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de-France. Cette Plante, qu’il n’avait trouvée qu’en fruit, fut rapportée par Willdenow à la famille des Lycopodiacées. En 1811, Aubert Du Petit-Thouars publia, dans ses Mélanges de Botanique, entre plusieurs autres genres nouveaux observés par lui à Madagascar , un genre Trislicha qu’il plaça dans la famille des Naïades. Ce genre est celui que Bory de Saint-Yincent avait établi cinq ans auparavant sous le nom de Du fou rca, nom dont Du Petit-Thouars ne fit aucune mention encore que Willdenow l’eût consacré depuis deux années.
Quelque temps après le lichénographe Achar fil un autre genre Dufourea pour quelques espèces de Lichens ; mais ce genre ne fut pas généralement reçu. Notre savant ami , le professeur Kunth, adoptant sans doute le Tristicha de Du Petit-Thouars , a fait plus récemment encore, dans le troisième volume des Noua Généra de Humboldt , un nouveau genre Dufourea qui appartient à la famille des Convolvulacées. Enfin Auguste de Saint- Hilaire , qui n’, avait pas eu connaissance des Plantes désignées sous deux noms génériques par ses prédécesseurs , venait de publier sous un nouveau nom une troisième espèce du même genre, lorsqu’, averti de l’hommage offert par Bory de Saint-Yincent à l’ami de son enfance, il a adopté le nom de Dufoiirea imposé par notre illustre voyageur. Dans cette question , nous pensons avec Auguste de Saint-Hilaire que la loi de l'antériorité doit faire accorder la préférence au nom de Dufourea donné par Bory de S^int- Vincent, Dufour ayant d’ailleurs depuis près de vingt ans agréé l'hommage de son compatriote, et que , par conséquent, le nom de Trislicha doit être supprimé; 2° que le Dufourea de Kunth doit recevoir un nouveau nom ; mais comme nous 11e pensons pas devoir prendre sur nous ce dernier changement, nous décrirons également le genre de Kunth à la suite de celui de Bory de Saint-Vinceut.
Le genre Dufourea de Bory n’a été
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décrit que d’une manière très-incom-
Çlètc par Willdenow. Du Petit— houars en a pu mieux faire connaître l’organisation , ayant vu les (leurs et les fruits. Enfin Auguste Saint- Hilaire a parfaitement dévoilé la structure du genre qui nous occupe., et c’est d’après les notes qu’il a bien voulu nous communiquer , que uous tracerons les caractères de ce genre. Les fleurs sont hermaphrodf tes , solitaires, pédonculées ; leur calice est membraneux, à trois divisions profondes et persistantes ; la corolle manque ; on ne trouve qu’une seule étamine hypogyne, alternant avec deux des divisions du calice ; le filet est capillaire , plane; l’anthère attachée par sa hase offre deux loges qui s’ouvrent longitudinalement du côté interne; l’ovaire est libre, à trois loges contenant chacune plusieurs ovules insérés à leur angle interne ; cet ovaire est surmonté par trois styles persistans , terminés cliacuu par. urç stigmate latéral ; le fruit est une capsule oblongue , à trofs valves qui alternent avec les cloisons; les trois placentas persistent au centre de la capsule qqand les valves sont tombées, et forment une niasse anropdie , recouverte par les graines qui sont d'une grande ténuité.
Les espèces de ce genre sont au.
nombrp de trois; l’une a été trouvée la première de toutes par notrq collaborateur Bory de Saint- Yincent à l’Ile-de-France, une seconde à Madagascar par Du Petit- Thouars; enfin Auguste Saint-Hilaire a fait récemment connaître la troisième qu’il a recueillie au Brésil.
Ce sont de petites Plantes herbacées ayant le port de Mousses, croissant dans les eaux courantes, et s’attachant aux pierres qui garnissent le fond des ruisseaux. Bory et Willdenow, n’ayant observé que les capsules mures de ce genre, l’avsient placé à la suite des Lycopodiacées ; Da Petit-Thouars l’avait transporté dans la famille des Naïades, groupe composé d’élémens fort hétérogènes. Au-
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. .juste Saint-Hilaire l’a , avec beaucoup plus de justesse, rapproché des Joncées et des Restiacées , offrant à lia fois des caractères de ces deux ordres naturels. Dans le Système sexuel ’1 forme un ordre nouveau dans la ’Monandrie, puisqu’il n’y avait point encore de Trigynie pour cette classe.
Dufourée de Bory, Dufourea Boryi , N. , trifarici , Bory, in Willd., •'S p • , p . 55. Elle vient par touffes épais- •5es contre les pierres qui forment les {parois de l’aqueduc de la grande rivière, à l’Ile-de-France et dans plusieurs torrens du même pays. Sa couleur est d’un vert obscur, et son aspect celui d’une Fontinale; ses rameaux s’allongent;ratteignantle courant de l’eau , ils s’y étendent, acquièrent une longueur de dix-huit {pouces et deviennent stériles; sa tige Itest transparente , flexible , mais cassante et rameuse ; ses feuilles sojit tfrès-petites , elliptiques, obtuses, jttrès-entières , embrassantes à leur Ibase , rapprochées par trois et comlime verticillées dans les rameaux ccourts , fructifères , distiques dans lies plus longs, ce qui prouve à quel ([point ce nom de Tristicha était vicieux, ainsi quele reconnaît Du Petit- Phouars lui-même dans une note imanuscrite de sa propre main, que mous avons sous les yeux ; elles n’offrent aucune nervure sensible. Les fleurs sont solitaires , portées sur des {pédoncules assez courts.
Dufourée de Du Petit-Thouars, Dufourea T/iouarsii , N. Plus petite que la précédente , elle a ses feuilles toutes alternes ou éparses. C’est celle que Du Petit-Thouars a découverte 'dans les ruisseaux de Madagascar.
Dufourée de Saint-Hilaire, Du- ' fourea Hyynoïdes, S.-Hil. Celle espèce est excessivement pet i le , et resserni ble tout— à— fait à un IJypnum. Sa tige, à en juger par un échantillon qui | nous a été remis par Auguste Saint- Hilaire, n a guère plus d’un pouce de longueur; elle est presque simple; les ' feuilles sont extrêmement courtes, roides, très-rapprochées les unes contre les autres et presq u’imbriquées ;
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les pédoncules sont solitaires, grêles, longs de trois à quatre lignes et uniflores. Celte espèce a été trouvée au Brésil par Auguste Saint-Hilaire.
Elle croissait sur les pierres au fond d’un ruisseau.
Nous ferons figurer dans les planches de ce Dictionnaire la première et la troisième des espèces qui viennent d’être décrites.
Le Dufourea de Kunth [in Huraboldt Nov. Ge/i. ni, pag. no) appartient à la famille des Convolvulacées et à la Pentandrie Digynie, L. Il a pour caractères : un calice persistant à cinq divisions inégales dont deux extérieures , trèsgrandes , planes, réniformes , trèsentières et trois intérieures , ovales , oblongues, concaves et aiguës; corolle infundibuliforme , à tube court, à limbe plissé, à cinq dents ou entier ; cinq étamines incluses attachées au tube de la corolle, et alternant avec ses dents; filets subulés ; anthères cordiformes , allongées , aiguës, à deux loges , s’ouvrant par un sillon longitudinal; ovaire libre, ovoïde , presque conique, à deux loges contenant chacune deux ovules ; style inclus profondément biparti ; chaque division est terminée par un stigmate globuleux ; la capsule est ovoïde , recouverte par le calice ; elle est à deux loges qui contiennent chacune une seule graine.
Ce genre se compose de deux espèces originaires de la Nouvelle-Grenade et des bords de l’Orénoque. Ce sont des Arbustes grimpans , à feuilles alternes, très-entières, ponctuées; les fleurs forment des panicules terminales , ou sont groupées à Faisselledes feuilles sur des pédoncules multiflores. 11 est voisin des Convolviilus et des Breweria dont il diffère par son port et par la structure singulière de son calice.
L’une des deux espèces qui composent ce genre , Duf. sericea , est figurée dans les Nov. Gen. T. ni, p. 1 15, t. 2i4. C’est un Arbuste très-rameux, volubile , croissant près de la ville de Mariquita , dans le royaume de la