‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 195 sur 274 · DANG · texte numérisé non relu

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RENÉ. rois. On donne en Lorraine ce nom à une Salmone qui pourrait bien être une espèce particulière ou le Salmo alpinus, L. (r.)

RENEALMIA. bot. fhan. (Feuillée.) V. Gusmannie.

Le genre ainsi nommé par Plumier a été réuni par Linné au Tillandsia.

V . ce mot. Linné fils a fait un autre genre Renealmia qui est le même que le Catimbium de Jussieu, ou Globba de Linné. Enfin , Houttuyn nommait Renealmia le genre que Gmelin a désigné sous le nom de Villarsia, généralement adopté. V, Vjllarsi*- (A.n.)

* RENEAUME. bot. i-iiax. Pour Renealmia. ce mol. (b.)

RENEBRÉ. bot. phan. L'un des noms vulgaires du Rumcx aciitus L

Ooa REN

* Il EN EGA. T. ois. L'un des noms vulgaires de la Pie- Grièche grise.

RENETTE, rept. bÀth.Poui' Rainette, y. ce mot. (b.)

RËNILLE. Renilla. folyt. Genre de Polypiers nageurs établi par Lamarck aux dépens des Pennatules de Linné, ayant pour caractères : corps libre, aplati, rémforme , pédiculé, ayant mie de ses faces polypifère et des stries rayonnantes sur l'autre; polypes à six rayons. Ce genre renferme deux espèces : l'une, décrite par Lamarck sous le nom de Renilla ame/ïcana, a une lige cylindrique marquée d'un sillon étroit, soutenant à l'une de ses extrémités un disque réniforme , aplati, couvert de stries rayonnantes sur l'une de ses faces; l'autre face un peu convexe et couverte de polypes a six tentacules contenus dans des cellules caliciformes à six angles et à cinq divisions.

Ce Polypier est d'une belle couleur rouge , et l'ouverture des cellules jaune. L'autre espèce, décrite et figurée par Quoy et Gaimard (Voyage de l'Uranie) ,a une lige courte terminée par un disque également convexe des deux côtés, de couleur violette; polypes jaunes. (b.)

RENNE. Taraudus. mam. Espèce du genre Cerf. V. ce mot. (b.)

RENONCULACÉES. Renonculaceœ. bot. phan. Famille de Plautes Dicotylédones polypétales à étamines hypogynes , qui peut être caractérisée de la manière suivante : les fleurs dont l'inflorescence est très-variable, sont souvent accompagnées d'un invokicre formé généralement de trois feuilles quelquefois tellement rapprochées de la fleur qu'elles semblent former un second calice. Le calice est en général de quatre à cinq sépales, persistans ou caducs, réguliers et souvent colorés et pétaloïdes. La corolle qui manque dans un assez grand nombre d;- genres , se compose de deux, cinq , ou d'un plus grand nombre de pétales , tantôt pla-

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nés , tantôt creux, irréguliers et brusquement onguiculés à leur base. Ces pétales sont décrits comme des nectaires par Linné et les auteurs qui ont suivi son système. Les étamines sont en général en nombre indéterminé, libres et attachées à une sorte de prdémim uce qui fait suite au pédoncule et porte également les ovaires. Les anthères à deux loges sont continues aux filets. Les pistils sont monospermes, uniloculaircs , taulôt réunis en grand nombre et formant une sorte de capitule , tantôt polyspcriues , au nombre de deux à cinq, libres ou soudés entre eux par leur côté interne; très-rarement ils sont solitaires par suited'avorlemcnt.

Chaque ovaire porte un style souvent persistant, prenant même quelquefois beaucoup d'accroissement ; il naît constamment, non du sommet de l'ovaire, mais latéralement. Le stigmate est simple. Les fruits sont, ou des akènes réunis en capitules globuleux ou ovoïdes, dont le style persistant se prolonge quelquefois en une longue queue barbue; d'autres fois, ce sont des capsules allongées, au nombre d'une à cinq, uuiloculaires et polyspermes, s'ouvrantpar une seule suture longitudinale, ou soudées ensemble de mauière à former une capsule pluriioculaire ; très-rarement les fruits sont charnus. Les graines solitaires ou attachées sur deux rangs à la suture interne de chaque capsule , offrent un embryon très-petit, ayanlla même direction que la graine , et renfermé dans la base il 'un endosperme charnu, quelquefois très -dur.

Les Renonculacées sont en général desPlantes herbacées, le plus souvent vivaces, quelquefois sous-irutescen tes; leur racine est fibreuse ou fasciculée; leurs feuilles , alternes dans tous les genres, excepté dans les Clématites, sont en général plus ou moins découpées en lobes nombreux et quelquefois très-fins; leur pétiole est dilaté et engainant à sa base. Un certain nombre d'espèces a des feuilles parfaitement simples et entières , qui peuvent être assimilées auxpié-

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rendues feuilles simples des Buplèvres et des Acacias de la Nouvelleillollande, c'est-à-dire que ce sont les phyllodes ou pétioles dilatés; les .fleurs sont hci maplu odites , quelquefois très-grandes et de couleurs trèsibrillantes. Toutes les Plantes de cette famille sont plus ou moins ;îci es et vénéneuses; mais leur principe actif [paraît être très-fugace et se perd en .grande partie par la dessiccation .

Dans le premier volume du Sysle- 'ma naturelle f^egetabilium , le piofessseur De Candollc décrit cinq cent i neuf espèces appartenant à celte fai mille. De ce nombre cent dix-neuf (Croissent en Europe , soixante-huit dans le bassin de la Méditerranée, itrenle-une en Orient, soixante-deux i en Sibérie, dix-neuf dans l'Inde, ■ vingt-quatre à la Chine et au Japon , (dix-huit à la Nouvelle- Hollande , I huit au cap de Bonne-Espérance , six aux Canaries, quatre aux Antilles, : soixante-quatorze dans l'Amérique : septentrionale , six au Mexique , trente-deux dans l'Amérique méridionale, auxquelles il faut ajouter cinq espèces nouvelles décrites par Auguste de Saint-Hilaire dans sa Flore du Brésil méridional ; enfin dix -huit espèces sont communes à l'ancien et au nouveau continent.

Les genres de la famille des Rcnonculacces sont assez nombreux ; on peut les disposer de la manière suivante , ainsi que l'a proposé le professeur De Candolle :

Ire tribu •. Clématidées.

Prélloraison valvairc ou indupliquée; pétales nuls ou plans; fruits monospermes ou indéhiscens , souvent terminés par une queue plumeuse ; graine pendante ; feuilles opposées :

C/ema/is, L. ; Naravclia , D. C.

IIe tribu : AnémonÉes.

Prélloraison du calice et de la corolle imbriquée ; pétales nuls ou plans; fruits monospermes indéhiscens terminés à leur sommet en queue ou eu une pointe courte ;

feuilles

SbS

radicales

graine pendante ; ou alternes.

Thalictrum , L. ; Anémone , Hepatica , Dill. ; Hydrastis , Knowltonia, Salisb.; Adonis, Harnadryas , J.

IIIe tribu : Renovculées.

Préfloraison du calice et de la corolle imbriquée; pétales bilabiés ou munis à leur base interne d'une trèspetite écaille; fruits mouospermes et indéhiscens; graine dressée; feuilles radicales ou alternes.

Myosurus , L. ; Ceralocephalus , Mœnch. ; Ranimai lus , L. ; Ficaria , Dill.; Casalea , St.-H.il.; Ap/ianostemma , S.-Hil.

IV tribu : Hellébohées.

Prélloraison du calice et de la corolle imbriquée ; pétales nuls ou irrégulicrs , nectariformes ; calice pétaloïde , quelquefois irrégulier; capsules uuiloculaires , polyspermes , s'ouviant par une suture longitudinale.

Caltha, L. ; Trollius , L. ; Eranthis , Salisb. ; Ilelleborus , L. ; Coplis, Salisb.; lsopyrum, L. ; Garidella , L. ; jSigella , L. ; Aquilegia , L. ; Delphinium , L. ; Âconitum , L.

A la suite de ces divers genres, on place les Actœa, Zanthorhiza et Poeonia , qui diffèrent des quatre tribus précédentes par quelques caractères.

Quant au genre Podophyllum , que Jussieu avait placé dans la famille des Renouculacées . le professeur De Candolle eu a fait le type de sa famille des Podophyllées. I-'. ce mot.

Lrs Renooculacées forment un groupe extrêmement naturel dans la série des Dicotylédones polypétalcs.

Quelques ressemblances extérieures se remarquent entre la fleur des Renoncules et celle des Alisma , qui appartiennent aux Monocotylédones. Cette ressemblance est surtout très- grande entre le genre Cazalea de Saint-Hilaire, dont la corolle n'est formée que de: trois pétales qui simulent les trois sépales colorés des Alisma ; mais ces derniers s'en distinguent fa-

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cilemçnt par leurs élimines périgynes, etsurtout par la structure de leur embryon. Les rapports des Renonculacées avec les Papavéracées , bien que ces deux l'amillesne puissent pas être éloignées , ne sont pas tels qu'il ne soit très-facile de les distinguer sur-le-champ. La structure des ovaires est surtout la différence la plus sensible. Les Renonculacées se rapprochent davantage des Dilléniacées, qui en diffèrent totalement par leur port. (A. R.)

RENONCULE. Ranunculus. moll.

Espèce du genre Cone. (».)

RENONCULE. Ranunculus. bot.

piian. Type delà famille des Renonculacées , et l'un des genres de cette famille les plus nombreux en espèces. Les Renoncules sont des Plantes herbacées vivaces , liés- rarement annuelles; leur racine est fibreuse ou fasciculée ; leur tige est quelquefois rampante, portant des feuilles alternes simples ou diversement lobées, un peu engaîuantes à leur base. Les fleurs sont blanches , jaunes ou rouges , diversement disposées; le calice est régulier, formé de cinq sépales caducs ; la corolle se compose de cinq pétales plans, onguiculés à leur base, ou ils portent intérieurement une petite fossette landuleuse dans les espèces à fleurs lanches, et une petite lame dans celles à fleurs jaunes. Les étamines sont fort nombreuses ; les pistils, également en grand nombre , forment une sorte de capitule globuleux ou ovoïde. Les fruits sont de petits akènes comprimés, munis vers leur sommet d'une petite pointe latérale, nus ou couverts de tubercules. Les espèces de ce genre sont extrêmement nombreuses. Le professeur De Candolle ( Syst. nat. Vcg. , i , p. 23 1 ) en décrit 1 55 espèces qui sont dispersées dans presque toutes les contrées du globe. Sur ce nombre on en compte quarante - quatre dans l'Europe tempérée et septentrionale, vingt-sept dans les régions méditerranéennes, neuf en Sibérie, trois au

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Japon, ueuf'à la Nouvelle-Hollande, deux aux îles Maurice et de Mascareigne , trente-deux daus les diverses parties de l'Amérique, et douze qui sont communes à l'Ancien et au Nouveau-Mondes Parmi les espèces de ce genre, nous mentionnerons ici quelques-unes des plus importantes, soit parce qu'on les cultive dans les jardins, soit à cause de leurs qualités délétères.

f Fleurs blanches.

Renoncule a feuilles d'Aconjt, Ranunculus aconiiifolius , L. , Sp.

Cette belle espèce , qu'on cultiveabondamment dans les parterres sous le nom ne Bouton d'argent , croît naluicllemeut daus presque toutes les régions monlueuses de l'Europe. Ses tiges «'élèvent à une hauteur de deux à trois pieds, surtout dans les jardins ; elles sont rameuses, dressées , glabres ou légèrement pubescentes ; ses feuilles sont petiolées , divisées en trois à sept lobes palmés , incisés et dentés; les fleurs sont blanches, de grandeur moyenne, terminant les ramifications de la tige; leur calice est étalé. C'est surtout la variété à fleurs doubles qu'on cultive dans les jardins; elle aime une terre fraîche et un peu ombragée , et se multiplie en éclatant la racine ; elle craint en général le froid , et il faut la couvrir d'un peu de litière pendant les grands froids de l'hiver.

C'est à celte section qu'appartiennent toutes ces jolies espèces qui nagent à la surface de nos étangs et de nos ruisseaux, où elles étalent leurs feuilles finement découpées , et leurs fleurs blanches à fond doré; telles sont les Ranunculus aquatilis , panthotrix , etc. Dans les hautes chaînes des Alpes et des Pyrénées, on trouve encore un grand nombre d'espèces à fleurs blanches, comme les Ranunculus pytenœus , angustifolius , amplexic.au lis et parnassifolius , qui ont les feuilles simples; les Ranunculus a/pest/is , glaciales , Seguierii , rutœfolius , etc., qui ont les feuilles profondément lobées.

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•j-j- Fleurs jaunes.

Renoncule bulbeuse, Ranunculus bulbosus , L., Ricli., Bot. méd., a,

{». 61 5. Très-commune dans les peouses un peu humides et les lieux incultes; cette espèce , qui est vivace, a une tige haute d'environ un pied , renflée en forme de bulbe à sa base, et dressée; les feuilles sont pétiolées, iripartttes; chaque division est ellemême partagée en trois lobes cunéiformes, trilobulés et dentés. Les fleurs solitaires au sommet des divisions de la tige ont leur calice poilu et fortement réfléchi.

Renoncule acre , Ranunculus acris, L., Rich., Bot. méd., a, p. 216. C'est cette espèce dont on cultive duus les jardins une variété à fleurs doubles sous le nom de Bouton d'or. Elle croît communément dans les prés , les bois ; ses tiges , hautes d'environ deux pieds, sont cylindriques , li>ses, un peu glauques; ses feuilles sont pétiolées, profondément incisées en trois ou cinq lobes digités, aigus, divisés et dentés. Les fleurs sont solitaires au sommet des rameaux qui sont cylindriques et non striés. Le calice est poilu et étalé; les pétales sont obeordés. La variété à fleurs doubles se cultive ti è-communément dans les jardins.

Renoncule scélérate , Ranunculus scelerattis, L., Rich., Bot. méd., a, p. 617. Rien déplus commun que celte espèce dans les endroits touibeux , sur le bord des mares et des étangs. Elle est annuelle; ses tiges sont dressées, épaisses, cylindriques, striées et fistuleuses , trcs-ranùfiées dans leur partie supérieure. Les fouilles radicales sont glabres, pétiolées orbiculaires , à trois ou cinq lobes subcunéiformes, obtus , incisés , à dents arrondies et obtuses. Les feuilles caulinaires sont sessiles, lancéolées, irrégulièrement incisées; les supérieures sont toul-à-fait entières. Les fleurs sont très-petites et très-nombreuses. C'est s ur cette espèce que Loureiro avait fondé son genre Hecalonia.

Renoncule Flammule, Ranunc.u-

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lusflamtm/la,h., Rich., Bot. méd., a, p. 617. Cette espèce, que l'on nomme vulgairement Petite Douve, est vivace eteroît très-communément sur le bord des inares et des ruisseaux. Ses tiges, traçantes inférieur entent , sont rameuses, légèrement pubescentes,

fiortant des feuilles simples, laricéoées , aiguës, rétrécies en pétiole à leur base , légèrement et inégalement dentées dans leur contour. Les fleurs sont assez petites , solitaires et terminales. ■

Ce; diverses espèces, et plusieurs antres du même genre, comme les Ranunculus replans, auricomus, Thora , a/veusis, etc., sont remarquables par l'âcreté de leurs différentes parties. Les fruits encore verts paraissent être l'organe où cette àcreté est la plus intense; elle est duc à un principe volatil qui se détruit en grande nantie , et souvent même eu totalité, par la dessiccation ou l'action de la chaleur. C'est ainsi que ces Plantes, qui, fraîches, seiaient extrêmement nuisibles aux troupeaux , peuvent leur servir de nourriture lorsqu'elles ont été desséchées. Appliquées sur la peau , les feuilles contuses des diverses espèces que nous avons citées précédemment, en déterminent nonseulement la rubéfaction f mais bientôt la formation d'ampoules, et par conséquent la vésication. Introduit à l'intérieur, le suc de la Renoncule acre occasione une vive inflammation des organes de la digestion; et si la dose a été un peu considérable , c'est alors un véritable poison acre qui peut drtnner lieu aux accidens les plus graves et même à la mort.

Renoncule des jardins , Ranunculus asiaticus , L. Cette belle espèce est celle que l'on cultive si abondamment dans les jardins, où ses fleurs semi-doubles offrent un si grand nombre de variétés. Sa racine se compose d'une touffe très-serrée de petits tubercules allongés, charnus, courts, que l'on désigne vulgairement sous le nom dégriffé. La tige, haute d'environ un pied, est pubescente , simple ou légèrement rameuse dans sa.

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partie supérieure; les feuilles radicales, longuement pétiolées , sont pubescentes, découpées en trois lobes incisés ou simplement dentés; celles de la lige sont alternes et comme formées de trois folioles pétiolées partagées en trois lobes incisés.

Les fleurs sont jaunes dans l'espèce sauvage, mais elles varient beaucoup de couleur par la culture; elles sont grandes, terminales; leur calice, d'abord étalé, est ensuite réfléchi , et leurs fruits , en mûrissant, forment une sorte d'épi cylindrique.

Celte Plante, originaire de l'Afrique septentrionale et de l' Asie-Mineure , présente dans les jardins un nombre prodigieux de variétés, qui peuvent se rapportera, deux races principales; savoir, les Renoncules pivoines et les semi- doubles. Les premières ont leurs fleurs entièrement pleines et très-grandes; les secondes ont les fleurs moins grandes , et offrent à leur centre les élamines et les pistils qui leur forment un cœur violacé-noirâtre. On dit que ce sont les Croisés, qui, à leur retour de la Palestine, ont les premiers apporté eu Europe quelques pieds de cette Renoncule; mais elle ne commença à se répandre dans les jardins que vers la fin du dix-septième siècle. A cette époque , le sultan Mahomet IV, qui paraît avoir eu du goût pour la culture des fleurs, était le seul qui possédât la Renoncule asiatique à fleurs doubles dans ses jardins de Conslantinople; on raconte qu'il était encore plus jaloux de la possession exclusive de ses fleurs que de celle de ses femmes. Cependant quelques Européens établis à Conslantinople se procurèrent à prix d'argent des graines de ces fleurs, et les répandirent en Europe, au grand regret de Sa Haulesse.

Aujourd'hui le nombre des variétés est prodigieux; ou multiplie les semi-doubles de graines, et les pivoines par les petites griffes qui se forment à côté des anciennes. Les Renoncules demandent une terre légère et un peu humide. Leurs racines doivent être retirées dé terre après la

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floraison , et conservées dans un lier* sec jusqu'au printemps suivant.

* REJNONCULÉES. bot. phan.

L'une des tribus de la famille des Renonculacées. V. ce mot. (a. n.)

RENONCULIER. bot. phan. Variété à fleurs doubles du Merisier.

RENOUEE. Polygonum. bot.

Pi) an. Genre qui sert de type à la famille des Polygonées, et que Linné a rangé dans l'Octandrie Trigynie.

Il offre les caractères suivans : les fleurs sont hermaphrodites; leur périanlhe est simple, à trois ou cinq divisions profondes et imbriquées; les étamines varient de trois à huit; leurs filets sont libres ; l'ovaire, sessile au fond du calice, est triangulaire ou globuleux, à une seule loge contenant un seul ovule dressé; le style est très - court , quelquefois presque nul , terminé par deux ou ti ois stigmates obtus; le fruit est un akène triangulaire ou un peu comprimé, souvent accompagné par le calice qui est persistant; il contient une graine qui le remplit eu totalité et qui se compose, outre son tégument qui est très - mince , d'un endosperme farineux ou corné, sur l'un des côtés duquel est roulé l'embryon qui est grêle, cylindrique, recourbé, et dont la radicule est en général opposée au hile. On doit au docteur C.-F. Meisner une Monographie de ce genre , publiée à Genève en 1826, daus laquelle l'auteur décrit cent sept espèces du genre qui nous occupe. Ce sont des Plantes annuelles ou vivaces, rarement sous-frutescentes ; quelques-unes naissent dans le voisinage des eaux ou nagent à leur surface. Les feuilles sont alternes , simples , terminées iuférieuremeut par une ochrea ou gaîne stipulaire, membraneuse, qui embrasse la tige.

Les fleurs sont généralement petites, roses , disposées en épis simples , quelquefois en grappes rameuses ou eu capitules.

Les espèces nombreuses de ce genre

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oui élé réparties en sepl sections dont plusieurs ont élé considérées comme des genres distincts par quelques botanistes. Nous allons indiquer les caractères de ces sept sections et dire quelques mots des espèces de chacune d'elles qui méritent quelque intérêt.

f Endosperme farinacé.

I" section. — Bistoiita.

Fruit triangulaire, plus grand que le calice ; huit étamines ; trois styles très-longs; lige simple, terminée par un seul épi de Heurs ; Fiantes vivaces. Celte première section renferme huit espèces dont six sont originaires des montagne? de l'Inde et deux seulement de celles d'Europe , savoir :

Pulygonurn vivijiarum et P . Jiistorla.

Cette dernière espèce, connue sous le nom de Bisto; te , croît dans les montagnes de presque toute l'Europe; on l'a aussi trouvée dans l'Amérique seplentr-ionalc , le Japon et la Sibérie. Sa racine, qui est charnue, allongée, fie la grosseur du doigt, brunâtre à l'extérieur , rosée intérieurement , présente le singulier caractère d'être deux l'ois coudée sur elle-même , d'où lui est venu le nom de Historié (Radia bis torta). Sa saveur est astringente , surtout quand elle est fraîche; elle contient du tannin , de l'acide galliquc, et une petite quantité d'acide oxalique. C'est Un médicament Ionique etaslringent.

IIe sertion. — Ambi/vgonum.

Fruit lenticulaire, acuminé, à angles arrondis, recouvert par le calice; étamines de cinq à sept; siyle bifide; fleurs en épis denses; Plantes annuelles. On ne compte que quatre espèces dans cette section , ou nous ferons rémarquer le Polygonttrn orientale, connue sous je nom de grande Pcrsicaire. C'e?l une espèce

3ui s'élève à six et même huit pieds e hauteur, et dont les fleurs, d'un beau rose , forment de longs épis pendans , disposés en une sorle de i panicule. On la cultive dans les jardins comme Plantes d'ornement.

REN 5o7 Iir section. — Aconogonon.

Fruit à (rois angles aigus; (leurs en grappes paniculées ou en capitules. Plantes vivaces. Quatorze espèces dont une seule indigène {Polygunum alpinum, L. ) composent celte section.

IVe section.— FagopybuM.

Fruit triangulaire^ beaucoup plus long que le calice; fleurs en grappes paniculées, à huit étamines et trois stigmates. Plantes annuelles. Celte section a été considérée, par Tournefort, comme genre particulier sous le nom de ïagopyrum. Elle ne se compose que de tiois espèces , parmi lc-quclles se distingue le SahbasiN, Pulygonurn Fagopyrum , L. , vulgairement Blé noir. V. Fagopybum.

ff Endosperme corné.

Ve section. — Tiniaria.

Fiuit triangulaire, plus petit que le calice; étamines ordinairement au nombie de huit; trois stigmates; fleuis en grappes, en paniculcs ou capitulées. Plantes annuelles. On trouve huit espèces dans cette section dont deu\ seulement {Polygonum Convolvulus et P. dumetorum , L. ) sont indigènes.

VIe section. — Persicaria.

Fruit comprimé ou à trois angles arrondis, plus petits que le calice; étamines de quatre à huit; deux ou trois stigmates; fleurs en épis ou en capitules. Plantes annuelles , rarement vivaces. Cette section , dans laquelle on compte cinquante - trois espèces , renferme des Plantes qui croissent dans toutes les contrées du globe. Parmi les espèces indigènes nous citerons les Polygonum amphibium qui nagea la surface des eaux dormantes; Persicaria , très-commun sur le bord des étangs, ainsi que le P. Tlydropiper dont la saveur acre et piquante lui a fait donner le nom de Poivre d'eau.

VIIe seciion. — Avicularia.

Fruit très-petit , triangulaire , couvert par le calice ; ordinairement huit

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étamines el trois stigmates sessilcs Plantes annuelles ou sous-frutescentes , â tiges grêles et couchées , et à fleurs axillanes. Parmi les dix-sept espèces qui forment, cette section , nous ferons remarquer le Polygonum aviculare , L. s connu sous le nom de Traînasse, si commun le long des murs et clans les rues; P. equisetiforme , Siblh. , qui croît en Grèce et en Egypte, et que l'on a retrouvé récemment en Corse; et le P. maritihtuin qui, sur les bords de la mer, remplace le P. aviculare. (a. r.)

* RENULINE et RENULITE. Renulina. moll. Ce genre, établi par Lamarck, et adopté assez généralement, a élé reporté justement dans le genre Pénérople où nous l'avons mentionné d'une manière particulière. V. ce mot. (d..h.)

RÉOPHAGE. Reophax. moll.

Genre proposé par Montfort pour une Coquille multiloculaire microscopique de la Méditerranée. Il ne fut point généralement adopté; et en effet, il n'avait pas les caractères suffisans pour un bon genre. La Coquille qui en fait le type a clé placé par D'Orbigny dans le genre INodosaire, dans le troisième sous-genre qu'il nomme les Dentalines. p^. INodosaire. (D..I1.)

RÉPARÉE, rot. phan. L'un des noms vulgaires de la Poiréfe ou Bette.

REPETIÏ. ots. L'un des noms vulgaires du Roitelet. (b.)

REPRISE. Sedum Telepldum. bot.

phan. Espèce du genre Orpin. P~. ce mot. (b.)

* REPTATION, zool. C'est à proprement parler l'allure des Serpens, et non de tous les Reptiles , comme le nom de cette classe d'Animaux pourrait le faire supposer. En effet , les Grenouilles et les Reinettes sautent, les Crapauds, les Salamandres elde lourds Sauriens se traînent; les véritables Lézards courent , les Crocodiliens marchent, les Siuicoïdlens glissent, les Tritons et les Chélonicns

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nagent , les Serpens seuls conséquemment rampent dans l'étendue du mot, el parmi les Insectes les chenilles rampent aussi , quoiqu'elles aient des pâtes. Cette allure consiste à rapprocher successivement une portion du corps en remplacement de la précédente qui s'est déplacée en avant. Elle peut s'exercer sinueusement ou en ligne droite. Les Mollusques gastéropodes rampent exactement sur le ventre. (b.)

REPTILES, zool. Nous avons dit à l'article Erpétologie ce qui concernait la branche des sciences naturelles qui traite des Reptiles , et fait connaître les diverses classifications qu'on a imaginées pour en faciliter l'étude. Nous avons parlé à l'article Géographie de leur distribution à la surface du globe; il nous reste à considérer les Animaux qui font le sujet de l'Lrpétologie sous les rapports de leur organisation en général , du rôle qu'ils jouent ou qu'ils remplirent dans le vaste ensemble de la création , et comment ils y apparurent.

C'est une vérité maintenant hors de doute que tons les êtres dont l'univers est aujourd'hui peuplé n'y ont point éternellement vécu , tandis qu'il fut à sa surface des races qui en disparurent. Divers moues d'animalité s'y sont successivement développés et supplantés. Les Reptiles, quelqu'antiques qu'ils y soient, n'y vinrent pas des premiers. Avant eux il y eut des Crustacés, des Polypiers , des Conchifères , des Mollusques , et probablement des Poissons , mais ils durent précéder les Mammifères , et furent peut-être l'essai par •lequel la nature passa des formes propres aux créatures des eaux à celles qui devaient caractériser les Vertébrés de la terre. Beaucoup de Reptiles vivaient sur celte terre que l'Homme n'y aspirait point encore à la domination. La Genèse que nous avons démontré [F. Création) narrer assez fidèlement ce qui dut avoir lieu au commencement des choses , iutioduit les Reptiles en deux fois

REP

dans le pompeux ensemble de L'univers. C'est à la cinquième époque que l'Eternel <c commande aux eaux de produire en toute abondance des Reptiles qui aient vie, avec des Oiseaux qui volent vers l'étendue des cicux. » Puis Dieu dit : « Que la terre produise des Animaux selon leur espèce ; les Reptiles et les bêtes delà terre, et il fut ainsi au sixième jour. » 11 est essentiel de noter que les Reptiles des eaux précèdent ici ceux de la terre d'un de ces laps de temps, dont la durée ne doit pas être présumée sur la qualification que lui ont donnée d'infidèles traducteurs de la parole inspirée. A peine les îles et les conlinens, encore tout bourbeux, se distinguent des mers «qu'aux grandes Baleines , et à tous»

les Animaux se mouvant , lesquels les eaux produisent eu abondance selon leur espèce (ce sont les paroles du texte sacré), » viennent se mêler les Reptiles aquatiques de nature amphibie , auxquels les nouveaux rivages offrent une patrie convenable. Aussi dans les dépôts où les traces de la création de la cinquième époque se sont accumulées, ce sont les ossemens de gigantesques Reptiles évidemment aquatiques qu'on retrouve en abondance. Leuis foi nies e'taient les plus bizarres; il fallait à leur masse ries vases profondes à travers lesquelles ils se pussent ébattre; le sol alors délayé, que nous fertilisons depuis qu'il s'est assaini , est demeuré dépositaire de leurs empreintes. Ils périrent sans doute à mesure que 1 humidité leur manqua sur un globe eu évaporatiou , et que la fureur t!es tempêtes les venait jeter contre des côtes abruptes, ou . sur des plages désormais trop durcies pour qu'ils s'y pussent enfoncer.

Alors disparurent ces prodigieux 1 Gavials , ces immenses Mososaures , i ces Ichthyosaures encore plus grands, i et ces Plésiosaures {V . tous ces motsj • au corps de Lézard, aux nageoires I de Cliéloniens, au col de Serpent , dont les formes et les proportions i réaliseraient celles du Dragon mytho-

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logique si des ailes en eussent complété la singularité. Cependant de telles ailes u'étaieul pas alors plus étrangères aux formes de Reptiles qu'elles ne le sont dans le monde actuel à divers Mammifères. L'on a vu , dans le cours du présent Dictionnaire, le Ptérodactyle pourvu de moyens qui lui permettaient de rivaliser avec les Chauve - Souris pour s'élever dans les airs. Ces Reptiles volans, qui dans l'apparition des êtres créés précédèrent les Oiseaux, ne fuient-ils pas la première nuance par où la nature passa des formes caractéristiques propres à la natation, à la reptation, ainsi qu'à la marche, à celles qui caractérisent les tribus essentiellement volatiles, tandis qu'à l'autre extrémité de l'échelle , les Manchots , les Macareux et les Pingouins liaient les Poissons aux Oiseaux par une autre combinaison organique. Ce ne fut donc que lorsque la croûte du globe fut bien consolidée et devenue suffisamment solide par le dessèchement qui la tirait de son état marécageux, que se développa cette autre série de Reptiles de la terre, dont l'Eternel commande l'apparition au commencement de ce grand jour dont l'apparition de l'Homme est le dernier chef-d'œuvre. Aussi remarquonsnous qu'on ne trouve plus d'ossemens de ces conceptions complémentaires parmi les reliques qui nous sont restées de l'âge précédent, c'està-dire du cinquième jour. Cependant il ne serait pas téméraire de conjecturer que, dans le sixième âge qui précède celui que venait sanctifier le repos du Seigneur, quelques-uns de ces Reptiles monstrueux, où se pouvaient joindre aux traits des Plésiosaures des ailes de Ptérodactyles, infestèrent les bords où les premiers peuples ichthyophages commençaient à s'établir. Ou ne trouve pas plus de leurs ossemens qu'on ne trouve de squelettes des Hommes d'alors, mais je souvenir de leur existence s'est conservé par tradition flans les Dragons chinois, japonais, siamois, ou delaGrècc, ainsi quedaus

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l'Hydre de Lei'ne. Quant au Dragon desHespéridus el à celui de la Toisond'Or , qui vomissait des flammes , nous avons autrefois tenté de prouver qu'on y pouvait reconnaître l'allégorie de ces volcans dont les ravages furent si considérables autour du berceau des espèces humaines, quand les feux et les vagues semblaient lutter pour donner à la surface de la terre les formes sous lesquelles on la voit maintenant demeurer à peu près consolidée.

Créatures d'essais plus qu'aucune autre, qu'on nous passe celte manière de parler , formés dans deux âges difl'érens, et conséquemment sur deux plans distincts au moins , les Reptiles devaient doue porter dans leur ensemble certains caractères disparates d'organisation propre à toutes les autres séries d'Animaux. Aussi voyons-nous que , malgré les analogies qui ne pei mettent pas d'éloigner les unes des autres, dans une méthode naturelle, ceux qui sont demeurés nos contemporains, il n'existe guère entre eux de ces grands caractères communs qu'on voit dominer dans toutes les autres classes , et les asservir pour ainsi dire à des modèles assez bornés dans leur physionomie générale. « C'est surtout dans la production des Reptiles , dit Cuvier, que la nature semble s'être jouée à imaginer les formes les plus bizarres, et à modifier dans tous les cas possibles le plan général qu'elle a suivi pour les Animaux vertébrés; l'absence de plumes et de poils est la particularité qui les singularise peut-être le mieux. Aussi est-ce d'après cette considération que le savant Blainville propose de substituer le nom de Nudipellileres à celui de Reptiles. 11 n'en est pas non plus qui couve des œufs , ou qui nourrisse une progéniture pour laquelle presque tous témoignent nue indifférence complète. Privés de mamelles et conséquemment de lait, ils ont aussi le sang froid quoique rouge, et ceci lient principalement à la manière don! s'y exerce la respiration.

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« Les Reptiles, dit Cuvier, ont le cœur disposé de manière qu'à chaque contraction il n'envoie dans les poumons qu'une partie du sang qu'il a reçu des diverses parties du corps, et que le reste de ce fluide retourne aux parties sans avoir respiré; il en résulte que l'action de l'oxigène sur le sang est moindre que dans les Mammifères et surtout que dans les Oiseaux. Comme c'est la respiration qui donne la chaleur au sang el à la fibre la susceptibilité de l'innervation , outre qu'ils ont le sang froid , les Reptiles n'ont pas la force musculaire très-développée ; aussi n'exerceut-ils guère que des mouvemeus de reptation ou de natation; et, quoique plusieurs sautent el courent vite dans «certaines circonstances, leurs habitudes sont généralement paresseuses, leur digestion lente, leurs sensations obtuses, et, dans les pays froids ou seulement tempérés , ils s'engourdissent presque tous durant l'hiver. »

Leur cerveau, proportionnellement très-petit , n'est pas aussi nécessaire qu'il l'est chez les Mammifères ou chez les Oiseaux , à l'exercice des facultés animales et vitales; ils continuent d'agir durant un temps assez considérable quand on le leur enlève. On connaît l'expérience de Reddi , qui, ayant enlevé cet organe à une Tortue de terre, celle-ci vécut encore pendant six mois sans qu'elle eût éprouvé d'autre accident que la perle de la vue. On sait aussi que des Grenouilles mâles à qui l'on a coupé la tête durant l'accouplement , n'ont pas cessé de poursuivre l'acte de la génération en fécondant jusqu'à la fin les œufs que produisaient les femelles. Enfin des Salamandres , auxquelles on avait fait la même opération ou coupé les pâtes, ont reproduit les parties d'elles-^mêmes, pourlanlsi importantes, comme les 'Lézards et les Orvets reproduisent leur queue quand celle-ci vient à leur être enlevée par quelque accident.

Comme il n'est pour ainsi dire pas de formes qui soient communes k

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tous les Reptiles, et que les habitudes sont la conséquence des forim;s , ces habitudes varient considérablement , non-seulement selon les ordres, les familles et les genres, mais encore selon les espèces. Biles sont en général solitaires, tristes et suspectes; aussi les Reptiles inspirent en général une horreur profonde , d'ailleurs motivée par le venin dont plusieurs sont munis. Partout on les redoute; mais cette terreur qu'ils inspirent, et qui leur attire une guerre acharnée de la part des hommes, leur valut quelquefois des autels comme nous l'avons vu en parlant des Crocodiles et de divers genres d'Ophidiens. La plupart de ces Animaux sont ovipares; il en est néanmoins qui produisent des petits vivans. Les uns ont quatre pales , d'autres deux seulement, devant ou derrière. LesSerpens n'en ont pas du tout.

Ceux-ci ont le corps couvert d'écaillés, ceux-là d'une boîte ou de boucliers osseux , les Batraciens l'ont nu avec la surface de la peau muqueuse.

La plupart ont une queue, d'autres en manquent absolument, lis vivent sans cesse dans l'eau , ou seulement selon leur âge et à certaines époques de développement, ou bien ils fuient l'humidité, se plaisant aux ra\ons du soleil le plus ardent. Quand la moindre lumière fatigue le Protée et que l'ombre est favorable à beaucoup d'espèces , la plus vive clarté semble ranimer divers Lézards. Outre qu'il en est qui marchent, rampent, sautent OU qui nagent, il en est qui voltigent. On en connaît de lort venimeux et de parfaitement inuoeens , de féroces et de familiers, de carnivores et d'hei bivoies, d'agiles et de lourds, d'élégans et d'horriblement Jaids , de bons à manger et d'autres dont la chair ne vaut rien; les uns naissent sous des formes qui ne feront que se développer en grandissant sans s'altérer beaucoup; d'autres, sans qu'ils cessent jamais d'être des Reptiles , sont sujets à des mues ou chaiigeinens de peau , comme ou eu voit dans les Chenilles; taudis que quelques-uns ,

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passant par des métamorphoses au-si complètes que celles des Insectes , sont pour ainsi dire des Poissons durant une pal lie de leur existence. Le squelette surtout vaiie de la manière la plus étrange, de soi le que , pour éviter le double emploi qui résulterait dans nos généralités de la comparaison de toutes les modifications d'organes qui s'observent chez les Reptiles, nous en renvoyons l'examen aux articles ou sont traités chaque genre ou famille, conformément au tableau méthodique qu'on trouve joint à l'article Erpétologie.

Nous avons fait remarquer, en parlant de la distribution des corps organisés à la surface du globe {P~.

Géographie,!1. Vil, p. 288), combien le nombre des Reptiles augmente vers l'équalcur , ou l'élévation de la température supplée pour eux à la chaleur qui ne leur vient point de la circulation ; ils y sont d'ailleurs incomparablement plus grands et plus agiles; ceux qui onl du venin l'y possèdent dans toute l'énergie qui tst propre à ce singulier moyen de tiuiie. C'est vers le tropique septentrional et jusqu'à la ligne que se voient les Crocodiliens , les Tupinombis et les Boas , véritables géans entre les races rampantes. Là sont aussi les Cérastes et les Najas, les plus redoutables des Vipères. C'est toujours dans les zones chaudes, soit à la surface des terrains arides , soit dans la bourbe des marécages , soit enfin dans l'étendue des rneis tièdes, qu'on rencontre les plus grands drs Chéloniens. Il paraît qu'il n'en existe ni d'eau ni de terre an-dessus du 46" nord. Nous avons aussi parlé des Reptiles fossiles , nous nous bornerons à remarquer que c'est parmi les Chéloniens, les Crocodiliens, les Sauriens et les Batraciens qu'on compte les plus reconnaissables. Ce qu'on avait regardé comme des Serpens pétrifiés, au temps où l'analomie comparée n'était pas une science, s'est trouvé n'être que des empreintes de Poissons anguiformes , ou certaines Cornes d'Ammou. Il n'y ,1 de

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constaté, en fait de restes d'Ophidiens , que quelques vertèbres isolées , qui se sont rencontrées dans les brèches osseuses des bords de la Méditerranée ,* avec des restes d'autres Animaux dont les espèces vivent encore à la surface du sol et qui sert de tombeau aux débris de leurs devanciers. Les couches les plus anciennes, qui nous offrent des débris de Reptiles, appartiennent à cette formation de Calcaire compacte, que plusieurs géologues ont appelé Jurassique ou Calcaire à cavernes. La formation des Schistes métallifères en présente aussi. La Craie surtout en contient de parfaitement caractérisés. Le Calcaire a Cérithes n'a guère offert encore que quelques restes de Tortues; mais il y en a fréquemment dans les Gypses des environs de Paris. Les côtes de la Manche et l'Angleterre, où ou les recherche depuis quelque temps a.vec zèle, ont fourni les espèces les plus remarquables, qu'on crut d'abord leur être propres , mais qu'on commence à retrouver en plusieurs autres lieux de l'Europe.

Plusieurs sites de la Belgique , le Plateau de Saint - Pierre de Maëstriciit entre autres , et les Schistes calcaires d'OEningeu en Souabe , en renferment des espèces très-curieuses. Le Ptérodactyle est de ce dernier site.

Nous ne pousserons pas plus avant l'examen des lieux où se rencontrent les autres débris de Reptiles , les articles Mososattre , Crocodile, Icu-

'PHYOSAURE , PLESIOSAURE , PTERO- DACTYLE, etc., donnant exactement leur indication. Ce qui a été dit au mot PrÉpar ation indique les moyens de les couserver aussi bien que les Mammifères ou que les autres Animaux. " (b.)

RÉPUBLICAIN, ois. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (dr..Z.)

REQUEURIA. bot. phan. Pour Riqueria. V- ce mot. (a. r.)

REQUIEM, pois. Premier nom que, dans les anciens voyages, on donnait au Squalus Carcharias , dont l'apparition autour d'un nageur ne

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laissait aucun espoir , et équivalait à un Requiem. La prononciation en a fait Requin. V. ce mot. (b.)

* RÉQUIÉNIE. Requienia. bot.

phan. Genre de Légumineuses établi par le professeur De Candolle 'vAnu.

des Se. nat., 4, p. 91 , et Mém. Légum., vi) et qui a pour type le Podalyria obeordala , Lamk. , III. , tab.. 527, fig. 5. Voici ses caractères : le calice est persistant , mais non accrescent, à ciuq divisions aiguës ei presque égales ; i a carène obtuse se compose de deux pétales libres. Les étamines monadel plies ont leur androphore fendu supérieurement; le style est filiforme , presque droit; le fruit ovoïde, comprimé, monosperme , terminé [.'aila base du style qui est persistante.

Outre l'espèce mentionnée plus haut, ce genre en possède une seconde, Requienia sphœrosperma , De Cand. , Mém. Lëg. , tab. 58. Ce sont deux Arbustes originaires d'Afrique , ayant des feuilles simples , obeordées , mucronées, penninerves, munies de deux stipules; des fleurs très-petites , groupées aux aisselles des feuilles. Ce genre est très-distinct du Podalyria; il se rapproche davantage des genres Anlhyllis , Hallia et Heylandia.

REQUIN, pois. Espèce de Squale, type du sous-genre Carcharias. V.

Squale. (b.)

RÉSEAU, rept. oph. Espèce du genre ïyphleps. V. ce mot.. (b.)

RÉSEAU BLANC, conch. Nom vulgaire et marchand du Venus tigrina , L. (b.)

RÉSÉDA MARIN, polyp. Nom vulgaire du Piimnoa lepadifera. V.

Primnoa. (e. d..l.)

RÉSÉDA. Reseda. bot. phan.

Genre autrefois placé dans la famille des Capparidées , mais dont Tristan (yj/m. Mus., 18 , p. 392) a fait une l'amille à part sous le nom de Résédacées , famille qui , depuis , a été adoptée par De Candolle , et dont nous

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avons tracé les caraclèi es dans la quati ièine édition de nos Elément de botanique , p. 5^0. Ce génie, ollie un calice persistant, à cjuatrc , cinq ou six divisions très-profondes et nu peu inégales; une corolle formée d'un égal nombre de pétales , alternes Krec les divisions caliciualcs , généralement corn posés de dewx parties, l'une inférieure entière et concave, l'autre supérieure , divisée en un nombre plus ou moin; considérable de lanières inégales et obtuses. Les étamines varient en nombre de quatoize à vingt-six; elies sont libres et hypogynes; eu dehors des étamines , Je trouve un disque annulaire , glanduleux , saillant , déjeté daBS sa parue supérieure en une sorte de languette obtuse et glanduleuse; c'est en dehors et à la base fie ce disque que sont insérés les pétales. Le pistil , légèrement slipité à sa base , parait formé delà réunion intime de trois carpelleset se terminesupéricurement par trois cornes portant ebacune un Stigmate scssile. L'ovaire esta uneseu- Ie loge ouverte à son sommet entre la base des trois cornes; il contient un assez grand nombre d'ovules attachés à trois trophospei mes pariétaux qui offrent le caractère remarquable de ne pas coricspondie aux stigmates. Le fruit est une capsule plu» ou moins allongée , ouverte naturellement à son sommet, uniloculaire et polysperme. Les graines, souvent reniformes, secomposenl d'un tégument assez épais , d'un endospeime mince et charnu , recouvrant un embryon recourbé en forme de fer à cheval. Les espèces de ce genre sont des Plantes herbacées , annuelles ou vivaces, à feuilles alternes , souvent munies de deux glandes à leur base. Les fleurs , généralement jaunes et petites, sont disposées en épis simples et terminaux. Parmi ces espèces, nous citerons ici le RÉSÉDA ODORANT , Reseda odurata , L. , Plante vivaie dans sa patrie, qui est l'Afrique septentrionale, mais annuelle dans nos jardins où on la cultive très-abondamment , à cause de l'odeur suave que

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répandent ses fleurs. On peut, en l'élioiirgeonnant et l'en) pécha Ut de ileuiir la premieie année, et l'abritant du froid dans une serre , en former un petit Atbuste qui dure pendant six pu huit ans. Le Reseda Luleola est vulgairement connue sous les noms de Gaude et d'Herbe à jaunir. Cette espèce croît communément

dans les lieux incultes , aux environs de Paris. Ses tiges sont droites, simples, hautes de deux à trois pieds; s'-s fleurs petites , et formant un long épi termin.il. La décoction de cette Plante est employée dans la teinture en jaune. (a.r.)

RLSLDACLLS. Resedaccœ. bot, J'JIan. C est le nom donné par Tristan à la famille dont le Réséda est le type, et qui contient, outre ce genre , 1 ' Oeltradenus de Delile qui n'en diffère que par un fruit légèrement charnu. Les caractères de cette famille doivent donc être les mêmes que ceux que nous avons tracés pour le genre Réséda {V. ce mot). Tristan plaçait celte famille entre Ils Passiflorées et les Cistées, mai» néanmoins plus près de ces dernières. Dans ses Colleciaiiea butaniea, lab. 22 , John Ltndlcy a donné de la fleui. du Réséda une explication toutà-fait différente de celle que nous avons admise. Pour ce savant botaniste, le calice serait un involucre commun; chaque pétale une fleur stérile , et le disque un calice propre , environnant une fleur hermaphrodite composée des étamines et du pistil.

D'après cette manière de voir , les Résédacées se rapprocheraient des Euphorbiacées qui offrent une disposition à peu près analogue.

Mais cependant pour nous*, nous ne voyons pas l'avantage d'une semblable explication , et les Résédacées ne nous paraissent pas pouvoir être éloignées des Cistées et des Capparidées, surtout à cause de leur analogie avec le genre Cleo/ne. P.

CLÉoilÉ. (a. a.)

* RESINARIA. bot. piian. Le

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