SUL
par 20,000 habitants, du Conseil des Etats, composé de 44 membres, 2 par canton, du Vorort ou conseil fédéral exécutif, composé de 7 membres élus pour 3 ans par les deux assemblées. Le président du Vorort est nommé pour un an par les conseils réunis. Ce gouvernement réside à Berne. — Tout citoyen suisse est soldat do 20 a 30 ans, l'effectif est de 208,000 hommes, dont 115,000 hommes d'armée régulière, 92,000 hommes de réserve et de landwerh. Les cadres seuls sont permanents. Le budget est de 57 millions, dont 40 pour le budget fédéral et 17 pour les budgets cantonaux. — Les chemins de fer sont déjà nombreux, et parcourent le pays en tous sens. Par ces chemins, les Suisses exportent de l'horlogerie, des soieries, des toiles, du papier, des tissus de coton, des bestiaux, des fromages et du beurre; ils importent des vins, des eauxde-vie, des denrées coloniales, de l'huile et des tissus de laine.
Suleau (François-Louis), né à Granvilliers (Oise), 1757-1792, fut l'ardent défenseur de l'autorité royale. Sa verve de pamphlétaire, surtout dans les Actes des Apôtres, et le Journal de Suleau, le rendit bientôt célèbre; il s'employa à rattacher Mirabeau à la cour. Le 10 août 1792, il fut massacré par la foule.
Suiia et non Syii» ( Lucius Cornélius ), d'une branche obscure de la gens Cornelia, famille patricienne, né à Rome, 138-78 av. J.-C, passa sa jeunesse dans la débauche. 11 fut questeur de Marius en Afrique, et obtint que Bocchus livrât aux Romains son gendre Jugurtha. Jl fut encore lieutenant de Marius dans la guerre des Cimbres, puis s'attacha à Catulus, et eut une part décisive à la victoire de Verceil, 101. Il n'obtint la préture, qu'en 93, dans la guerre sociale, il combattit les Italiens avec acharnement et avec succès. Il fut nommé consul en 88, et fut chargé de combattre Mithridate. Le vieux Marius lui disputa ce commandement; à la tête de son armée réunie à Nota, Sulla marcha sur Rome, proscrivit quelques-uns de ses plus ardents ennemis, et partit pour combattre Mithridate, 87. Il prit Athènes, et fit massacrer les habitants, 86 , vainquit les généraux de Mithridate, Archélaùs près de Chéronée, Dorilaùs près d'Orchomène, 85; passa en Asie, avec son lieutenant Lucullus, et imposa au roi de Pont un traité onéreux, 84. Il gorgea ses soldats de butin, et, après avoir rétabli Ariobarzane en Cappadoce et Nicomède en Bithynie, alla en Italie pour faire la guerre civile, contre le parti de Marius, 83. Sulla battit Norbanus près de Capoue; les armées de Scipion et de Carbon firent défection, le jeune Marius fut vaincu à Sacriport, en Etrurie ; le Samnite Telesinus fut accablé près de la porte Colline, Sulla fit massacrer dans le cirque les 6,000 prisonniers qui avaient survécu. Alors les proscriptions commencèrent ; elles s'étendirent à toute l'Italie; Préneste, où le jeune Marius s'était retiré et avait été forcé de se tuer, fut ruinée; beaucoup de villes eurent le même sort, et la plus grande partie des terres de l'Etrurie fut livrée aux soldats du vainqueur. Sulla se fit nommer dictateur pour un temps indéfini, 82, et commença ses réformes, qu'on appelle la constitution de Sulla (leges Corneliœ); elles ont le caractère aristocratique. Il fit de nouvelles lois, De falso. De sicariis, De repetundis, et établit huit tribunaux permanents (quœstiones perpétues), pour punir ces crimes. Par dégoût du f>ouvoir absolu, ou par fatigue, il se démit de a dictature, en 79, mais il resta tout-puissant. Retiré dans une villa près de Puteoli (Pouzzoles), il vécut encore quelques mois, au milieu des courtisanes et des bouffons ; il y mourut, de la maladie pédiculaire, fruit de ses débauches. On iui fit à Rome des funérailles magnifiques.
Il avait composé, en latin, des Mémoires, dont Plutarque, qui a écrit sa V/e,s'est beaucoup servi.
Sully (Maurice de), né à Sully-sur-Loire, mort en 1196, d'une naissanse obscure, fut évêque de Paris, en 1160. Il est surtout célèbVe par la réédilication de la cathédrale de Notre-Dame: Alexandre III posa la première pierre, en 1463. Les Sermons de Maurice de Sully n'ont d'importance que par la traduction française, qui en a été faite presque de son temps.
Sully (Odon ou Eude de), d'une illustre maison du Berri, cousin de la reine Alix, 3e femme de Louis VII, né à la Chapelle d'Angillon (Berri), 1165-1208, succéda à Maurice de Sully sur le siège épiscopal de Paris, en 1196, et fonda le Porrois, qui devint plus tard Port-Royal.
Sully (MAXIMILIEN de Béthane, baron DE
Rosny, puis duc de), né à Rosny, près Mantes, 1560-1641, appartenait à une branche cadette de la famille des Béthune, issus des comtes de Flandre. Son père l'attacha, dès l'âge de 11 ans, à ia personne de Henri de Navarre, dont il fut le compagnon dévoué. Il épousa une riche héritière, Anne de Courtenay. Il contribua à la victoire de Coutras, 1587, travailla à la réconciliation de Henri 111 et du roi de Navarre, montra sa valeur, parfois téméraire, à Arques et à lvry, au siège de Chartres, devant Rouen et à Aumale; épousa en secondes noces Rachel de Cochetilet, veuve du seigneur de Châteaupers, 1592. 11 engagea vivement Henri IV à abjurer, fut employé dans les affaires les plus importantes, fut nommé conseiller d'Etat et des finances en 1594 D'un caractère rude, obstiné, orgueilleux, mais laborieux, exact, résolu, ennemi du désordre, il fut l'instrument le plus vigoureux de la régénération de la France sous Henri IV, il fut nommé surintendant, 1599. Il améliora les recettes, institua une chambre de justice, pour rechercher les malversations des financiers, en 1601, et établit le droit annuel ou Paulette. Il parvint à acquitter 100 millions de dettes, à racheter 30 à 35 millions de domaines et de rentes, à augmenter considérablement les revenus, et à tenir en réserve 20 ou 22 millions qu'il avait amassés à la Bastille. Il fut surintendant des bâtiments et fortifications, grand voyer, grand maître de l'artillerie, 1599, gouverneur du Poitou, 1603, puis duc de Sully et pair de France, 1606. Il favorisa surtout l'agriculture; autorisa l'exportation des grains, des vins, des eaux-de-vie ; ordonna le dessèchement des marais ; multiplia les routes, et commença le canal de Briare, en 1604. Il contribua à réprimer la turbulence des grands seigneurs, catholiques ou protestants; résista plus d'une fois à son maître pour mieux le servir; fut souvent chargé des missions les plus périlleuses et les plus délicates, décidant Catherine de Navarre à rompre avec le comte de Soissons ; Marguerite de Valois à divorcer ; en lutte avec les maîtresses, avec Gabrielle d'Estrées, avec la marquise de Verneuil ; intervenant entre Henri IV et la reine Marie de Médicis. En 1610, il fut nommé membre du conseil de régence; mais son rôle politiqne était fini ; il se démit de la surintendance des finances et du gouvernement de la Bastille, en 1611 ; mais il garda ses grandes charges, et vécut loin de la cour. En 1616, il se démit du gouvernement du Poitou , en faveur de son gendre, le duc de Rohan; il échangea, en 1634, sa charge de grand maître de l'artillerie pour le bâton de maréchal. Possesseur d'une grande fortune, il vivait habituellement à Vilfebon, à Rosny et à Sully, mettant en ordre avec ses secrétaires ses nombreux papiers et ses Mémoires, publiés sous le titre bizarre de Mémoires des sages et royales Œconomies d'Etats de Henry le Grand; c'est un monument précieux pour l'histoire de Henri IV. Il a publié lui-même