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Lorris, ch.-l. de cant., arr. et à 21 kil. S.-O. de Montareis (Loiret) ; ville importante au moyen âge; 2,186 hab.
Lorris (GUILLAUME de). V. GUILLAUME.
Lorry (Anne-Charles), né à Crosne (Seineet-Oise), 1726-1783, fut un médecin distingué. Parmi ses ouvrages on cite : Essai sur l'usage des Aliments; de Melancholia et Morbis melancholicis; Tractatus de morbis cutaneis; etc.
Lorsch, v. de la Hesse-Darmstadt, à 9 kil. E. de Worms; 2,600 hab.
Loss (Iles de), près de la côte de Sierra- Leone, à l'O. de l'Afrique; aux Anglais.
Lot, Oltis, affl. de droite de la Garonne, prend sa source un peu au N. du mont Lozère, coule vers l'O. par Mende, Espalion, Entraygues, Cahors, Villeneuve-d'Agen, Aiguillon, et finit après un cours de 440 kil., navigable depuis Entraygues. Il traverse les dép. de l'Aveyron, du Lot et de Lot-et-Garonne, et reçoit à droite la Trueyre ou Truyère.
Lot, département du S. de la France, formé du Quercy , partie de la Guyenne. Superf., 521,175 hect.; popul., 280,269 hab. Ses 3 vallées
Brincipales sont celles du Lot, du Celle et de la ordogne. Les productions princ. sont les châtaignes, les noix, les grains, les vins, le tabac, le chanvre. Il a 3 arrondissements : Cahors, Figeac et Gourdon ; 29 cantons et 323 communes. Il comprend l'évêché de Cahors, dépend de la Cour d'appel d'Agen, et de l'Académie de Toulouse. — 17« région militaire.
Lot-et-Garonne, départ, du S.-O. de France, formé de l'Agénois et d'une faible portion du Condomois. Superf., 535.395 hect. ; popul., 312,081 hab. Entre les riches vallées de la Garonne, du Tarn, de l'Aveyron, sont des plateaux couverts de vignes. Les productions princ. sont les vins, les grains, le tabac, le chanvre, les châtaignes, les fruits (prunes d'Agen). Il a 4 arrondissements : Agen, Marmande, Nérac et Villeneuve; 35 cantons et 326 communes. Il comprend l'évêché d'Agen, dépend de la Cour d'appel d'Agen, de l'Académie de Bordeaux; 17e rég. mil.
Loth, neveu d'Abraham, vint s'établir à Sodome. Lorsque Dieu voulut détruire cette ville, Loth fut sauvé par deux anges qu'il avait protégés, mais sa femme, ayant regardé derrière elle, malgré la recommandation des anges, fut changée en statue de sel. De l'union de Loth avec ses deux filles naquirent les Ammonites et les Moabites.
Loth (Johann-Karl), en italien Carlo Lotti, né à Munich, 1632-1698, fut l'un des brillants élèves de l'école vénitienne. Il imita Michel- Ange, le Caravage, le Guerchin, et occupe un rang distingué parmi les peintres réalistes. Il fut le peintre de Léopold I".
Lothaire I", empereur d'Occident, né en 796, fils aîné de Louis le Débonnaire, fut associé à l'empire dans l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, 817; en 829, la constitution d'Aix-la-Chapelle fut modifiée en faveur de son jeune frère Charles. Lothaire détrôna son père, en 830; puis, fut abandonné par ses frères, et ne conserva que l'Italie. Dans une seconde révolte, les trois frères réconciliés détrônèrent une seconde fois l'empereur, 833; Lothaire consentit, en 839, à la diète de Worms, au partage de l'empire avec le jeune Charles. A la mort de Louis le Débonnaire, 840, Lothaire voulut conserver l'unité de l'empire; ses frères, Charles et Louis protestèrent. La bataille de Fontanet décida la question, 841 ; et Lothaire vaincu dut accepter les conditions du traité de Verdun, 843. Il eut, avec le titre d'empereur, l'Italie et la longue bande de terre, de la mer du Nord à la Méditerranée, comprise entre l'Ems, le Rhin, l'Aar, les Alpes, à l'E. ; le Rhône, la Saône, la Meuse jusqu'à Mézières, l'Escaut, à l'O., sauf le territoire de
Mayence, Spire et Worms. Lothaire abdiqua, se retira dans l'abbaye de Prum, où il mourut, 855, après avoir partagé ses Etats entre ses trois fils.
Lothaire il, 2« fils du précédent, né vers 825, eut, en 852, le pays qui prit dès lors le nom de Lotharii regnum, d'où Lorraine. Il eut à se défendre contre l'ambition de Louis le Germanique, son oncle, et contre son frère, Louis II. Il répudia sa femme Teutberge, pour épouser Walrade, 862 Ce fut une cause de troubles; Lothaire fut excommunié par le pape Nicolas Ier. Enfin Lothaire se rendit en Italie dans l'espoir de gagner Adrien II; mais, à son retour,il mourut d'une épidémie, à Plaisance, 869.
Lothaire, empereur d'Allemagne, né en 1075, fils du comte de Supplenbourg, reçut de Henri V le duché de Saxe, en 1106. Mais il fut bientôt au nombre de ses ennemis les plus redoutables et contribua plus que tout autre à amener le concordat de Worms. A la mort de ce prince, 1125, il fut élu empereur, malgré l'opposition de Frédéric de Souabe et de Conrad de Franconie, neveux de Henri V. Il se donna l'appui de Henri le Superbe, duc de Bavière, qui reçut la main de sa fille et le duché de Saxe. Il soutint Innocent II contre l'antipape Anaclet ; reçut la couronne impériale à Rome, 1133, mais ne put complètement triompher du roi de Naples, Roger II. Il mourut en revenant en Allemagne.
Lothaire, roi de France, né en 941, succéda à son père Louis IV, en 954. Il vécut plusieurs années, assez tranquille, sous la direction de sa mère Gerberge. Sous Otton II, il intervint dans les affaires de Lorraine, pilla Aix-la-Chapelle, 978, et eut à repousser une invasion des Allemands qui pénétrèrent jusqu'à Paris; il les battit au passage de l'Aisne. La Lorraine fut concédée comme fief de l'Empire, à son frère , Charles; Hugues Capet, duc de France, était déjà roi de fait. Il mourut en 986.
Lothaire, roi d'Italie, fils de Hugues de Provence, suceéda à son père, en 945. Mais Bérenger, marquis d'Ivrée, s'empara du pouvoir et le fit probablement périr, en 950.
Lothian, contrée de l'Ecosse qui a formé les comtés de Mid-Lothian ou Edimbourg, West- Lothian ou Linlithgow, et East-Lothian ou Haddington.
Lotophages, anc. peuple d'Afrique, sur la côte de la petite Syrte, se nourrissait des fruits et du suc du Lotos. — L'île des Lotophages ou Meninx est aujourd'hui Qarbi.
Lotti (Antonio), né à Venise, vers 1665, mort en 1740, fut organiste de Saint-Marc, travailla à Dresde pour l'électeur de Saxe, et revint à Venise où il mourut maître de chapelle. On a de lui dix-neuf opéras et beaucoup de musique d'église
Lotti (Cosme), peintre, architecte, mécanicien, né à Florence, vivait au commencement du xvn* siècle*
Lotto (Lorenzo), né à Venise, mort après 1554, fut probablement élève de G. Bellini ; il ; imité le Giorgione; mais il a surtout visé à ètn original.
Louargat, comm. du canton de Belle-Isleen-Terre, arr. de Guingamp (Côtes-du-Nord) ; 4.310 hab.
Loubès (Saint-), ccmm. du canton de Carbon-Blanc, arr. de Bordeaux (Gironde); 2,465 h.
Loubny, v. de Russie, gouvernement de Poltava, sur la Soula; 6.000 hab. Ecole vétérinaire avec un jardin botanique.
Loudéac, ch.-l. d'arrondissement et à 50 kil. S. de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord). Fabriques de toiles ; 5,893 hab.
Loudes, ch.-l. de canton, arr. et à 16 kil. N.-O. du Puy (Haute-Loire); 1,590 hab.
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Loudun, Juliodunum, ch.-l. d'arr., à 54 kil. ' H.-O. de Poitiers (Vienne), sur un côieau. Vins blancs, chanvre, truffes ; commerce de moutons ; 4,525 hab.
Loué, ch.-l. de canton, arrond. et à 32 kil. 0. du Mans (Sarthe). Toiles, papier, marbre ; 4,976b.
Louèche*les>Bains OU Leukerbad, village de Suisse, à 46 kil. N.-E. de Sion (Valais). Bains fréquentés.
Louet (Georges), né à Angers, 4540-1608, est surtout connu par son Recueil d'Arrêts, Paris, 4602, in-4o.
Lougborough, v. d'Angleterre, près de la Soar, dans le comté et à 45 kil. N. de Leicester; 44,000 bab.
Loughrea, v. d'Irlande, comté et à 34 kil. O. de Galway, sur le lac du même nom ; 4,200 hab.
Lonhans, ch.-l. d'arrond. et à 60 kil. N.-E. de Mâcon (Saône-et-Loire), sur la Seille. Commerce de bœufs, maïs, blé; 4,284 hab,
Louis, Ludovicus, Lodoix en latin, Ludwig en allemand, le même nom (?) que Clovis, Hludowigh.
Louis, Rois de France.
Louis Ier, le Pieux ou le Débonnaire, né à Casseneuil (Agénois), en 778, fils de Gharlemagne et d'Hildegarde, roi d'Aquitaine, dès l'âge de trois ans, fut associé à l'empire, à Aix-la- Chapelle, 813, et succéda à Charlemagne, 814. Son règne fut troublé par toute les causes qui devaient amener la décadence rapide de l'empire carlovingien; il eut souvent une piété monacale, dure et faible à la fois, il ne sut pas se faire obéir dans sa famille. Son neveu, Bernard, lésé dans le partage de l'Empire à Aix-la- Chapelle, 817, se révolta en Italie, fut battu, se livra, eut les yeux crevés et mourut de ses blessures ; Louis sembla s'humilier par une pénitence publique a Attigny, 822. Complètement soumis à l'influence d'une nouvelle épouse, l'ambitieuse Judith, il donna à son dernier fils, Charles, le royaume d'Alémanie. Les fils aînés de Louis se révoltèrent alors contre leur père, en 830 et en 833; Louis fut déposé, dégradé par les évêques à Compiègne, et condamné à la réclusion. Louis pour la seconde fois rétabli, 834, se montra faible, comme par le passé ; les guerres civiles recommencèrent; l'empereur mourut dans une île du Rhin , en marchant contre son fils Louis de Germanie.
Louis il, le Bègue, fils de Charles le Chauve et d'Hermentrude, né à Compiègne. 846, devint roi d'Aquitaine, 867, et roi^de France, 877. Il gagna les grands par des largesses, et mourut en 879, laissant de sa première femme Ansgarde, Louis et Carloman, et sa seconde femme Adélaïde enceinte du fils qui fut Charles le Simple.
Louis m, fils du précédent, né vers 863, partagea le trône avec son frère, Carloman, 8/9 ; il eut la Neustrie ou pays entre la Loire et la Meuse. Louis marcha contre les pirates Normands et leur tua 9,000 hommes à Saucourt, près d'Amiens, 881. Il mourut par accident, à Saint-Denis, 884.
Louis IV, d'Outre-mer, né en 948. fils de Charles le Simple, fut conduit par sa mère Ogive en Angleterre, pendant la captivité de son père. A la mort du roi Raoul, 936, il fut rappelé par Hugues, duc de France, mais ne posséda que le comté de Laon. Louis IV montra du courage, il voulut s'emparer de la Lorraine, qui se donnait à lui ; puis se réconcilia avec Otion 1er, abandonna la Lorraine, et se tourna contre les grands. Il fut pris par les Normands, implora l'appui d'Otton, mais resta sans puissance jusqu'à sa mort. Il mourut d'une chute de cheval, Louis V, le Fainéant, né en 966, fils de Lo-
thaire et d'Emma, succéda à son père en 986. On a accusé sa mère ou sa femme, Blanche d'Aquitaine, de l'avoir empoisonné, 987.
Louis VI, le Gros, V Eveillé ou le Batailleur, né en 4078, fils de Philippe 1er et de Berlhe de Hollande, eut à lutter contre Bertrade, seconde femme de son père. Associé au trône en 1100, il régna de 1408 à 4437. Louis, prince actif et de bon sens, soutenu par l'Eglise surtout, commença à faire de la royauté un pouvoir public, chargé de défendre l'ordre et la justice 11 eut d'abord à lutter contre les seigneurs du domaine royal; il intervint ensuite dans les affaires des grands vassaux, soutint contre Henri I« d'Angleterre son jeune neveu, Guillaume Cliton, fut battu à Brenneville, 4419, mais sut se maintenir. Lorsque l'Empereur d'Allemagne, Henri V, menaça la France, en 1424, Louis réunit une grande armée, sous la bannière royale, l'oriflamme. Louis VI n'a pas institué les communes ; mais il a favorisé, comme roi, les premiers efforts de ia bourgeoisie des villes; avec lui commence l'œuvre monarchique de nos rois. Son fils, Louis VII, lui succéda.
Louis "Vil, le Jeune, fils du précédent, né en 4449, venait d'épouser Eléonore de Guyenne, lorsqu'il succéda à son père, en 4437. Il eut pour principal conseiller, Suger, abbé de Saint- Denis, et se montra, pendant tout son règne, pieux, brave, mais politique médiocre. Dans une guerre contre Thibaut de Champagne; 4300 personnes périrent dans l'incendie de Vitry, 4143 ; aussi le roi prit la croix à Vezelay, malgré les conseils de Suger, 1147 ; il signala son courage dans plusieurs combats contre les Turks de l'Asie Mineure ; mais échoua au siège de Damas, 4149. Un concile de Beaugency prononça son divorce avec la reine Eléonore, 1152, qui alla donner son riche héritage à Henri Plantagenet : il eut à lutter contre ce redoutable ennemi, maître de tout l'ouest de la France. Il soutint contre lui Toulouse, Thomas Becket, ses fils qui se révoltaient continuellement contre leur père. Il mourut en 4180.
Louis VIII, le Lion, fils de Philippe Auguste et d'Elisabeth de Haiuaut, né en 4187, épousa Blanche de Castille, fut appelé en Angleterre par les barons révoltés contre leur roi, 4246; mais fut défait à Lincoln. Il avait fait plusieurs expéditions contre les Albigeois du Midi, lorsqu'il monta sur le trône, en 4223. Il enleva à Henri III d'Angleterre tout le pays jusqu'à la Garonne. Puis il marcha contre Raymond VII de Toulouse, s'empara d'Avignon, 1226, soumit le Languedoc oriental, et, au retour, mourut d'une épidémie à Montpensier, en Auvergne.
Louis IX, OU Saint Louis, fils du précédent, né à Poissy, 4215, succéda à son père en 1226. Sa mère, Blanche de Castille, sut déjouer les tentatives des seigneurs qui voulaient affaiblir la royauté; et imposa à Raymond VII, comte de Toulouse, le traité de Me aux ou de Paris, 4229, qui lui enlevait la moitié du Languedoc, et préparait l'acquisition du reste. Elle donna à son fils une éducation chrétienne; Louis IX signala bientôt son courage, en triomphant d'une dernière ligue des seigneurs; seigneurs et Anglais furent battus au pont de Taillebourg et à Saintes, 4242; Henri III dut signer la trêve de Bordeaux, en 4243. Louis IX avait également montré sa modération et sa fermeté, en intervenant dans les malheureuses querelles de Grégoire IX et de Frédéric II. Il fut le dernier héros des croisades; il partit d'Aigues-Mortes, en 4248, après avoir laissé la régence à sa mère; débarqua en Egypte, 4249, prit Damiette ; mais, après le combat de Mansourah, voyant son armée décimée par la famine et par la peste, il rétrograda vers Damiette. Il fut pris par les Mameluks, et montra dans les fers gran-
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ôeur d'âme et résignation chrétienne. Délivré, au prix de Damiette et d'une forte rançon, il passa quatre ans en Palestine; la mort de sa mère le rappela en France, 1254. — Il signa avec le roi d'Aragon le traité de Corbeil, 1258; par le traité d'Abbeville. 1259, il termina le long différend avec le roi d'Angleterre, en rendant les fiays au sud de la Charente. Il avait refusé jadis a couronne impériale que le pape lui offrait ; il ne put empêcher son frère Charles d'Anjou d'aller faire la conquête du royaume de Naples. — Grand pacificateur du royaume, il renouvela la Quarantaine-le-Roy, pour diminuer les guerres privées; il remplaça le duel par les voies de droit; c'est alors que Je Parlement devint plus spécialement la grande cour de justice du royaume ; il multiplia les cas royaux, créa quatre grands bailliages, à Sens, Mâcon, Amiens, Saint-Pierre-le-Moutier, pour recevoir les appels des justices seigneuriales; favorisa les progrès de la bourgeoisie; enleva à beaucoup de sei-
f meurs le droit de battre monnaie, ordonna que a monnaie royale, toujours de bon aloi, aurait cours dans tout le royaume, etc. Il aimait luimême à rendre la justice sous les chênes de Vincennes, et encourageait les travaux des légistes; c'est alors qu'on rédigea le code appelé les Etablissements de saint Louis; que, sous la direction du prévôt "de Paris, Etienne Boileau, on écrivit le Livre des métiers de Paris; c'est à lui que l'on attribue généralement la Pragmatique-sanction, pour régler les rapports de l'Eglise et de l'Etat. Malgré la faiblesse de sa santé, il voulut entreprendre une nouvelle croisade; il fit voile vers Tunis, aborda près des ruines de Carthage, fut atteint de la peste et mourut le 25 août 1270. Saint Louis a été certainement l'un des plus grands rois du moyen âge; les peuples avaient proclamé sa sainteté de son vivant même; il fut canonisé par Boniface VIII,' en 1297, et l'on célèbre sa fête, le 25 août.
Louis X, le Hutin ou Querelleur, fils aîné de Philippe IV et de Jeanne de Navarre, né à Paris, en 1289, roi de Navarre, succéda à son père en 1314. Il laissa le pouvoir à son oncle, Charles de Valois ; les ministres du dernier roi furent frappés; on accorda aux nobles le rétablissement de leurs anciens droits ; on rappela les juifs pour douze ans, et Louis offrit aux serfs et à tous hommes de mainmorte la liberté à prix d'argent. Il mourut en juin 1316, laissant une tille, Jeanne, et sa seconde femme, Clémence de Hongrie, enceinte d'un fils, qui fut nommé Jean.
Louis xi, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, né à Bourges, 1423, prit part à la révolte de la Praguerie, 1440 ; puis il se distingua dans la guerre contre les Anglais; et conduisit, en 1444, les compagnies d'écorcheurs contre les Suisses. A la mort de sa femme, l'aimable Marguerite d'Ecosse, 1445, il entra de nouveau en Jutte contre son père, se retira dans son gouvernement du Dauphiné, se remaria à Charlotte de Savoie, 1451; puis s'enfuit auprès du duc de Bourgogne, Philippe le Bon. — A la mort de Charles VII, 1461, Louis XI commença une lutte acharnée de 22 ans contre tous les ennemis de la royauté et surtout contre la nouvelle féodalité princière, il était capable d'employer tous les moyens pour arriver à son but ; € qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner, » et « diviser pour commander » voilà quelles furent ses maximes favorites. Son activité impatiente réunit contre lui tous les intérêts menacés : et les seigneurs, dirigés par le comte de Charoîais, purent faire contre lui la ligue du bien public, 1465. Après la bataille indécise de Montlhéry, Louis XI, assiégé dans Paris par les princes, signa avec eux les traités humiliants de Conflans et de Saint-Maur. Il s'empressa de
reprendre ce qu'il avait cédé ; excita contre Charles, le nouveau duc de Bourgogne, les révoltes de Liège et de Dinant; il espéra le gagner ou le tromper; et vint le trouver à Péronne; une nouvelle révolte de Liège fournit à Charles l'occasion ou le prétexte d'une violente colère ; Louis fut forcé de signer le honteux traité de Péronne, 1468. Il recommença pour la 3e fois sa lutte contre ses ennemis, punit le traître La Balue, institua l'ordre de Saint-Michel, s'appuya sur une assemblée des notables, 4470, et se montra plus fort contre une troisième ligue des princes ; Charles le Téméraire accusa, sans preuves, Louis XI d'avoir empoisonné son jeune frère, mais il échoua devant Beauvais, devant Dieppe, et signa la trêve de Senlis, 1472. Dès lors, la fortune récompensa l'infatigable activité du roi ; pendant que Charles allait se perdre dans sa lutte contre l'Allemagne, les Suisses, le duc de Lorraine, Louis XI signait avec Edouard IV, le traité de Pecquigny, 1475; il reprenait Perpignan au roi d'Aragon; il punissait impitoyablement les seigneurs qui l'avaient tant de fois trahi. Puis, après la mort du duc de Bourgogne, il réunit au domaine royal le duché et le comté de Bourgogne, la Picardie et l'Artois; la bataille de Guinegate fut indécise, 1479 ; le traité d'Arras laissa a Louis XI ses conquêtes; l'Artois et la Franche-Comté devaient servir de dot à la jeune Marguerite d'Autriche, fiancée au fils de Louis XL A la mort de Bené d'Anjou et de Charles du Maine, les biens de la maison d'Anjou (Provence, Maine, Anjou, Barrois) furent réunis à la couronne, 1479, 1481 ; etc. ; l'unité territoriale de la France était fondée. — Son administration avait également augmenté les forces de la royauté; les tailles, les impôts de toute sorte, avaient triplé ; la justice royale avait fait de nouveaux progrès (parlements de Grenoble, 1453, de Bordeaux, 1462, de Dijon, 1477; les magistrats déclarés inamovibles, etc.); l'armée était quatre fois plus nombreuse et exercée même pendant la paix; la création des postes, en 1467, était surtout favorable à l'action du pouvoir royal. — Louis XI protégea le commerce, 1 Industrie, établit l'imprimerie à Paris, dès 1469. Mais il n'eut pas le temps d'achever son œuvre; retiré au château de Plessis-lez- Tours, entouré de quelques serviteurs obscurs, Olivier Le Daim, Tristan, demandant la vie à son avide médecin Coythier, redoublant de pratiques superstitieuses, toujours actif et toujours .redouté, il mourut en. 1483, et fut enterré à Notre-Dame de Cléry. On lui attribue les Cent Nouvelles nouvelles, ou du moins une part dans ces contes imités de Boccace;il fit rédiger, sous ses yeux, pour son fils, le Rosier des guerres par Etienne Porchier.
Louis XII, né à Bloio en 1462, fils de Charles d'Orléans et de Marie de Clèves. arrière-petitfils de Charles V, devint duc d'Orléans à la mo^t de son père, 1464, fut contraint, par Loui3 XI, d'épouser sa fille Jeanne, 1476; et, à l'avènement de Charles VIII, disputa le pouvoir à Anno de Beaujcu; il échoua dans la Guerre folle; il fut battu et pris à Saint-Aubin-du-Cormier, 1487. Délivré par Charles VIII, il le seconda dans son expédition d'Italie. — Il lui succéda, 1498, sous le nom de Louis XII; il pardonna à ses anciens ennemis : « Le roi de France, disait-il, a oublié les injures du duc d'Orléans. » Secondé par un habile ministre, son ami le cardinal Georges d'Amboise , il gouverna le royaume avec sagesse. Il fit rompre son mariage et épousa Anne de Bretagne à Nantes, 1499. Il put alors continuer les expéditions en Italie. U fil valoir ses droits sur le duché de Milan, comme petit-fils de Valentine Visconti; Ludovic Sforza, livré par les Suisses à Novare, fut retenu à Loches, et le duché fut conquis. Il con-
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clut secrètement le honteux traité de Grenade avec Ferdinand d'Aragon , pour prendre le royaume de Naples, et partager la conquête avec les Espagnols, 1500. Les alliés se brouillèrent bientôt; Louis XII se laissa tromper par Ferdinand, et les Français, vaincus à Seminara et à Gérignole, 1503, furent chassés de Naples par Gonzalve de Gordoue. Louis Xll, découragé, malade, signa alors les traités de Blois, qui donnaient, comme dot, à Claude, fiancée au jeune Charles d'Autriche, le Milanais, la Bretagne, la Bourgogne, etc., avec les droits de Louis sur le royaume de Naoles, 1504, 1505:. mais, sur le vœu formel des Etats généraux do Tours, 1506, Claude de France fut fiancée à François d'Angoulême. Louîs XII, après avoir vigoureusement puni la révolte des Génois, 1507, entra maladroitement dans la ligue de Cambrai contre Venise, dont Jules II était l'âme. Vainqueur à Agnadel, 1509, le roi de France s'avança jusqu'aux lagunes; mais Jules II, qui voulait chasser les barbares de l'Italie, forma la sainte ligue contre les Français, 1511. D'abord vainqueurs sous Gaston de Foix, à Brescia, à Bologne, à Bavenne, ils n'eurent plus que des revers sous ses successeurs ; après la défaite de la Trémoille à Novare, 1513, l'Italie fut perdue et la France envahie, par les Espagnols au S. ; ar les Suisses, qui arrivèrent sous les murs de ujon; au Nord par Henri VIII et Maximilien, qui furent vainqueurs à Guinegate. Mais la mort de Jules, remplacé par le pacifique Léon X, les divisions des alliés, permirent au roi de terminer par des traités cette guerre malheureuse. Veuf d'Anne de Bretagne, depuis 1513, il put épouser Marie, sœur de Henri VIII ; il mourut peu de temps après, 1" janvier 1515, laissant deux filles : Claude, femme de François 1", et Renée, qui épousa le duc de Ferrare. — Louis XII ménagea le peuple, et put réduire les tailles. Il fit poursuivre le grand travail de la rédaction des coutumes ; il créa deux parlements, à Bouen, 1499, à Aix, 1501 ; la grande ordonnance de Blois, 1499, améliora beaucoup l'administration de la justice. Il protégea les lettres et les arts, mais il encouragea surtout le commerce, l'industrie, l'agriculture. Aussi la richesse générale fut considérablement augmentée, et les États
Ïénéraux purent donner , sans flatterie , à ,ouis XII, le nom de Père du Peuple.
Louis xiil, surnommé le Juste, fils aîné de Henri IV et de Marie de Médicis, naquit à Fontainebleau, le 27 septembre 1601. Boi, à la mort de son père, 1610, il fut placé sous la tutelle de sa mère, qui conserva le pouvoir jusqu'en 1617. Concini fut alors tout-puissant. Louis XIII, mal élevé, froid, égoïste, conspira avec son fauconnier, Albert de Luynes, la ruine de Concini, et combla le nouveau favori, qui gouverna jusqu'en 1621 ; les grands se soulevèrent ; les protestants prirent les armes dans l'Ouest et dans le Midi; la France fut mal gouvernée jusqu'au jour où Bichelieu entra au ministère, 1624. Louis XIII n'aima jamais son ministre et souffrait de la nullité de son rôle; mais, malgré les intrigues, les complots, les guerres civiles, il reconnaissait la grande valeur de l'homme, et il le maintint dans l'intérêt de l'Etat et de la royauté; il lui sacrifia ses favoris sa mère, son frère Gaston, sa femme. Louis XIII partageait les vues de son ministre; il montra son courage devantLaBochelle, 1628, au Pas de Suze, 1629, en Lorraine, 1632, dans le Boussillon, à la prise de Perpignan, 1642. Mais il montra trop souvent sa froideur et son insensibilité, lorsqu'il approuva ou laissa faire toutes les sanglantes exécutions du règne. Souvent brouillé avec la reine, il lui fallaft cependant quelque favori; il aima, mais à sa manière, Mlle de La Fayette, M*e de Hautefort ; il abandonna sans pitié le
brillant Cinq-Mars, dont il avait favorisé les intrigues politiques. 11 aimait la musique et composa beaucoup d'airs et de morceaux de musique religieuse; on a imprimé sous son nom plusieurs ouvrages. Il mourut quelques mois après son ministre, le 13 mai 1643, laissant deux fils, Louis XIV et Philippe d'Orléans.
Louis XIV, dit le Grand, né à Saint-Germain, le 16 septembre 1638, mort à Versailles, le 1" septembre 1715, fils aîné de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, avait cinq ans à la mort de son père, 1643. La reine-mère s'empara du pouvoir, comme régente, donna toute sa confiance à Mazarin, qui gouverna en maître, même après la majorité du roi, 8 septembre 1651, jusqu'à sa mort, 1661. Cette époque est signalée par la fin de la guerre de Trente Ans, par les troubles de la Fronde, et par la guerre contre l'Espagne, qui fut forcée de subir les conditions du traité des Pyrénées, 1659. Louis XIV eut pour gouverneur le maréchal de Villeroy ; son précepteur fut l'abbé Péréfixe de Beaumont; son éducation fut cependant négligée. Il avait le sens droit ; il brillait dans les exercices du corps; mais sa timidité, son ignorance, son amour des plaisirs faisaient croire qu'il se laisserait gouverner comme Louis XIII. Mazarin seul avait deviné qu'il y avait en lui l'étoffe de plusieurs grands rois; et au grand étonnement de tout le monde, Louis XIV, dès le lendemain de la mort de Mazarin, se révéla; jusqu'à son dernier jour, il dirigea lui-même le gouvernement, il fut le maître de la France, et il réalisa cette parole qu'on lui attribua : t L'Etat, c'est moi. » Les vingt-cinq premières années, jusqu'à la mort de Colbert, 1683, la révocation de l'édit de Nantes, 1685, et la formation de la ligue d'Augsbourg, 1686, sont une période de grandeur éclatante à l'intérieur, comme au dehors. Après la disgrâce de Fouquet, Louis, sans vouloir jamais de premier ministre, sut, en donnant l'exemple du travail, diriger les hommes intelligents qu'il appela dans ses conseils, Séguier, Letellier et Louvois, de Lionne et surtout Colbert. Louis XIV alors repousse les prétentions des Anglais, et achète à Charles II Mardyck et Dunkerque ; il humilie l'Espagne, le pape Alexandre VIL II secourt la maison d'Autriche contre les Turks (Coligny à la bataille de Saint-Gothard), 1664; les Portugais contre l'Espagne (Schœnberg à Villa-Viciosa) ; il envoie sa marine naissante contre les pirates d'Alger et de Tunis, ou au secours de Candie. Puis, à la mort de Philippe IV, 1665, il réclame une partie des Pays-Bas, en vertu du droit de dévolution; les Espagnols, sans alliés, sont facilement vaincus; la Triple alliance, conclue à La Haye par la Hollande, l'Angleterre et la Suède , propose la paix ; Louis XIV signe le traité d'Aix-la-Chapelle, 1668; il conserve la Flandre et rend la Franche- Comté. — Mais écoutant désormais plutôt Louvois que Colbert, Louis veut se venger des Hollandais; en 1672, les Provinces-Unies sont envahies; le Bhin est franchi sous ses yeux; les Hollandais implorent la paix ; Louis XIV veut les anéantir; les Hollandais, désespérés, renversent les frères de Witt, élèvent au stathoudérat Guillaume d'Orange; ils percent leurs digues; ils excitent contre nous l'Europe émue, qui forme une première coalition (l'Empereur, l'électeur de Brandebourg, les princes de l'Empire, les rois d'Espagne et de Danemark), 1673. Grâce à Gondé, Turenne, Duquesne, Créqui, Luxembourg, etc., Louis XIV, victorieux sur terre et sur mer, force ses ennemis à signer les traités de Nimègue, qui lui donnent la Franche-Comté et notre frontière du nord, 1678-1679. L'Europe admire et s'incline; l'Hôtel de Ville de Paris décerne officiellement à Louis le nom de Grand, 1680. C'est l'apogée du règne,.
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— Mais Louis XIV ne sait pas modérer son ambition ; il continue ses conquêtes pendant la
Eaix, au moyen des Chambres de réunion; Strasourg nous est vendue en 1684 ; les flottes de Duquesne vont bombarder sans pitié Gênes aussi bien qu'Alger; Innocent XI, déjà mécontent, à la suite de l'affaire de la Régaie, attaqué, comme pontife, dans la célèbre déclaration du cierge français, 1682, est bumilié, comme souverain, dans l'affaire des Franchises, 1687. Les craintes de l'Europe amènent enfin la ligue d'Augsbourg, lorsque Guillaume d'Orange, détrônant le catholique Jacques II, donne à la coalition le crédit et les flottes de l'Angleterre, 1688-1189. — Dans cette guerre, nos armées furent encore victorieuses, et cependant Louis XIV, à la paix de Ryswick, 1697, fut forcé d'abandonner tout ce qu'il avait acquis, depuis Nimègue, sauf Strasbourg, et de reconnaître Guillaume III comme roi d'Angleterre. — La France commençait à être épuisée; mais le testament du roi d'Espagne, Charles II, qui choisit pour son héritier universel le second des petits-fils de Louis XIV, Philippe, duc d'Anjou, doit amener une nouvelle coalition, 1700. Louis XIV sembla prendre plaisir à braver les colères des puissances voisines ; Guillaume III jeta les bases de la Grande ligue, avant de mourir , 1702 ; Eugène, Marlborough, Heinsius, dirigèrent habilement la coalition, lorsque le vieux roi prétendait former ses ministres et guider ses généraux; mais il choisit trop souvent des Chamillard et des Villeroy ; puis la France épuisée pouvait difficilement résister à l'Europe coalisée. Après de trop nombreuses défaites et de profondes humiliations, Louis XIV put enfin se relever honorablement. La bataille sanglante de Malplaquet, 1709, la disgrâce des whigs et de Marlborough en Angleterre, 1710, l'avènement de l'empereur Charles VI, 1711, détachèrent la reine Anne de la coalition. La victoire de Villars à Denain, 1712, amena le traité d'Utrecht, 1713 ; une dernière campagne décida Charles VI et l'Empire à signer les traités de Rastadt et de Bade, 1714. La France conservait ses acquisitions du règne ; Philippe V, l'Espagne et ses colonies; mais l'empire espagnol était démembré, au profit de la maison d'Autriche, de la Savoie et de l'Angleterre. — Le règne de Louis XIV a vu la grandeur de l'établissement monarchique et le commencement de sa décadence; il a longtemps réalisé la théorie du pouvoir absolu ; il a été le maître, avec l'assentiment de la nation tout entière; le Parlement réduit au silence; la noblesse disciplinée, soumise et servile ; le clergé, soutenant le tout-puissant monarque, même contre ie pape ; les dissidents, persécutés comme des rebelles; les protestants frappés par la révocation de l'édit de Nantes, 4685; les jansénistes poursuivis pendant tout le règne; Port-ltoval détruit, 1709; la bulle Unigenitus, 1713, assombrissant les dernières années du règne ; le Quiétisme, frappé surtout dans la
Eersonne de Fénelon, etc. ; tout nous montre ouis XIV imposant partout sa volonté; et, malgré ses grandes qualités de roi, finissant par faire plus de mal que de bien à la France, dont il voulait sincèrement la grandeur. Cependant c'est avec raison qu'on a appelé Siècle de Louis XIV cette brillante époque des grands hommes, qu'il sut comprendre et grouper autour de sa rovale personne, pour en rehausser la splendeur. Louis XIV avait épousé Marie-Thérèse d'Autriche, qui mourut en 1683; il en eut un fils, Louis, le Grand Dauphin, qui mourut en 1741, père du duc de Bourgogne, de Philippe, duc d'Anjou, et de Charles, duc de Berry. 11 épousa secrètement, peu de temps après la mort de la reine, M«»e de Maintenon. Si l'on a de graves reproches à adresser a Louis XIV, sur-
tout à cause de ses amours presque mythologiques, il faut reconnaître que sa mort fut admirable de résignation et de majesté.
Louis xv, né le 15 février 4710, à Versailles, mort le 10 mai 1774, fils du due de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie, succéda à son bisaïeul, Louis XIV, le 1er septembre 1745. Mineur de fait et de nom jusqu'en 4723, de fait jusqu'à la mort du cardinal Fleury, 4743, plus tard, insouciant, égoïste, dissolu, gouverné par des favorites, Louis XV ne fil guère qu'assister à son règne. — Le Parlement, cassant le testament de Louis XIV, donna la régence a Philippe, duc d'Orléans ; c'est une période de désordres et d'immoralité, signalée a l'intérieur par les aventures du système financier de Law, au dehors par une guerre contre Philippe V et son ministre Albéroni. C'est Dubois qui dirige surtout la politique extérieure, 4745-4723. Louis XV, déclaré majeur, en 4723, vit mourir à quelques mois de distance le cardinal Dubois, puis le duc d'Orléans, qui avaient été nommés premiers ministres. — Fleury, son précepteur, fit donner le ministère au duc de Bourbon, que gouvernèrent la marquise de Prie et Paris-Duverney. Le renvoi brutal de l'infante d'Espagne, qui devait épouser Louis XV, le mariage du roi avec Marie Leczinska, amenèrent une rupture avec l'Espagne; Fleury décida Louis XV à renvoyer le duc de Bourbon, et, dès lors, fut tout puissant jusqu'à sa mort, 4726-4743. — Fleury rendit la paix à l'Europe; gouverna avec modération et avec économie; mais négligea systématiquement la marine. Malgré son amour pour la paix, il fut entraîné dans deux guerres sérieuses : 4° Dans la guerre dite de Pologne, les armées de l'empereur Charles VI furent battues en Allemagne et en Italie ; les traités de Vienne, 4735-4738, donnèrent le royaume des Deux-Sici- Jes à un Bourbon, don Carlos, fils de Philippe V, et la Lorraine à Stanislas Leczinski; 2<> Dans la guerre de la succession d'Autriche, Fleury soutint contre Marie-Thérèse l'électeur de Bavière, Charles-Albert^qui devint même empereur sous le nom de Charles VII, 4740-4748. Cette guerre impolitique et injuste devait être mêlée de succès et de revers. Fleury mourut, au moment où Marie-Thérèse reprenait l'offensive et chassait nos soldats de Bohême. C'est alors que Louis XV, allant au secours de l'Alsace menacée, tomba malade à Metz; la France entière accueillit la nouvelle de sa guérison par de vives manifestations d'allégresse; il fut surnommé le Bien- Aimé, 4744. Mais il oublia bientôt ce peuple, encore confiant; et, après la mort prématurée de la duchesse de Chàteauroux, il éleva au pouvoir une nouvelle maîtresse, qui devait gouverner la France et le roi pendant dixneuf ans. — La marquise de Pompadour joua véritablement le rôle de premier ministre. Le roi parut encore à l'armée, en 4745 ; il prit même part à la bataille de Fontenoy; mais dès lors, il se laissa tomber dans une indifférence égoïste. La guerre de la succession d'Autriche se termina par le traité d'Aix-la-Chapelle, en 4748; Louis XV avait hâte d'en finir et déclara qu'il voulait traiter non en marchand, mais en roi; il restitua toutes ses conquêtes. Déjà les satires ot les libelles étaient des signes du mépris public; une multitude de partis et de cabales se formaient dans l'Etat; la guerre recommença entre le parlement et le clergé, de 4752 à 4756, au sujet de la bulle Unigenitus. Il fallut l'attentat de Damiens. qui blessa le roi d'un coup de canif, 5 janvier 4757. pour rétablir un peu de concorde dans les hautes sphères du gouvernement Mais déjà la France était engagée dans la triste guerre de Sept Ans, 4756-4763. Louis XV, malgré sa pusillanimité, avait dû se résigner à la guerre contre les Anglais, qui attaquaient nos
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flottes et nos colonies ; mais la vanité de Mme de Pompadour nous imposa l'alliance onéreuse de Marie-Thérèse, par le traité de Versailles, 1er mai 1756. Le gouvernement français perdit notre argent, nos armées, notre réputation militaire, dans une guerre impolitique, mal diri- Î;ée, malheureuse, contre Frédéric II ; il nous allut, malgré le Pacte de famille, œuvre du ministre Choiseul, 1761, signer le traité de Paris par lequel nous abandonnions Minorque, le Canada, l'île du cap Breton ; la Louisiane, donnée à l'Espagne ; l'empire que Dupleix avait Toulu fonder dans l'Inde, 1763.— Madame de Pom-
adour et. le ministre Choiseul contribuèrent à ia ruine des jésuites, 1762, que Louis XV aurait peut-être voulu sauver. Choiseul, le plus puissant des ministres jusqu'en 4770, tenta des réformes dans l'administration, dans l'armée, dans la marine; la Lorraine, 4766, et la Corse, 4768, furent réunies à la France. Mais le roi ne l'aimait pas et était jaloux de sa réputation. Choiseul venait de décider le mariage du nouveau dauphin, Louis, avec Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérèse, 4770, lorsqu'une basse intrigue le renversa ; une nouvelle favorite, M°»e du Barry, avait été surtout l'instrument dont s'étaient servis les ambitieux qui remplacèrent Choiseul : — le chancelier Maupeou, qui détruisit les parlements, 4774 ; le contrôleur général Terray, qui avait recours à la banqueroute et entrait, comme le roi lui-même, dans le Pacte de famine,- enfin le duc d'Aiguillon. Au moment où mourut Louis XV, le pays était déconsidéré au dehors, le pouvoir était méprisé et haï; et jamais les vices du gouvernement n'avaient été plus généralement signalés par les philosophes et par les économistes. Une révolution semblait imminente; le corps du roi fut porté à Saint-Denis, au milieu des injures et des cris de joie de la multitude.
Loais xvi (Louis-Auguste), né à Versailles, le 23 août 1754, mort le 21 janvier 4793. Fils du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe ; d'abord duc de Berry, il perdit son père en 4765, sa mère en 4767", et succéda à son grandpère Louis XV, en 4774. D'un extérieur vulgaire, de mœurs honnêtes, animé de bonnes intentions, mais d'un caractère faible, timide, facile aux influences, ses goûts l'entraînaient vers les arts mécaniques; il maniait avec plaisir la lime du serrurier, le marteau du forgeron, et il aimait surtout la^chasse. Il avait épousé, le 16 mai 4770, Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérèse. — Le jeune roi confia la direction des affaires au vieux comte de Maurepas; Vergennes eut les affaires étrangères; bientôt le comte de Saint-Germain commença de grandes réformes dans l'armée; Malesherbes avait le ministère de la maison du roi, Turgot, ' les finances. La nation espéra. Malheureusement les privilégiés devaient empêcher les reformes, et Louis XVI, qui disait : « Il n'y a qui» M. Turgot et moi qui aimions le peuolé, » eut l'insigne faiblesse de lui imposer sa démission. Après l'incapable ministère de Clugny, Maurepas confia les finances au banquier genevois, Necker, 4777. Celui-ci trouva dans l'em- Erunt les ressources dont le gouvernement avait esoin pour le gouvernement et pour aider les colonies d'Amérique, révoltées contre l'Angleterre. La guerre fut bien soutenue par notre marine, et Je traité de Versailles la termina heureusement, en 1783; mais l'on avait dépensé 4400 millions, et la guerre avait excité l'enthousiasme en faveur des principes qui venaient de triompher. Les réformes de Necker et surtout la publication du Compte rendu des finances excitèrent contre lui les privilégiés ; il fut forcé de donner sa démission, mai 4784. — Maurepas étant mort, la reine commença à exercer sur
son époux un empire absolu ; Calonne fut porté au contrôle général des finances par la cabale du comte d'Artois et des Polignac, qu'elle soutenait. Il érigea la prodigalité en système, 4783- 4787 et augmenta encore les embarras financiers de la royauté; cependant Louis XVI fut bien accueilli, lorsqu'il alla visiter les premiers travaux de Cherbourg, 4786, et il s'honorait, en rédigeant des instructions pour le voyage de La Pérouse. Calonne dut, à son tour, proposer de vastes plans de réformes; les Notables, réunis à Versailles, 22 fév. 4787, amenèrent sa disgrâce. Son successeur, Loménie de Brienne, fut incapable, toujours en lutte avec les parlements et forcé de donner sa démission; Necker fut rappelé pour préparer la France à la convocation des Etats généraux, 4788. Louis XVI avait décrété l'abolition de la mort civile pour les protestants, l'abolition de la question préalable, du servage dans les domaines royaux, etc. Une seconde assemblée des Notables, 4788, avait rejeté le principe de la double représentation du tiers état; Louis XVI, conseillé par Necker, statua en faveur du doublement du tiers, mais sans rien régler sur le mode de délibération des Etats. — Le roi ne sut ni diriger, ni dominer les Etats généraux, réunis le 5 mai 4789, à Versailles. Le tiers état, sur la motion de Sieyès, se déclara Assemblée nationale, le 17 juin; le fameux serment du Jeu de Paume, 20 juin, répondit aux menaces de la Cour; les députés refusèrent d'obéir aux ordres qu'il leur donna dans la séance royale du 23 juin; on rassembla des troupes pour employer la force. La prise de la Bastille par le peuple, 14 juillet, était bien une révolution, comme le disait à Louis XVI le duc de La Bochefoucauld-Liancourt ; le roi rappela Necker, et se rendit à Paris, le 47, où Bailly était nommé maire, La Fayette, commandant de la garde nationale. Alors l'émigration commence; Louis XVI est abandonné par ceux qui auraient pu surtout le défendre; l'imprudent banquet des gardes du corps à Versailles est l'occasion de la terrible émeute des 5 et 6 octobre ; la foule arrache Louis XVI et sa famille du palais des anciens rois pour les ramener à Paris. Le roi, obéissant aux conseils de la reine, se laissait aller, quoique avec répugnance, à solliciter les secours des étrangers ; mais il repoussa toujours l'appui plus sûr du parti constitutionnel, dont La Fayette était le chef. Il voulut fuir et se réfugier dans l'armée du marquis de Bouille, placée sur la frontière N.-E. «Arrêté à Varennes, 22 juin 4794, il fut ramené à Paris, et suspendu de ses pouvoirs par l'Assemblée; puis il prêta serment à la Constitution nouvelle, 44 septembre , et fut réintégré dans l'exercice de ses droits. L'Assemblée législative, réunie le i" octobre, entraînée par le parti de la Gironde, prépara l'établissement de la Bépublique. Le roi refusa de sanctionner les deux décrets contre les émigrés et contre les prêtres insermentés ; vainement il déclara la guerre à l'empereur François II, 20 avril 4792 ; vainement il accepta le ministère girondin. Une insurrection se préparait; le 20 juin, 20 à 30,000 personnes envahirent les Tuileries; Louis XVI resta ferme et digne. Il espérait encore être sauvé par les étrangers; mais l'insolent manifeste du duc de Brunswick souleva les passions patriotiques et les fureurs révolutionnaires. La patrie fut déclarée en danger ; quarante-sept sections de Paris demandèrent la déchéance du roi; le 40 août, les Tuileries furent envahies, et Louis XVI forcé de se réfugier dans le sein de l'Assemblée. Suspendu de ses fonctions, puis renfermé au Temple avec sa famille, il n'était plus désormais que la victime malheureuse de la révolution triomphante. Dès lors il déploya la résignation la plus cou-
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rageuse, et montra ces modestes vertus de père et de chrétien, qui firent oublier à beaucoup les fautes et les faiblesses du roi. La Convention avait proclamé la République ; le 43 novembre, on demanda le jugement de Louis XVI ; conduit le 41 décembre devant la Convention, il répondit aux 34 chefs d'accusation, prit pour défenseurs Tronchet et Malesherbes, qui s'adjoignirent le jeune Desèze ; mais on le sépara de sa famille. Déclaré coupable de conspiration par 693 voix, il fut condamné à mort par 387 voix sur 724 votants; l'appel au peuple, proposé par les Girondins, avait été rejeté par 423 voix contre 284. Louis XVI mourut avec une fermeté toute chrétienne, en protestant de son innocence, sur l'échafaud même, 21 janvier 4793. Ses restes furent portés au cimetière de la Madeleine; c'est sur cet emplacement qu'on a élevé la chapelle expiatoire de la rue d'Anjou. — Outre les instructions données à La Pérouse, on a de Louis XVI : Description de la forêt de Compiègne, 4766 ; les Maximes morales et politiques tirées du Télémaque, 4766; Réflexions sur mes entretiens avec M. le duc de la Vauguyon, longtemps restées manuscrites.
Louis XVII (Louis-CHARLES de France),
fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, né à Versailles le 27 mars 478o, dauphin après la mort de son frère aîné, Louis-Joseph, 4789, fut enfermé au Temple avec sa famille, en 4792. Séparé de sa mère, le 3 juillet 4793, il fut confié, par la Commune de Paris, à la garde du cordonnier Simon, qui l'accabla de mauvais traitements; il mourut le 8 juin 4795. Plus tard, plusieurs imposteurs essayèrent de se faire passer pour Louis XVII, qui aurait échappé aux horreurs de la prison.
Louis xviii (Lodis-Stanislas-Xavier), né à Versailles le 47 novembre 4755, mort à Paris le 46 septembre 4824, frère de Louis XVI, porta d'abord le titre de comte de Provence. Il épousa, en 4774, Louise-Marie-Joséphine de Savoie, fille du roi de Sardaigne, Instruit, ayant des goûts littéraires, il contribua à la chute de Calonne, se prononça pour la double représentation du tiers, et sembla d'abord favorable à la Révolution. Mais, au moment de la fuite du roi, il quitta Paris et arriva sans obstacle à Bruxelles, juin 4794. Il fut déclaré déchu de ses droits à la régence, et prit cependant le titre de régent, au nom de son neveu Louis XVII, 27 janvier 4793, et celui de roi après la mort du jeune prince, 1795. 11 fut reconnu par quelques fidèles, par plusieurs cabinets de l'Europe, mais pour la plupart resta le comte de Lille; en 4796, il fut forcé de quitter Vérone par le gouvernement vénitien, et vint s'établir à Mittau, en Courlande, puis en Prusse, à Memel et à Varsovie ; c'est de là qu'il répondit avec fermeté aux avances de Bonaparte, et qu'il adressa à tous les souverains de l'Europe une protestation solennelle contre la proclamation de l'Empire. Après le traité de Tilsit, il se rendit en Angleterre, et vécut obscurément à Gosfield, puis à Hartwell jusqu'en 4844. — La chute de Napoléon amena le rétablissement des Bourbons; le sénat appela au trône le frère de Louis XVI, 6 avril. Louis XVIII, après avoir remercié, à Londres, le prince régent des secours qu'il lui avait donnés, débarqua à Calais, 24 avril, publia la déclaration de Saint- Ouen, dans laquelle il promettait une Charte, et, le 30 mai, signa le traité de Paris, qui confirma les conditions de la convention du 23 avril ; enfin, le 4 juin, il octroya la Charte constitutionnelle, qui était datée de la dix-neuvième année de son règne. — Les fautes de la première Restauration amenèrent l'aventure des Cent-Jours. Louis XVIII, abandonné par la France mécontente ou stupéfaite, quitta Paris dans la nuit du 49 mars 4815 et se retira à Gand. La défaite de Waterloo, et les intrigues de Fouché lui rendirent le trône. Louis XVIII, après
s'être débarrassé de son premier ministère, Talleyrand-Fouché, confia les affaires au duc de Richelieu, et, par la convention du 20 novembre 4815, conjura de grands dangers par de douloureux sacrifices. Mais la réaction royaliste fut plus forte que le gouvernement; il y eut des condamnations juridiques, des assassinats, les excès populaires de la terreur blanche, surtout dans le Midi, les exagérations réactionnaires de la chambre introuvable. Louis XVIII, soutenu par les conseils énergiques de M. Decazes, qu'il aimait, rendit l'ordonnance du 5 septembre 4846, qui arrêta les progrès de la réaction. Pendant près de quatre ans, Louis XVIII s'efforça de gouverner avec l'appui des modérés; on fit accepter la loi électorale de 4847, puis la loi du recrutement de l'armée, 4848. Aux conférences d'Aix-la-Chapelle, le duc de Richelieu, à la grande joie de Louis XVIII, obtint l'évacuation du territoire français par les troupes alliées. Le ministère Dessoles-Decazes. 4818-1819, eut l'honneur de faire triompher une loi sur la liberté de la presse, œuvre remarquable de M. de Serre. Mais les progrès menaçants des libéraux commencèrent a enrayer le gouvernement; l'assassinat du duc de Berry vint assurer le triomphe du parti de l'ancien régime, 4820. M. Decazes fut obligé de donner sa démission. Le second ministère du duc de Richelieu, février 4820-décembre 4824, prépara la voie au ministère purement royaliste de M. de Villèle; une nouvelle loi électorale, dite du double vote, donna le pouvoir à la grande propriété, à l'aristocratie ; le parti religieux de la congrégation s'empara de la plupart des emplois importants; le comte d'Artois semblait déjà régner. On surveilla, on supprima les cours publics ; M. de Frayssinous devint grand maître de l'université. En 4823, au congrès de Vérone, la France demanda à intervenir par les armes dans les affaires d'Espagne, pour combattre la révolution ; l'expédition d'Espagne, dirigée par le duc d'Angoulême, rétablit l'autorité absolue de Ferdinand VII ; et les royalistes entrèrent en foule dans la nouvelle chambre de 4824 ; M. de Villèle fit décider que désormais la chambre ne serait renouvelée intégralement que tous les sept ans. Louis XVIII, affaibli par les infirmités, mourut le 46 septembre, laissant le trône à son frère, Charles X. Prince sagace et mesuré, il avait compris la nécessité du gouvernement représentatif; il avait su éviter bien des fautes. On lui a attribué : les Mannequins, conte ou histoire, comme l'on voudra, 4776; Description historique d'un monstre symbolique. 4784 ; Eclaircissements sur le livre rouge, 1790; Relation d'un voyage à Rruxelles et à Coblentz, 4823; Correspondance et écrits de S. M. Louis X VIII, 4824; Lettres écrites d' Hartwell, 4824 ; des poésies légères, l'opéra de la Caravane, signé par Morel, la comédie du Luthier de Lubeck , jouée au Théâtre-Français en 4848.
Louis-Philippe i*r, roi des Français, né à Paris, le 6 octobre 4773, mort à Claremont (Surrey), le 26 août 4850, fils du duc d'Orléans et de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, qui, par son père, le duc de Penthièvre, descendait du comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV. Il fut élevé avec sa sœur, madame Adélaïde, par madame de Genlis ; duc de Chartres, en 4785, avec le brevet de colonel d'un régiment de dragons, il applaudit aux idées nouvelles ; en 4794, à Vendôme, il donna plusieurs preuves de dévouement et reçut une couronne civique. Il se distingua surtout, comme lieutenant général, à Vafmy et à Jemmapes ; combattit, sous Dumouriez, en Hollande, à Neerwinden, 4793, et, pour sauver ses jours menacés, fut forcé de le suivre dans sa défection, mais refusa de combattre la France. Il se réfugia en Suisse avec sa sœur, et
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donna des leçons de géographie et de mathématiques, dans un modeste pensionnat de Reichenau (Grisons). Après la mort de son père, il prit le titre de duc d'Orléans, 1794, alla visiter les Etats Scandinaves; s'embarqua pour l'Amérique, 1796. A son retour, il s'établit à Twickenham, en Angleterre, 4800; ses plus jeunes frères, le duc deMontpensier mourut de la poitrine, en 1807 , le comie de Beaujolais, atteint du même mal, succomba à Malte, en 1808. Louis-Philippe épousa la fille de Ferdinand, roi de Sicile, Marie-Amélie, en 1809. En 1814, il rentra en France, où Louis XVIII lui rendit les biens considérables de sa famille et le nomma colonel-général des hussards. Au retour de l'île d'Elbe, le duc d'Orléans quitta la France pour un second exil et rejoignit sa famille à Twickenham. Rentré en France, malgré sa conduite prudente, il ne cessa de mériter une popularité qui devait grandir, ouvrant ses salons aux députés libéraux, aux écrivains, aux artistes. Charles X, en 1824, lui accorda le titre d'Altesse royale, et lui assura la possession de tous les biens de sa maison, demeurés à l'Etat, à titre d'apanage. Pendant la lutte de juillet 1830, il fut comme oublié, àNeuilly où il vivait, par les deux partis qui se disputaient la victoire. Les députés de la réunion Laffitte crurent alors que le duc d'Orléans était le seul homme capable de sauver la royauté constitutionnelle, et il fut appelé aux fonctions de lieutenant-général du royaume. Charles X le nomma lui-même lieutenant général du royaume, 1er août ; puis, après avoir abdiqué, le chargea de faire proclamer Henri V : c'était une tâche audessus des forces du duc d'Orléans. Aussi, après avoir juré fidélité à la nouvelle Charte, rapidement revisée et amendée, 7 août, il fut proclamé sous le nom de Louis-Philippe 1er, roi des Français.
De 1830 à 1836, le roi, de concert avec le Parlement, lutta avec succès contre les partis et surtout contre l'esprit révolutionnaire. Le ministère Laffitte (2 novembre) lui parut nécessaire pour calmer les esprits, au moins pendant la crise du procès des ministres de Charles X. L'émeute fut vaincue; mais La Fayette dut donner sa démission de commandant général des gardes nationales de France ; Dupont de l'Eure sortit du ministère ; et, après les scènes tumultueuses de Saint- Germain - l'Auxerrois, 14 février 1831, Laffitte dut céder la place à des hommes plus énergiques. Telle fu,t la tâche entreprise par le ministère dirigé par Casimir Périer, 11 mars 1831. On vota une nouvelle loi électorale ; la Chambre des pairs fut reconstituée, mais privée de l'hérédité, 18 octobre-19 novembre ; les émeutes furent sévèrement réprimées, à Paris, à Lyon, à Grenoble; les complots légitimistes ou républicains furent déjoués ; le système du juste milieu triompha. Au dehors, la paix fut maintenue ; Tallevrand, ambassadeur a Londres, avait jeté les bases d'une alliance intime avec l'Angleterre. Malgré les excitations du parti révolutionnaire, le principe de nonintervention fut appliqué résolument dans trois grandes affaires : la Belgique s'était soulevée contre la Hollande; les conférences de Londres triomphèrent des résistances du roi Guillaume, Louis-Philippe refusa la couronne pour son fils, le duc de Nemours, mais s'entendit heureusement avec l'Angleterre pour assurer le trône de Léopold de Saxe-Cobourg, qu'un mariage avec la fille du roi, la princesse Louise, unit intimement à la France, 1832. Deux fois l'armée française passa la frontière pour défendre la Belgique, 1831, 1832, et le siège d'Anvers ne fut pas sans gloire; — la Pologne ne pouvait pas être soutenue par la France dans sa lutte désespérée contre la Russie; — en Italie, on obtint l'évacuation du territoire pontifical par les Autrichiens,
on conseilla de sages réformes dans le célèbre mémorandum adressé à Grégoire XVI et lorsque les Autrichiens reparurent à Bologne, Casimir Périer n'hésita pas à braver l'Europe, en faisant occuper Ancôi^e par une division française, 1832. A la même époque, l'amiral Roussin forçait l'entrée du Tage et dictait à dom Miguel les réparations qu'on avait le droit d'exiger de lui (juillet 1831). Lorsque Casimir Périer mourut du choléra, 16 mai 1832, la monarchie constitutionnelle semblait fondée; la tentative des légitimistes, dirigée par la duchesse de Berrydans la Vendée, échoua ; le fameux compte rendu des députés de l'opposition n'agita que médiocrement le pays ; l'insurrection républicaine des 5 et 6 juin "1832, à Paris, rallia la bourgoisie autour de la royauté menacée. — Le ministère du 11 octobre 1832, sous la présidence du maréchal Soult, réunit les hommes les plus considérables du parti conservateur, MM. de Broglie, Guizot, Thiers ; il resta fidèle, sous les auspices du roi, à la politique inaugurée par Casimir Périer. Au dehors, on assura, de concert avec l'Angleterre, par le traité de la quadruple alliance, le triomphe de la cause constitutionnelle, en Portugal, avec dona Maria, en Espagne, avec Isabelle, 1834; à l'intérieur, c'est l'époque des lois sur l'instruction primaire, 1833, sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, sur les caisses d'épargne, etc. On réprima de nouvelles émeutes républicaines à Lvon, à Paris, etc., 1834; l'odieux attentat de Fieschi, 28 juillet 1835, fut l'occasion de lois jugées nécessaires pour protéger le gouvernement (lois de septembre). — Mais alors commença la période des luttes parlementaires, des crises ministérielles. Louis-Philippe, qui avait la conscience de sa valeur, n'était pas homme à subordonner la royauté à la Chambre. On vit alors se succéder de nombreux ministères; cette période ne fut cependant pas stérile ; réformes dans le régime douanier , loi sur les chemins vicinaux, abolition de la loterie, des maisons de jeu, question des chemins de fer, etc. La tentative du prince Louis-Napoléon Bonaparte à Strasbourg, 28 octobre 1836, échoua misérablement; le mariage du duc d'Orléans avec la princesse Hélène de Mecklembourg- Schwerin, 30 mai 1837, suivi de l'inauguration du Musée national de Versailles, 10 juin, rendit quelques moments de calme à Louis-Philippe, malgré plusieurs attentats nouveaux dirigés contre sa personne. Malheureusement, en 1839, une coalition parlementaire réunit contre le ministère Mole les principaux chefs des partis dans la Chambre ; la coalition triompha, et la royauté fut moralement vaincue. Cependant, on réprima facilement l'émeute républicaine du 12 mai 1839, et une nouvelle tentative de Louis- Napoléon, à Boulogne, échoua, 5 août 1840. — Pendant cette période, on intervint en Suisse, 1-836-37; l'amiral Leblanc punit Rosas, dictateur de la république Argentine, 1838; l'amiral Baudin et le prince de Joinville forcèrent le gouvernement du Mexique à donner les réparations demandées, après la prise de Saint-Jean-d'Ulloa, 1838. Mais la question d'Orient fut sur le point de jeter l'Europe dans une guerre générale ; le traité de Londres du 15 juillet 1840, en laissant la France en dehors du concert européen, blessa vivement les susceptibilités nationales. On fit des armements de guerre ; on vota les fortifications de Paris. Mais Louis-Philippe, après la note du 8 octobre, crut qu'il était désormais inutile de braver l'Europe, et le cabinet du 1" mars, dirigé par M. Thiers, se retira. — Dans une 3e période du règne, le ministère du 29 octobre, présidé d"abord par le maréchal Soult, est surtout dirigé par M. Guizot. La majorité conservatrice marche de concert avec le roi. Le gouvernement se refuse alors à toute concession, à toute
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innovation, et repousse la réforme parlementaire comme la réforme électorale. C'est le temps des grands débats entre le clergé et l'Université au sujet de la liberté d'enseignement, des attaques passionnées contre les jésuites. Au dehors, le traité des Détroits, du 13 juillet 1841, avait fait rentrer la France dans le concert européen, et l'influence pacifique du pays contribua en Espagne au triomphe des modérés et s'étendit sur l'Italie, la Grèce, la Belgique, une partie de l'Allemagne. Mais, malgré le voyage du roi en Angleterre, 1844, malgré les deux visites de la reine Victoria à Eu, 1843, 1845, Ventente cordiale avec l'Angleterre ne put jamais être complètement rétablie. L'opinion publique, en France, manifesta ses préventions et ses craintes dans les discussions sur le droit de visite pour la répression de la traite, 1842-43; dans les débats au sujet du désaveu de l'amiral Dupetit-Thouars et de l'indemnité Pritchard, 1844-45. Louis-Philippe eut aussi à conjurer les dispositions hostiles ou jalouses de l'Angleterre, dans les affaires du Maroc, mais surtout dans celles des mariages espagnols. On fonda des établissements français à Nossi-Bé, aux îles Marquises, àTaïti, àGrand-Bassam,àAssinie, au Gabon, à Mayotte. Enfin la conquête de l'Algérie avait été glorieusement poursuivie; notre armée avait triomphé de tous les ennemis, des Arabes, de l'empereur du Maroc, complètement vaincu par Bugeaud, à la bataille d'Isly, 1844; et le duc d'Aumale, par la reddition d'Abd-el-Kader (nov. 1847), avait assuré pour toujours l'Algérie a la France. — Mais le roi avait vu la mort fatale de son fils aîné, le duc d'Orléans, 13 juillet 1842, et il perdit, a la fin de 1847, les conseils dévoués de sa sœur, madame Adélaïde. L'opposition résolut de répandre l'agitation dans le pays, en organisant la campagne des banquets réformistes ; le discours" du roi flétrit ces agitations soulevées par des passions ennemies ou par des ent-raînements aveugles; 55 députés déposèrent une demande de mise en accusation des ministres. La révolution commença aux cris de Vive la Réforme ! Louis-Philippe consentit avec douleur à la retraite de ses ministres, 25 février; un trouble inexplicable désorganisa le gouverment; il n'y eut plus de commandement; le vieux roi crut devoir abdiquer en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. Pendant que la royauté du jeune prince, avec la régence de la duchesse d'Orléans, succombait à la Chambre des députés, 24 février, Louis-Philippe parvenait à se réfugier en Angleterre; il vécut encore deux ans au château de Claremont, occupé de liquider honnêtement la dette qu'il avait laissée en France, continuant ses Mémoires et justifiant les principaux actes de sa vie et de sa politique. Louis-Philippe a eu huit enfants : le duc d'Orléans, père du comte de Paris, né en 1838, et du duc de Chartres, né en 1840; Louise, reine des Belges, 1812-1850; Marie, princesse de Wurtemberg, 1813-1839; le duc de Nemours, né en 1814; Clémentine, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha, née en 1817 ; le prince de Joinville, né en 1818 ; le duc d'Aumale, né en 1822 ; le duc de Montpensier, né en 1824.