‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 267 sur 274 · ROU 69S · texte numérisé non relu

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à traiter dans ce! article, non-seulement des Roussettes proprement dites, mais aussi de lous les génies ou sous-genres qui composent la famille des Chauve-Souris frugivores. C'est cette famille que Latreille, dans son ouvrage sur le Règne Animal , a désignée sous le nom île Méganyctères , à cause de la grande taille de la plupart des espèces qu'elle renferme. Elle est, dans l'état présent de la science , composée des genres Pieropus , Pac/iysuma , Macroglossus, Cep/ialoles et Hypuderma , que nous devons faire connaître dans ce qu'ils ont de commun, avant de passer à l'examen des caractères qui sont propres à chacun d'eux.

Les Roussettes et les autres genres que nous venons de menlionner étant frugivores, on conçoit que leur système dentaire doit différer «le celui des autres Chauve-Souris, qui toutes sont insectivores. C'est en effet ce qui a lieu; leurs molaires, au lieu d'être hérissées de tubercules et de pointes aiguës, présentent à leur couronne une surface allongée, lisse et bornée seulement sur chacun de ses bords latéraux , principalement sur l'externe, par une crête plus ou moins apparente. Ce type , remarquable en ce

Ïu'il est intermédiaire entre celui des arnassiers et des Herbivores proprement dits, et qu'on ne le retrouve chez aucun autre Mammifère, est d'ailleurs sujet à quelques variations d'un genre à l'autre. Quant aux canines et aux incisives , elles rappellent , par leur disposition , leur direction et leur forme, et le plus'souvent même par leur nombre, celles des Singes :

tait d'autant plus remarquable, qu'un autre groupe de Chauve-Souris , les "Vespertilions {P~. ce mot), reproduit, par la disposition de ses incisives et de ses canines , les caractères propres à la deuxième famille des Quadrumanes , les Makis. Cependant, il est parmi les Chauve-Souris frugivores un genre dont le système dentaire est lrès-diff#ent de celui des Singes.

Nous parlerons , en traitant du genre Cephalotes [Harpya dllliger) , qui

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nous la préseule, de cette anomalie d'autant plus remarquable qu'elle porte précisément sur ceux des organes qui fournissent à la famille ses caractères les plus imporlans.

Nous passons maintenant à l'examen de l'appareil de la locomotion , c'est-à-dire des membres antérieurs et postérieurs , et des membranes alaire et interfémorale. Les ailes, un peu moins larges que chez les Chauve- Souris insectivores , et en même temps moins longues que chez la plupart d'eutre elles, ne s'insèrent pas, comme chez celles-ci, sur les flancs, mais sur le dos, tantôt vers ses parties latérales, comme dans les qualre premiers groupes dont nous aurons à nous occuper, tantôt sur la ligne médiane, comme dans le genre Hypoder/na ; disposition que l'on n'avait encore remarquée qu'à l'égard de deux ou trois espèces, mais qui est véritablement un caractère commun à la famille tout entière. Les Chauve-Souris frugivores se distinguent encore parle trait suivant : le second doigt, ou l'indicateur, est toujours pourvu de toutes ses phalanges, et (à une exception près), terminé par un petit ongle, tandis que chez toutes les Chauve-Souris insectivores , il manque, aussi bien que les trois derniers doigts , d'ongle et de phalange onguéale. Quantàla membrane interfémorale , elle est toujours trèspeu étendue , et le plus souvent même tout-à-fait rudimentaire et sans usages.

Les membranes , soit essentielles , soit accessoires du vol , ne présentent donc point, chez les Chauve-Souris frugivores, cette extrême richessegie développement que nous aurons a signaler chez la plupart des Insectivores. Nous ne trouvons pas non plus, autour des organes des sens , ces prolongemens membraneux , destinés , les uns à étendre leurs conditions de sensibilité, cl les autres à .les restreindre à la volonté de l'Animal : en effet , les feuilles nasales et les oreillons , sorte de paupières nasales et auriculaires, manquent entièrement , et

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les conques auditives sont à la foi très-simples et peu étendues. D.

toutes ces modifications, il résuit que les Cha uve-Souris frugivores son celles chez lesquelles le derme a pri le moins de développement , a 1< moins d'étendue ; et comme c'es précisément dans ce développement daus cette étendue des membranes lé gumentaires, que con-isle lecaractèr essentiel de la Chauve-Souris , 01 peut dire que les Frugivores son celles qui présentent au .plus faibl degré les conditions organiques d leur famille , qu'elles sont le moin possible Chauve-Souris , ou , pou employer une expression déjà ad mise dans la science, qu'elles son Chauve-Souris au plus pelit titr possible.

Ces remarques suffisent pour don ner une idée des modifications qu' subies dans son ensemble le lype or ganique delà Chauve Souris chez le Roussettes et dans les autres genre frugivores. Nous ne nous étendron pas davantage sur ce sujet , renvoy an aux détails déjà donnés aux article Chauve-Souius et CfiEinopTÈRES ; ( nous ajouterons seulement ici qiiel ques mots sur un fait qui n'a pu êtr indiqué dans ces deux articles , parc qu'il n'était point encore connu l'époque où ils ont été publiés. C fait , qui fournit quelques conséquei ces anatomiques assez importante; principalement à l'égard de la théc rie des homologies, est l'exislenci au membre antérieur, chez les Chai ve-Souris , d'un os particulier pla< derrière l'articulation du bras ave l'avant-bras , et présentant , à l'égai de cette articulation , une disposilio absolument semblable à celle de .

rotule dans l'articulation du gcnoi Cet os , analogue à l'apophys»; oh crâne, et que l'on peut désigner soi le nom de rotule du membre anti rieur ou rotule du coude , ne :

trouve, parmi les Mammifères, qi chez les seules Chauve-Souris , !■ Galéopithèques en étant eux-mêm dépourvus ; et il esl à remarquer qu bieu loin d'être établi sur un (y]

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zhci les Chauve-Souris frugivores , el sur un autre chez les insectivores , cet os présente une disposition semblable chez les unes et chez les autres, à l'exception de quelques-unes de ces dernières, les Vespertilions, où il n'existe qu'en rudiment [f. Vespertilions ). Ces détails, que nous ne devons pas développer ici davantage, sont tirés d'une note communiquée par nous à la Société d'Histoire naturelle , en décembre 1826 , el imprimée par extrait dans le Bulletin des Sciences naturelles (mars 1827).

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