SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE VERSAILLES
Du service médical des pauvres, en France, tant à la ville qu'à la campagne, et de la façon dont il devrait être établi pour répondre à la fois aux nécessités des malades indigents et aux exigences légitimes des médecins. 200 fr. de récompense.
Adresser les mémoires écrits en français avant le 1er août 1867, à M. le docteur Le Duc, rue Neuve, n° 11, à Versailles.
PSEUDARTHROSE. «ld
PROSTITUTiOlV. Pour prévenir les déplorables malheurs auxquels elle donne lieu dans les petites localités, le docteur Berger (d'Arbois) voudrait qu'elle y fût entourée des mêmes . garanties réglementaires que dans les grandes villes. Au contraire, elle y est pratiquée en toute liberté sans application de ces règlements. C'est là surtout qu'il est facile de suivre à la trace les maux qu'elle engendre. En voici un exemple :
Dans un hameau de quatre à cinq maisons, voisin d'Arbois, vivait une femme qui y attirait non-seulement la jeunesse, mais encore les hommes mariés et les pères de famille. Or, M. Bergeret a soigné des mères de famille , infectées par leurs maris d'affections graves, puisées à celte source impure. Un grand nombre d'enfants naissaient morts ou vivaient quelques jours au milieu de souffrances, par suite de la syphilis congénitale. Et pourtant jamais la police n'a cherché à arrêter de semblables maux. (Ann. d'hygiène publ., t. XXV.)
PSEUDARTHROSE. Extension et immobilisation. Choisir le moyen le plus sûr d'obtenir la consolidation, c'est toujours fort chanceux; souvent on est réduit à les essayer tour à tour en les modifiant. Placé dans cotte alternative pour un jeune homme de vingt ans admis à la Charité, atteint d'une fracture du fémur avec raccourcissement de 9 centimètres, M. Le Fort se décida pour l'extension combinée à l'immobilisation d'après ce motif péremptoire que, entre tous les autres, il est le moins grave et celui qui donne le plus de guérisons. La statistique de Gurlt , comprenant 110 cas de pseudarthrose de la cuisse, donne, en effet, 11 succès sur 14 cas traités par l'extension permanente , tandis que les scarifications sous-cutanées des fragments n'avaient que 17 guérisons sur 30, la résection 14 sur 28. La détermination était donc des mieux motivées.
A cet effet, une béquille fut munie, à l'extrémité supérieure, d'une plaque de bois formant étrier, et à l'extrémité opposée une large attelle interne, garnie d'ouate, montait jusqu'à l'ischion. Un appareil plâtré, appliqué sur la jambe, servit à donner un point d'appui aux lacs extenseurs. L'extension était produite par une longue vis jouant dans la plaque-étrier et la contre-extension par la béquille appuyée dans l'aisselle, l'attelle interne appuyant sur l'ischion.
Une traction croissante, progressive, permit de détruire le chevauchement des fragments et de les mettre en contact. Des
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frottements l'un contre l'autre furent exercés', puis, aprèstrois semaines, un appareil inamovible appliqué. Après diverses péripéties, une guérison parfaite s'ensuivit, avec raccourcissement de 6 à 7 centimètres seulement. — Voy. Immobiiisation.
Perfectionnement' de l'immobilisation. Combiner l'immobilité du tissu osseux avec les moyens propres à prévenir l'atrophie, l'engourdissement des parties molles qui en sont si souvent la conséquence, tel est le but qu'un jeune interne des hôpitaux de Lyon, M. Aubert, s'est proposé, en apportant la modification suivante : il applique immédiatement sur la peau un certain nombre de petites bandes métalliques très-minces, isolées les unes des autres, et en fait sortir les extrémités entre les interstices d'un bandage amidonné ou antre construit suivant les règles ordinaires. Il se sert ensuite de ces feuilles métalliques comme conducteurs du fluide électrique qu'il applique pendant l'immobilisation à l'époque que l'on juge convenable, après les quinze à vingt premiers jours, par exemple. (Soc. des sciences m éd., janvier.)
Electro-puncture el drainage. C'est inutilement, au contraire, que M. le professeur Azam de Bordeaux employa l'extension contre une pseudarthrose flottante du fémur remontant à deux ans sur un meunier âgé de trente-cinq ar.s. Elle ne servit qu'à rendre au membre raccourci de 10 centimètres environ, par la tonicité musculaire, sa longueur primitive. L'injection de l'ammoniaque entre les fragments, selon le procédé de M. Bourguet, d'Aix, ne produisit pas de meilleur résultat que l'introduction d'aiguilles à acupuncture. Ce n'est qu'en faisant passer des courants d'induction à l'aide de ces aiguilles que l'inflammation se développa, inflammation même suppurative provoquant de nombreux et vastes abcès à l'extérieur, nécessitant le drainage pour se tarir entièrement. Le membre ayant continué à être soumis à l'extension et à l'immobilité durant cette longue suppuration, un manchon fibreux s'est formé entre les fragments qui a bientôt permis la marche, et qui, en se condensant, so solidifiant davantage par l'exercice, a permis l'usage du membre avec raccourcissement de 4 centimètres seulement. [Journ. de méd. de Bordeaux, mars.)
Le résultat obtenu est surtout remarquable en raison de la date reculée de la pseudarthrose. Il est une preuve en outre que, même dans ces cas, en apparence incurables, la résection,
la rugination, bien autrement dangereuses et graves, ne sont pas indispensables pour amener la guérison.
C'est la rugination que M. Delore employa dans une pseudarlhrose de l'humérus, à 8 centimètres au-dessus du coude. Le frottement des fragments n'ayant déterminé aucun travail de consolidation après sept semaines d'immobilisation du membre, il chloroformisa le patient et plongea un ténotome court et fort au niveau de la fracture, au milieu de la face postérieure du bras, pour éviter plus sûrement la lésion des nerfs et des vaisseaux, et rugina ensuite pendant cinq à six minutes les surfaces des fragments. La plaie étant recouverte ensuite de collodion, le bras fut placé dans un appareil amidonné, et, trente-cinq jours après, la consolidation était manifeste.
Plusieurs procédés peuvent donc conduire au succès dans ce cas; l'essentiel est de choisir le plus sûr et le moins dangereux. Évidemment," celui-ci l'est moins que la résection des fragments ; mais n'est-il pas plus susceptible de développer des accidents, le tétanos, par exemple, que l'extension progressive employée dans le cas précédent? Il y a là pour la chirurgie moderne une étude comparative des plus intéressantes à faire de ces divers moyens, autant au point de vue de leur gravité que de leur succès.
PSORIASIS. De ce que dans plusieurs cas, M. Squire en a vu la marche coïncider avec l'état de l'utérus, il en conclut que l'étiologie de cette dermatose est liée à l'état de l'utérus. Ainsi , l'activité fonctionnelle de cet organe, la grossesse, seraient défavorables au développement de cette maladie, tandis que l'allaitement, l'aménorrhée, feraient le contraire. [Royal med. and sur g. Soc iety, juin.)
N'est-ce pas là une interprétation trop restreinte d'un fait physiologico-pathologique bpaucoup plus général. Si beaucoup d'affections cutanées, le psoriasis entre autres, débutent à l'âge critique, n'en est-il pas de même do diverses autres affections ?
PULVERISATION. Un résumé substantiel des principes généraux de cette méthode thérapeutique par le docteur Fieber, de Vienne [Inhalation med. Flnssigkeiten, traduit par II Mot'gagni et la Presse méd. belge, nos 22, 23 et 24), reproduit les préceptes suivants pour son emploi dans les affections des voies respiratoires qui peuvent servir de guide aux praticiens :
Perchlorure de fer cristallisé. Pour 100 gr. d'eau, 10 à 50 centigr., comme astringent; 50 centigr. à 2 gr. comme styptique contre l'hémoptysie. On l'associe à l'eau de goudron comme antiseptique.
Tannin. Exige plus de modération dans le dosage que le perchlorure de fer. Sert à détruire les polypes petits et nombreux de la gorge et qui ne peuvent être opérés. Employé surtout contre le catarrhe, l'inflammation légère, les ulcérations de la muqueuse respiratoire, l'œdème de la glotte, 5 centigr. à 5 gr. pour 1 00 gr. d'eau, en commençant progressivement. Dans le croup, on l'a administré jusqu'à 10 gr. pour 100 gr. d'eau. La solution doit être renouvelée de temps en temps pour éviter la décomposition en acide gallique.
Alun. Remplit les mêmes indications que l'acide lannique. On peut choisir entre les deux. Contre le catarrhe, il est trèsbon de les associer aux narcotiques.
Nitrate d'argent. Un appareil avec récipient de verre est indispensable pour s'en servir ; la figure du malade sera préalablement enduite d'huile ou recouverte d'un masque. L'altération qu'il subit à la lumière en rend l'usage thérapeutique fort difficile. Pour enlever les taches qu'il produit sur la peau, on a recours à une solution d'iodure de potassium.
Employé principalement contre les ulcères du pharynx et du larynx, 50 centigr. à 2 gr. pour 100 gr. d'eau. Dans la diphthérie, 5 centigr. pour 5 gr. d'eau. Dans le catarrhe chronique, 5 à 30 centigr. pour 5 gr. d'eau. Il est très-important dans ce dernier cas d'augmenter graduellement la force de la solution.
Sulfate de zinc. Fréquemment indiqué dans la bronchorrhée due à l'emphysème ; associé à l'opium, il est utile dans l'hémoptysie. (Teinture d'opium simple, 5 gouttes; sulfate de zinc, 20 centigr.; eau distillée, 20 gr.)
Sulfate de cuivre. M. Trousseau en a reconnu l'efficacité à très-petite dose dans la gangrène pulmonaire.
Acétate de plomb. Contre-indiqué chez les individus affaiblis et les affections chroniques.
Opium. Calme la douleur et l'irrilalion à la do;e de 2 à 5 goultes de la teinture simple (2 parties d'opium pour \ 3 de véhicule) dans 30 gr. d'eau.
Acétate de morphine. 1/2 à 2 centigr. dans 20 gr. d'eau.
Extrait de jusquiame. Fort avantageux (1 à 2 centigr. pour 20 gr. de mixture oléagineuse) dans la toux convulsive et toutes les formes spasmodiques.
Acide hydrocyanique. Empoisonne très-rapidement. Il est prudent de ne faire usage que de l'eau d'amandes amères et de laurier-cerise (50 à 100 centigr. dans 20 gr. d'eau) pour calmer l'irritation produite par d'autres médicaments, le perchlorure de fer par exemple.
Substances émollientes et dissolvantes. Associées aux narcotiques, elles favorisent l'expectoration en désagrégeant la sécrétion bronchique, modèrent la chaleur, la sécheresse de la gorge et le besoin de tousser.
Glycérine et gomme arabique. Employées le plus souvent à cet effet.
Carbonate de potasse et potasse caustique. Préconisés en gargarisme dans la pharyngite folliculaire.
Eau de chaux elcarbonate de lithine. Contre le croup.
Chlorure de soude. 5 à 50 centigr. pour 20 gr. d'eau facilitent l'expectoration, diminuent la sécrétion bronchique et par conséquent la toux. Regardé comme l'agent principal des eaux minérales et l'air marin, efficaces contre les affections pulmonaires.
Sel ammoniac. Facilite également l'expectoration, soit sous forme gazeuze à l'état naissant, soit sous forme liquide, à la dose de 2 à 5 gr. pour 500 gr. d'eau. Comme antiseptiques, le chlorate de potasse (1/2 à 1 gr. pour 20 gr. d'eau) et l'eau de chaux méritent la préférence.
Balsamiques et substances empyreumaliques. Contre les ca-