FOIE
Kystes hydaliques. Injections vermifuges. M. Pavy a tenlé avec succès l'injection d'une solution d'extrait de fougère mâle dans une tumeur hydatique du foie sur une malade de son service. Après la ponction et l'extraction d'un liquide riche en chlorure de sodium, avec de nombreux crochets d echinocoque.-s il injecta le liquide suivant :
"if Extrait mou purifié de fougère mâle 2 grammes.
Liqueur de pnlusse facilitant la solution 2 —
Eau distillée 25
Môlcz.
line légère douleur momentanée en résulta, puis des vomissements, de la diarrhée, un peu de fièvre, mais sans trace de péritonite. Quatre jours après, la matilé était moins étendue, le volume de la tumeur diminua considérablement et devint plus difficile à circonscrire. Enfin la malade sortit de l'hôpital au vingt-troisième jour, n'éprouvant plus aucun malaise. Hevue six mois après, elle continuait à jouir d'une bonne santé, et à la place de la tumeur on percevait une simple induration dans l'hypochondre droit. [Royal med. and surg. Society, juin.)
Si cette expérimentation unique ne répond pas du succès de celles qui pourront suivre, elle encourage du moins à la renouveler. L'emploi direct et topique d'un vermicide en pareil cas est tout rationnel, et ainsi préparée, celte solution paraît nonseulement tuer les acéphalocystes, mais en prévenir la reproduction en favorisant l'absorption du liquide. Elle est donc préférable à tant d'autres.
FRACTURES. Bandage au silicate de potasse. Employé et vanté par le professeur Schuh, qui lui trouve l'avantage de la simplicité et de la rapidité de préparation. Il suffit de bandes de toile, de calicot, sinon de papier non collé, enduites de la solution de silicate basique de potasse, et roulées autour du membre fracturé. La dessiccation est complète après cinq à six heures, et présente une parfaite solidité. Son bon marché et la facilité de le défaire à l'aide de l'eau chaude complètent ces avantages. (Allgem. Wiener med. Zeitschr. 1 865.) Voy. Immobilisation.
Fracture du larynx. Trachéotomie. En faisant un violent effort pour lancer un bâton, un homme de trente-deux ans trébuche et tombe en avant, le cou portant avec violence sur une souche d'arbre. Immédiatement il éprouve une extrême difficulté à respirer, et sent son cou tuméfié en y portant la main.
FRACTURES
Appelé douze heures après, le docteur Maclean le trouve sur son lit, soutenu par des oreillers, ne pouvant ni parler ni avaler. Salive sanglante s'écoulant de la bouche, anxiété extrême, respiration pénible, stertoreuse. Un emphysème considérable envahit la face, le cou, la tête et la partie supérieure du thorax. Pouls faible, extrémités froides. Une crépitation trèsdistincte de celle de l'emphysème rendait manifeste la fracture de l'os hyoïde. Après quelques jours d'amélioration, la respiration s'embarrassa de nouveau. L'examen laryngoscopique montra l'œdème de la glotte. La trachéotomie pratiquée pour conjurer une suffocation imminente fit disparaître rapidement les accidents, et quelques jours après la canule fut enlevée sans que la suffocation reparût. (Canada med. Journal.)
Fracture du maxillaire supérieur. Diagnostic Le défaut très fréquent de déplacement des fragments et l'absence de signes caractéristiques en résultant est une cause, suivant M. A. Guérin, que celte fracture qu'il considère comme fréquente est le plus souvent méconnue. Un signe nouveau, pathognomonique destiné à y suppléer, est indiqué par ce chirurgien : c'est une douleur très-vive à la pression, au niveau de l'aileron interne des apophyses ptérygoïdes ; signe précieux, indispensable quand le déplacement n'existe pas, et sans lequel il est impossible de la constater, la fracture des os palatins et celle de la cloison ne pouvant être d'un grand secours à cet effet. C'est ainsi qu'une demi-douzaine d'observations avec enfoncement, complications, en sont seulement enregistrées dans les annales de la science; toutes les autres ont été méconnues. L'étude en est par suite restée fort imparfaite.
La plupart, suivant l'auteur, se font transversalement audessous de l'apophyse malaire, et vont de l'orifice des fosses nasales à l'apophyse ptérygoïde, fracturée elle-même dans le plus grand nombre des cas, en raison de leur solidarité avec les os maxillaires dont elles sont pour ainsi dire l'arc-boutant ; de telle sorte que tout effort exercé d'avant en arrière sur la partie antérieure du maxillaire supérieur doit tendre à les fracturer. C'est ainsi que des expériences sur le cadavre, faites par son interne, ont complètement justifié cette prévision. Une pièce d'anatomie pathologique, provenant d'un individu n'ayant présenté qu'une mobilité très-peu appréciable des fragments, mais avec la douleur pathognomonique, donne d'ailleurs
FRACTURES
une grande valeur à ce nouveau signe, et une observation clinique le justifie complètement. Sur l'un de ses blessés, M. Guérin ne trouva d'abord que cette douleur, sans mobilité notable des maxillaires, mais les accidents inflammatoires calmés, il reconnut très-manifestement la mobilité de l'extrémité inférieure de l'apophyse ptérygoïde. (Acad. de méd., février, et Arch. de méd. juillet.)
Fracture double de la clavicule. Ce fait se produisant spontanément est si rare, que Malgaigne n'en cite que six exemples. Au point de vue de la sémiologie et du traitement, celui-ci, observé par M. Foucher à l'hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Barnabé; n° 20, offre un grand intérêt pratique.
Le 7 mai, un maçon de trente-huit ans qui venait d'être écrasé sous un plafond est apporté dans le coma, respiration difficile, paraissant souffrir à la compression du thorax. Le lenmain, il y avait gûne de la respiration sans crachement de sang. Les deux clavicules furent trouvées fracturées à la partie moyenne, avec déplacement et mobilité à droite ; chevauchement à gauche. Côtes intactes. Jusqu'au 1er juin, ce blessé fut placé dans la position horizontale, avec deux mouchoirs triangulaires seulement soutenant les coudes.
Le 13 juin, le blessé partait pour Vincennes srns grande déformation des clavicules, sinon h gauche où le col était volumineux et irrégulier; les mouvements des bras étaient libres, sans douleur, sinon en soulevant des fardeaux. (Journ. de méd. et chir. pval., août.)
Fracture bicondylicnnc de l'humérus. Diagnostic. Pour la seconde fois, M. le professeur Fleury en a constaté le signe caractéristique suivant : Sur un homme tombé sur le coude d'un lieu élevé et amené dans son service clinique, il constata manifestement la crépitation en saisissant l'extrémité inférieure de l'avant-bras tendu, et en lui imprimant des mouvements de rotation ; mais lorsque, voulant en déterminer le siège, prenant d'une main l'extrémité inférieure de l'humérus par les deux condyles et saisissant de l'autre le corps de l'os, il chercha à reproduire la crépitation, il lui était impossible de la percevoir. L'expérience comparative, faile plusieurs fois, donna toujours le même résultai.
L'autopsie révéla la cause du phénomène, comme le montre
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la pièce soumise à l'examen de la Société. Les deuxcondyles de l'humérus sont séparés chacun du corps de l'os par un trait oblique, de telle sorte que l'extrémité de la diaphyse pénètre à la manière d'un coin entre les tubérosités condyliennes éclatées. Il en résulte que, lorsque, sur le vivant, la main du chirurgien saisissait le bras par ses extrémités condyliennes, cette pression devait nécessairement les rapprocher et, en les rapprochant, immobiliser le fragment supérieur saisi entre elles comme dans un étau ou entre les mors d'une pince. De là, par l'immobilisation des fragments, l'impossibilité de déterminer le phénomène de la crépitation. Ce signe devait être, au contraire, on ne peut plus manifeste lorsque, au lieu de saisir l'extrémité inférieure de l'humérus par les condyles, on agissait sur l'extrémité inférieure du levier formé par l'avant-bras , en lui imprimant des mouvements de rotation qui mettaient en jeu les fragments de l'humérus et les faisaient frotter l'un contre l'autre.
Ce phénomène ne se produirait pas si, au lieu d'être séparé par deux traits obliques entre lesquels pénètre la diaphyse, les deux condyles étaient divisés l'un de l'autre par un trait vertical tombant sur une solution de continuité transversale de la diaphyse. Dans ce cas, la disposition signalée par M. Fleury n'existant pas ne saurait donner lieu à la production du signe dont la première relation paraît appartenir au chirurgien de Clermont-Ferrand, sinon que M. Giraldès déclare l'avoir démontré depuis longtemps, dans ses leçons cliniques inédites de l'hôpital des Enfants. Sa réalité et son importance cliniques sont donc ainsi doublement établies par deux chirurgiens également compétents. (Soc. de nhir. , octobre.)
Fractures du rachis. Trépanation. Un nouveau succès en a été relaté à la Royal med. and surg. Society, le 28 novembre dernier. 11 s'agissait d'un homme de trente ans, frappé de paraplégie immédiate à la suite d'une chute de cheval survenue le 27 mars 186S. Entré à l'hôpital de Whitworth avec incontinence d'urine et déplacement d'une des dernières vertèbres, M. Gordon pratiqua la trépanation le 3 juin, à la demande pressante du blessé. L'amélioration se manifesta dès le quatrième jour, par l'acidité de l'urine qui était alcaline, purulente auparavant. La sensibilité reparut et ensuite la motilité. Au bout de deux mois, le malade put se lever, et* lors do sa pré-
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senlulion, il pouvait retenir ses fèces, ses urines , et se tenir assis à son aise, mais sans pouvoir rester debout ni marcher, quoique sa santé fût excellente.
Contrairement aux résultats des 26 cas de celle opération, analysés par M. Felizet l'année dernière, dans un mémoire' rempli d'enseignements (Arch.de méd., novembre.), M. Gordon conclut du fait précédent que l'on doit se hâter de pratiquer la trépanation aussitôt après l'accident, pour ne pas donner à la moelle le temps de subir des changements de structure et ne pas laisser les muscles s'atrophier. Il conseille aussi de ne pas se borner à réséquer l'arc d'une seule verlèbre, le danger ajouté à l'opération en en réséquant plusieurs étant au-dessous du bénéfice qu'on y trouve pour faire cesser la compression de la moelle. La règle nous semble ici consister suriout à ne réséquer que les parties comprimantes, une, si une seule est fracturée ou luxée, aussi bien que deux ou plusieurs.
Peu en honneur en France, et rejetée par la plupart des chirurgiens, cette opération, qui compte aujourd'hui 8 succès sur 28 cas, en y comprenant ceux dont il s'agit ici, ne peut manquer de fixer l'attention. M. le docteur Tillaux se déclare en sa faveur et, malgré l'insuccès qu'il a éprouvé dans un premier essai à l'hospice de Bicêlre, sur un jeune carrier de de vingt et un ans, par suite d'une myélite ascendante, il ne comprend pas que l'on reste simple spectateur lorsqu'un homme jeune, vigoureux, présente une fracture évidente, palpable, avec paraplégie, de la colonne vertébrale. Les conséquences inévitables de cette lésion, lorsqu'elles ne sont pas mortelles, étant souvent pires, surtout pour l'ouvrier, par l'incapacité de travail, de locomotion et les souffrances continues, les infirmités qu'elles entraînent, comme il en donne des exemples, font admettre en principe cette grave opération. C'est donc à en étudier les indications et les contre-indications qu'il y a lieu de se livrer, et, après examen, voici les conditions qui semblent autoriser M. Tillaux à y recourir, sinon immédiatement, du moins après que toute crainte d'inflammation traumatique a disparu, c'est-à-dire trois à quatre semaines :
1° Si la paraplégie est incomplète;
2° Si, la paralysie du mouvement étant complète, le blessé a conservé la sensibilité au toucher ou à la douleur;
3° Si, au lieu de rester stationnaires, les phénomènes paralytiques vont en diminuant;