs, des souffrances causées par l'intervention de l'instrument tranchant ; rapidité de la guérison et moindre séjour à l'hôpital.

Si ces avantages sont réels, il faudrait s'empresser d'adopter la méthode de chirurgie conservatrice du professeur gantois, que les faits semblent confirmer. Sur 236 blessés traités au plomb du 1er janvier 1 864 au 20 mai dernier, il n'y a eu que 8 décès causés par les diverses complications ordinaires des plaies graves. Mais cette statistique en masse ne saurait déterminer la conviction. On n'a pas ainsi la mesure exacte des effets de cette méthode de pansement dont la mort n'est pas le seul critérium. L'étendue des lésions est au moins indispensable à connaître pour juger de sa valeur, et nous estimons que M. Burggraëve eût mieux fait d'entrer dans ies détails cliniques que de disserter par à priori, comme il l'a fait," sur ce mode de traitement.

Plates d'armes A feu. Partant de cette idée qu'elles doivent se gangrener, supposition toute gratuite, le docteur Marchisio propose de les traiter topiquement avec les substances conservatrices employées sur les cadavres. C'est le deuto-chlo-

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rure de mercure et l'arsenic. Le premier dissous dans la proportion de 5 centigrammes pour 25 d'eau distillée, et le second dans celle d'une partie d'arsenic pour 80 d'eau. Celui-ci a l'avantage de s'employer une seule fois, de maintenir la plaie couverte d'une eschare qui, en tombant, la montre rosée et d'un bel aspect.

En pénétrant dans toutes les anfractuosités de la plaie et en prévenant la gangrène, cette médication a l'avantage de la simplicité, l'absence d'odeur sans danger d'intoxication selon l'auteur. Elle prévient la suppuration qui entraîne souvent des complications redoutables et par un seul pansement, évite tous les accidents secondaires.

Ces promesses sont très-séduisantes. Mais l'auteur ne produit à l'appui que des expériences sur les animaux, ce qui ne prouve pas qu'il en soit de même chez l'homme. L'expérience est donc indispensable pour en juger. (Acad. di med. di Torino, septemb.)

PLEURÉSIE. Diagnostic. Si parfois le défaut de respiration vésiculaire et de résonnance peut faire croire à un épanchement qui n'existe pas, il peut y avoir aussi absence des signes caractéristiques de l'épanchement, alors qu'il est trèsconsidérable. M. Woillez rapporte ainsi deux faits de pleurésie avec épanchement purulent, reconnus seulement à l'autopsie. Dans le premier, après la thoracocentèse pratiquée au vingtième jour, la matité resta limitée sous le mamelon en avant et au tiers inférieur, en arrière et à droite, sinon que les derniers jours, elle s'éleva un peu en avant, et la résonnance, au lieu d'être mate, devint manifestement tympanique. La respiration resta faible et vésiculaire partout. Cependant, les phénomènes généraux s'aggravaient, et le cyrtomètre indiquait une ampliation croissante et latente du thorax ; de 735 millimètres, elle s'élevait à 830.

Après la mort, le côté droit de la poitrine, percuté en avant, donnait encore manifestement un son exagéré ou tympanique du haut en bas. La poitrine ne contenait cependant pas d'air. 3 litres environ de sérosité louche avec des fausses membranes la remplissait. Le poumon était refoulé en dedans par l'épanchement et accolé contre le médiastin, où il formait un segment do sphère, à convexité libre du côté de la plèvre, adhérent du haut on bas, en avant, aux parois thoraciques, au niveau des cartilages des vraies côtes.

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Ainsi aplati et réduit de volume, ce poumon rendait à la per- • cussion médiate un son manifestement tympanique et plus clair que la sonorité obtenue en avant du côté gauche parfaitement sain.

Dans le second cas, les phénomènes stéthoscopiques, trèsclairs à l'entrée de la malade à l'hôpital, allèrent ensuite en diminuant. Au lieu d'une matité générale en arrière et à gauche, il était revenu du son au sommet et à la base, et des râles humides s'étaient montrés en avant, des deux côtés, la veille de la mort. Le bruit respiratoire s'entendait toujours partout, et il n'existait de souffle qu'à la base en arrière, tandis que l'autopsie révéla un épanchement purulent envahissant tout le côté gauche, sans indice de pneumothorax, comme dans le cas précédent. Le poumon refoulé en dedans adhérait, au sommet et en avant, aux parois thoraciquesantérieuresjusqu'au diaphragme.

M. Woillez explique ces anomalies parla condensation du poumon où le renforcement des bruits peuvent se modifier et ressembler à une respiration naturelle affaiblie en traversant le liquide. Le tympanisme résulterait surtout de ce que ce poumon condensé serait en rapport par des adhérences avec les parois thoraciques. (Union méd. n° 66.)

On verra que cette explication diffère beaucoup de celle d'autres observateurs, surtout en ce qui concerne le tympanisme. — Voy. Pneumonie.

Plusieurs faits rapportés à l'occasion de cette nouvelle théorie du tympanisme dans la pleurésie n'ont fait qu'obscurcir la question. C'est ainsi que chez une jeune phthisique présentant un son tympanique de tonneau vers le mamelon droit, et, en arrière, à gauche, persistant jusqu'à la mort, et constaté même avant l'autopsie, on trouva au lieu d'air, dans la plèvre, un litre et demi de sérosité citrine avec fausse membrane.

M. Potain a observé aussi, à l'hôpital Necker, la production subite d'un tympanisme très-marqué à gauche après une violente douleur, tandis que le côté droit était plein de liquide. La thoracocentèse ayant été pratiquée, il en retira 6 litres 1/2 de sérosité, et à mesure que le liquide s'écoulait, le tympanisme diminuait à gauche et finissait par disparaître complélement. Il faudrait donc l'expliquer, dans ce cas, parla simple compression du poumon gauche résultant de l'épanchement du côté opposé qui, en déterminant la tension pulmonaire, produit ce phénomène acoustique.

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C'est l'explication adoptée, par M. Gueneau de Mussy pour trois cas d'épanchemenl observés avec tympanisme. (Soc. méd. des hôp,f juin.)

Mort subite. Un malade atteint d epanche/nent subaigu étant mort subitement à l'hôpital militaire de Strasbourg, le 3 juin 4 866, en se retournant du côté gauche pour dormir, sans que l'autopsie ait révélé la cause de cette mort subite, M. Netter conseille de recommander à tocs les malades atteints d'épanchements pleurétiques, d'éviter les mouvements brusques et violents, et en cas de suffocation subite, de les replacer dans la position qu'ils occupaient. Il pense qu'en déplaçant brusquement le liquide par un changement de position, le cœur ou l'artère pulmonaire peuvent se trouver comprimés, quand l'épanchement siège à gauche, comme dans ce cas où le malade se plaçait à droite, pour éviter la douleur causée par un vésicatoire. (Soc. méd. de Strasb.)

Tartre slibiè. Loin de combattre l'élément inflammatoire, comme dans la pneumonie, c'est sur l'élément séreux qu'il agit, selon M. Gallard. Et cela, non pas seulement en favori risant la résorption du sérum épanché, mais en en prévenant la reproduction par une action directe contre celte disposition très-grande chez certains malades ou dans cerlaines formes de la pleurésie, à ce qu'il se forme en abondance, se renouvelle et se reproduise sans cesse. A ce titre, il serait le meilleur préventif de la thoracocentèse, combattue avec tant de force par ce médecin dans la pleurésie aiguë. Mais de nombreuses évacuations vomi-purgatives sont indispensables; si la tolérance s'établit, il doit être remplacé par d'autres moyens appropriés à cet effet. La disparition rapide et durable de vastes épanchements chez les cholériques en proie à d'abondantes évacuations séreuses spontanées, que M. Seux, de Marseille, a de nouveau constatée dans l'épidémie de 1865, a fait soupçonner cette action spéciale du tartre stibié dont l'expérience a confirmé la uslesse.

Pour cela, on l'administre à haute dose: 30 centigrammes dans un julep, à prendre en trois à quatre fois dans les vingtquatre heures, en le continuant avec persistance jusqu'à ce que l'épanchement ait diminué d'une manière notable. El de même que l'inflammation locale est combattue antérieurement par les

PNKUMATOSE GASTRO-INTESTINALE. 391

sangsues, les ventouses scarifiée», on emploie ensuite les vésicatoires volants, quand la fièvre tombe, pour achever la résolution de l'épanchement (Gaz. des hôp., n° 22). Si cette interprétation donnée au rôle du tartre stibié dans la pleurésie se confirme, — et elle est toute physiologique, rationnelle et conforme à ce que l'on sait de la dérivation sur l'intestin dans les hydropisies, — le traitement en acquerra plus de précision et d'efficacité. — Voy. Thoracocentèsiî.

PNEUMATOSE GASTRO-INTESTINALE. Traitement.

Selon M. le professeur Fonssagrives, il faut la prévenir, chez les individus qui y sont prédisposés par une idiosyncrasie particulière ou par un état morbide. — On atteindra ce but par le choix d'un régime dont on proscrira sévèrement les féculents, le lait, etc. ; tous les aliments capables de donner lieu à un grand développement de gaz dans l'intestin.

Sans admettre que la flatulence dérive toujours d'un élat atonique de l'estomac et de l'intestin, il est certain que, dans un grand nombre de cas, elle coexiste avec une sorte de torpeur des parois musculaires du canal intestinal ; de là vient que l'emploi des condiments stimulants et aromatiqnes est trèsutile dans la pneumatose.

En Angleterre, on fait un grand usage des condiments aromatiques dans le càs de dyspepsie atonique. — La poudre apérilive suivante de Gregory y jouit surtout d'une grande faveur. Elle se compose ainsi :

Rhubarbe 2 drachmes.

Magnésie calcinée 2

Poudre de gingembre 7 grains.

POUdre de cannelle 17 —

Mêlez dans de l'eau ordinaire ou additionnée de quelques gouttes d'essence de menlhe. — Prendre chaque matin par dose d'une demi-cuillerée à café.

Les infusions chaudes d'anis, d'agapana, l'anisette, le curaçao, l'élixir deGarus, le thé, pris après les repas, stimulent l'estomac et lui permettent de bien digérer. — Chomel recommandait aux personnes flatulentes de faire un exercice régulier; l'intestin etl'estomac ont, en effet, besoin de la stimulation rhythmique que leur impriment les parois de l'abdomen, dont les contractions répartissent d'une manière uniforme les gaz

contenus dans l'intestin, et les empêchent de se cantonner dans certains points du ventre et d'y produire une sensation importune de distension et de tiraillement.

A l'eau de chaux, M. Fonssagrives associe la magnésie calcinée sous la forme suivante : •

Ma gnésie calcinée 4 grammes.

Eau de chaux. ) „.

„ ,. ,.„ , } aa 60 —

Eau dishllce. . )

Sirop de fleurs d'oranger 30 —

Mêlez.

A défaut de réussir à l'absorption, la neutralisation des gaz ou à leur expulsion à l'aide des carminatifs, des excitants, leur aspiration à l'aide d'une grosse sonde de gomme élastique, introduite aussi haut que possible par l'anus, en adaptant au pavillon la canule d'une seringue dont le piston est fermé, réussit le mieux à diminuer, à détruire le météorisme. En tirant le piston lentement, on remplit le corps de pompe de son volume de gaz, et en réitérant à plusieurs reprises cette manœuvre simple, on atténue le malaise, les souffrances. On pourrait même se servir à cet effet de la pompe stomacale, dont s'est servi, pour la première fois et avec succès, le docteur Dickson dans un cas d'occlusion intestinale. — Voy. ce mot.

Enfin, tous les moyens échouant, M. Fonssagrives n'hésite pas à pratiquer la ponction stomacale ou intestinale, qui, de la médecine vétérinaire lui semble devoir passer dans la médecine humaine, en raison des bons résultats qu'elle lui a donnés sans accident.

PNEUMONIE. Séméiologie. M. le docteur Combes, de Jarzé, a observé depuis une dizaine d'années un symptôme constant qui n'a pas encore été signalé comme élément de diagnostic dans les ouvrages de pathologie.

Dès le début et pendant toute la période d'augment ou d'acuité, le malade éprouve des chaleurs générales ou partielles dans tout le corps, au visage ou à la tête seulement: sensations rapides et fugaces, analogues à ce qu'on observe chez beaucoup de femmes à l'âge de retour; elles durent quelques minutes et se renouvellent avec une fréquence et une intensité toujours en rapport avec l'intensité de la fièvre, l'étendue de l'inflammation, peut-être sa nature et des temps d'exacerbation •

ou de rémission. Impossible d'obtenir rien de précis sur le nombre de leurs retours dans un temps donné. La chaleurn'est donc pas toujours égale, même dans ses temps d'exacerbation, ce qui explique les variations observées.

L'importance de ce symptôme se déduit de ce qu'il est constant qu'il ne se retrouve dans aucune autre fièvre, dans la bronchite ni dans la pleurésie, et qu'il est facile de le constater quand tous les autres signes diagnostiques font défaut au début ou ne parlent pas assez haut, du moins pour bon nombre de médecins.

L'explication de ce phénomène semble avoir sa raison d'être dans la congestion successive du poumon, et il a pu jusqu'ici échapper ainsi à la sagacité d'habiles observateurs. Cette sensation n'étant pas douloureuse, n'éveille pas suffisamment l'attention. On constate son existence par les questions facilement compréhensibles : Avez-vous éprouvé des bouffées de chaleur ? Vous monte-t-il des chaleurs au visage? Les réponses du malade sont toujours en accord parfait avec le développement de la maladie. Cependant ce mode de constatation commande la réserve et doit engager les praticiens à en vérifier la réalilé. [J . des Conn. médicales, n° 3.)

Résonnance tympanique. De même que le professeur Skoda et d'autres observateurs, M. Woillez entre autres, qui a donné à ce phénomène de percussion le nom de tympanisme pulmonaire, le docteur Hayden de Dublin a remarqué cette matité sonore, résonnant dullness, tympanique, profonde, voilée — muffled — dans certains cas d'hépatisation partielle ou totale des poumons, attribuée généralement à la présence de l'air dan^ la plèvre, pneumothorax simple par perforation, on secondaire par sécrétion, comme il y en a des exemples, mais en lui donnant une nouvelle interprétation qui tend à s'accréditer en Irlande. Tout en reconnaissant qu'une partie de tissu pulmonaire, hépatisée, solidifiée, interposée entre un substratum de poumon sain, perméable, et les parois thoraciques, peut en rendre compte suivant la théorie de Skoda, il montre qu'elle ne saurait satisfaire dans tous les cas, et qu'elle est infirmée par certains faits.

Ainsi, un homme de quarante-six ans fut admis, le 24 mai 1865, à l'hôpital de la Miséricorde, atteint depuis quatre jours d'unepneumonie typhoïde du lobe supérieur du poumon gauche.

avec matilé complète en haut antérieurement, absence de murmure respiratoire et de tous autres bruits, tandis que, en bas, latéralement et partout, en arrière comme à droite, la respiralion est normale. Traitée par l'alcool et le sulfate de quinine, la maladie s'étend et la matilé descend jusqu'à la sixième côle le lendemain ; mais bientôt le râle crépitant faible reparaît avi-c matité, lorsque, le 3 juin, elleest modifiée par une sonorité particulière, d'un caractère quelque peu tympanique sous la clavicule seulement. De la pleurite sans épanchemenl avec péricardite vient compliquer ce cas vers la fin, et, néanmoins, le malade sort de l'hôpital le 12 juin en voie de guérison.

Si l'interprétation de Skoda était ici parfaitement acceptable, elle est infirmée au contraire par ce second exemple où l'absence de résonnance tympanique la contredit formellement.

Un commerçant, adonné à l'ivrognerie, est pris le 20 septembre d'un accès de ddirium iremens de forme asthénique. Appelé le 27 avec le docteur Cahill, nous constatons: pou!- a 4 50, 42 inspirations, grande dyspnée, face vultueuse, conjonctives jaunâtres, langue chargée, urine rare, bilieuse. Soif: insatiable avec renvois. Sensibilité de l'estomac et du foie à la pression ; celui-ci augmente de volume. Matité du côté droit en i avant, de la clavicule au mamelon, s'étendant jusqu'à l'aisselle avec respiration bronchique et râle crépitant; au contraire, la i partie correspondante en arrière et latéralement donne une respiration et une sonorité normales. Toux, expectoration brunâtre, visqueuse.

Traitée par le sulfate de quinine et les alcooliques, conjointement avec des ventouses loco dolenli, celte pneumonie marche rapidement, comme d'habitude, en pareil cas, vers une terminaison fatale sans que les phénomènes stéthoscopiques aient changé ni que la sonorité tympanique ait apparu. Le <Tr octobre, le malade meurt dans une syncope.

Cet exemple est donc la négation du premier en ce qu'il réfute l'explication du fait dont il s'agit. Il montre qu'une partie du lobe supérieur étant hépalisée, solidifiée, l'autre restant saine, n'entraîne pas absolument la résonnance comme l'implique la doctrine de Skoda. En voici d'ailleurs la contradiction formelle, évidente, manifeste.

Un homme de vingt-six ans entre à l'hôpital le 9 juin avec une. pneumonie commençante de la base du poumon droit et qui s'étend rapidement en haut. De la base au mamelon en

avant, et au même niveau en arrière, la matité est complète avec râle crépitant ; mais, du mamelon à la clavicule, la percussion rend un son mat mêlé de résonnance métallique donnant la sensation d'un corps solide, mais sonore. Au-dessus, respiration bronchique accompagnée de râle crépitant. Bientôt il s'y joint de l'épanchement dénoté par une amplitude d'un pouce en excès du côté droit sur le côté gauche mesurés audessous du mamelon.

La percussion pratiquée avant l'autopsie donne les mêmes résultats que pendant la vie, si ce n'est que la résonnance tympanique est un peu moindre. Le corps étant complètement immergé dans l'eau, avec une nappe d'un pouce et demi audessus, tandis que la percussion de la surface de cette nappe liquide, suivant les règles de la percussion digitale, ne donne rien de remarquable du côté gauche, rend à droite un son tympanique très-manifeste, semblable à celui d'une bourse de cuir remplie d'air. La cavité pleurale droite ouverte avec précaution sous l'eau, le doigt détruisant les adhérences, afin de déterminer si elle contenait de l'air, ne donne pas issue à une seule bulle, de l'aveu du docteur Cruïse et de tous les élèves présents.

Péricarde distendu par le sérum, avec de récentes granulations sur la surface antérieure du cœur, surtout à la base. Cœur normal, sinon diminué, ferme, un peu graisseux. Poumons adhérents partout, surtout le droit attaché au diaphragme. Son expansion est telle qu'il remplit tout ce côté de la cage thoracique. D'un gris noirâtre, sa surface antérieure est épaissie et recouvre le cœur; les fissures pulmonaires sont oblitérées. Auscultés immédiatement, les lobes supérieur et moyen droits rendent un son métallique comme voilé — a sometvhat muffled meiallic ring — un peu moins clair que celui obtenu pendant la vie, mais du même timbre. Matité profonde sur tout le lobe inférieur.

Une section verticale de ce poumon du sommet à la base, d'arrière en avant, donne la sensation d'un corps solide. La surface de la coupe est d'un gris clair, un peu noirâtre à la base. Aucun fluide ne s'en échappe, si ce n'est de la matière puriforme épaisse à la pression. Plongé dans l'eau, il ne surnage pas comme le gauche.

La doctrine de Skoda est manifestement convaincue d'erreur par ce fait, puisqu'aucune portion de tissu pulmonaire n'étaii

l'NLUMOMIi.

perméable à droite pour rendro compte de la résonnance lympanique que produisait la percussion. Par son siège au sommet du poumon, on ne peut admettre davantage qu-'ello fût communiquée par l'estomac, comme Stokes en rapporte un exemple [Diseases of the Chest, v. f, p. 334). La résonnance dans ce cas « ressemblait à celle que donne l'estomac au plus haut degré de distension flatulenle » sans être voilée comme dans les précédents. On ne peut la rapporter davantage à l'hypothèse du docteur Williams qui, pour expliquer celle résonnance pneumonique dans les cas de Graves, Slokes et Hudson, dont il va être question, soupçonne que c'étaient des exemples de sonorité trachéale ou amphorique provenant de la consolidation du lobe supérieur du poumon (Cyclopedia of pracl. viédic, p. 403). Outre qu'une telle supposition est une injure à des observateurs aussi distingués, l'obs. Il montre qu'elle est toute gratuite, puisque la condition matérielle existait là sans production du phénomène. L'autopsie démontre enfin qu'on ne peut l'attribuer davantage à la présence de l'air dans la plèvre, soit par perforation, soit par sécrétion. Une cause inconnue est donc indubitable, et celte cause est, suivant le docteur Hayden, l'accumulation de l'air dans le tissu même du poumon où il se trouve emprisonné indépendamment de toute rupture, perforaration ni caverne, et coïncidant avec la plegmasie de cet organe.

On ne saurait se dissimuler l'importance de ce nouvel élément de diagnostic des affections pulmonaires qui dérange toutes les règles admises jusqu'ici. La seule preuve en est, il est vrai, dans l'expérience précédente. Mais l'auteur invoque les faits II et VII rapportés par le docleur Hudson dans son mémoire sur la pneumonie typhoïde comme venant à l'appui de celle doctrine. (Dublin Journ., juillet 1835.) Comme dans l'obs. III précédente, il y eut d'abord point de côté, matiléà la percussion, absence de respiration et râle crépitant sur le point affecté du poumon, ce qui fit de même diagnostiquer au début une pleurésie avec épanchement que la respiration bronchique survenue le lendemain démentit.

Dans ce cas du docteur Hudson, la sonorité morbide apparut dans le point hépatisé dès le quatrième jour, landis que c'est seulement le sixième et le quatorzième dans les observations précédentes. Elle continua dans les deux cas mortels jusqu'à la mort et fut remplacée par la matilé primitive après six jours de

durée dans l'observation I. Dans ces trois cas, elle fut accompagnée de respiration bronchique et de râle crépitant.

On ne" peut attribuer cette résonnance à une pneumonie centrale, car la préexistence de la matité durant plusieurs jours avant son apparition autant que la généralisation de l'hépatisation, démontrée dans deux cas par l'autopsie, témoignent assez du contraire.

Dans le septième fait du docteur Hudson, la respiration et le râle crépitant s'associaient de même avec la résonnance, qui continua jusqu'à la mort. Le diagnostic différentiel de la sonorité due à l'air emprisonné dans le poumon hépatisé et celle qui résulte de son accumulation dans la plèvre pourrait ainsi, suivant le docteur Hayden, être basé sur ces signes coïncidants.

A juger de ce symptôme par ce qu'en disent les auteurs spéciaux, il doit être excessivement rare. Les deux exemples précités du docteur Hudson sont les premiers cas de celte sonorité tympanique signalée dans la pneumonie comme n'étant pas due à la présence de l'air dans la plèvre. En l'indiquant comme un des signes les plus remarquables dans son ouvrage, le docteur Slokes la rapporte à la présence de l'air sécrété dans la plèvre. Il ne connaissait donc pas encore en 1837 cette seconde forme de résonnance pneumonique, ou du moins il n'était pas convaincu de sa réalité ; mais depuis il s'est converti à l'interprétation nouvelle, et admet parfaitement une forme pulmonaire de cette matité tympanique dans la pneumonie typhoïde comme distincte de la forme pleurale. (Dublin [quart. Journal.)

Tous les autres auteurs, même les plus récents, sont muels à cet égard. M. Grisolle ne mentionne pas du tout cette résonnance de la percussion dans son savant Traité de la pneumonie. Le docteur Fuller, dans son ouvrage Diseases of the chest, 1 862, n'y fait pas allusion, non plus que le professeur Trousseau dans sa Clinique, ni M. H. Bennet dans ses Clinical Lectures. De nouvelles études, de nouvelles observations sont donc indispensables pour être fixé à cet égard.

C'est dans la constitution de l'urine que le docteur Monli trouve au contraire de nouveaux éléments de conviction. Rou°-e foncé et rare dans la période d'exsudation, sa densité s'élève de 1021 à I032par la présence d'une grande quantité de matériaux solides. L'urée, l'acide urique et les urates sont plus abondants, tandis que les autres produits sont en quantité normale ou en

GMIN1EK. oq

diminution, les chlorures notamment. L'albumine s'y rencontre parfois.

Dans la période d'état, elle redevient plus abondante, d'un rouge clair avec une réaction plus acide. Les autres parties constituantes ne varient guère sinon que l'albumine augmente.

Dans la période de déclin, son abondance augmente encore, elle devient rosée, moins dense et alcaline. L'urée diminue avec la fièvre ; les urates augmentent ainsi que les chlorures. En un mot, elle reprend la constitution normale. (Gazz. med. italiana.)

Si, au point de vue de l'urologie, il est intéressant de connaître ces modifications en détail, il est superflu pour le praticien, au contraire, avec ses moyens physiques de certitude diagnostique, de porter ses investigations de ce côté

Traitement. L'indication précise en découle de la statistique des 4 707 cas observés et traités par M. Hugues Bennett pendant une période de vingt-cinq ans, du 1er juillet -1839 au 4" juillet 1864.

Jusqu'en 1 848, où le traitement antiphlogistique était en faveur, sur 547 cas de pneumonie, il y a eu 205 morts : soit 1 : 2 1/2.

De cette époque à 1856, où le traitement tonique commença à être employé, sur 609 cas, il y eut I 31 morts, soit 4:41 /2.

Enfin de là en 1864, où ce dernier traitement a été employé de plus en plus exclusivement, 551 cas n'ont donné que 71 morts, soit 1 : 7 3/4. [Lancel, février.)

Pour des périodes aussi longues et inégales, il est difficile d'invoquer avec raison l'influence des constitutions médicales, la nature spéciale de cette maladie, ou toute autre cause, pour expliquer ces différences dans le résultat du traitement, et de no pas admettre l'action toute-puissante de celui-ci. Aussi pour résoudre définitivement la question de l'effet des toniques et excitants, dont le célèbre professeur s'est constitué l'un des plus chauds défenseurs, convie-t-il tous les médecins, exerçant ou non dans les hôpitaux, à collaborer avec lui à ce sujet en lui envoyant le résumé de leurs observations à cet égard dans des tableaux statistiques. (Lancet, décembre 1865.)

Alcooliques. C'est précisément à fixer les signes distinctifs de dépression réelle réclamant l'usage des stimulants de celle qui

n'est qu'apparente, factice, que M. le professeur Trastour (de Nantes) s'est appliqué. La tâche est difficile, car souvent la limite est insaisissable. Aussi un long mémoire et de nombreuses observations y sont-ils consacrés. Suivant cet observateur distingué, les indications spéciales des alcooliques sont : la faiblesse, l'absence de réaction, la pâleur de la face, le refroidissement de la peau, les crachats purulents faisant craindre l'hépalisation grise, l'étendue de la pneumonie, l'improbabilité d'une résolution spontanée, la vieillesse, la dépression excessive causée par les anlimoniaux. Elles sont précises surtout lorsque la pneumonie ne marche pas à la résolution, que les forces déclinent, qu'il y a des accidents ataxo-adynamiques ; en un mot, quand il y a dépression des forces, quelle qu'en soit la cause. [Bull, de thérap., janvier )

L'art du thérapeute est sans doute dans ces distinctions symptomalologiques ; mais il y aurait erreur à accorder une nouveauté à la médication, sinon alcoolique, au moins tonique, stimulante dans ces conditions pathologiques. Quel est le praticien qui, en présence de ces signes de dépression, n'ait eu recours au vin de quinquina à haute dose, aux potions cordiales, musquées, etc. Toute l'innovation est donc la substitution du cognac aux produits pharmaceutiques ; l'indication n'a pas varié.

Digitale à haute dose. — En portant dans la thérapeutique les procédés d'analyse comparative et expérimentale employés dans les autres branches de la science, les représentants de la génération médicale qui s'avance ont bien montré qu'ils en comprennent ainsi le progrès. M. le docteur Gallard, cherche à fixer ainsi plus rigoureusement qu'on ne l'a fait celles de la digitale dans la pneumonie. S'inspirant de l'action physiologique sédative de ce médicament sur le cœur, il le croit spécialement indiqué quand la réaction fébiile, très-intense el semblant commander l'emploi des antiphlogistiques, coïncide avec une profonde débilité ; la dépression, l'adynamie du malade réclamant, au contraire, les stimulants, les toniques. En un mot, ce sont dans ces cas mixtes intermédiaires à l'ataxie et l'adynamie, qualifiés de pneumonie typhoïde, que la digitale lui a paru le mieux réussir, comme il en cite l'exemple suivant à l'appui.

Il s'agit d'un garçon de dix-neuf ans, qui, au sixième jour

d'une pneumonie droito, présentait 108 puhalions avec affaissement el dépression notable des forces : '6 centigrammes de poudre de digitale, pris de deux en deux heures jusqu'à concurrence de 20 centigrammes, suffirent à abaisser le pouls à 90, puis à 60 le lendemain. Une guérison rapide s'ensuivit. (Bull, de //ter., mars.)

Si marqué que soit l'abaissement du pouls dans ce cas et son issue heureuse, il ne saurait prouver à lui seul la thèse de l'auteur. Il ne semble même pas parfaitement choisi à cet effet. La durée de huit jours seulement de la maladie et l'emploi préalable de moyens actifs : tartre stibié et vésicaloire, ne laissent pas ressortir assez clairement cet état ataxo-adynamique, typhoïde, qu'il s'agit de mettre en lumière, ni l'action immédiate de la digitale. On peut objecter l'action des moyens antérieurs et la marche naturelle de la maladie. La thèse est donc à reprendre el à fortifier par des observations ultérieures.

Emétique. Selon M. Déchaux, il peut exceptionnellement, même aux doses les plus accréditées, produire des symptômes fâcheux et la mortelle-même, par hyposthénisation.

Il s'agit d'une enfant de deux ans qui, après avoir pris sur l'ordonnance du médecin un mélange de 45 grammes de sirop d'ipéca, 30 centigrammes de poudre dito, et 5 centigrammes de tartre stibié en sept cuillerées, de neuf heures du matin à midi moins un quart, le 23 mars dernier, s'éteignit à minuit. Non alitée le matin même, cette enfant, que le médecin avait à peine trouvée malade, disant que le côté gauche seul respirait moins bien, qu'il pourrait survenir une fluxion de poitrine, en vue de quoi il ordonnait le mélange précédent, cette enfant, dis-je, fut considérée comme empoisonnée. Dès la troisième dose, sa figure, sa voix, son expression, ont changé. Des vomissements et des selles immodérés — comme une lessive — sont survenus. Effrayés du faciès, des yeux creux et cernés, du visage pâle, de la voix éteinte, de la résolution des membres et de leur refroidissement , les parents ont envoyé chercher le médecin qui trouva un aspect cholériforme , et, en apprenant que le remède avait été préparé par la femme du pharmacien, laissa échapper le mot d'empoisonnement. Dès lors, exhumation du cadavre le lendemain de l'enterrement, et MM. Déchaux et Dufour constatent la parfaite intégrité du tube digestif dans toute sa longueur , sans le moindre indice chimique ni anatomique

d'empoisonnement. On découvre, au contraire, une pleurésie gauche - très-accusée , avec épanchement d'un demi-verre de sérosité citrine, Qoconsalbumineoxet gélatineuxadhérents, poumon rouge brun noir, ecchymosé, gorgé de sang, engoué, tandis que le côté droit est intact.

D'où cette conclusion « que l'émétique, remède journalier et des plus précieux, peut exceptionnellement, même aux doses les plus accréditées, produire des symptômes fâcheux et la mort elle-même par hyposthénisation , c'est-à-dire par une action nerveuse, par une grande prostration, le brisement des forces, un affaiblissement extrême et l'anéantissement. » Et- l'auteur de rappeler sommairement six cas analogues, en disant qu'il en compte plus de 100 où l'émétique, à doses communes ou élevées, a produit des phénomènes effrayants et dangereux. (Gaz. méd. de Lyon. p. 228.)

L'extrême laconicité, la simple citation de ces derniers faits, ne permet pas de les discuter ; mais je ne sais pas que pareille observation soit très-commune. Jamais je no l'ai faite ni vue consignée ailleurs. Ce n'est pas à cette dose que l'émétique est nuisible, et bien que celle du vomitif fût considérable pour une enfant de cet âge, est-ce au remède, à son mode d'administration ou à la maladie qu'il faut attribuer l'issue fatale? Évidemment, devant un diagnostic aussi précisque l'autopsie l'a montré, une telle médication ni son mode d'emploi n'avaient do raison d'être. On n'administre les vomitifs de cette façon que pour les faire tolérer. Autrement, sitôt l'effet produit, on s'arrête; voilà la règle. Si donc la mort a été le résultat de l'hyposthénisation de l'émétique, celle-ci est dû manifestement à la manière vicieuse dont ce vomilif a été prescrit et administré.

Mais n'est-ce pas bien plutôt à la marche foudroyante de la maladie elle-même que l'enfant a succombé. Comment en douter devant l'étendue, la gravité des lésions anatomo-pathologiques, alors que celte enfant était à peine indisposée la veille et pas môme alitée le matin. Est-ce à dire que l'action vomitive persistante, prolongée, a contribué à ce développement rapide, précipité? On ne pourrait le soutenir ni l'expliquer; tandis que des exemples semblables, sans vomitif, ont été partout observés.

C'est ce que M. Dupuy a démontré à la Société de médecine de Bordeaux (mai), dans la discussion sur l'opportunité de l'expectation dans la pneumonie. 11 en est résulté que la plupart des

membres de cette Société n'adoptent pas les enseignements de la dernière statistique de M. Barthez à cet égard. Ses partisans ont eu beau dire que l'expectation s'adressait exclusivement ici aux pneumonies lobaires franches : comment les distinguer? a-t-on répondu ; comment savoir si, lobaire aujourd'hui, elle ne deviendra pas lobulaire demain? De là l'indication du traitement, l'intervention de la thérapeutique active légitimée par les quatre oxemples d'enfants à la mamelle cités par M. Dupuy et mortels en deux, trois et quatre jours, sans que l'on ait pcn?é à accuser l'émétique employé dans ce3 cas. L'interprétation contraire de M. Déchaux mérite donc d'être signalée.

Pneumonie des vieillards. De la pneumonie lobaire aiguë des vieillards. Thèse inaugurale de Paris, par le docteur G. Bergeron. Renouvelant à la période opposée de la vie les observations que M. H. Roger a faite chez les enfants, l'auteur, à l'aide du thermomètre de Leyser, placé dans le rectum, a constaté l'élévation de la température comme un des signes les plus caractéristiques de cette maladie. De 37°, \ C. ou 2/5 à l'état normal, elle s'élève brusquement à 39, 40 et 41° et arrive en un à deux jours à ce summum d'intensité. Elle décroit de même et, le plus souvent, elle est de 2 à 3 cinquièmes de degré plus élevée le soir que le matin, ce qui est d'un favorable augure; tandis que la mort est à craindre si elle reste élevée, uniforme. Elle s'élève rarement au-dessus de 39 2/5 dans la pneumonie catarrhale, co qui est un précieux élément de diagnostic différentiel entre ces deux formes d'une même affection.

Pneumonie sjmptomatiquc. De même qu'on la voit souvent apparaître dans le cours de la fièvre typhoïde et des fièvres éruptives, la rougeole, notamment, M.Robert de Latour en fait une complication fréquente delà fièvre pernicieuse dont elle serait, pour ainsi dire, l'effet (voy. Fièvre pernicieuse). Un caractère spécial môme la distinguo. Tandis qu'idiopathique, elle se montre le plus ordinairement en bas et en arrière à droite, c'est à gauche, au contraire, en arrière et en haut, qu'on la rencontre dans le cas de fièvre pernicieuse larvée, dont elle peut ainsi déceler l'existence avec le secours de la température. Dans ce cas, la durée en est éphémère et liée à la maladie principale, c'est-à-dire à l'emploi du sulfate de

POLYPES

quinine qui seul peut en obtenir raison. Elle disparaît et reparait ainsi avec les accès. (Union méd., n°s 29, 32 et 35.)

Pneumonie sueuique. Cette variété nouvelle, omise par la généralité des auteurs classiques , a été l'objet d'un travail spécial, plutôt théorique que clinique, malgré son titre, de la part de M. le docteur Daudé en 1862, passé à peu près inaperçu. En y insistant de nouveau , M. Putégnat de Lunéville tend davantage à fixer l'attention sur ce sujet par les quelques exemples qu'il rapporte (J. de méd. de Bruxelles, janvier). Mais il sera d'autant plus difficile de faire admettre cette variété et de l'introduire dans le cadre nosologique que la suette, observée de tout temps avec la pneumonie, qu'elle soit épidémique, comme dans le cas de M. Daudé, ou sporadique, comme dans ceux de M. Putégnat, en a été considérée comme une complication. Tl y a donc à démontrer qu'elle y est liée essentiellement. L'étroite sympathie de la peau avec les poumons no crée-t-elle pas un rapport de causalité entre ces deux affection?, et le trouble de la respiration, en provoquant la transpiration, ne détermine-t-elle pas aussi la miliaire?

POLYPES. Polypes naso- pharyngiens. Sur 8 extirpations par le procédé de la voie nasale (voy. année 1 864), M. Ollier n'a perdu qu'un seul opéré. C'était dans un cas où le polype pénétrait dans le crâne sans que rien fît prévoir celte complication. 6 fois les polypes étaient fibreux et 2 fois glandulaires (Soc. de c/u'r., juin). C est donc là un avoir de succès imposant pour ce nouveau procédé inauguré par M. Chassaignac.

Polypes laryngiens. Laryngotomie Ihyréo-hyoïdicnne, Pratiquée en 1859, par M. Prat à Taïti, cette opération, substituée à la laryngo-trachéotomie que plusieurs chirurgiens ont exécutée à l'exemple de M. Ehrmann (voy. année 1 865), paraît préférable à M. Follin en ce qu'elle permet de pénétrer dans le larynx sans l'ouvrir aussi largement, sans craindre de blesser les cordes vocales, et d'arriver directemeut sur les polypes dont le laryngoscope montre le siège exact. — C'est ainsi que pratiquée par lui dans un cas de polypes multiples, le succès obtenu depuis trois ans ne s'est pas démenti.

Voici d'ailleurs comment il résume les indications des di-

404 POLYPES

verses opérations applicables à ces excroissances. Contre les polypes visibles dans la région glosso-épiglottique, soit qu'ils y prennent naissance, soit qu'ils viennent y faire saillie dans les mouvements exagérés de déglutition, il faut toujours tenter l'extirpation par une ligature jetée sur le pédicule du polype saisi et fixé par une pince.

Dans les polypes, qu'on ne peut découvrir que par le laryngoscope, il faut encore essayer, sous l'éclairage laryngien, de les enlever à l'aide de pinces longues et coudées introduites dans le larynx, avec la précaution urgente de traverser le canal pharyngo-laryngé, rapidement et sans exercer d'attouchement sur la muqueuse de ce canal.

Dans le cas où le malade est rebelle aux explorations laryngoscopiques, soit par indocilité, soit par des mouvements réflexes, il faut avoir recours à l'extirpation des polypes par des voies artificielles.

Dans le choix des opérations à pratiquer alors, la laryngotomie thyréo-hyoïdienne doit, dans un bon nombre de cas, être préférée à la laryngotomie thyroïdienne, qui est difficile à pratiquer à un certain âge, par l'ossification du cartilage thyroïde, et, dans tous les cas, par la crainte trop souvent justifiée, en particulier dans le cas de M. Ehrmann, d'altérer les cordes vocales, et parlant le mécanisme de la voix.

La laryngotomie thyréo-hyoïdienne, facile à pratiquer sans rencontrer de vaisseaux dangereux à léser ou d'organes importants pour la voix, est très-bien indiquée pour enlever : 1° les polypes laryngiens situés dans la région épigloltique, dans la dépression que laissent de chaque côté les ligaments glossoépiglottiques et sur ces ligaments mêmes ; 2° les polypes insérés sur les replis arythéno-épigloltiques et sur la muqueuse qui recouvre les cartilages arylhénoïdes, enfin à la surface supérieure des cordes vocales ou dans leur voisinage.

Une trachéotomie préalable n'est indiquée que dans les cas où existe une suffocation imminente. (Acad. de méd. septembre.)

Polype prostatique. Un étudiant en médecine de vingtdeux ans, n'ayant jamais eu ni blennorrhagie, ni chancre, fut atteint, après trois mois d'excès vénériens, de pertes séminales nocturnes, survenant ensuite à chaque défécation. De là amaigrissement, affaiblissement de la vue avec douleurs obtuses au-dessus du globe do l'œil, pesanteur au périnée, tiraille-

POLYPES

menls très-pénibles du cordon spermatique, surtout debout.

Urines physiologiques d'un jet normal, avec émission répétée de vingt à trente fois par jour, sans autre sensation qu'un peu de chaleur au passage.

Érection normale donnant lieu à de la tension vers la racine de la verge. Pas d'engorgement des ganglions de l'aine.

Inquiet de ces pertes séminales rebelles aux douches froides sur le périnée, le malade consulte un médecin deux mois après leur début. Des spermatozoïdes ayant été constatés dans l'urine, la cautérisation fut résolue et pratiquée immédiatement, le 23 juin 4865. Rien de remarquable dans son exécution, sinon que, en rentrant le porte-caustique dans la sonde, une résistance fut perçue et attribuée par le chirurgien à un pli de la muqueuse urélhrale. Par une légère traction, il ramena au bout de la sonde une petite masse globulaire grosse comme une demi-aveline. Dépouillée du mucus qui l'entourait, et examinée au microscope, elle présenta tous les caractères d'un polype muqueux : sa forme était celle d'une branche de corail, ramifiée en cinq ou six troncs secondaires, partant d'un pédicule commun, blanchâtre, parfaitement distinct de la masse qui allait en s'étalant, et long de 4 centimètre sur 3 millimètres d'épaisseur.

Une lipothymie d'une demi-heure, et un pissement de sang durant trois jours à chaque miction, furent les seuls accidents consécutifs de celte opération très-douloureuse. Le 27, la malade put reprendre ses habitudes et n'a rien ressenti depuis seize mois. Les douleurs ont disparu, les pertes ont cessé, et la guérison paraît définitive. (Bull. méd. de l'Aisne.)

Au point de vue de l'histoire encore si obscure des polypes de l'urèthre, comme ce fait en est la preuve, il est d'un haut enseignement sur leur siège, leurs signes et leur traitement.

Polypes de l'utérus. M. Mazzucchelli, chef de clinique du professeur Porta, de Pavie, fait connaître l'appareil dont se sert le célèbre chirurgien pour la ligature des polypes de l'utérus. Deux tiges droites semblables, d'acier, longues de 20 centimètres, formant anneau à leur extrémité supérieure et terminées en pied de biche, servent à porter le fil sur le pédicule delà tumeur. On l'introduit double dans ces deux anneaux, de manière à former une anse allongée d'un côté, les deux extrémités pendantes de l'autre. La ba?e du polype étant en-

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