HÉMIPLÉGIE
Ainsi vérifiée de part et d'autre, cette déviation acquiert une valeur sémiologique qui oblige d'en tenir compte, à l'avenir, dans les différents cas d'hémiplégie. Comme tant d'autres, ce fait montre combien un signe aussi évident et fréquent peut rester inaperçu de l'observateur, tant que son attention n'est pas directement appelée sur lui. Nul doute, en effet, qu'il n'ait été observé maintes fois, seulement on n'en avait pas relevé la signification spéciale. M. Gubler a ainsi très-positivement indiqué ce strabisme dans son second Mémoire sur les paralysies alternes, sans éveiller l'attention, parce qu'il cherchait à le rattacher à l'action du nerf moteur oculaire commun, et à le confondre ainsi avec le strabisme divergent. « Plusieurs faits pathologiques, dit-il, où l'on a rencontré simultanément un strabisme interne d'un côté et externe de l'autre, donnent déjà un certain degré de vraisemblance à celte vue ingénieuse, et je me demande si ces cas, assez peu rares, où les apoplectiques regardent toujours invariablement du même côté, ne pourraient rentrer dans cette catégorie (Gaz. hcbd., 1 859.) Ce signe était donc connu ; mais il restait à le généraliser, et c'est ce mérite que M. Prévost a eu.
Il reste toutefois à l'étudier dans ses formes diverses. Tandis qu'il était toujours apparu au début de l'attaque, et cessait ordinairement au bout de quelques jours, ce signe s'est montré à M. Prévost lui-même, quelques jours après l'attaque, en persistant plus que de coutume. Il s'agit d'une femme de trentequatre ans, entrée le 22 avril 1866, à l'hôpital Saint-Antoine, salle Sainte- Adélaïde, n° 21, plongée dans une demi-stupeur, parlant à peine, atteinte d'une hémiplégie droite incomplète avec flaccidité; elle peut exécuter quelques mouvements des membres supérieur et inférieur droits. La sensibilité est trèsobtuse dans les quatre membres, mais surtout du côté droit ; pas de mouvements réflexes.
Les jours suivants, l'hémiplégie droite se prononce davantage.
Le l" mai, les mouvements sont presque complètement abolis dans le côlé droit; l'hémiplégie faciale, peu prononcée au début, est devenue manifeste ; on constate de plus des mouvements réflexes assez prononcés quand on chatouille le membre inférieur droit.
L'affaiblissement de l'intelligence est plus prononcé qu'au début ; la malade est devenue gâteuse et est toujours plongée dans une demi-stupeur.
llfiMORRlIAOJKS.
lîllo présente depuis lors une légère tendance à la déviation des yeux du côté gauche; la tête est un peu fléchie sur l'épaule gauche. — Température axillaire : 37° 1)5e.
Les jours suivants, la stupeur augmente encore; l'hémiplégie devient plus complète, et la déviation des yeux et de la tôle, du côté gauche, se prononce davantage : la malade regarde constamment du côté gauche; les deux globes oculaires sont tous deux portés à gauche; la malade peut cependant les porter à droite, les iris dépassant alors un peu la ligne médiane des ouvertures palpébrales, sans atteindre cependant les commissures palpébrales du côté droit ; et dès que l'on ne fixe plus son attention, la malade porte de nouveau les deux globes oculaires du côté gauche. La tête a, de plus, subi une demi-rotation à gauche sur le cou, et le menton est porté vers l'épaule gauche.
Les mouvements réflexes sont très-prononcés dans le membre inférieur droit.
Tel était encore l'état de la malade le 1 0 mai : depuis lors, la stupeur diminua, la malade recommença à parler, mais elle était devenue démente et avait une grande tendance aux pleurs et aux rires sans motifs. L'hémiplégie droite était devenue presque complète; la malade ne pouvait exécuter que quelques légers mouvements des doigts, et la déviation des yeux et de la tôle persistait.
Le 1 8 mai , la déviationdesyeux et la rotation delà têteexistaient encore, quoique moins prononcées et moins constantes qu'au début; la malade poussait continuellement des gémissements qui dérangeaient les autres malades et qui obligèrent do la transférer à la Salpêtrière. {Union môd., n° 64.)
C'est là une variété qui aidera peut-être à déceler la cause de ce phénomène morbide.
ïl É M O II U II A <i I E S. Ilémorrhasies consécnlhes,
Comme preuve du danger de laisser les vaisseaux d'un certain calibre sans contention hémostatique, M. le [professeur Estevenet (de Toulouse) rapporte un cas d'arrachement du bras droit au' tiers supérieur, avec fracture produite par une machine. La compression ayant simplement été appliquée avant l'arrivée du blessé à l'hôpital, et l'hémorrhagie ayant cessé, on se borna à enfoncer des tampons de charpie dans le fond de la plaie. Ce n'est que quatorze jours après l'accident, et alors quo la cicatrisation de la plaie était en bonne voie que le caillot
HÉMORRHAGIES.
obturateur ayant été sans doute ramolli et éliminé par l'abondancode la suppuration, du sang apparut au pansement; saignement qui se renouvela et augmenta les jours suivants, au point que 16 chirurgien, dans l'impossibilité de découvrir le vaisseau béant par la plaie, fut obligé, au vingt-septième jour, de pratiquer la ligature de l'artère axillaire au-dessous de la clavicule. (Bull, de la Soc. de méd. de Toulouse, n° 1,) — Yoy. Otorruagie.
Uéniorrhagic utérine. — Voy. DvSTOClE.
Hémoptysie. Un homme de vingt- huit ans entra, le i novembre, à l'hôpital de Bromplon, dans le service du docleur Cotton, avec tous les signes d'une phthisie au troisième degré. De légères hémoptysies étaient survenues au début remontant à cinq mois; mais, quelques jours après son admission, il en survint une très-abondante, de plus d'une demipinte, laquelle se renouvela, le 24 novembre, avec une telle intensité que le malade succomba bienlôt.
L'autopsie confirma le diagnostic, en montrant plusieurs cavernes à droite et à gauche avec des débris de tubercule, mais sans dépôt sanguin, excepté dans une large caverne du lobe inférieur droit, où un petit caillot irrégulier, décoloré en partie, fut découvert. Son enlèvement laissa voir une petite saillie au fond de celte caverne qui, après examen, fut reconnue pour être un anévrysme d'une artère d'un calibre moyen : ce vaisseau était à nu, disséqué dans cette caverne dans une étendue de trois quarts de pouce, et s'était dilaté dans cette étendue bien que soutenu, supporté encore d'un côté par le tissu pulmonaire. Une constriction du vaisseau au milieu formait comme deux anévrysmes distincts, dont le plus volumineux était gros comme un pois. Il était sans caillot ni rupture ; mais l'autre était entouré et rempli d'un caillot adhérent et décoloré en partie. C'était évidemment la source de l'hémorrhagie fatale, une ouverture du vaisseau ayant été reconnue et vérifiée ensuite. (Med. Times, janvier.)
Il est donc arrivé, dans ce cas, qu'une petite branche de l'artère pulmonaire, traversant une caverne, au lieu de s'oblitérer, comme il arrive ordinairement, est restée perméable et s'est dilatée à défaut d'être soutenue, entourée de tissu pulmonaire. Un petit anévrysme ost ainsi résulté, non-seulement du carnier. 14
IIÉMORRHOIDES.
défaut de support des parois du vaisseau, mais de la dégénérescence du tissu qui l'entourait. C'est un mode de production de l'hémoptysie assez rare et curieux pour être signalé.
Ilvmatinoptysie. Variété de l'hémoptysie ainsi nommée par M. le professeur Lebert, de Breslau, en raison de la composition du sang renfermant des cristaux d'hémaloïdine en aiguilles et en prismes rbomboïdaux. C'est ainsi qu'il en rapporte un exemple observé à l'hôpital des Cliniques sur un homme de quarante-deux ans, épuisé par les excès, admis le 4 janvier 1866 pour une pleurésie double bientôt suivie d'épanchement. Le 29, survient une expectoration très-abondante, en partie d'un rouge clair, en partie de la couleur rouille ou d'ocre, offrant une odeur fade et nauséabonde, expectoration qui continue les jours suivants et s'élève jusqu'à 500 et môme 1000 grammes, filante, muqueuse, écumeuse, couleur de rouille, avec des stries d'un brun rougeâtre. A l'œil nu, la coloration diffère de celle du sang dans la pneumonie et la pneumorrhagie ; elle est plus jaune, tirant sur l'orange ou le brun. Au microscope, il n'y a aucune cellule de sang, mais à côté d'innombrables cellules de pus se voient un grand nombre de cristaux d'hématoïdine, de matière colorante du sang, soit des cristaux d'un beau rouge en forme de prismes rhomboïdaux, soit en forme d'aiguilles, isolés ou réunis en faisceaux, et les aiguilles avec leurs faisceaux combinés de toutes les façons avec les prismes, qui, au total, existent en bien plus petit nombre que les gerbes d'aiguilles cristallines. On trouve en outre des grains ou des corpuscules amorphes très-petits ou un peu plus volumineux, d'une matière colorante bleue, qui n'est pas rare dans les lié— morrhagies.
C'est donc là simplement un épanchement purulent, existant depuis plusieurs semaines, dans lequel du sang se trouvait mêlé et se faisant jour à travers les bronches, comme il n'est pas rare de le voir. Le môme fait se rencontre parfois dans l'épanchement ascitique et même dans la galactorrhée chronique, comme deux faits en sont cités à l'appui. Aussi, le savant analomo-pathologisto n'y voit-il qu'un épiphénomène spécial dont il est juste de tenir compte dans la symptomatologie, mais sans qu'il y ait lieu à créer une espèce morbide spéciale. ( (Gaz. méd. , n° 43. )
IIÉMORRHOIDES. Arsenic. Vanté contre les hémorrha-
HERNIE
gies atoniques par Lecocq, ce médicament héroïque a paru agir indirectement chez un malade du docteur Parvin, qui faisait usage do la solution de Fowler, contre l'asthme dont il était atteint. Après une semaine d'emploi, ses hémorrhoïdes traitées successivement par la ligature, l'acide nitrique, l'incision et l'excision, en éprouvèrent une telle amélioration, qu'il en continua l'usage pour ce fait seul et avec le plus grand succès. Il ne souffrait plus de cette infirmité qu'après des écarts de régime, et il lui suffisait alors de prendre pendant quelques jours huit gouttes de cette liqueur le matin, à midi et le soir, pour faire disparaître les accidents. (Cincinnati Journ. ofmed.)
Si l'action est réelle, on peut la rapporter à la contraction des vaisseaux que, suivant M. Handfield Jones, ce médicament exerce ; mais ce sont deux faits à étudier et à confirmer.
leçons sur les hémorrhoïdes, par L. Gosselin, professeur à la Faculté de médecine de Paris, chirurgien de l'hôpital de lu Pitié, etc. Un vol. in-8°. Résumé détaillé de son traitement par la cautérisation nitrique.
HERNIE. Réduction par Vaneslhcsie locale. Cette nouvelle application a eu lieu en Angleterre, où la méthode du docteur Richardson jouit d'une si grande vogue, qu'elle est appliquée à peu près à toute la chirurgie. C'est ainsi que, chez un garçon de ferme de trente-cinq ans, atteint d'une hernie inguinale qui s'étrangla à la suite d'un effort, dans le courant de septembre , M. le docteur Wallan, n'ayant pu la réduire après plusieurs tentatives de taxis, réclama l'assistance du docteur Barclay.
De nouveaux essais de taxis n'ayant pas eu plus de succès que les premiers, l'opération paraissait devoir être bientôt la dernière ressource, quand l'idée vint à M. Barclay, avant de recourir à l'instrument tranchant, de voir si, par la réfrigération de la partie avec l'éther vaporisé, on n'obtiendrait pas le résultat dû plus d'une fois à l'emploi de la glace. Le malade fut imtnédialement placé sur le dos, la tête et les épaules basses, le siège relevé avec une chaise renversée de manière à favoriser, par la position, l'effet qu'on désirait obtenir ; puis, avec l'appareil pulvérisateur de Richardson, on lança, à petite distance, de la vapeur d'éther sur la tumeur, jusqu'à ce que, au bout de quarante secondes environ, on vit la peau pâlir. A ce moment, le taxis, opéré sans effort, suffit pour amener la réduction. (British med, Journ., octobre.)
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Des lésions de l'intestin dans les hernies. Thèse inaugurale, par le docteur Nicaise, ancien interne des hôpitaux. Paris, un volume in-8° de 117 pages, avec planches; librairie Gurmer Baillière, Loin d'être un simple résumé des lésions classiques et bien connues de l'intestin, c'est à rechercher la manière dontelles se produisent, leur siège précis, leur étiologie que l'auteur s'est appliqué. Une vaste érudition et les extraits de trente-deux observations cliniques, invoquées comme preuves, font de ce travail un précis utile à consulter.
Ilernie crurale. Siège. Contrairement à l'opinion exclusive, absolue, émise par Malgaigne et adoptée par plusieurs chirurgiens , que Vanneau crural n'est jamais l'agent de V 'étranglement , M. Jarjavay démontra dans un cas, qu'en divisant une certaine épaisseur du ligament de Gimbernat, la hernie se réduisait immédiatement. La cause de l'erreur de Malgaigne est de ce qu'il se fondait sur ce fait, que sur un homme bien constitué, toutes les parties étant en repos, l'ouverture de l'anneau crural n'était que de 3 centimètres, bien qu'en écartant le fascia iliaca en dehors, chose très-facile, elle allait à 5 centimètres [Manuel de méd. opérât., 1 861 , p. 598). Selon M. Jarjavay, son tort a été certainement de raisonner en présence d'un état pathologique d'après des données fournies par l'examen d'un état physiologique. Il est clair qu'en étudiant l'anneau crural chez un homme sain, bien constitué, n'ayant pas de hernie, on peut conclure avec Malgaigne qu'un orilice dilatable, atteignant au besoin 5 centimètres de largeur, doit être très-rarement l'agent de l'étranglement herniaire. Mais que l'on examine le même anneau sur un sujet portant depuis plusieurs années une hernie, les mesures indiquées par Malgaigne ne seront plus les mêmes. II s'est fait dans les tissus qui circonscrivent l'anneau, sous l'influence d'une subinflammation persistante, des modifications dont il importe de tenir compte. Le tissu cellulaire s'est converti en tissu fibreux; des brides organisées ont pu transformer en anneau circulaire l'anneau triangulaire normal, et devenir des agents imprévus d'étranglement comme peut l'être dans d'autres cas le ligament de Gimbernat.
Voilà pourquoi, loin de déclarer avec Malgaigne que jamais l'anneau entrai n'est l'agent de l'étranglement, il faut admet ire en principe, du moins pour les hernies crurales anciennes,
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pour celles qui nécessitaient l'usage d'un bandage, que l'étranglement a pour siège l'anneau crural et que c'est sur cet anneau que doit porter le débridement simple ou multiple qui permettra la réduction des parties herniées. (Joum. de méd. et de chir. prat.)
Étranglement double. Constaté par M. Fouché, à l'hôpital Saint-Antoine, sur une femme. Le Iaxis ayant été inutile, la kélotomie montra une anse intestinale non perforée; un étranglement très-serré fut levé, l'anse réduite avec quelque peine et quelque résistance, en attirant l'anse intestinale pour l'examiner. Malgré des selles abondantes avec les lavements, les accidents persistèrent, la douleur était vive avec vomissements fécaloïdes.
A l'autopsie, tout le bout supérieur de l'intestin était plein de gaz et de liquides ; l'anse intestinale de la hernie complètement étranglée dans la cavilé abdominale même. En arrière de l'arcade crurale et au-dessous d'elle, était une cavité séreuse, sorte de poche diverticulaire séparée de la grande cavité par une portion rétrécie à bords indurés. En l'examinant avec soin, il était facile de reconnaître là un collet de hernie remonté dans l'abdomen et un sac herniaire, situé au-dessous ; la pièce disséquée avec soin montrait bien une hernie crurale ; c'était donc sur un second collet situé au-dessous du premier que le débridement avait porté. Un sac à deux collets doit être très-rare dans une hernie crurale ; on peut se livrer à plusieurs suppositions sur son mode de formation, on peut aussi se demander par lequel des deux collets l'anse avait été primitivement étranglée. Quoi qu'il en soit, le fait porte un enseignement. Il fallait débrider au point inférieur et cela a été fait; mais il fallait aussi débrider au point supérieur; peut-être était- il trop profondément situé pour être atteint, mais en tout cas, une seule manœuvre eût pu faire reconnaître ce second étranglement, celle qui consiste à attirer un peu d'intestin de l'abdomen avant de réduire. Cette pratique, usitée autrefois, a été blâmée surtout par ÎWalgaigne; elle ne doit pas être aussi absolument rejetée. Si donc, en maniant l'intestin on sentait ainsi quelque résistance, ce serait le cas ou jamais de l'appliquer, car on peut avoir affaire sinon à un cas semblable, du moins analogue. (Joum, de méd. et de chir. prat, , mars.)
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Ilcrnic diaphragmatiquc. De la hernie diaphràgmatique congénitale, par le docteur Duguet, avec deux planches, soixanledix observations forment la base des divisions et des subdivisions do cetlo monographie complète sur ce sujet. La fréquence supérieure de la hernie sans cesse en croissant est ainsi démontrée statistiquement et mise hors de doute.
Hernie inguinale. Méthode de Wood. Sur 20 cas qui y
ont été soumis par le professeur Cheever de Boston (voy. année 1864) et dont il présente le tableau, il y a eu 3 succès et 8 revers, les 9 autres cas ne pouvant entrer en ligne de compte par différentes raisons qui ne les rendent pas concluants. C'est donc une proportion de 27 pour 4 00 au lieu de 70 obtenue par l'inventeur sur 150 cas. Celte proportion suffit bien pour faire entrer celte opération dans la pratique, surtout chez les enfants de six à douze ans. {Boston med, and surg. Journ.t n° 23.)
Une nouvelle modification de cetle méthode, pour la cure radicale, consiste à coudre sous la peau, avec des fils d'argent, les piliers de l'anneau inguinal. Elle se pratique ainsi : les précautions d'usage prises, la pulpe de l'index gauche est placée sur le fond du scrotum, la face palmaire dirigée en haut et la pointe de l'aiguille y reposant directement. Ainsi disposé, le doigt s'engage dans l'orifice inguinal et passe derrière le pilier interne. Le manche de l'aiguille étant poussé, elle traverse le pilier d'arrière en avant, à peu de dislance de son bord, et lortque la pointe fait saillie sous la peau, un aide tire celle-ci de manière que son ouverture corresponde au centre de l'anneau inguinal. Le fil d'argent est alors passé avec une extrémité libre flottant sur l'abdomen.
La même manœuvre est répétée pour l'autre pilier avec le soin de faire rentrer et sortir l'aiguille par les mêmes orifices. Elle est alors retirée, et le fil en étant dégagé, forme une anse dont les deux extrémités sortent par la même ouverture abdominale et dont la parlie moyenne, descendant jusqu'au fond du scrotum, est située entre la peau et le fascia supcr/icialis.
On tire alors sur les extrémités du fil en même temps que sur le scrotum, pour prévenir son invagination. Le fil dissèque ainsi le fascia en le séparant de la peau jusqu'au niveau de l'anneau. On sent en effet en introduisant le doigt dans le canal, qu'il se resserre par cette manœuvre en rapprochant les piliers. On diminue ainsi l'orifice de l'anneau jusqu'à ce que le
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doigt ne puisse plus s'y engager et qu'il ne reste que la place du cordon. Le fil est alors lordu avec une pince, sans que la traction soit assez forte pour qu'il agisse comme l'écraseur. Les extrémités, coupés au niveau de la peau, disparaissent immédiatement.
Pas une goutte de sang ne s'est écoulée pendant celte opération, les deux piqûres de la peau se sont fermées en quelques heures. L'opéré est tenu au lit quelques jours jusqu'à ce que le fil puisse s'entourer de lymphe plastique. Tout est donc dans le procédé opératoire, dont le point important est surtout de ne perforer la peau que dans un seul endroit, comme le scrotum. (Lancet, septembre.)
Hernie para-inguinale. Terme appliqué par le docteur Lolzbeck, à une forme particulière caractérisée par l'issue de l'intestin du canal, à travers une ouverture normale de l'oblique externe. [Deulsche Klinik, n03 12 et 4 3.)
Hernie ombilicale. Une forme curieuse et' rare, sinon unique, en a élé observée par le docteur Macler. Obligé de pratiquer le débridement, au lieu de rencontrer une ouverture unique, après avoir incisé largement les enveloppes herniaires, il en constata deux; une de 2 centimètres correspondant à l'ombilic, l'autre de moins de un centimètre située en bas et à gauche de l'anneau précédent. L'intestin grêle sortait librement par la première sans aucun étranglement, et rentrait dans l'abdomen par la seconde ouverture où s'effectuait le véritable étranglement; de telle sorte que la masse herniée se trouvait incluse dans l'abdomen.
Sans que l'auteur dise comment il a constaté cette disposition singulière, il opéra le débridement en haut et à gauche, afin d'attirer l'intestin au dehors et le réintégrer dans le ventre par l'ouverture ombilicale ; mais un troisième débridement en bas fut nécessaire à cet effet. La guérison s'ensuivit. ( Joum. de méd. cl chir. pra(., février.)
La disposition môme de cette hernie montre l'utilité de la faire connaître au point de vue du traitement par le taxis. Non-seulement il serait inutile en pareil cas, mais dange- -eux.
Pelotes à air. En face du danger de l'étranglement de cette îornie, et de l'insuffisance des moyens contentifs, M. Demar-
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quay, pour les rendre plus effectifs, se sert de pelotesayant la forme d'une petite pyramide de caoutchouc vulcanisé très-souple, remplies d'air, fabriquées par Galanie, dont le volume varie pour s'adapter à celui de la hernie. Pour l'appliquer, on la colle aune bandelette de diachylon bien souple, assez large pour couvrir la pelote et assez longue pour faire presque le tour du corps. Une autre bandelette imbriquant la première fixe cette pelote pour empêcher qu'elle ne bascule.
Chaque jour, ou tous les deux jours on baigne l'enfant, et l'on remplace la pelote mouillée par une nouvelle, en faisant sécher la première qui peut servir de nouveau. D'un prix minime, ces pelotes peuvent d'ailleurs être changées facilement. L'appareil est ainsi changé aussi souvent qu'on le désire, sans gêne, ni fatigue pour les malades, et se cache parfaitement: sous les vêtements.
Chez les enfants, ce bandage réussit très-bien. La bandelette de diachylon a le double avantage de contenir la pelote, et de rapprocher la ligne blanche. Quand après quelques mois, lai hernie n'a plus de tendance à sortir, la pelote est remplacéepar une boulette d'ouate. Plus volumineuses, ces pelotes sont: aussi utiles chez l'adulte, et l'on voit cesser des accidents sérieux, causés par une hernie ombilicale mal contenue, à l'aide de ce simple appareil. (Union inéd., n° 33.)
Modifications opératoires. Pour prévenir l'entrée de l'aircontinuelle qui se fait dans l'abdomen à la suite de l'ouverture du sac, du débridement de l'anneau ombilical et de la péritonite mortelle qui en est ordinairement la conséquence, M. Domarquay, pour fermer tout accès à l'air, passa un fil circulairement à la base du sac herniaire, entre la peau et le péritoine, et ferma la cavité abdominale par une suture en bourse. Néanmoins, l'opérée succomba de même quarante-huit heures après.
S'appuyant d'ailleurs sur ce fait bien connu que le sphacvie de l'intestin survient plus tard dans cette hernie que dans les autres, M. Demarquay a cherché à lever l'étranglement sans ouvrir largement le sac, et prévenir ainsi l'entrée de l'air. L'incision dépassant la tumeur herniaire n'intéressait que la peau ; après avoir recousu la partie extérieure du sac, il y pratiqua une toute petite ponction à travers laquelle le doigt glissé refoula l'intestin. Une sonde cannelée courbe, introduite ensuite entre l'intestin et l'anneau ombilical, servit avec un bistouri