‹ Dictionnaire classique d'histoireChapitre 655 sur 657 · TUN · texte numérisé non relu

TUN

Membre de l'Académie des sciences morales, 26 déc, il commença VHistoire du Consulat et de l'Empire, dont les 20 volumes parurent de 1845 a I8b2: l'Institut devait accorder, en 1862, a celle œuvre nationale, le prix île 2(J,00U francs, fondé par [Napoléon III. Pendant le ministère du 29 octobre, il défendit avec énergie la loi sur les fortiticalions île Pans. 1817. par la contre les jésuites, pour la réforme parlementaire, etc. : et chef du cmitre gauche, attaqua plus d'une fuis la politique du ministère. Il fut appelé trop tard aux Tuileries, dans la nuit du 23 au 21 février, pour former un ministère libéral avec (Mil. Barrot; mais il ne put conjurer la ruine de la mon.ircnic de Juillet. Elu par quatre départements a l'Assemblée constituante. 4 juin, il fut l'un des cheisdu parli de l'ordre, combattit le socialisme dans l'Assemblée et au dehors {Du droit de propriété) el vota pour la présidence de Louis-Napoleon. Dans la Législative, il prit part a tous les débats importants et il prédit aue les fautes des républicains feraient triompher le parli napoléonien Arrêté au -2 décembre, il put rentrer en France au mois d^aoùt 1852. et reprit ses travaux historiques. En 1859, malgré l'opposition du gouvernement, il fut élu député de Paris, et, dans plusieurs graves circonstances, prononça des discours re-

! masquables, où il montrait les fautes de la politique impériale. Réélu députe, d'abord favorable au ministère du 2 janvier 1S70. il se décla ra contre le nouveau plébiscite et surtout contre la guerre insensée qu'on voulait faire a la Prusse. Il fut injurié par la majorité, menacé par des misérables que poussaient les agents du gouvernement. Il ne put empêcher ia chute de l'Empire et la formation du gouvernement de la Défense nationale, 4 septembre.

Sans vouloir en faire partie, il se mit à sa disposition ei parcourut l'Europe pour réclamer les sympathiesetl'appuidesgrandes puissances; il ne put rien obtenir. Il ne fut pas plus heureux dans ses démarches auprès de M. de Bismarck pour obtenir un armistice, octubre~1870. Le 8 février 1871, il fut élu député dans vingt-six déparlements ; l'Assemblée de Bordeaux le nomma chef du pouvoir exécutif, 17 février. Il lui fallut faire accepter les conditions onéreuses d'une paix fatalement nécessaire. Puis, il eut à lutter

1 contre l'insurrection violente de la Commune, au 18 mars. Pans fut délivré; le gouvernement, l'administration, l'ordre public furent rétablis; on réussit dans l'empruntcolossal de 5 milliards; on obtint la iibération du territoire, et Thiers fut ajuste titre proclamé le libérateur du territoire. Il avait été nommé Président de la République; mais il eut sans cesse à iulter contre les sentiments, les voeux, les intrigues d'une majorité hostile a la République. 11 en triompha plus d'une

! fois ; mais entin les partis réactionnaires, con-

1 vaincus qu'il s'opposerait aux tentatives de rétablir une monarchie, se réunirent pour le forcer à donner sa démission, 24 mai 1873. Depuis ce jour, la popularité ne Thiers ne cessa de grandir; il fut reconnu comme le chef respecté de tout le parti républicain ; jusqu'au dernier jour, il parla, il écrivit en faveur de la cause qu'il soutenait avec passion II est rryort dans toute la plénitude de son intelligence, a Saint-Germain-en-Laye, le 3 septembre 1677. Ses Discours onjL été réunis et publies par M Calmou. Il a écrit beaucoup d'articles de politique, d'art, de li térature; puis \aui et son système des finances. 1826; la Monarchie de I8o0; le Congrès de Vienne.

Thomas (Frédéric). né a Castres, 181 i-ISS 1, avocât,jo;jniaiiste, a publié quelques romans et pièces de theàire. En 1855, il fonua le recueillies Petites causes célèbres. Ii fut président de la Société des gens de lettres, en 1868. Préfet du Tarnen 1»70, il fut député de ce déparlement en 1831. il a publié des chroniques judiciaires dans plu-

sieurs journaux: les Vieilles lunes d'un avocat: Premier quartier; Dernier quartier; Du Châtiment et de la Réhabilitation.

Tonga (Archipel de». — Il comprend trois groupes : le groupe Haafuluhao avec Vavaoo, l'île principale; le groupe Baabai avec Lifuka; et le groupe Tonga, dont les plus grandes îles sont : Tongalabou et Eoua. Les lies Keppel, cawen, Niouafou el Pylstaarl en dépendent. Ces îles forment un royaume, dont la capit.le est Noukoaaiofa. La superficie e>i d'environ 997 kilomètres carres el la population de 24,000 habitants de religion chrétienne.

xopete (Jean-Baptiste), né à Tlacotalpa (Mexique), 18*1-1885, entra dans la marine, et s'y ht remarquer, surtout dans les guerres du Maroc et du Pérou. A la révolution de 1868, il élail contre-amiral et commandait l'escadre de Cadix; il souleva ses troupes, proclama la déchéance d'Isabelle et fut ministre de la marine, à plusieurs reprises. Il se retira de la vie politique a l'avènement d'Alphonse XII.

Tolleben OU Todleben [ FKANÇOIS-EDOnARD

de), né a Millau. 1818-1884, élevé a l'Ecole du génie de Saint-Pétersbourg, se distingua dans la guerre du Caucase, dirigea les opérations du siège de Silisirie, et se rendit surtout célèbre dans la défense de Sebastopol, 1855-56. Il fut élevé à la noblesse héréditaire, nomme inspecteur gênerai oes fortifications: En 1»77, commandant supérieur de l'armée ru>so-roumaine, il reçut le titre de comte après la prise dn Plewna. Il fut gouverneur d'Odessa, puis de Vilna. Il a laissé un ouvrage devenu classique, Défense de Séoastopol ( 1 S6 + ) .

Toui»néneff ( Jean-Sergievitch), né à Orel (Russie), 1818-1883, fut attaché au ministère de l'intérieur; mais une étude sur Gogol le fit exiler. Bien que l'arrêt ait été plus tard levé, il a, depuis 1847, habité successivement l'Allemagne et la France, faisant des voyages en Russie, où son nom esl devenu populaire. 11 a composé de nombreuses nouvelles en russe, quelquefois en français : Panascha, 1843; Mémoires ou Journal d'un chasseur, 1852, 2 vol.; Scènes de la vie russe, 1838, S vol.; Dimitri Boudiné, 1868; Nouvelles scènes de la vie russe, 1&63 ; Pères et Enfants, l8U3;F«/7ïe'e, 18* »8 ; Nouvelles moscovites, 1869; les Eaux printanières, Etranges histoires, 1873; Nouvelles, 1876 ; Terres vierges, 1877 ; etc. 11 est mort à Paris.

Transvaal. V. République Sud-Africaine.

Tréiat (Ulysse), né a Montargis, 1795-1879, docteur en médecine, 1821, membre aciif des sociétés secrètes,, fut, après 1830, un des chefs de la démocratie avancée. En 1838, il devint médecin de la Salpêtriere. Commissaire général de la République, en 1848> vire-président de l'Assemblée constituante, ministre nés travaux publics, 12 mai 1848, il hâta, par de brusques mesures, le soulèvement des ateliers nationaux et dut quitter le ministère, 18 ji.in. On a de lui : Précis élémentaire d'hygiène, 1825; Recherches historiques sur la folie, 1839: Des causes de la folie, 1856; la Folie lucide, 1861, etc.

Tunisie. — A la suite de vexations et de pillages dont la France ne pouvait obtenir réparation Je gouvernement dut intervenir dans la Tunisie. Apres une campagne dans les montagnes des Kroumirs, tribus presque indépendantes, la France a signé avec le bey de Tunis le traité du Bardo ou de Rasr-el-Saïd, 12 mai 1831, qui établit Sun protectorat sur la Tunisie. Les décrets ou 22 avril 1882 ont réglé la piucedure pour l'exécution du traite. Le ministre français résidant a Tunis est le représentant direct de tous les services places sous la dépendance des départements ministériels correspondants. En 18S3, après quelques luttes partielles, la Tunisie semble soumise a l'action pacifique de la France

TUR

TUR

— La superficie est d'environ 446,000 kilomètres carrés; la population de 1,500,000 à 2 millions d'habitants. Berbères, Arabes, Maures, Juifs, comme en Algérie. — La capitale, Tunis, a plus de 100,000 habitants ; \aBardo, à deux kilomètres, est une forteresse, résidence habituelle du bey.

— Les autres ports sont, en a lant du Nord au Sud : Bizerte, Porto-Farina, Hammamet, Sous, Monastir, Mahadia, Sfuks ou S fax, Gubès; avec les îles Kerkennah et Djerbah.—DnTk& l'intérieur, Kairouan, Zaghouan, El-Kef. — Dans les oasis du Sahara, au Sud, Gafsa, Aefta, Tôzeur.

Turquie. — Après la guerre malheureuse soutenue par la Turquie contre la Russie, l'empire a été démembré, et il y a encore beaucoup d'incertitude dans les données statistiques sur la Turquie. Voici, à titre de renseignements, quelques chiffres plus récents :

Possessions immédiates en Europe.

( Vilayets de Constanti- > nople", Andrinople, Sa- J Ionique, Monastir, Kos- f kil. c. hab.

sovo, Scutari, Janina, ( 465,438 4,490,000 Crète, Thasos, Imbros, \

Samothrace) J

Roumélie orientale, province autonome 35,901 815,000

Bosnie, Herzégovine et sandjak de Novi-Bazar, prov. occupées

par l'Autriche 61,065 1,326,000

Bulgarie, principauté tributaire 63,972 4,999,000

En tout 326,376 8,630,000

Possessions en Asie.

Possessions immédiates. 4,889.055 46,432,000 Samos, principauté tributaire 468 39,000

En tout 4,889,523 46,174,000

Possessions en Afrique.

Vilayet de Tripoli 4.033,350 1,040,000

Protectorat en Afrique :

Egypte 2,987,000 47,400,000

En tout, pour > >

l'empire ottoman 6,236,000 43,000,OCO

Ces chiffres nous ont paru toujours bien exagérés. Depuis, la situation a bien changé, en Europe et surtout en Egypte.

La Roumanie, la Serbie, le Monténégro ont été déclarés indépendants. La Turquie a cédé l'île de Chypre aux Anglais, quelques territoires en Asie à la Russie et a la Perse, et la frontière méridionale a été rectifiée au profit de la Grèce.

La Turquie a été forcée de subir les conditions du traité de San-Stefauo, qui ont été modifiées par le congrès de Berlin, 43 juillet 4878. Ce traité de Berlin n'a pas eneore reçu sa complète exécution et il est difficile de dire quel est l'état de la Turquie, même dans cette année 4886. Aussi croyons-nous qu'il nous suffira d'indiquer ici les principales modifications apportées dans la situation de l'empire ottoman. — La Bulgarie. entre le Danube et les monts Balkans, est érigée en principauté avec un gouvernement chrétien et une milice nationale, sous la suzeraineté du sultan. Le traité détermine ses frontières, s'étendaut, au Nord, de Mangalia, sur la mer Noire, a la Serbie au deià de Widdin, et au Sud dépassant le Balkan, de manière à envelopper Sofia et son territoire. — On a formé au sud des Balkans une province qui prendra le nom de Boumélie orientale, qui restera placée sous l'autorité politique et militaire directe du sultan, dans des conditions d'autonomie administrative. Elle est ^bornée au N. par la principauté de Bulgarie, à l'O. par une ligne tracée depuis le Tchadir Tepe, à l'E. du bassin duMesta Karasou, en suivant la

crête du Despoto-dagh et du mont Kruschowo, au S. par une ligne qui rejoint là rivière Aider et va jusqu'au delà de la Maritza, et a l'E. par ïîne...I,grneuqui dépasse la Tundja jusque vers Hujuk Derbend, puis qui sépare les deux bassins de la Tundja et de la Maritza. (V. Bui~arîei*uau SuPP'ement) — Les provinces de Bosnie et d Herzégovine seront occupées et administrées par I Autriche-Hongrie, qui a été forcée de recourir aux armes pour vaincre la résistance des habitants et qui probablement restera maîtresse de ces deux pays — Le sandjak de Novi-B;.zar. entre la Serbie et le Monténégro, est occupé par 1 Autriche. —L'indépendance du Monténégro est reconnue et son territoire est augmenté ; Antivan sur l'Adriatique et son littoral sont annexés au Monténégro, a certaines conditions, qui les placent sous la protection de l'Autriche. — « L'indépendance de la Serbie est reconnue et elle reçoit un accroissement de territoire. — Il en est de même pour la Roumanie, qui rétrocède à l'empereur de Bussie la portion de la Bessarabie détachée de la Bussie. en vertu du traité de Paris de 1856, limitée à l'O. par le thalweg du Pruth, au S. parle thalweg du bras de Kiha et l'embouchure de Stary Stamboul. Les îles formant le Delta du Danube et toute la presqu'île de la Dobroudjasont données en échange à la Roumanie jusqu'à une ligne partant à l'É. de Silistrie et aboutissant à la mer Noire au S. de Mangalia. — Pour assurer la liberté delà navigation sur le Danube, toutes les forteresses sur les bords du fleuve doivent être rasées depuis les Portes de Fer jusqu a ses embouchures; la commission européenne du Danube sera maintenue dans ses fonctions et les exercera jusqu'à Galatz dans une complète indépendance

La Porte doit s'entendre avec la Grèce pour une rectification des frontières au profit de ce dernier royaume. — Le sultan cède à la Russie les territoires d'Ardahan, Kars et Batoum, et la frontière des deux empiresen Asie est nettement déterminée. — Ajoutons que l'Angleterre s'est chargée d'introduire les réformes administratives nécessaires dans la péninsule d'Asie Mineure et qu'elle a pris possession de l'île de Chypre, cédée par le sultan, à certaines conditions. — Enfin, l'Egypte a perdu ses possessions du Soudan: la Roumélie s'annexe a la Bulgarie, etc.

Voici les chiffres les plii3 récents donnés pour la superficie et la population de l'Empire Ottoman.

Possessions en Europe.

Possess. immédiates 165,438 k. c. 4,500,000 hab . Bulgarie, principauté tribu taire 63,972 2,008,000

Roumélie orientale,

prov. autonome... 35,901 815,946 Bosnie, Herzégovine, Sandjak de Novi- Bazar, p»*ov. occupées par les Autrichiens ,.. 61,065 4,504,091

En tout 326,376 8,828,000

Possessions en Asie.

Possess. immédiates 1,889.055 16,132,000 Samos, principauté tributaire 468 40,000

En tout 4,889,523 46.472,000

Possessions en Afrique.

Tripoli... 4,033.350 4,010,C03

Protectorat de l'Egypte 4,021.000 6,847.000

En tout.

2,054,350 7,827,000 Total pour l'Empire 4,271,000 33,000,000

VEN

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