COLLYRE
COLIQUE. Coliques saturnines. Etiologie. L'emploi de grandes quantités de soie à coudre, chez les couturières et les tailleurs, avec l'habitude générale de mordiller l'un des bouts avant de l'enfiler dans l'aiguille et d'en mâcher les débris, peuvent les occasionner même à un très-haut degré, par l'habitude des fabricants de tremper ces soies, pour en augmenter le poids, dans un bain d'acétate de plomb, en faisant passer les écheveaux, après le séchage, dans un courant de vapeurs sulfureuses. ïl en résulte un sulfure de plomb toxique, dont quelques soies contiennent jusqu'à 23 pour 100. Une grande entrepreneuse de couture et ses ouvrières furent ainsi prises de symptômes d'empoisonnement saturnins, quelques-unes même perdirent leurs dents.
Il suffit, pour reconnaître ces soies toxiques, d'en placer quelques brins à la partie supérieure d'un long tube en verre fermé en bas, et de les humidifier avec de l'eau vinaigrée. Quelques gouttes d'une solution d'iodure de potassium séparentle plomb de la soie en formant un iodure de plomb qui tombe aussitôt en pluie d'or. (Monit. d'Injg. et de salubr.)
Traitement. Vésica toircs . Chez un marin, soumis à l'ingestion de l'eau d'une cuisine distillatoire, M. Sarraméa observa, à son entrée à l'hôpital, un faciès indiquant une entéralgie saturnine. Violentes douleurs le lendemain, arrachant des cris ; face grippée, abdomen fortement rétracté avec sillon transversal profond. L'électrisation, les opiacés, les purgatifs, le chloroforme et les bains sulfureux une fois mis en usage, des vésicatoires furent appliqués sur la colonne vertébrale. La vésication était à peine produite, que les douleurs cessèrent; l'entéralgie s'est éteinte et fut remplacée par des douleurs articulaires. [Soc. de méd. de Bord., juin.)
COLLYRE. Danger des collyres saturnins. Par des observations pratiques faites à la consultation spéciale de l'hôpital Saint-Sauveur, à Lille, M. Testelin a constaté les mauvais effets des collyres au sous-acétate de plomb, assez fréquemment employés comme astringents dans les ophthalmies légères. Il se produit bientôt un précipité plombique sur la cornée, une couche de chlorure de plomb qui la dépolit et 1 erode par la chute de son épithélium. Des vaisseaux se développent dans la cornée pour résister à ce processus morbide, et, quand le précipité a disparu, c'est pour laisser à sa place un ulcère de la