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que trois articles j enfin les Pétalocheires s'en distinguent fort bien par leurs pâtes antérieures dilatées d'une manière extraordinaire. Les Réduves se nourrissent des sucs des autres Insectes , ils les sucent avec leur bec aigu. Quelques espèces emploient des ruses pour surprendre leur proie ; ainsi on voit souvent dans nos maisons , le Réduve masqué et surtout sa larve , couverte d'ordures et se tenant immobile dans un coin de muraille; elle attend, ainsi déguisée, que quelque Insecte, trompé par son apparence, s'approche d'elle , croyant ne voir que de la poussière ou un corps inanimé , et elle se jette sur lui. Quelquefois elle s'approche doucement de sa victime afin de ne pas Feflrayer et ne saute dessus que quand elle est arrivée à une distance convenable.
Lepcllelier de Saint-Fargeau et Service pensent qu'elle fait la guerre aux Punaises des lits. La piqûre des Réduves est très-douloureuse pour l'Homme ; les auteurs que nous venons de citer nous apprennent que Latreille ayant été piqué à l'épaule par un Réduve , eut sur-le-champ le bras entier engourdi , et que cet état dura pendant quelques heures.
On connaît uu très-grand nombre d'espèces de ce genre ; peu sont propres à l'Europe, les plus grandes habitent l'Amérique, 1 Afrique et l'Asie. En général elles font entendre un petit bruit causé parle frottement de l'articulation de la tête avec le corselet. Nous citerons comme type du genre :
Le Réduve masqué , Reduvius personatus ,Fabr., Latr.; Cimex personatus , Linn ; la Punaise Mouche, Geoffroy, Ins. Paris, 1, g-ô. Long de huit lignes , d'un brun noirâtre sans taches. Commun en France et à Paris. (g.)
REEM. MAM. La Bible paraît designer sous ce nom le Rhinocéros , qui se trouvait alors jusqu'en Idumée et en Arabie. (b.)
* REEN. mam. D'où Rangier, Rainger, Reinssthier et Régner des
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écrivains du moyen âge. Syn. lapon de Renne. V. Cerf. (B.)
* RÉFLEXINE. bot. crypt. Bride! propose ce nom comme français, pour designer son genre Anacamptodon. V. ce mot. (b.)
RÉFRACT AIRES, min. On appelle ainsi les substances minérales
3ui demeurent infusibles à l'action u chalumeau. (b.)
RÉFRACTION DOUBLE. Le phénomène de la double Réfraction de la lumière, dans son trajet à travers les milieux cristallisés , se lie intimement à l'étude de la minéralogie ; car il n'est presque point d'espèce minérale qui n'offre au moins, dans quelques-unes de ses variétés, une structure cristalline ; et le phénomène dont il s'agit, résultant de cette structure particulière , se montre toujours eu rapport avec les diversités qu'elle présente. Son observation , faite avec précision , fournit au naturalistephysicien d'excellens caractères qui s'ajoutent à ceux que donnent le clivage et les formes extérieures, et qui peuvent même suppléer à leur absence dans un grand nombre de cas.
Le rayon de lumière que l'on introduit dans l'intérieur d'un cristal transparent, est, suivant l'heureuse expression de Biot , une sorte de sonde tres-déliée, au moyen de laquelle on interroge sa structure moléculaire, et l'on parvient souvent à reconnaître jusqu'aux plus légères variationsdans sa composition chimique.
On sait que le phénomène de la double Réfraction consiste en ce que le faisceau lumineux qui traverse un cristal transparent, se partage généralement en deux autres faisceaux ni suivent des roules différentes , et onnent ainsi deux images des objets vus au travers du Cristal , lorsque leur séparation est sensible. Mais cette bilurcation de la lumière n'est pas le seul fait remarquable qu'offre la double Réfraction ; chacun des deux faisceaux dans lesquels se divise le faisceau incident jouit de
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propriétés optiques qui ne sont pas les mêmes tout autour de sa direction, et qui établissent par conséquent des différences entre ses côtes. On distingue dans un pareil faisceau quatre côtés différens , situés deux à deux dans des plans qui se croisent à angles droits, et dont les opposés jouissent des mêmes propriétés , tandis que ceux qui sont dans des plans différens ont des propriétés contraires ; de-là le nom de polarisation donné par Malus à cette singulière modification qu'éprouve la lumière directe lorsqu'elle traverse un milieu cristallisé.
C'est Huygens qui a reconnu le premier la loi que suit la double Réfraction dans le Spaib d'Islande et dans tous les Cristaux dits à un axe; Fresnel en donna depuis une expression plus générale, qui convient à toutes sortes de Cristaux , soit à un , soit à deux axes ; mais ce célèbre physicien ne se borna pas à faire connaître la loi expérimentale du phénomène. Le premier, il essaya d'en donner la théorie mécanique , et il vit bientôt qu'il ne pourrait découvrir la véritable explication de la double Réfraction , sans expliquer en même temps le phénomène de la polarisation qui l'accompagne constamment ; c'est à quoi il est paivenu dans un Mémoire inséré au tome vu de ceux de l'Académie des Sciences , et ce résultat est, à notre avis, l'une des
Freuves les plus convaincantes que on puisse faire valoir en faveur de son hypothèse sur la nature de la lumière.
Dans la vue de faciliter l'intelligence des phénomènes optiques , essayons de donner une idée de cette nouvelle théorie qui repose sur deux ordres déconsidérations mécaniques, les unes relatives à la nature de l'équilibre moléculaire dans les milieux cristallisés, les autres à la nature particulière des vibrations lumineuses.
Nous avons déjà dit ( art. Cristallographie) en quoi consiste cette agrégation des particules intégrantes d'un corps qui constitue la Cristallisation régulière. Ce qui la caractérise,
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c'est la manière symétrique dont ces molécules similaiies sont espacées les unes par rapport aux autres, et le parallélisme exact de leurs lignes ou faces homologues. Ce parallélisme toutefois ne doit pas être considéré comme un résultat constant et nécessaire de toute cristallisation ou agrégation régulière do molécules semblables; et il serait facile d'imaginer d'autres arrangemens moléculaires qui conserveraient à la masse tous les caractères d'une structure homogène; mais nous avons dû nous borner au cas le plus simple, qui esl en même temps celui de la presque lolalilé des substances naturelles. Dans l'article précédemment cité, nous avons établi les caractères des principaux genres déstructure cristalline, ou, pour parler le langage des minéralogistes , des principaux Systèmes de cristallisation observés dans le règne minéral, sur les différences que présentent les espèces de ce règne dans leur clivage ou dans leurs formes extérieures; mais on peut aussi les faire dériver de la considération des axes de cristallisation auxquels conduit l'examen des conditions générales de l'équilibre moléculaire.
Dans tout assemblage de molécules en équilibre , si l'on suppose qu'une de ces molécules se déplace infiniment peu , elle éprouvera aussitôt une résistance de l'élasticité du milieu environnant, et elle sera repoussée soit dans la direction même de son déplacement, soit dans une autre direction. Pour qu'elle tende à revenir à sa première position en suivant Ja ligne même de son déplacement, il faut que les forces partielles qui la repoussent de droite et de gauche, dans chaque plan passant par cette ligne, soient égales entre elles. Or, lecalcul prouve que dans tout système de points matériels en équilibre, il y a toujours , pour chacun d'eux , trois directions rectangulaires pour les-
3uelles cette condition est remplie ; et e plus ces directions sont les mêmes pour toutes les molécules du milieu , lorsqu'il est cristallisé. Ce sont ces
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trois directions fixes que Fresnel appelle les axes d'élasticité du milieu, et que nous considérons avec lui comme les véritables axes de cristallisation.
Si l'on prend ces trois axes pour axes de coordonnées du milieu, et que l'on représente par a1, c1 les forces élastiques qui se développent suivant ces trois directions rectangulaires, a, b, c seront les trois demi-axes d'unesurface, ayant pour centre l'origine des coordonnées, et dont chaque rayon, élevé au carré, mesurera la force élastique du milieu, décomposée suivant sa direction. Ceci est encore un résultat du calcul ; de plus, il y a toujours deux plans diamétraux qui coupent cette surface suivant un cercle; ils passent par l'axe mo\ en, et sont également inclinés surchacun des autres axes. Les deux directions normales à ces plans jouent un rôle remarquable dans les phénomènes de double Réfraction. Si l'on coupe un Cristal perpendiculairementà l'unede ces directions, le rayon de lumière qui tombe à angles droits sur la' surface, n'éprouve ni double Réfraction ni déviation en pénétrant le Cristal.
On donne à ces deux directions le nom à.' Axes de Ré fraction ou à' Axes optiques , pour les distinguer des axes d'élasticité ou de cristallisation.
Maintenant les différentes valeurs des demi-axes a,b, c établissent entre les Systèmes de cristallisation des différences qui sont en rapport avec les propriétés optiques correspondantes. Lorsque ces trois axes sont égaux entre eux, la surface dont les rayons servent à déterminer les élasticités du milieu, esl celle d'une sphère, et chacun de ces rayons jouit de la propriété qui caractérise les axes optiques ; on a le système de cristallisation du cube, pour lequel la double Réfraction est nulle dans toutes les directions. Si deux des axes de cristallisation sont égaux, la surface d'élasticité devient alors une surface de révolution autour du troisième a\e ; les deux plans diamétrauxcirculaires se confondent en un seul, et il en est
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de même des deux axes optiques :
c'est le cas des Cristaux à un axe , qui appartiennent au Système de cristallisation du rhomboïde , ou à celui du prisme à base carrée. Enfin, quand les trois axes de cristallisation sont inégaux, on a le cas des Cristaux à deux axes , qui appartiennent aux Systèmes de cristallisation des parallélipipèdes, dont les laces ne peuvent être rapportées à une seule ligue centrale. Dans ce cas, les phénomènes optiques qui ont lieu autour des deux axes , peuvent offrir des différences en rapport avec la diversité des formes fondamentales des Cristaux , ainsi que Biot l'a reconnu dans la double Réfraction du Pyroxène diopside comparée à celle de la Topaze.
Pour concevoir les causes mécaniques de la bifurcation de la lumière, et se rendre raison des principales circonstances de la marche des deux faisceaux dans les milieux cristallisés, il faut maintenant emprunter à la physique quelques considérations sur la nature des rayons lumineux. Or, voici celles qui servent de base à la théorie de Fresnel , et que l'on peut envisager comme n'étant autre chose qu'une exacte traduction des faits.
Suivant cet illustre physicien, la lumière se propage dans l'espace et à travers tous les milieux transparens , non par un mouvement de transport, mais parun mouvemenldc vibration, à la manière du Son ; et ce qui caractérise les rayons lumineux et les distingue des rayons sonores , c'est que les vibrations des particules lumineuses ne s'exécutent pas dans la direction même des rayons, ou suivant lal igne de propagation delà lumière, mais transversalement , dans une direction perpendiculaire aux rayons, ou parallèle à la surface des ondes. Si ces oscillations transversales ont lieu constamment suivant une même direction , ou perpendiculairement à un même plan, passant parla direction du rayon, ce rayon est dit polarisé , et ce plan fixe est ce qu'on nomme alors son plan de polarisation. La lumière ordinaire diffère de la lumière
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polarisée en ce qu'elle offre la réunion et la succession d'une foule de systèmes d'ondes polarisées suivant toutes les directions. Mais à l'instant où un tel faisceau de lumière ordinaire pénètre dans un milieu doué de la double Réfraction , il est modifié par l'action de cemilieu , les difféi en» mouvemeus vibratoires de ses ondes se décomposent suivant deux directions rectangulaires fixes , et par conséquent tous les systèmes d'ondes primitifs sont remplacés par deux systèmes, polarisés à angles droits, distincts et séparés l'un de l'autre par une différence de vitesse. Ce sont ces deux systèmes d'ondes, ou ces deux faisceaux compo^ans , qui donnent naissance au phénomène de bifurcation dans l'intérieur du Cristal , parce que leur différence de vitesse entraîne nécessairement une difféicnce de Réfraction. On sait en effet que la lumière ne se dévie, en passant d'uu milieu dans un autre, que par suite du changement que sa vitesse a subie.
A l'aide de ces notions fort simples sur la constitution des milieux cristallisés et sur la nature de la lumière, il est facile d'établir les piincipes généraux de la marche des deux rayons dans les Cristaux à un axe , tels que les rhomboïdes de Chaux carbonatée.
Lorsqu'un faisceau de lumière pénètre un rhomboïde de Spath d'Islande, dans une direction oblique à l'axe de ce rhomboïde, il se partage en deux autres faisceaux , dont l'un , que l'on nomme le rayon ordinaire , est polarisé dans le plan de la section principale du rhomboïde, c'est-à-dire dans un plan mené parce rayon parallèlement à l'axe ; et l'autre, qu'on nomme le rayon extraordinaire , est polarisé dans un plan perpendiculaire à la section principale. Dans le premier rayon , les vibrations lumineuses s'exécutent perpendiculairement à cette section, et par conséquent à l'axe du rhomboïde. Or, d'après la structure cristalline propre aux rhomboïdes , toutes les rangées de molécules perpendiculaires à l'axe ne peuvent développer que des élasticités
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égales; elles agissent donc delà même manière pour modifier le rayon ordinaire, quelle que soit l'obliquité du rayon incident, et partant ce rayon ordinaire doit se propager dans l'intérieur du Crislal avec la même vitesse dans tous les sens : il reste ainsi soumis à la loi de la Réfraction ordinaire. Il n'en est pas de même du second rayon ; ses oscillations s'efFectuant dans le plan même de la section principale, et toujours perpendiculairement au rayon , leur direction sera variable par rapport à l'axe , selon l'obliquité différente du rayon luimême; il y aura donc aussi variation dans les élasticités développées par le rayon, et par suite dans sa vitesse de propagation. Cette vitesse sera seulement constante pour toutes les directions du rayon qui sont perpendiculaires à l'axe; c est-à-dire que la loi de la Réfraction cxlraordinare s'assimile à celle de la Réfraction ordidaire, lorsque le rayon incident ne sort pas du plan perpendiculaire à l'axe du rhomboïde. En effet, les oscillations se font coustaminent alors dans le sens de l'axe, et les files de molécules parallèles à l'axe développent toutes des élasticités égales , comme les files perpendiculaires; ces élasticités sont seulement plus fortes dans les files parallèles , lorsque le Cristal possède la double Réfraction répulsive , et plus faiblps lorsqu'il est doué de la double Réfraction attractive.
Toules ces conséquences de la théorie se vérifient avec la plus grande facilité sur les Cristaux naturels.
Si l'on prend un Cristal prismatique de Chaux carbonatée limpide , et qu'on le place par uue de ses bases sur un papier marqué d'un point d'encre, en regardant ce point parla face supérieure , et dirigeant le rayon visuel perpendiculairement à cette face , on ne verra qu'une seule image; mais si le rayon visuel s'incline soit d'un côté , soit de l'autre, on verra paraître à l'instant deux images dont l'écarteincnt sera constant pour une même inclinaison , quelque
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soit le plan d'incidence, et qui tontes deux seront contenues dans ce même plan avec le rayon direct. Si , au lieu de placer le Cristal sur une de ses bases , on le pose sur uue de ses faces latérales , et qu'on observe par l'autre , on n'aura encore qu'une seule image pour l'incidence perpendiculaire , et des images doubles pour les incidences obliques; mais, dans ce dernier cas, l'écartcment des images variera avec la position du plan d'incidence : il n'y aura que deux positions de ce plan , dans lesquelles il contiendra à la fois les deux images, savoir : quand il sera parallèle àl'axe, ou quand il lui sera perpendiculaire; enfin, dans lecasdeperpendicularité, on remarquera 'que le sinus de Réfraction extraordinaire, et le sinus d'incidence, seront dans un rapport constant , quelle quesoitl'inclinaisou du rayon direct.
On peut aussi reconnaître par l'observation que lorsque les rayons sont parallèles à l'axe , non seulement ils suivent tous deux la même direction , mais ils parcourent le Cristal avec la même vitesse, et qu'au contraire leurs vitesses de propagation diffèrent le plus , dans le cas de perpendicularilé à l'axe, quoiqu'ils suivent encore la même route. On sait que l'on juge en général de la vitesse d'un rayon lumineux par le brisement qu'il éprouve à son entrée et à sa sortie du Cristal sous des incidences obliques.
Quant à la loi mathématique qui détermine la direction du rayon réfracté extraordinairement dans les Cristaux à un axe , loi qui a été découverte par Huygens, et confirmée par les expériences de Wollaston et de Malus, non-seulement Fresnel est parvenu à la déduire de sa théorie , mais il en a donné une expression plus générale, qui convient aux Cristaux a deux axes; et de plus il a fait voir, le premier, que dans ces Cristaux les vitesses des deux rayons étaient variables, ou, en dWres termes, qu'aucun d'eux ne suivait la loi de la Réfraction ordinaire. Lors-
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i que le faisceau lumineux , étant per- I pendieulaire à la ligne moyenne , i c'est-à-dire à la ligne qui divise en
• deux parties égales l'angle aigu des ; axes , tourne autour de cette ligne,
la vitesse du rayon ordinaire reste
• constante , et celle du rayon extraordinaire éprouve les plus grandes variations possibles; et réciproquement, lorsque le faisceau lumineux tourne autour de la ligne qui divise en deux parties égales l'angle obtus des axes, le rayon ordinaire conserve la même vitesse , et la Réfraction extraordinaire passe du maximum au minimum.
Nous avons vu que ebacun des deux rayons dans lesquels se divise un faisceau lumineux qui traverse un Cristal doué de la double Réfraction, a subi une modification particulièie dont nous avons assigné la cause mécanique, et à laquelle on a donné le nom de polarisation. En effet il manifeste, à sa sortie du Cristal, des propriétés qui le distinguent essentiellement de la lumière ordinaire.
Supposons qu'un faisceau de lumière directe tombe perpendiculairement sur l'une des faces d'un rhomboïde de Spath d'Islande, une partie de ce faisceau , savoir, le rayon ordinaire , continuera sa route directement , conformément à la loi de la Réfraction simple; l'autre partie, le rayon extraordinaire , suivra une loutc différente. Maintenant, si l'on fait tomber le rayon ordinaire perpendiculairement à la surface d'un second Cristal dont la seclion principale soit parallèle à celle du premier, ce rayon lestera simple et suivra la loi de la Réfraction ordinaire. Si la section principale du second Cristal est perpendiculaire à celle du premier, le rayon restera encore simple, mais il ne continuera point sa route en ligne droite, et deviendra rayon extraordinaire. Si les deux sections principales sont inclinées, le rayon se bifurquera , mais les intensités des deux nouveaux rayons, ordinaire et extraordinaire, seront inégales. De même, si l'on reçoit le rayon extraordinaire du
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premier Cristal sur la surface d'un second Cristal qu'on lui présente perpendiculairement, ce rayon restera simple et extraordinaire quand les sections principales seront parallèles; il restera encore simple, mais se comportera comme un rayon ordinaire, quand les deux sections seront à augles droits ; et enfin , dans les positions intermédiaires, il se divisera d'une manière inégale. Dans tous les cas de cette nature, où un rayon polarisé reste simple ou bien se divise inégalement , un rayon de lumière ordinaire se diviserait toujours en deux faisceaux d'égale intensité.
C'est à Biot que l'on doit la distinction des deux espèces de Réfraction extraordinaire auxquelles il a donné les noms de double Réfraction attractive, et de double Réfraction répulsive. Il a remarqué que dans certains Cristaux, comme ceux du carbonate de Chaux, du phosphate de Chaux , de la Tourmaline , de l'Emeraude, le rayon extraordinaire est toujours éloigné de l'axe par la Réfraction plus que le rayon ordinaire , tandis que dans d'autres substances, telles que le Cristal de Roche, la Topaze, les sulfates de Chaux et de Baryte , le rayon extraordinaire se trouve toujours plus rapproché de l'axe. Ces différences sont constantes pour les mêmes substances, en sorte qu'elles peuvent fournir des caractères propres à les distinguer les unes des autres.
Nous avons indiqué (art. Minéralogie) les principaux moyens que le naturaliste peut employer pour reconnaître si une substance est douée de la double Réfraction. Le plus simple consiste à chercher si elle produit le phénomène de la double image lorsqu'on regarde un objet à travers deux faces opposées, ce qui doit toujours avoir lieu si la face tournée vers l'œil n'est ni parallèle ni perpendiculaire à un axe de Réfraction; et encore, dans ces derniers cas, la double Réfraction n'est -elle nulle que pour les incidences perpendiculaires. Ce phénomène de la double
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image ne s'observe toutefois à travers «les faces parallèles que quand la double Réfraction est très-énergique, comme dans le Spath d'Islande et dans le Soufre. Dans les autres Cristaux , tels que ceux de Topaze et de Quartz, la bifurcation des rayons a toujours lieu dans les mêmes circonstances , mais si faiblement, qu'il faudrait des plaques très-épaisses pour la rendre sensible. C'est pour cela que l'on taille alors ces Cristaux de manière que la face de sortie soit inclinée sur la première ; car alors les deux rayons ne sortant plus dans des directions parallèles, finissent toujours par se séparer, si on les suit assez loin.
Nous avons exposé dans le même article un autre procédé à l'aide duquel on peut déterminer si un corps possède la double Réfraction , sans être obligé de le tailler ni d'opérer sur des plaques épaisses. Nous voulons parler de celui qui consiste à faire usage de l'appareil- composé de deux lames de Tourmaline. Il est fondé sur une propriété remarquable, que Biol a découverle dans celle substance , et qui paraît tenir à ce que sa structure n'est pas parfaitement homogène. Ce physicien a observé que la Tourmaline, taillée parallèlement à son axe, exerce la double Réfraction quand elle est mince, et la Réfraction simple quand elle est épaisse; mais celle qu'elle conserve dans ce dernier cas est la Réfraction extraordinaire. En conséquence de cette propriété , si l'on a une plaque à faces parallèles dont l'épaisseur excède quelques centièmes de millimètre, et qu'on l'expose perpendiculairement .à un rayon de lumière ordinaire, toute la lumière transmise se trouve polarisée dans un seul sens. Aussi , lorsqu'on présente cette plaque à un rayon polarisé, dont le plan de polarisation est perpendiculaire à son axe, elle le transmet enlièiement; mais si ce plan est parallèle a l'axe, elle arrête le rayon en totalité. Il suit de là que si l'on superpose deux plaques semblables , de manière que leurs
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axes soient croisés à angles droits , le I point de croisement est toujours opa- I que, quelle que soit l'espèce de la lu- I mière incidente ; car la seconde plaque arrête nécessairement les rayons que la première a transmis; mais si l'on place entre ces plaques une lame d'une autre substance douée de la double Refraction , le rayon transmis par la première plaque se divisera dans celte lameen deux faisceaux polarisés en sens contraire, et par conséquent il y aura toujours des rayons disposés de manière à être transmis par la seconde plaque. Cependant il y aura des cas où la division du rayon en deux faisceaux diversement polarisés, n'aura pas lieu si leplan de la lame n'est pas oblique à son axe de Réfraction ; mais on pare à cette difficulté en faisant mouvoir la lame sur elle-même , en même temps qu'on l'incline légèrement entre les deux Tourmalines.
On a vu que la double Réfraction est nulle lorsque la direction du rayon inciilent est parallèle à l'axe de cristallisation , ou lorsqu'elle lui est perpendiculaire. Aussi une plaque de Spath d'Islande à faces parallèles, taillée dans le sens de l'axe ou dans le sens perpendiculaire, donne toujours des images simples lorsqu'on applique l'une de ces faces conlre l'œil , de manière à ne recevoir que les rayons qui suivent la direction de la normale ; mais si la seconde face de la plaque est inclinée sur celle que l'on tourne vers l'œil , les images ne restent simples que dans le cas où cetle dernière face est perpendiculaire à Taxe de Réfraction. De là le moyen que l'on emploie pour reconnaître la direction de cet axe , et pour la distinguer des autres directions dans lesquelles la Réfraction double peut aussi disparaître : la première est la seule qui puisse donner des images simples à travers des faces prismatiques.
Lorsqu'on présente un Cristal à un rayon polarisé par une face (aillée perpendiculairement à un axe de Réfraction , on observe à l'en tour de cet
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in\e de; phénomènes île coloration qui peuvent aider à reconnaître la
■ classe à laquelle le Cristal appartient. "Si le Ciistal est à un axe , on aperçoit i une multitude d'anneaux colorés concentriques, partagés par une grande .croix noire dont les brandies vont en •s'évasant a partir du centre. Si la .-substance possède deux axes , on ] peut aussi observer des anneaux co- I ïorés autour de chacun d'eux, mais lils ne sont plus partagés régulièrement en quatre quadrans par une i croix noire; ils sont seulement tra-
■ versés par une ligne droite centrale, i ou par des lignes courbes qui ne pas-
■ sent point par le centre. (G. DEL.)
RÉGALEC. Regalecus. pois, i Genre de l'ordre des Acanthoptéi rygiens, et de la famille des Teinoïi des , caractérisé par de petiies pectorales, une première dorsale à i rayons simples , peu étendue, et une 'Seconde régnant sur presque tout le I long du corps ; mais les Régalées : manquent d'anale ainsi que de caui dalc , et leurs ventrales thoraciques : se réduisent à de très-longs filets.
1 On ne connaît encore que trois espèi ces de ce genre, dont l'une, qui était le Gymnetrus Russclii de Shaw, se trouve dans les mers de l'Inde; la seconde , Regalecus lonceolatus , a
■ été formée par Lacépède , d'après une peinture chinoise bariolée d'or et de brun ; la troisième et la plus remarquable, en ce que les pécheurs du Nord l'ont appelée Roi des Harengs {Rex Halecum), parce qu'on la trouve parmi les troupes innombrabl es de ces Poissons , dont probablement elle se nourrit. Il paraît qu'elle atteint aux grandes dimensions , et qu'il en existe de vieux itidividus qui ont jusqu'à dix-huit pieds de long.
Cette espèce, dont le corps s'amincit en queue pointue , presque llagellifotme, a sa première dorsale puu élevée, et ses longues ventrales terminées chacune par un disque membraneux. On la trouve surtout dans les mers de Norvège. Il ne faut pas confondre ce Poisson avec la Chimère