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IMMOBILISATION

matelas, on constatait une mobilité telle, qu'en essayant ainsi de soulever le membre, le fémur se courbait immédiatement à angle obtus à sommet antérieur.

« J'essayai, dit M. Lefort, d'imprimer des mouvements violents aux deux fragments, de les frotter l'un contre l'autre, après quoi j'appliquai un appareil inamovible plâtré qui resta en place deux mois; lorsque je le retirai, je pus constater que le traitement n'avait pas eu le moindre succès. Il fallait, dès lors, revenir à des moyens plus puissants, et, autant que possible, à des procédés n'exposant pas la vie du malade. Le séton, la résection suivie ou non de suture des os , m'exposaient à des accidents graves ; d'ailleurs la statistique m'apprenait que, de 4 70 cas de pseudarthroses de la cuisse, rassemblés par Gurlt, l'extension permanente avait fourni des résultats heureux, puisque, sur 4 4 malades, 1 1 avaient guéri, tandis que les scarifications sous-cutanées sur les fragments n'avaient donné que 4 7 guérisons sur 38 cas; le séton, '16 guérisons sur 30; la résection 1 4 guérisons sur 28 opérés. Je me décidai donc pour l'extension.

» Pour la pratiquer , je construisis moi-même l'appareil suivant :

» A l'extrémité infépieure d'une béquille, je vissai une plaque de bois formant étrier, et à l'extrémité opposée de laquelle une large attelle interne montait jusqu'à l'ischion du côté malade. Un appareil plâtré fut appliqué sur la jambe du malade, et me servit à donner un point d'appui aux lacs extenseurs. Une longue vis, jouant dans la plaque formant étrier, était un puissant moyen d'extension. Quant à la contre-extension, elle était faite par la béquille appuyée dans l'aisselle et par l'attelle interne dont l'extrémité appuyait sur i'ischion, mais avec l'intermédiaire d'un coussin d'ouate.

» J'augmentais tous les jours la traction de l'appareil , elle amenait des douleurs vives au niveau de la fracture; mais cette traction put bientôt être assez énergique et complète pour dégager complètement les deux fragments l'un de l'autre, et les faire se rencontrer seulement par leurs extrémités libres. Sans cesser l'extension, je cherchai à frotter fortement les fragments les uns contre les autres et, après que les tractions eurent été ainsi continuées pendant trois semaines, j'appliquai un appareil inamovible de plâtre.

» Je le retirai le 31 décembre 1864; la cuisse avait perdu sa

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