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G ARMER

TOXICOLOGIE

rie, expérimenté sur la grenouille, les baUemenls du cœur s'accélèrent, puis se ralentissent bientôt, et cessent tout à fait après des irrégularités comme péristaltiques. Le ventricule cesse le premier de se contracter, puis l'oreillette, et néanmoins l'animal conserve ses mouvements volontaires. C'est donc là un nouveau poison du cœur, analogue à la digitaline, type de cette classe de poisons. [Acad. des se.)

• Emploi du magnésium. Sa propriété de précipiter à l'état métallique les solutions acidulées des protosels et des sesquisels de fer, de zinc, de cobalt et de nickel, l'argent, l'or, le platine, le bismuth, l'étain, le mercure, le cuivre, le plomb, le cadmium, le thallium, a conduit M. Roussin à l'employer aux recherches médico-légales. A l'aide d'un petit appareil de Marsh, dans lequel on introduit les liquides à examiner avec quelques grammes de magnésium en rubans, on peut saisir les traces du poison, arsenic ou antimoine, comme de tous les autres, à l'aide des divers caractères qu'il indique. (Joum. de phys. et de chimie méd.)

Réactions physiologiques. Devant l'impuissance actuelle des réactifs chimiques de démontrer la présence des alcaloïdes vénéneux, le corps du délit, comme on dit (voy. Curare), ou de les distinguer entre eux, l'expérimentation physiologique, c'est-àdire l'essai des produits d'une analyse chimique sur les animaux, qui a pris dans ces derniers temps, par l'impulsion de M. Tardieu, une si grande importance, qu'elle a constitué dans plusieurs affaires la preuve capitale de l'expertise, cette preuve est repoussée vivement par M. Devergie. Il admet bien que faites avec les produits ultimes, connus et qualifiés d'une analyse, ces réactions physiologiques constituent un document de l'expertise, mais sans jamais pouvoir être élevées au degré de preuve, et à plus forte raison de démonstration concluante d'empoisonnement, indépendamment des trois autres conditions posées par la science et admises par tous les toxicologistes : symptômes, altérations d'organes, et analyse chimique, sans que jamais celle-ci puisse remplacer l'expérimentation animale.

Conformément à cette doctrine, il a combattu les conclusions d'un rapport de MM, Tardieu et Roussin, concluant à l'empoisonnement, et est parvenu ainsi, on motivant fortement son

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opposition, à faire rendre une ordonnance de non-lieu. (Ann.

d'hygiène publique, juillet.)

Telle était la doctrine d'Orfila, car, M. Gallard l'ayant accusé de ne s'être placé qu'au point de vue chimique en demandant à l'expert la démonstration chimique du poison, M. L. Orfila son neveu a montré par les extraits suivants de sa Toxicologie qu'il n'avait pas été aussi exclusif : « Quant à moi, dit-il, tout en assignant à ces symptômes et à ces lésions un rang secondaire, j'ai constamment voulu qu'on en lîntgrand compte, comme on peut le voir dans mes écrits; mais je n'ai jamais commis la faute de les considérer comme des éléments ayant la môme valeur que celui qui est fourni par l'existence du poison. » (T. I, p. 4 0, 5e édition). Il renouvelle les mêmes recommandations avec plus de netteté, en ajoutant : « Il nous faut donc, pour conclure à une intoxication, d'autres éléments de conviction que ceux fournis par la chimie; la pathologie revendique, à juste titre, une grande part dans la solution de ce problème, et ceuxlà se trompent qui imaginent ne pouvoir considérer que comme un léger accessoire l'ensemble des symptômes éprouvés par les malades. » (T. II, p. 901 .) Et plus loin : « On me demandera peut-être quelle doit être l'attitude de l'expert consulté sur un cas d'empoisonnement, lorsque le poison a été complètement expulsé des voies digeslives, et que déjà la portion absorbée a élé éliminée par l'urine ou par d'autres voies d'excrétion, ou bien quand il n'en reste que des traces. S'il lui est impossible de déceler la substance vénéneuse, dira-t-il que l'empoisonnement n'a pas eu lieu? Il s'en gardera bien; il devra, avant de se prononcer, examiner attentivement toutes les circonstances qui ont précédé et accompagné la maladie, ainsi que la nature des lésions cadavériques qui auront élé constatées, les symptômes observés, la marche et la durée de l'affection ; le modo de traitement employé, et les altérations de tissus, lui permettront, dans certains cas, d'élever des doules ou d'établir des probabilités sur l'existence d'un empoisonnement, et de fournir par là à l'instruction un élément important. » (Ibid., p. 950 et 951 .) (Soc. méd. d'émulat., avril.)

C'est donc plutôt de nos jours que l'on pourrait reprocher l'excès contraire des réactions physiologiques, qui sont devenues une nécessité devant l'usage des alcaloïdes végétaux.

Das Microscop in Toxicologie [Le Microscope en toxicologie),

Ml

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parle docleur llelvvig (de Mayenco), avec planches photographiques.

Afin de suppléer aux réactions chimiques quand la malièra est en trop faible quantité, l'auteur a consigné ici le résultat de ses études microscopiques sur les principaux alcaloïdes végétaux et les poisons minéraux les plus usités; leur solubilité dans l'eau, l'alcool aqueux, amylique et le benzol ; la forme des résidus et leurs changements en présence de certains réactifs; recourant pour quelques substances à la sublimation, et dans quelques cas, à la lumière polarisée.

Les matières employées sont vraiment imperceptibles; chaque solution ne contient ordinairement qu'un centième de grain par goutte et souvent moins ; pour la strychnine en particulier, celte proportion doit être réduite de moitié, pour obtenir une image nette.

Les résultats sont variables. L'atropine et l'aconitine no donnent pas de réactions bien tranchées, tandis que la digitaline et le chlorhydrate de conicine en fournissent de très-nettes. Parmi les poisons métalliques, l'acide arsénieux offre sous le microscope des caractères d'une sensibilité extrême. Il se sublime très-facilement, ce qui le sépare déjà de tous les autres poisons, à l'exception du bich'orure de mercure ; mais il se distingue de ce dernier par sa cristallisation en octaèdres réguliers. La tache arsenicale de l'appareil de Marsh, examinée sur un verre porte-objet, avec un grossissement de 300 diamètres, est composée de deux éléments distincts. Au centre se trouve une couche serrée de granulations arrondies, nettement délimitées, à éclat métallique; plus en dehors, ces formations sont de plus en plus rares, mais entremêlées de cristaux d'acide arsénieux; caractère suffisant pour différencier la tache arsenicale de la tache antimoniale. Les particules métalliques de celleci n'ont presque pas d'éclat, sont à contours vagues, et ne renferment pas trace de matière cristalline. Si l'on chauffe avec précaution la tache arsenicale, on sublime d'abord tout l'acide arsénieux, que l'on retrouve cristallisé sur le verre superposé, et la tache elle-même n'offre aucune modification à l'œil nu. En continuant à chauffer, elle finit par disparaître entièrement. La tache antimoniale, au contraire, traitée de la même manière, ne se volatilise pas, à moins qu'elle ne contienne de l'arsenic, qui se sépare par sublimation. Le bichlorure de mercure est caractérisé par sa solubilité, sa forme cristalline, sa réduction

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par un fragmentée limaille de zinc, et ses réactions avec l'iodure de potassium et la potasse caustique.

Reste à savoir quels seront les résultats si, au lieu de dissolutions chimiquement pures, on agit sur des liquides extraits d'organes empoisonnés, et pouvant renfermer à la fois plusieurs substances toxiques. De nombreuses expériences restent encore à faire, pour établir définitivement quelle est l'étendue des services que le microscope peut rendre au chimiste expert; mais celles-ci ont élargi l'horizon de la science, et créé de nouvelles ressources pour le médecin légiste. .

Un fait récent montre l'heureuse application de ce nouveau moyen d'expertise. Une hachette qu'on pensait avoir servi à la perpétration d'un meurtre fut conDée à l'examen du docteur Herapath. Aucune tache no pouvait être constatée sur le fer; le manche fut examiné avec le plus grand soin. M. Herapath enleva de petites écailles de la portion qui avait été en contact avec l'anneau métallique, et constata, à l'aide du microscope, que la plupart des- taches qu'il observait étaient produites par de l'oxyde de fer ; quelques-unes étaient dues à du sang coagulé, et d'autres fragments de bois étaient infiltrés par la matière colorante du sang, modifiée par l'eau de lavage. Sur plusieurs portions du manche, l'expert découvrit des globules de sang, et les ayant mesurés à l'aide du micromètre, il reconnut qu'ils avaient exactement les mêmes dimensions que des globules de sang humain desséché qu'il examina par le même procédé. Il détacha ensuite du manche de la hache une plus grande quantité de fragments de bois colorés, les plongea dans l'eau distillée, et obtint ainsi une solution légèrement rougie qui, après avoir été filtrée, se trouva toute prête, soit pour être analysée chimiquement, soit pour être examinée à l'aide du microspectroscope. Ce dernier essai démontra la présence évidente du sang dans la liqueur, carie spectre fut altéré, et deux raies noires se produisirent dans les rayons verts et sur la limite des rayons jaunes. Il n'y a qu'une seule substance autre que le sang qui puisse déterminer l'apparition de deux raies noires, c'est la cochenille dissoute dans l'ammoniaque; mais la position occupée par les raies n'est pas celle qui vient d'être indiquée. L'analyse chimique établit aussi l'existence du sang dans le liquide, et grâce à ces trois épreuves confirmatives l'une de l'autre, l'expert put déclarer que le manche de la hachette était taché de sang, et probablement de sang humain, quoiqu'il n'osât l'affirmer

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formellement. On comprend toute l'importance d'une pareille déclaration, quand elle est corroborée par d'autres témoignages. (Edinb. med. Journ., avril.)

Toxicologie comparée. Un mélang6 d'équivalents égaux de chlorate de potasse et d'iodure de potassium donné à des chiens, dit M. Melsens, les fait rapidement dépérir et même mourir. D'où cet énoncé, que deux sels, sans action mutuelle, peuvent être donnés isolément à des animaux, et continués l'un après l'autre pendant longtemps, sans que leur sanlé soit altérée, tandis que leur mélange tue ces animaux parfois trèsrapidement. Outre la question physiologique, il y a de ce fait une application immédiate à l'art de guérir et de formuler, c'est-àdire que des médicaments inoffensifs par eux-mêmes deviennent délélèrts sous l'influence d'autres médicaments inoffensifs. (Acad. des se, août.)

TRACHÉOTOMIE. Pratiquée dans la période extrême du croup, elle a donné des succès vraiment surprenants à M. E. Moynier : sur 18 trachéotomies, il compte 12 guérisons et 6 morts, soit 73 pour 100 de succès (Union méd., nos 6, 8). L'opération perd ainsi beaucoup de sa gravité.

Dilatation de la plaie. Après les nombreux instruments déjà inventés à cet effet pour faciliter le placement de la canule, qui est fort difficile, M. Worthington, interne à Middlesex's Hospital, adapte un conducteur d'acier au scalpel ou au bistouri. Placé sur le dos de la lame qui le dépasse un peu, il s'en détache en pressant sur un bouton ; on le fait glisser ainsi dans l'ouverture, tout en retirant l'instrument tranchant dès qu'il a pénétré dans la trachée, et dès lors la canule se place facilement. (Med. Times, juillet.)

Nouveau trocart Irachéolome. Proposé par M. Rizzoli, il se dislingue de ceux connus jusqu'ici par les particularités suivantes : La canule est fendue sur l'un de ses bords, à partir de son ouverture terminale; cette fente est destinée à loger une petite lame en forme de lancette, dont la tige du trocart est munie. Le trocart, agissant ainsi par le mécanisme de l'instrument piquant, en même temps que par celui de l'instrument tranchant, pénètre avec plus de facilité dans les tissus. Un

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