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pas , cependant, cette espèce d'oubli dans lequel il est tombé. Ce jésuite avait l'esprit fin et délicat, il avait sur-tout le coeur vif et sensible. On trouve dans ses Serinons de la chaleur, de Tonction ; et le style , si l'on en excepte quelques tournures et quelques expressions vieillies , en est agréable et naturel. Ils ont été imprimés plusieurs fois dans le dix-septième siècle, en 4 vol. in-8. La dernière édition est celle de Lyon , de 1767,6 vol. in-12. Il y après de quatre-vingts discours, parmi lesquels on trouve quatre Panégyriques, ceux de Saint-Joseph , de Saint-François de Eorgia , de Saint- Bonaventure et de Saint-Etienne. On a encore du P. Colombière des Retraites spirituelles. Lyon, 1725, 5 vol. in-12 ; des Réflexions morales et des harangues (a- Unes y composées pendant qu'il professait la rhétorique.
COTTON ( Pierre ) , jésuite, né à Néronde , dans le Forez, se distingua de bonne heure par son zèle pour la conversion des hérétiques et par ses succès dans la chaire. Ses supérieurs l'envoyèrent en Italie Après y être resté quelque temps, et particulièrement à Rome , il revint en France , où il [)rêcha avec applaudissement à Roanne, à Avignon, à Nîmes, à Grenoble, à Marseille. Sur le rapport avantageux qu'on en fit à Henri IV , il fut appelé à Paris , où le Roi fut si satisfait de son éloquence et de sa piété, qu'il le choisit pour son confesseur. Après la mort de ce grand Roi , le P. Colton fut quelque temps confesseur de Louis XIII. Il quitta ces fonctions en 1617 , et mourut à Paris dans la maison professe de son ordre, le 19 mars 1626. On a de lui VOraison funèbre de M. de FiUeroy , prononcée en
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»6i8 ; des Sermons sur les principales et les plus ait-* fjciles matières de la foi; Paris, 1617 , in- 8 ; et plusieurs Ouvrages de controverse. Mais on ne lit plus au" jourd'hui tous ces ouvrages , dans lesquels il y a beaucoup et même trop d'érudition ; en sorte que l'on peut dire avec vérité qu'il fallait dans ces temps-là , être plus savant pour prêcher mal , qu'il ne le faut être aujourd'hui Dour bien prêcher.
COUTEKOT ( le R. P. ) , barnabife , prédicateur du Hoi , fit briller quelques talcns pour la chaire au milieu du dix-huitième siècle. On ne connaît de lui que le Panégyrique de Saint-Jean Nepomucène , chanoine de Prague et martyr du secret de la confession , prononcé devant la Reine, le 16 mai i^SS, dans l'église des Récollets de Versailles. Paris, in-12 , de 70 pages. Il y a dans la première partie de ce discours plusieurs traits de morale , dignes d'être remarqués , comme ceux que l'orateur développe sur la noblesse du sang , sur les vues profanes qui font rechercher le ministère sacré, sur l'avantage des bons ministres chargés d'annoncer la parole de Dieu , sur l'opposition entre l'esprit de la cour et celui de l'Evangile. La seconde partie est encore plus oratoire , elle offre de plus grands traits et plu» d'images frappantes. Le fond du sujet , en général, est très-plein ; mais les parties accessoires en sont quelquefois faibles. Le styhiest inégal , entaché d'incorrections et de mauvaises locutions.
COUTURIER ( Nicolas-Jérôme Le ) , curé d'Harmancourt , chanoine de Saint - Quentin et prédicateur du
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Roi , naquit dans le diocèse de Rouen le a juin 171a. Il avait du talent pour la chaire , et y obtint des succès briilans et passagers. En 1769, il prononça le Panégyrique de Saint - Louis devant l'Académie française. Son discours fut très-applaudi ; mais bientôt Clirislophe de Beaumont lui interdit la chaire , parce qu'il y avait frondé les croisades. Lorsqu'il lui fut permis de reparaître, il prêcha l'avcnt dans l'Eglise de la Charité, devant une alïliience extraordinaire d'auditeurs. Mais l'enthousiasme ne se soutint pas , et l'abbé le Couturier se trouva confondu dans la foule des prédicateurs ordinaires. Il est mort à Paris en 1778. On a de lui: I. Deux Panégyriques de Saint -Louis. Paris , 174O et 1769, in-4. II. Panégyrique de Sainte - Eiisaùeth , 17.54, in-i 2. m. Discours prononcésen différentes solennités de piété, 1766 et 1779, in- 12. IV. E toge du Dauphin, 176G, in-8. V. Discours sur (a Révélation , 1773, ju-ia. VI. Quelques autres Eloges 3 et une Ode sur ta calomnie , qui manque de chaleur et de verve.
CUEILLENS ( Le P. Félix) , religieux de l'ordre de Saint-François de l'Observance , se distingua par ses talens pour la chaire vers le milieu du dix - septième siècle, et prêcha le Carême devant Louis XIV, en i665. On connaît de lui : I. Les vérités austères auxquelles N. S. a rendu témoignage , venant au monde 3 prêchées dans un Avent. Paris, 1676 . in-8. II. Les douze Etoiles qui composent ta couronne de la Sainte- Vierge , ou douze Panégyriques en son honneur. Paris, 1676, in-8. III. UOraison funèbre de Marie Thérèse d'Autriche , Reine de France, Toulouse .
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i683, in-8. Tous ces discours portent l'empreinte dii mauvais goût du temps dans la manière d'annoncer la parole de Dieu et de prêcher les vérités évangéliques^
CUNY ( Louis-Anloine ) ^ jésuite et prédicateur du Roi, né à Langres et mort en ijSS, parcourut avec quelque distinction la carrière de l'éloquence de la chaire à Versailles , à Paris et à Lunéville. On a de lui ; Les Oraisons fuh-èbres de l'infante d'Espagne, dauphine de France , 1 746 , in-4 ; de la Reine de Pologne^ 1 747, in-4 ; du cardinal deRohan, 1700, in-4. Ces discours ^ quoique mal écrits , ont de la chaleur. L'auteur saisit bien l'ensemble d'un caractère, le met dans un beau jour , et rapproche avec art ce qui est quelquefois étranger à son sujet.
DALLIER ou DALIER( Odet ) , jésuite , prédicateur du dix-septième siècle , a laissé des Sermons pour les dimanches de l'année ; il les avait prêches à Grenoble. Ils furent imprimés à Lyon , 1681, 2 vol. in-8. Nos prédicateurs modernes n'iront pas puiser à celte source pour composer les leurs.
DAMASCÈNE ( Jean ), Récollet , se fit un nom parmi les prédicateurs du dix - septième siècle , et a publié : Discours chrétiens sur tes Evangiles de tous les dimanches et sur les principales fêtes de Vannée. Paris, 1698 et 1699, ^ ^^'* in- 12. Les quatre premiers volumes sont pour les dimanches, et les autres pour les fêles. Le style en est assez pur, et les vérilés de la religion y
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sont traitées avec clarté et précision. Cependant l'art s'y montre un peu trop, et quelquefois le néologisme y est substitué au naturel , comme dans la division du sermon pour le jugement dernier, qui est conçu en ces termes : « Au jour du jugement , r. Les étoiles tombe- .) ront du ciel : toutes ces justices palliées qui brillaient » aux yeux des hommes comme autant d'étoiles , seront » dissipées, et les pécheurs ne paraîtront plus à la face » de l'univers qu'un objet d'horreur ; 2\ La lune ne » donnera plus sa lumière ; la grâce qui avait éclairé les » impies durant tout le cours de leur vie , s'éclipsera » pour eux, et ils n'auront plus rien à attendre de la » miséricorde ; 3°. Le soleil s'obscurcira: J. C, le soleil » de justice , qui ne s'était incarné que pour jeter sur j> les réprouvés des regards favorables et les sanctifier, » ne leur paraîtra, dans ce triste moment, qu'envis) ronné des noires ombres de sa colère, et tout armédeiâ » fureurs de sa justice. » Les divisions de la plupart des autres sermons sont à-peu-près dans le même goût. On a encore du V. Damascène Discours eccUsiasti- ■ques et monastiques. Paris , 1708 , 5 vol. in-12. L'auteur a eu moins en vue de donner des discours cri forme et complets, que de fournir quelques matières, et , pour ainsi dire, quelques essais de discours à ceux qui sont obligés de prêcher dans les communautés ecclésiastiques ou monastiques.
DANIEL de Paris ( le P. ), capucin , ancien lecteur de théologie et missionnaire au commencement du dix-huitième siècle , a laissé des Conférences tliéoloqiques et moraies , par demandes et par réponses, sur
le (lécalogue el les sacieniens , avec des résolutions àeà cas de conscience sur chaque matière , à l'usage des missionnaires et de ceux qui s'emploient à la conduite des âmes. Paris, iyf\'5 el années suivantes, 6 vol. in-12, et puis 7 vol. , dont le dernier comprend dix-huit conférences sur la prière et l'Oraison dominicale ; 2' édit, , en 17^46 j dans laquelle on a réduit toutes ces conférences en 4 vol. in-12. Le P. Daniel les avait prononcées dans les diverses missions où il avait été employé , et à Paris, dans l'Eglise des Capucins du Marais, où l'on faisait alors des conférences pendant le Carême, comme de nos jours M. l'abbé Frayssinous, prédicateur du Roi , en faisait à Saint-Sulpice. La méthode que le P. Danie la suivie dans ces conférences, est de commencer d'abord par im texte de l'Ecriture qvii a rapport au sujet qu'il veut traiter. Lorsque ce sujet est une suite des conférences précédentes, il fait un précis, dans l'exorde^de ce qui a été dit dans la dernière, et passe insensiblement aux vérités dont il doit parler. Les exordes sont toujours clairs et précis. Le nombre des questions qu'il embrasse dans chaque conférence est ordinairement de quatre à huit. Les réponses qu'il y donne , sont appuyées sur l'autorité de l'Ecriture, sur les décisions des conciles , et sur les écrits des Saints Pères. Chaque conférence est terminée par une péroraison , où l'on exhorte les auditeurs à mettre en pratique les vérités qu'ils viennent d'entendre. On a mis dans la dernière édition plus de précision dans les demandes.
DASSIER ( Lazare ) , religieux de l'ordre de Saint- Dominique, exerça le ministère de la prédication dans