‹ Dictionnaire apologétique de la foi catholiqueChapitre 9 sur 214 · IV, II · texte numérisé non relu

IV, II

Les sources postérieures sont plus explicites. Luc serait né à Antioche de Syrie (Ecskbe, //. E., m, 4, 6).

1. Ignace, 5/7jy/n., 3 : Acl.,x,k\; Magn.,5 : Act., n, 25. — PoLYCAKPE, /'/(//., 1 : Act., M, 24. — Nous estimons que Clément {Cor., ii, 1) n a jias cité Act., xx, 35 : rf. Tlie Se^^• TcslameiU in the ApvstoUc Fathers, Oxfoid, laOô, !>. '18.

Il n'y a pas de motif de révoquer en doute cette donnée ' qui est confirmée par une leçon très ancienne du livre des Actes (xi, 29). VArgumentum Evangelii secundum Lucam (Corssex, Munarcldanische Prologe, Te.rt. u. Unters., xv, 1, p. 7) croit savoir que Luc resta célibataire, composa son Evangile en Achaïe, et mourut en Bithynie.

Au quatrième siècle on a considéré Luc comme un des 72 disciples; plus tard on l'a identifié avec le second disciple d'Emmaûs, le compagnon de Cléopas ; au cinquième siècle apparaît la légende de Luc, peintre de la sainte Vierge, dont on ne connaît pas l'origine. Ces dernières données n'ont aucune valeur historique.

II. Données fournies par 1 étude du livre luimême- — Après avoir étudié la tradition sur l'auteur des Actes, il convient de contrôler la conclusion pai l'examen interne du livre. Ici, est-il besoin de le dire, les opinions des critiques sont très divergentes. Tandis que les auteurs catholiques sont à peu près unanimes à déclarer que cet examen confirme la tradition, opinion que partagent bon nombre de critiques protestants, et non des moindres (Blass, Harnack, Pluuimer, Raïusay, B. Weiss), beaucoup de criticiues indépendants estiment, au contraire, que l'opinion traditionnelle devient insoutenable à la lumière de ce contrôle (H. Holtzmann; Jiilicher; Schiirer, Wendt). Généralement, ils reconnaissent, cependant, dans les Actes une partie qui dériverait d'un journal de Aoyage écrit par Luc, compagnon de Paul : à savoir les Wirstiiche'^.

Que nous apprend donc la lecture attentive des Actes au sujet de son auteur?

Tout d'abord, il est évident que l'auteur du livre des Actes est un Grec de naissance. Il suffit de lire Act., xxviii, 1-4 : les habitants de Malte sont pour lui des « Barbares ». La période qui ouvre l'évangile est évidemment aussi l'œuvre d'un Grec. Act., vi, 5; XI, 19, 3o; XIII, 1, 2 montrent clairement que l'auteur des Actes porte le plus grand intérêt à la ville d' Antioche. Ces conclusions sont également certaines dans l'hypothèse de l'identité et de la distinction de l'auteur des Wirstilche avec l'auteur des Actes.

Y a-t-il moyen de démontrer que l'auteur des Actes se sert si fréciuemment et si exactement de termes médicaux, qu'il doit avoir été médecin luimême? Un médecin Irlandais, M. Hobart, a consacré sa vie à l'étude de cette question 3. Sans doute il a multiplié outre mesure les i^ termes médicaux » ; néanmoins sa thèse paraît bien prouvée. Nous renonçons à résumer ici cette preuve que l'on peut trouver ailleurs bien exposée ''. Mais nous devons faire remartpier une fois de plus que cette terminologie médicale se retrouve aussi bien dans les jr/;-,s/jà/>e que dans les autres parties des Actes et dans l'Evangile.

Il serait dilTicile de prouver, par l'examen interne du livre des Actes, en dehors des JVirstiic/ce, que l'auteur a dû être un disciple intime de Paul. Son pauliiiisme toutefois est suffisamment accentué pour un

1. M. Ramsay, qui a beaucoup étudié les écrits de Luc. croit ([ue celui-ci était originaire de Philippes {S. Paul, The TravcUcr, p. 207 sv.) ; mais il n'est pas suivi.

2. On appelle de ce nom — que nous conservons faulo d'un ternie français analogue — 97 veiscts où l'auteur i)arle à la premièi-e personne: xvi, 10-17; xx. 5-15; xxi, 1-18; xxvii, 1-xxYiii, 16. Cène serait évidemment qu une partie de ce journal qui aurait été insérée dans les .\ctes par un auteur posti-rieur.

Page 1